HOMME
Cet élévateur est représenté par la^z#. 67: A , B, sont deux poulies sillonnées chacune de deux gorges profondes destinées à recevoir des cordes ; ces poulies sont ajustées l’une à côté de l’autre , sur le même arbre que la poulie supérieure de l’élévateur, et de telle manière qu’elles puissent tourner facilement à rebours sur l’arbre, mais que des cliquets tombant dans les dents de deux roues, à rochcts voisines, fixées sur l’arbre, les empêchent de tourner en avant sans entraîner celui-ci.
68 est une vue de côté d’une poulie, de la roue à rochet et du cliquet. C, D,fig. 67, sont deuxléviers semblables aux pédales de tisserand; une tringle légère monte du lévierCau-devantde la poulie à gorge B, où elle est attachée à une corde qui en enveloppe la moitié de la circonférence; de ce lévier C s’élève encore une corde passant sur le derrière de la poulie A ; de même du levier D partent une tringle légère qui arrive sur le devant de la poulie à gorge A , et une corde qui va derrière la poulie à gorge B.
L’homme qui doit mettre en mouvement cette machine est debout sur les pédales et tient avec ses mains , les tringles mentionnées. Lorsqu’il ;appqie sur la pédale U , elle descend et la tringle correspondante tire la poulie A en avant , tandis que la corde ramène en arrière la poulie B. Quand le manœuvre presse la pédale C, la tringle qui en dépend tire en avant la poulie B , et la corde ramène la poulie A en arrière : mais les cliquets tombent dans les dents des rochets de manière que, les roues ne peuvent pas se mouvoir en avant sans entraîne* la poulie de l’élévateur, que les pédales font ainsi mouvoir dans un seul sens. Afin de maintenir la régularité du mouvement on emploie un lourd volant F, en métal coulé, pour mieux vaincre la résistance de l’air.
Pourtalculer la quantité de blé qu’un homme peut élever à
une hauteur quelconque, supposons «l’abord que son corps pèse i5o pouruls ; supposons encore qu’un homme peut monter un escalier avec la vitesse de 70 j (cet par minute , par la force réunie de ses jambes et de deux bras; ou admettons , ce qui revient au même, qu’il peut faire mouvoir le poids de son corps sur les pédales , à raison de 70 pas par minute. Supposons enfin, d’après les § 20 et § 42> et parce que d^ns l’expérience de la table , § 37, sept pounds étant chargés «1e 6 pounds , agirent avec la vitesse d’un fool par seconde, que l’on perd ici le tiers «le la puissance pour obtenir la vitesse et surmonter le frottement qui est considérable dans le cas actuel. Il restera finalement 100 pounds élevés à 70 feel par minute, ce qui équivaut à 200 pounds élevés à 35 feel , hauteur du 3e étage ; ou encore à 200 bushels de blé par heure, ou 2^08 bushe/s élevés à la même hauteur en 12 heures.
On verra à quoi tiennent les grands avantages que présentent et cet emploi de l’élévateur et ce mode «l’application de la force de l’homme, si on considère que, celui-ci fait usage de la force de ses bras et de ses jambes , pour mouvoir son corps «l’une pédale à l’autre , et que son propre poids fait tout l’ouvrage ; tandis qu’en portant les sacs sur son dos, l'homme n’emploie que la force de ses jambes pour élever le poids de son corps et celui de sa charge : à cela il fatft ajouter les détours qu’il fait ordinairement justju’à l’endroit où il vide le sac, et son retour sans charge; l’élévateur, au contraire, prend le chemin le plus direct et travaille toujours avec régularité.
L’homme doit être placé près d’un banc élevé comme celui des tisserands, sur lequel il puisse appuyer une partie de son poids et se reposer même «le temps en temps , quand la machine marche avec une charge légère. Une poutre doit passer au-dessus de la tête du manœuvre pour qu’il puisse l’y appuyer, «piand il a à surmonter' des résistances extraordinaires.
C’est probablement là le meilleur des modes d’application de la force de l’homme à la production du mouvement de rotation. .
Description de la figure 84-
Le grain est versé dans le tuyau A qui le guide dans le grenier B;d’où en ouvrant le tiroir c, il passe dans l’élévateur CD, qui l’élève en D et le jette dans l’anche pivotante E , laquelle est fixée sur des pivots de manière à pouvoir être dirigée sur chacun des greniers environnans ; par exemple dans la trémie F du tarare , qui est divisée en deux parties F et G. De là le blé s’écoule dans le crible rotatif //, lorsqu’on ouvre les petits tiroirs a , c; il traverse le tuyau expirateur I du tarare et tombe dans la petite trémie mobile K , qui peut être placée de manière à le guider dans l’un des greniers , L ou M; il est ensuite admis dans les trémies des meules situées au-dessous , par les petits sacs b,V , à mesure qu’il est moulu.
La mouture tombe dans le conducteur 2V2V', qui la conduit dans l’élévateur OO' , lequel l’élève et la livre cq P au refroidisseur P,Ç, construit de manière à pouvoir l’étendre graduellement en rond et à l’amener vers le centre, jusqu’à ce qu’elle entre dans les trémies q,cj des blutoirs.
A mesure que la seconde farine tombe , elle est guidée dans l’élévateur et monte avec la farine brute. Pour avoir la facilité de reprendre 1* portion convenable de la farine passant au travers du premier blutoir, on dispose une planche régulatrice R , sur une charnière , sous les toiles surfines , de manière à ce qu’elle puisse être penchée vers la tête ou vers le bas du blutoir, pour diriger à volonté dans l’élévateur, une quantité plus ou moips grande de farine.
