DES COURS D’EAU
g4- Si la chute que le cours d’eau est censé avoir faite immédiatement pour acquérir la vitesse qu’il possède n’est pas réalisée, on peut obtenir, par le calcul basé sur l’observation de cette vitesse àipsurface V , la hauteur génératrice H correspondante, hauteur pii n’est autre chose que la chute immédiate que l’eau devrait faire pour acquérir sa vitesse actuelle; on a en effet ,
d’après le n° i5, 1 1 = — * La chute immédiate étant ainsi 3 8
connue en mètres, supposant qu’il s’écoule M kilogrammes d’eau durant un temps donné, la quantité d’action mécanique dépensée pendant ce temps sera toujours MH métrolitres, comme précédemment.
Le problème de la détermination de la force des rivières est donc ramené, en dernière analyse, au mesurage de leur vitesse et à celui du volume ou d® poids de l’eau qu’elles dépensent dans un temps connu , c’est-à-dire à leur jaugeage , dont il sera bientôt question,
g5. Il est très-important de ne pas confondre la chute immédiate d’un cours d’eau avec sa chute réalisable ; ces deux chutes n’ont ensemble aucune relation obligée. 11 est clair, en effet, que la chute réalisable ne dépend que de l’encaissement du cours d’eau et des servitudes auxquelles il est soumis. S’il n’y a point de servitudes, la plus grande des chutes que l’on peut réaliser par un simple barrage est représentée par la hauteur des berges sur la surface de l’eau; si I’oq voulait réaliser une chute plus élevée, il faudrait encaisser d’autant le cours d’eau par des jetées ou digues latérales , s’étendant assez loin en amont pour retenir la surface de l’eau au niveau voulu.
11 suit de là que la force d’un cours d’eau, estimée d’après la chute immédiate qu’il est censé faire pour acquérirsa vitesse actuelle, est le minimum des forces réalisables par des travaux d’art appliqués à l’amélioration de ce cours d’eau.
96. On peut se proposer de chercher la valeur de la force des cours d’eau en même unité de mesure que celle usitée pour ex primer la force des machines à vapeur; savoir le cheval de vu-
5t8 ADDITIONS.
peur. La chose est très-facile , car cette uni té de mesure vaut 80 métrolitres, puisqu’un bon cheval de vapeur peut élever par se conde 80 kilogrammes à i mètre de hauteur ;.si donc M représente toujours-en kilogrammes ladépensedu couraÉjeau par seconde, H étant exprimée en mètres, il est clair que le nombre C de chevaux de vapeur, dont la force eÿt équivalente à celle du
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cours d eau , est telle que C ~
Jaugeage des eaux courantes, n
97. Le jaugeage et la détermination du mouvement des eaux courantes sont de la plus grande importance pour l’établissement des usines. Les règles données à ce sujet par Oliver
• Evans étant très-grossières , j} est important de les remplacer par d’autres aussi exactes qu’il est possible de les désirer. C’est des mémoires de M. de Prony, devenus si rares au grand regret des amis des sciences , que j’emprunterai la plupart des formules suivantes. . '
La méthode la plus simple et la plus directe en même temps de jauger un cours d’eau consiste à en recevoir ou à en élever le produit, fourni durant un temps connu, soit dans des vases mobiles que l’on substitue les uns aux autres soit dans un réservoir assez grand et dont on peut facilement- calculer la capacité. Ce procédé n’est évidemment applicable qu’aux cours d’eau peu abondans.
98. Dans le cas où le cours d’eau serait volumineux, voici comment je crpis que l’on pourrait agir. On établirait un barrage, au haut duquel on adapterait un nombre suffisant de buses ou tuyaux, écartés l’un de l’autre autant que cela serait commode, et qui donneraient passage à'I’eau affluente, en maintenant à une hauteur constante le niveau d’eau en amont. Le cours d’eau étant ainsi divisé , il deviendrait très - facile de jauger isolément la dépense de chaque buse , et la somme de toutes ces dépenses donnerait évidemment , sans aucune hypothèse , la