On peut disposer un cercle de grosse étamine ou de toile métallique, aux pieds des blutoirs superfins, pour laisser passer tout, excepté le son qui sortira, et dont une partie sera guidée dans l’élévateur avec la seconde farine pour faciliter le blutage lorsqu’il fera chaud. La quantité de son , reprise , est réglée par une petite planche r, fixée à charnière sous les bouts des blutoirs. Pour tenir les mailles de l’étamine ouvertes , on peut
APPLICATION DES MACHINES, faire usage de fèves qui retourneront dans l’élévateur pour remonter et servir indéfiniment. Ce qui passe à travers la grosse étamine ou la toile métallique ce qui reste du son , est guidé dans le blutoir S, pour être bluté une seconde fois.
Manière de nèiayer le blé plusieurs fois consécutives.
Supposons que , le grain soit déposé dans la trémie F du tarare, ouvrez le tiroir a, fermez celui e, amenez la trémie mobile K au-dessus du tuyau A c d, et laissez couler le grain dans l’élévateur pour en être relevé. Dirigez l’anche pivotante audessus de la trémie vide G, et le grain y sera déposé presque aussitôt qu’il sortira de la trémie F. Ouvrez alors le tiroir e , fermez celui a , amenez 1’ancbc pivotante au-dessus de F, et ainsi de suite alternativement, autant de fois que vous le jugerez nécessaire. Quand le grain est suffisamment nétOyé, faites glisser la trémie K au-dessus de l’ouverture du plancher correspondant au tuyau qui conduit le blé aux meules.
Les criblures tombent dans un grenier ou trémie ; pour les nétoyer ouvrez-en le tiroir/- et laissez-les entrer dans l’élévateur qui les élevera dans la trémie Fdu tarare ; suivez ensuite le même procédé que pour le blé, jusqu’à ce que les criblures soient suffisamment nétoyées.
Pour nétoyer les criblures des criblures, ouvrez le petit tiroir h afin de les laisser entrer dans l’élévateur, et opérez tomme ci-dessus.
§ 95. CONSTRUCTION DE l’ÉLÉVATEUR DE BLÉ.
Déterminez premièrement combien de bushels il faut élever par heure , et l’endroit où la machine doit être placée pour qu'elle puisse remplir, s’il est possible , toutes les destinations suivantes, savoir:
i° De décharger le grain arrivant sur un vaisseau ou sur une charette.
3° De le retirer des différens greniers où il a été déposé.
3 ’ Si le moulin a deux étages , d’élever le grain à mesure qu’il est nétoyé par le tarare , # jusqu’à un grenier placé audessus des meules.
4° D’élever les criblures , pour les nétoyer plusieurs fois consécutives.
-5° D’élever le blé sortant des meules à écorcer, si le raou- .. . / un en est muni.
Un seul élévateur peut faire tout cela dans un moulin bien disposé , et la plus grande partie , en le plaçant convenablementdans les moulins déjà construits. . ■
Si vous désirez élever à peu près 3oo bushels de blé par heure , il faut que la courroie ail 4> 5 inches de largeur et qu’elle soit faite d’un bon cuir blanc de harnais , d’égale épaisseur. 11 faut couper le cuir et en joindre les bandes ensemble en ligne droite , et avoir soin de réunir- les bouts les plus épais avec les plus minces , afin d’égaliser la force de la courroie.
Manière de construire les seaux en bois.
Lzfig. 73 est une vue perspective des seaux de l’élévateur de grain; elle montre comment ils sont attachés par un morceau de cuir large, passant à travers et en-dessous de la courroie de l’élévateur, cloué sur leurs côtés avec des clous d’épingle.
Pour construire ces seaux en bois , prenez un rondin de saule ou de bouleau qui puisse être facilement fendu ; débitez-le en morceaux de i5 inches de long, pour les refendre et en former des planchettes de 5,5 inches de large et -5 i’inch d’épaisseur, afin que chacune d’elles suffise pour un seau. Prenez avec un compas la largeur de la courroie, et tracez les côtés et le milieu du sceau de la môme largeur vers l’ouverture, mais ne donnez au fond des côtés que les ?’ de cette largeur ; arrondissez un peu les extrémités , afin que la courroie à seaux s’applique mieux sur la poulie quand elle passe par-dessus : cela dou-
APPLICATION DES MACHINES, ncra la forme représentée par la fig. 70 , de laquelle vous découperez un patron pour tracer les autres planchettes. Cette forme de seau est très-bonne pour contenir à peu près 75 /fiches cubes , ou un peu plus d’un quart.
Pour faire ployer carrément le bois , suivant les lignes eè, ce’, enlevez tout le long de ces lignes, une gorge triangulaire d’un tiers à'inch de profondeur ; faites bouillir ensuite ces bois dans de l’eau, ployez-les pendant qu’ils sont encore chauds , et liez-lesavec une bande de cuir passée autour, pour les maintenir dans cette position jusqu’à ce qu’ils soient refroidis ; alors mettez-leur des fonds en cuir de harnais , pris dans les rognures miçces. Ces fonds doivent s’étendre depuis l’extrémité inférieure jusqu’à la courroie à laquelle on les attache. Pour bien fixer les seaux, et avec promptitude, préparez un nombre suffisant de bandes de 1,75 inches de largeur , prises dans les meilleures rognures de cuir de harnais ; mouillcz-les et tendezles ensuite jusqu’à ce que leur largeur soit réduite à i,5 inches. Clouez une de ces bandes sur un des côtés du seau, avec 5 ou 6 forts clous d’épingle, qui perceront dans l’intérieur et y seront rabattus. Prenez ensuite un ciseau de i,5 inches de large , pour percer sur la grande courroie, en le frappant , une fente transversale de chaque côté, à un quart à'inch du bord. Passez dans ces fentes le bout de la bande préparée, faites approcher le seau tout près de la courroie et clouez celte bande sur l’autre côté du seau. Voyez le seau à farine U , fig. 5g, attaché de la manière décrite ; il n’a de fond en cuir qu’à l’extrémité inférieure ; la grande courroie forme le côté de derrière. Je n’ai pas encore trouvé de meilleure manière de construire les seaux de bois. Les rognures -du cuir qui sert à faire la courroie de l’élévateur, suffisent ordinairement pour en compléter les seaux.
Manière de construire les seaux en tôle.
Découpez la feuille de tôle suivant la forme représentée par la fg. 6g , tenez le milieu C et les côtés A et B, presque
de la môme largeur que la courroie, et d’à peu près 5,5 inehes de longueur; ployez-la à angles droits suivant chaque ligne ponctuée , et le seau sera formé. Le côté C sera posé sur la courroie ; les petits trous A, a et b, B se rencontreront et seront garnis de rivets, pour tenir le tout ensemble. Les deux trous eu C, servent pour attacher le seau à la courroie par des rivets. La partie U est celle qui ramasse le hlé , et le bord étant doublé en arrière , a plus de force et de durée. Lorsque le seau est entièrement formé et que les trous des rivures sont percés, dévcloppez-le, comme vous le voyez dans la figure , afin de vous en servir de patron pour les autres, et pour tracer des trous qui se correspondent bien quand on ploiera le seau. Ces seaux sont attachés à la courroie pardeuxrivetsà tètes minces, mises dans leur intérieur et rabattus sur une double bande de tôle placée derrière la courroie, ce qui les attache très-fermement. Voyez A,fig. 5g. Ces seaux contiennent à peu près f de quart ou 88 inehes cubes. Telle est la meilleure manière de faire les seaux en tôle.
D est un seau à farine en tôle , attaché par deux rivets dont la tète est dans l’intérieur de la courroie ; les côtés en sont tournés un peu en-dehors, et l’on y perce des trous pour y introduire les rivets. La fig. 72 donne la forme du développement d’un tel seau ; les lignes pointillces montrent là où la tôle doit üfre ployée à angles droits. La courroie forme le côté de derrière de ces seaux.
Des poulies , de leurs cages et des étuis.
Donnez aux poulies un diamètre de ‘>4 inehes et une épaisseur égale à la largeur de la courroie ; bombez-en le milieu d’un inch , afin que celle-ci puisse mieux s’y maintenir; imprimez-leur un mouvement de a5 révolutions par minute et attachez sur la courroie, tous les i5 inehes , un seau en tôle. Il passera alors ia5 seaux par minute , lesquels se chargeront dans ce temps, de 162 quarts de blé, et en élèveront ainsi 3oo bushels par heure , ou 36oo bushels en douze heures.
CONSTRUCTION DES MACHINES, 26t
Si vous désirez élever le blé plus promptement, donnez plus de largeur à la courroie, faites les seaux plus larges en proportion et augmentez la vitesse de la poulie , mais ne lui faites pas effectuer plus de 35 révolutions par minute et ne placez pas plus d’un seau sur chaque fout de longueur de courroie , autrement ceux-ci ne se videront pas bien. Une courroiede'5 incites de large, garnie de seaux de 6 incites de profondeur , et dont la largeur est, de proportion convenable, de 1^,5 incites, par exemple , emportera par seau i,8 quarts de grain; et à 35 révolutions de la poulie par minute , correspondra le passage de 1 75 seaux , lesquels élèveront 3i5 quarts ou bien 5go bushels de blé par heure. Si la courroie a 4 incites de large, des seaux de bois de 5 inches de profondeur sur une largeur proportionnée , contiendront 0,8 quarts ; s’il y a donc un seau pour chaque i5 incites , et si la poulie fait 27 révolutions par minute, elle élevera 200 bushels de blé par heure. Lorsqu’on peut disposer d’un beau grenier, on fait ordinairement l’élévateur de cette dimension ; elle suffit pour décharger les charettes.
La ftg. 75 représente le pivot de la poulie inférieure , et la ftg. 76 le pivot ou arbre sur lequel la poulie supérieure est fixée. Arrêtez les deux poulies à leur place , mais pas très-fermement et de manière qu’en imaginant une ligrffc droite, d'une poulie à l’autre , elle en croise les arbres ou pivots à angles droits ; pour que les courroies agissent bien , il faut que celte condition ait toujours lieu. Placez la courroie garnie de ses seaux ; tendezla bien avec des boucles et mettez-la en mouvement; si alors elle ne se tient pas bien sur les poulies, il faudra rectifier la position de celles-ci.
Observez de combien la courroie descendante se courbe par l’effet du poids des seaux , afin de construire l’enveloppe ou étui qui doit la renfermer, avec assez courbure pour que les bords des seaux ne frottent pas contre, pendant leur descente , ce qui les fera durer plus long-temps et travailler plus facilement. Les planches latérales de l’étui ne doivent pas être débitées courbes, parce qu’on peut les cintrer suffisamment en les sciant
jusqu’à la moitié ou aux deux tiers de leur largeur, à partir du bord antérieur et en tenant la scie très-obliquetnent, la pointe baissée et en dedans, de manière qu’en forçant ensuite les parties, elles se recouvrent l’une l’autre. L’étui de lacourroieascendante doit être presque droit, car s’il était trop courbé , les seaux seraient disposés à tourner sous la courroie. L’intérieur des étuis doit être plus large que la courroie et le seau de 5 d'inch, etplus profond de 1, 5 incites, afin que ces seaux puissent s’y mouvoir librement , sans pouvoir cependant se retourner au-dessous de la courroie. Si la courroie et les seaux ont 4 inches , employez des planches d’uu ioch d’épaisseur et donnez à celles des côtés 5,5 inches de largeur et aux planches du fond et du devant 6,5 inches. Ayez grand soin de ne pas laisser dans l'.intérieur des étuis ni pointes de clous ni épaulemens qui puissent accrocher les seaux. Tenez les bouts des étuis , où les seaux en trent quand ils passent sur les poulies un peu plus grands que le reste.
Les deux poulies doivent être soigneusement embrassées par leurs cages , pour empêcher qü’tm seul grain de blé ne se perde. Continuez l’étui de la même largeur au tour du haut de la poulie supérieure , et par-dessous la poulie inférieure ; de cette manière si un des seaux se lâchait et se tenait de travers , il serait redressé par 4a cage, tandis que s’il existait quelques épaulemens ou bouts de planches il s’y accrocherait. Voyez zL£?, fig. 58. Le fond de la cage de la poulie supérieure doit être disposé en pente, afin que. le grain qui peut tomber hors des seaux, lorsqu’ils passent au-dessus delà poulie, soit guidé dans l’étui des açgets descendans. L’arbre qui porte cette poulie est rond aux endroits où il en traverse la cage, et il y est embrassé exactement par des demi-cercles enlevés dans de la planche. La planche du dessous , à i’endroit où elle correspond à l’arbre, est penchée vers l’intérieur, près de la poulie, pour guider le grain en dedans. Mais une disposition tout aussi bonne est de monter la poulie supérieure sur un gros arbre , terminé d’un côté par un tenon qui entre dans une douille, formée par le bout de l’arbre qui lui donne le mouve-
CONSTRUCTION DES MACHINES. 2ti3
ment. Ceci convient le mieux quand l’arbre est court et qu’il doit être dérangé pour engrener ou dégrener l’élévateur.
Voici la manière dont je tenferme ordinairement les poulies. La planche antérieure de l’étui de la courroie montante , et la planche postérieure de celui de la courroie descendante , dépassent la poulie inférieure, pour poser sur le plancher; et les pieds de ces planches sont rétrécis de deux ! riches dans toute l’étendue de la cage de la poulie.' C’est sur leurs rives que les planches latérales sont clouées ou plutôt vissées , avec des vis à bois. Les autres planches de l’étui joignent le bout de la cage de la poulie , tous deux étant de la même largeur. Les crapaudines dans lesquelles tournent les pivots de cette poulie sont vissées à l'extérieur des planches de l’étui ; les pivots ne passent pas tout-à-fait à travers, mais atteignent le fond du trou, ce qui maintient la poulie à sa place.
Les planches antérieure et postérieure des étuis, ainsi que les planches de côté, s’étendent au-dessus de la poulie supérieure, et les planches de côté de la cage de la poulie sont vissées avec elles. Comme il reste un espace entre le haut des planches de côté des étuis de courroie et des épaulemens auxquels les augets pourraient s’accrocher, cet espace doit être rempli par une planche courte, qui guide sûrement les seaux audessus de la poulie supérieure. La cage doit être aussi très-voisine du devant des seaux , là où ils se vident, afin qu’il tombe le moins possible de blé dans l’étui. On doit pratiquer une grande ouverture dans la cage en B, pour laisser sortir le blé , lequel est reçu par un bec ou conduit court, qui le guide dans l’anche pivotante. Le bec mentionné doit être attaché avec un boulon , de manière à ce qu’on puisse l’ôter facilement , .poqr voir si les seaux se vident bien, etc. Quelques ouvriers soigneux ont une manière d’encager les poulies , meilleure, mais qui ne peut pas se décrire facilement ; celle que j’ai indiquée est la moins dispendieuse et réussit très-bien.
On doit laisser entrer le blé par le pied pour y rencontrer les seaux et il faut disposer le plus près possible du devant de
GUIDE DU MEUNIER, ceux-ci, le tiroir d’alimentation, comme on le voit en 58. Alors en ouvrant le tiroir suffisamment pour alimenter les seaux , si l’on arrête l’élévateur, le blé ne coule plus, et l’élévateur peut recommencer à tourner. Mais si le tiroir était placé beaucoup plus haut, dès que l’élévateur s’arrêterait, le blé remplirait l’espace compris depuis le tiroir jusqu’au-dessous de la poulie, et l’élévateur ne pourrait pas continuer à tourner. Dans le cas où l’on placerait le tiroir à une certaine hauteur, il faudrait l’adapter de manière à ne pouvoir pas s’ouvrir assez , pour que le blé arrive en plus grande quantité que les seaux ne pouvent le recevoir ; autrement l’étui se remplirait et les seaux en seraient arrêtés. Si on laisse entrer le blé trop vite sur le derrière de la poulie, les augetsle pousseront devant eux et le même inconvénient arrivera: parce que le blé que les seaux poussent devant eux étant le surplus de ce qu’ils doivent contenir, ils formeront assez de place pour que le blé entre en trop grande quantité ; ainsi il faudrait alors ménager au fond, une porte d’évacuation pour laisser sortir le blé en excès.
Le mouvement doit être donné à la poulie supérieure de tous les élévateurs, si cela est possible; parce que le poids du blé contenu dans les augets, serre la courroie sur cette poulie, tandis qu'il la rend lâche sous la poulie inférieure ; ainsi la poulie supérieure entraînera une plus grande charge sans glissement.
Tous les élévateurs devraient être dans une position un peu inclinée , pour mieux se décharger. Les planches des étuis doivent être toutes de longueurs inégales, afin que deux joints ne se rencontrent jamais et que ces étuis en aient plus de force. Quelques .personnes commettent une grande faute en assemblant les étuis avec les planchces de chaque étage. L’étui de la partie ascendante de l’élévateur, doit être muni d’une petite porte , placée à l’endroit le plus commode pour donner la facilité de serrer les boucles de la courroie , etc.
De l’anche pivotante-
Pour construire une anche pivotante , prenez un plateau de «8 ou 20 inches Ae large, placez-le horizontalement où de niveau , comme vous le voyez en h ,fig. 58 , pour faire verser le blé a son milieu par le bec de l’élévateur. L’anche est faite de 4 planches de 12 inches de large à l’extrémité supérieure et d’à peu près 4 ou 5 inches à l’extrémité inférieure. Coupez-en obliquement l’extrémité supérieure et ajustez-la contre le dessous du plateau ; montez enfin cette anche sur un fort pivôt passant à travers le plateau, auprès du trou par lequel le blé est reçu , de manière à ce que l’anche puisse être tournée dans toutes les directions sans cesser de correspondre toujours à ce trou ; de cette manière , elle recevra le blé et le guidera dans un grenier quelconque.
Afin que le pivot tienne ferme avec le plateau et avec l'anche , il faut clouer un morceau de bois de 4 inches d’épaisseur, par-dessus le plateau , et faire passer le pivot au travers ; un autre morceau de bois cloué au fond reçoit la pointe du pivot. Mais si l’anche est longue et lourde il faut la monter sur un arbre qui descende à travers le plancher , et dont l’extrémité inférieure soit traversée par une cheville telle que X, à l’aide de laquelle on puisse la tourner. Dans les anches pivotantes pour la farine, il est quelquefois préférable de laisser descendre et la poser planche inférieure sur le plancher. Si les étuis des élévateurs et l’anche pivotante sont bien disposés, aucune partie du grain ou de la farine qui entre dans l’élévateur , ne peut se perdre avant de sortir de cette anche.
D’un élévateur pour élever le blé du fend de cale.
Construisez à terre l’élévateur complet , tel qu’il est représenté en 00' ,fig. 8i , et dressez-le ensuite à sa place , les poulies étant toutes deux renfermées dans leur cage. Les coussinets dans lesquels tournent les goujons de la poulie supérieure, doivent être cloués aux planches de la cage et ces planches
elles-mêmes vissées aux étuis des courroies, par de longues vis taraudant dans les rives des planches dont ils sont formés. Les deux cdtésdela cage de la poulie sont également assemblés aveti . des vis. En dehors des coussinets au tour du centre des goujbns se trouvent des renforts circulaires , de 6 inches de diamètre et de 3 inches dç saillie, fortement cloués à la cage , afin qu’ils ne puissent point s’en détacher , parce qu’ils doivent soutenir toutle poids de l’élévateur. Ces coussinets et ces renforts sont placés dans un cadre mobile, reçu dans les montans du châssis BC rs,Jîg. 82 ; les goujons de la poulie P passent à travers et tournent dans ces renforts, dont l’objet est de soutenir le poids de l’élévateur qui y est suspendu ; de sorte que les goujons n’ont à supporter que le poids de la courroie et de sa charge, comme on le voit dans les autres élévateurs. La forme circulaire de ces renforts permet de détacher l’élévateur du mur, pour le faire descendre à fond de cale.
Le cadre ,fig. 82 , est construit de la manière suivante : la traverse supérieure A B, a q inches d’équarissage , elle est fortement assemblée h double tenon, avec les montans A1J et BC, qui ont 8 inches de large sur 6 inches d’épaisseur. Le montant rs est assemblé avec un tenon de 3 inches d’épaisseur en queue d’aronde, à clef, et avec une cheville de fer, afin qu’on puisse l’ôter facilement. De chaque cdté, en-dehorsdes montans /fl) et BC ,‘ on pose en arc de cercle une rangée de tasseaux , qui doivent glisser dans des rainures ou gorges Circulaires ménagées dans les poteaux P. Ces arcs de cercle sont décrits- avec un rayon égal à la distance comprise entre le centre des goujons du joint universel G , et l’axe de la poulie O. Les poteaux doivent être posés de manière que leurs rainures , ayent pour centre ce centre G ; cette disposition maintiendra les roues toujours bien engrenées , quoique l’élévateur monte ou descende pour suivre les mouvemens du vaisseau ou de la marée.
Le haut de ces rainures circulaires doit être situé de manière à ce que l’extrémité inférieure de l’élévateur puisse s’appliquer naturellement contre le mur;.onpeutobtenir celle position en
fixant convenablement le centre du goujon du joint universel (i. La longueur de ces rainures est réglée par ,1a différence de niveau que le vaisseau peut parcourir, et doit être telle'qu’on puisse retirer facilement l’élévateur hors du vaisseau pendant les hautes eaux. La meilleure manière de construire les rainures circulaires est de découper pour chacune d’elles, la rive de deux morceaux de planche de 2 inches , suivant le cercle convenable , et de les clouer aux poteaux à distance telle, qu’elles laissent entre elles la rainure désirée. •
Quand le cadre et l’élévateur sont terminés et assemblés , que le cadre est placé dans les rainures et qu’on a vérifié s’il peut monter et descendre , l’élévateur est en état d’être manœuvré comme on l’a dit.
§ 96. De l’élévateur de farine.
11 ne reste après ce qui a été dit au § 90, sur la manière de construire l’élévateur de farine, qu’à en donner les dimensions; les poulies doivent avoir 3,5 inches d’épaisseur, 18 incites de diamètre , et faire 20 révolutions par minute. La courroie doit avoir 3,5 inches de largeur, le cuir doit en être souple et blanc, tel que celui des harnais; les seaux ou augets faits en bois ou en telle, doivent contenir environ o,5 pi ni , et être placés de fool en fool sur la courroie. Les étuis doivent être bien joints, surtout au tour de la poulie supérieure, dont le fond delà cage doit être disposé très en pente, afin que la farine qui tombe des seaux soit guidée dans l’étui de la courroie descendante , qui doit être lui-même incliné un peu, pour qu’il se décharge facilement. Le canal qui conduit la farine de l’élévateur au refroidisseur 11e doit pas avoir plus de 4-5 degrés de pente, afin que la farine puisse descendre facilement sans former poussière; la pente doit être telle que , la farine en glissant s’étende sur le fond en couche mince, ce qui la rafraîchira mieux. Adaptez un couvercle sur la moitié supérieure du canal et laissez pendre une toile mince et légère, au bas de ce couvercle, pour
GUIDE DU MEUNIER, abattre la farine qui peut s’élever en poussière, lorsqu’elle tombe les seaux de l’élévateur. Souvenez-vous qu’il faut pratiquer un grand chaufrcin à l’intérieur de la planche , là où elle ré.pond au-dessous de l’arbre de la poulie supérieure, autrement la farine finirait par atteindre celui-ci ; si le tout est bien joint comme on l’a déjà recommandé , il n’y aura pas de perte ou évaporation.
On doit livrer la farine à une certaine hauteur au-dessus du centre de la poulie de l’élévateur, afin qu’elle tombe facilement du tuyau qui l’y verse , sans cela elle formera des amas qui l’engorgeront. La fig. 7g représente le goujon de la poulie inférieure , auquel aboutit le conducteur. La cage dans laquelle tourne la poulie , vue par-dessus abcd,fig. 60 est construite de la manière suivante: ab est un morceau de doublette de i4 inches sur 3, nommé support principal, placé derrière, assemblé à queue d’aronde et à clef, avec une des poutres du moulin. A la hauteur convenable sont assemblés les supports ac,bd , formés de planches de 1 5 inches sur i,5 inches , placées à 7,5 inches de distance l’une de l’autre ; la poulie tourne dans l’intervalle et se repose sur elles. La pièce du bout cd , de 7 inches de largeur sur 2 d’épaisseur, est placée dans la direction de l’étui de la courroie , et s’élève 5 inches plus haut que la poulie ; les supports sont cloués avec cette pièce et le haut de ceux-ci ; au-dessus des goujons , sont placées deux autres planches de i3 sur i,5 inches , assemblées à languette dans le support principal et vissées solidement à la pièce du bout cd ; elles sont à 4 inches au-dessus delà poulie. La planche du fond de cette cage se glisse entre les supports, et pose sur deux tasseaux , afin qu’on puisse l’ôter pour vider la cage , si par hazard eMe était surchargée de farine ; la cage est ainsi complète.
Dans les supports des goujons et au-dessous de ceux-ci, se trouvent des ouvertures d’à peu près 12 inches sur 3 , par lesquelles la farine passe du conducteur dans l’élévateur ; la planche du fond de l’auge du conducteur repose sur le support dans
ces ouvertures. L’étui de la courroie joint le haut de la cage de la poulie, mais il n’est pas fixé avec elle ; la planche de derrière de l’étui de la courroie descendante, pose dans l’intérieur du haut de la pièce du hout cd. Le pied de l’étui de la courroie montante doit être supporté fixement à sa place , et sa planche de derrière doit être entaillée dans l’intérieur et présenter de longs et larges chanfreins n’ayant au bout que o,a5 inches d’épaisseur; cela a pour objet de rendre le fond de l’étui assez large pour que les seaux puissent y entrer, quoique l’un d’eux se présente de travers. La cage de la poulie est plus large que les étuis des courroies, afin que la farine du conducteur puisse tomber dans les seaux. Pour maintenir le passage bien libre, on place de chaque côté de la poulie un morceau de bois de3iW//csde largeursur i , 7 5 inches d’épaisseur, à angles droits l’un avec l’autre, et s’étendant de 3,5 inches à chaque bout , audelA de la poulie ; ces planchettes soi^t entaillées de manière h ne pas toucher la courroie et versent la farine sous les seaux.
§ 97. Du CONDUCTEUR DE FARINE.
La droite de \*fig. 60 représente un conducteur réuni à la poulie de l’élévateur. Voyez-en la description §88. La fig. 79 est ie goujon qui passe à travers la poulie inférieure et auquel le conducteur est assemblé par une sorte de douille à fourchette, que représente par bout la fig. 80. Le tenon du goujon est carré, afin que ladouillepuisses’y adapter dans toute position. I^arbre doitavoir5,5 inches de diamètre et être taillé à huit pans égaux, garaissez-le de la douille et de sa frette, et apprêtez -le pour recevoir les palettes. En commençant du côté de la poulie, marquez , aussi près du bout de l’arbre que possible , sur un de ses pans, la place de la première palette et tournez l’arbre dans le sens qu’il doit travailler; à la distance de i,5 inches vers l’autre bout, placez une palette sur le pan suivant, et continuez à marquer une palette sur chaque pan en avançant de i,5 inches vers l’autre bout , ce qui formera la ligne ponctuée en hélice. Les
palettes ainsi placées auraient l’inconvénient de pousser la farine trop de côté ; pour éviter cela , elles doivent être posées en travers sur l’hélice , et faire des angles de 3o degrés ^peuprès, avec une ligne perpendiculaire à la longueur de l’arbre ; elles pousseront alors la farine dans la direction de l’arbre en opérant comme des charrues.
Pour consluire ces palettes prenez de bon bois d érable, ou toute autre espèce de bois dur et serré ; sciez-le en rondins de 6 incites c t refendez-le , de l’écorce vers le cœur, pour en faire des planchettes de 2,5 inches de largeur sur 0,75 i riches d’épais scur; rabotcz-lcs d’un côté jusqu’à ce qu’elles soient bien unies, faites un patron pour en tracer le contour, et praliquez-y un tenon de 2,5 inches de longueur et qui puisse s’ajuster avec une tarière de 0,75 inches. Quand l'arbre est percé de mortaises , que les palettes sont parfaitement sèches et leur inclinaison marquée par un trait, enfoucez-les et coupez -les 3 2,5 inches de l’arbre ; laillez-les de manière que le bord qui avance le premier soit tranchant , enlevez pour cela, par-derrière, tout le bois nécessaire et conservez la surface antérieure plane et unie afin qu’elle pousse mieux la farine en avant; il faut terminer l’ex- ’trémité des palettes en arc de cercle. Si le conducteur est court, garnissez-le de palettes releveuses présentant leur large face au mouvement, en noinbrç égal à la moitié du nombre des autres palettes et placées entre leurs spires ; ces palettes releveuSes rafraîchissent la farine cri la relevant et la laissant tomber sur l’arbre.
Pour faire l’auge dans laquelle le conducteur doit tourner, prenez trois planches , celle du fond de 1 1 inches, celle de derrière de i5 inches et celle de devant de i3 inches. Fixez le coussinet dans lequel le goujon doit tourner à un bout, garnissez lesanglesdedoublurespour rendre la concavité à peu près cylindrique, afinqu’ilrestc le moins possible de farine. Joignez proprement l’auge à la cage de la poulie de l’élévateur, en posant un bout du fond , sur le bas de l’ouverture par laquelle la farine doit entrer et l’autre bout sur un support ; afin qu’on puisse l’ô-
ter et le remettre à sa place facilement, sans arrêter l’élévateur.
Un conducteur et un élévateur de farine, construits de cette manière, avec de bons matériaux, dureront So ans sans presque avoir besoin de réparations et préviendront la perle de plus de farine qu'il n’en faudrait pour payer leur construction et leurs réparalipns.On doit laisser le haut de l’auge ouvert, afin que le courant de la farine soit exposé à l’air. On peut construire une petite porte dans l’étui delà courroie ascendante de l’élévateur, d’à peu près 4- feet de longueur, pour pouvoir en resserrer les boucles au besoin , etc. La courroie de l’élévateur donne le mou veinent au conducteur, afin qu’il puisse s’arrêter facilement lorsque par hazard quelque chose s’y accroche ; il est dangereux de le fairetourner pardes engrenages. Celte machine est souvent employée tout pour rafraîchir la farine sans l’aide du rcfroidisseur., que pour servir la trémie des blutoirs; eu lui donnant une longueur considérable pour conduire la farine immédiatement dans la trémie, elle opère très-bien et quelques personnes la préfèrent. Cependant lorsqu’on a assez d’cmplacenienl, le refroidisseur vaut mieux.
§ 98. Dr CONDUCTEUR DE GRAIN.
Cette machine a été construite de différentes manières , celle qui suit paraît être la meilleure. Préparez un arbre rond, de' g inches de diamètre; pour faire les spirales prenez de la forte tôle , découpez un patron de 3 inclies de largeur et ayant la forme d’une zône circulaire dont le diamètre intérieur ail 12 inches, ce qui lui donnera la facilité de s’étendre le long de l’arbre de manière à former une spirale rampant de 21 inches à chaque révolution , comme on le voit sur la gauche de la fig. 60. Découpez la tôle sur ce patron , en bandes circulaires, joignez-cn les extrémités que vous mettrez l’une sur l’autre pour les river , de manière à ce que ce que le grain glisse facilement par dessus les joints. Quand ces morceaux de tôle seront ainsi réunis , ils formeront une suite continue de plusieurs cer-
clés superposés; glissez-Ies sur l’arbre et étendez-lcs autant que possible, jusqu’à ce qu’ils le serrent fortement; assujélissez-les alors en place, avec des chevilles enfoncées dans l’arbre, der- rière la spirale et auxquelles vous la clouerez.
La belle spirale ainsi’formée aura 2 1 inches de pas , intervalle trop considérable ; pour le diminuer il faut faire deux ou trois spirales pareilles, que l’on intercale les unes dans les autres. Toutes ces spirales doivent être posées à la fois sur l’arbre, car si on en plaçait d’abord une seule , il serait difficile ensuite de poser les autres. L’intervalle des hélices étant réduit alors à 7 inches, le blé sera conduit très-vite. Ces spirales peuvent être percées de trous comme une râpe et l’auge garnie de tôle également percée de petits trous, cette disposition donnera un très-bon frottoir, qui nétoiera le blé de la poussière et du duvet dont il est souvent recouvert , et remplacera avec avantage toute autre machine à nétoyer.
Les «pirales peuvent être formées de palettes en bois ou en fer, placées si près l’une de l’autre, suivant des lignes en hélice , qu’elles conduisent le blé de l’une à. l’autre.
§ 9g. Du REFROIDISSEUR.
Cette machine a été construite de différentes manières , la meilleure est représentée par \esjig. 61, 62, 63 et 64. V oyez-en la description § 8S.
Pour faire les bras ailés CG, ED employez un morceau de peuplier très-sec, ou de tout autre bois tendre, de i^/eet de longueur, 8 inches sur 2, 5 au milieu, étayant 5 inches sur 1 , 5 incites à chaque extrémité. Dressez la face inférieure et tracez-y la ligne du milieu a b , fig. 63. Remarquez de quel côté doit tourner la machine, et à partir de cette ligne, enlevez un chanfrein ou biseau le long de la rive qui marche la première, en laissant au bord antérieur des bras ,0,75 inches d’épaisseur, comme on le voit dans la partie ombrée de hjîg. 62.
Cette figure représente le dessous des bras du refroidisseur , munis de toutes leurs ailes , les lignes ponctuées in-
CONSTRUCTION b'ES M ACIIINES . £3
«liqftent le sens <lu mouvement de ccs ailes qui se suivfcht dans chaque bras. HJi,Jig. Gi et 62 , sont les balayeurs qui disposent reguliè rcmeiit Fa farine, en rond, d’où les ailes l’ajfirent , vers ie centre ; comme on l’a déjà dit. T, T, sont les balayeurs alimentetirs <Jui la versent dans les trémies des blutoirs. Pour placer Fes ailes observez la règle suivante :
Règle. Prenez une ouverture de compas dç4,5/Wfcs, place/, une pomledei’iiistrumcnf au centre c,Jig. 63,el faites un pas vers l'extrémité ô, 'diminuez alors l’ouverture d’un seizième tfinch pour le second paft ainsi de suite pour les sui vans , ce qui rapprochera de plus en plus les ailes l’une de l’autre, à mesure que l’on s’éloignera davantage du centre des bras. Pour placer les ailes du second bras de manière à ce qu’elles sillonnent la farine jtgpepicnl entre cèlles du premier c*. pour en trouver l’obli quité, pUcçz une. pointe dû compas dans le centre r, tracez les arcs de cercic ponctués, /passant par les points marqués Sur lepremierbras; sans changer de centre ni Fes distancés , traçcz en même tempslcspetitcs marques ponctuées sur l’autre bras, pour faire passer dans l’intervalle les cercles dirécicûrrtlcs ailes. Pour varier régulièrement l’obliquité de celles-ci,’ à partir de l’extrémité jusqu’au centre, tracez les lignes ponctuées r ,1 /^, passaritàun demi-ûu/idu centrée, elà 3, 5 i/tchesàe la ligne milieu en d et en g, prenez enfin une ouverture de compas d’un demiinch pour marquer l’obüquité sur la ligir ced/g, à partir des qercles ponctués. Ces lignes approêhant de la ligue milieu, l'obliquité est plus grande près du centre qu’à l’extrémité, et varie régulièrement. . • 'e;<- % "■ '*V.; y
Assemblez les ailes à queue d’aronde dans les bras, en observant de placer le côté qui doit pousser la farine, sur la ligne indiquant l’obliquité. Leur pied ne doit pas s’étendre au-delà delà ligne milieu ; et les bouts doivent être arrondis et délardés par derrière pour que le bord en soit aigu ; on laisse la face qui pousse la farine, tout-à-fait plane. Voyez -les complètement représentées jÇ#. 6s. • ' • :V v* .•
Les balayeurs doivent avoir 5 ou 6 inchrs de longueur ^et •" ’ ’ . . ' * . *8-;
274 • GyiPEjDTJ MEUNIER., >•' ....
, l,v visses ideiTiàrc les ailes, à la face postérieur.- «les bras, un h chaque extrémité et un sur les parties deÿ- bras qui passent audessus «les trémies : leur emploi est décrit au § 88.
L’arbre, vertical dditavoir 4 inches d’équamsijagè , il est arrondi Mir une longueur de 4, àsa partie inférieure, laquelle doit passer gaîmeot à travers un trou circulaire pratiqué au centre des bras. Pour que ceux-ti soient bien maintenus à leur place, on emploie un double arC-boulaut en fer, ÉfGfig. Gi , de i5 inches de hauteur, dont les jambes ont o^5 sur 0,75 â'rnrh , et s’écartent de 2 /ce/. L’anneau supérieur Mftui le termine, doit s’ajuster sur l’arbre, et être uni et bien rond dansrintérieurafm «le pouvoir facilement glisser de bas en haut. Les bfas sont suspendus par cet anneau, à une corde qbi passe dans une gorge profonde, dont est sillonnée une poulie P, de $ iuèhes de dj^mètre, placer vers le haut de 1 arbre, y •* ' > .
Les bras meneurs Mi doivent avoir 6 inches sur 1 , 25 inches aii milieu, 2 inches sur 1 inch aux extrémités, et 8 fret de longueur. Ces bras doivent être attaches à la roUe de champ supérieure , pour prévenir la rupture de, l’arbre par un/effort extraordinaire. V - ,, 1 •
Le contre- poids W, doit être tel que, lorsque les bras ailés sont élevés à la plus grande hauteur qu’ils peuvent atteindre,
ils descendent doucemeiit. / •» ’• .* ■'
Au pied de l’arbre vertical se trouve le pivot, représente ftg- G:'., lequel passe à travers la plaque de 4 inches en can e représentée fig. 64; les bras ailes se reposent sur cet le plaqtm , avant que les ailes atteignent le plancher.
La fret le dont l’extremilé inferieure de l’arbre est garnie , doit être noyée «lans le bois, afin de pouvoir passer dans le . trou «les bras. On est obligé de.démonter le goujon et la plaque, chaque fois que L’on veut séparer l’arbre des bras.
Si la machine 11c doit servir qu’une tremie de blutoir, ne lui donui"/. pas pins de 12 gu .3 feet de longueur. Placez l’arbre vertical prés de la trémie, et disposez les ailes pour leur faire pousser la farine vers l’exli ' imte
Mais si la machine doit refroidir la mouture de deux paire* de meules et servir deux trémies , donnez-lui *$feel de longueur, el placez-la entre elles, un peu sur le côté, dç manière h ce que les extrémités ne soient pas toutes deux .en même temps au-dessus des trémies, ce qui la ferait marcher irrégulièrement. Les ailes entre les trémies et le centre, doivent alors pousser la farine en dehors vers les balayeurs.
Si , devant servir deux trémies, ori ne peut, placer h; refroidisseur , faute d’emplacement, posez alors l’arbre près de l’une d’elles , obliquez les ailes de manière' à ce qu’elles ramènent, toute la farine vers le centre , et mettez des balayeurs au dessus de la trémie extérieure , qui sera alimentée la prej mière., le surplus ira dans l’autre. Le refroidissejur se réglera de lui-même, de manière à servir les deux trémies, quand bien, même l’une d’elles devrait être alimentée trois fois plus vite que 1 autre. , . , , • • • .
Si la inac|>inedoit servir trois tréuiies, placez l’arbre près de celle du milieu, et disposez des balayeurs pour servit les deux extrêmes, le surplus de farine ira Naturellement a la trémie du centre; la machine se réglera pour les alimenter toutes trois. Mais si l'on voulait pouvoir arrêter la tèémiè du milieu, tandis que les autres resteraient en activité, les ailes voisines du centre devraient être mobilés, afin de pouvoir être tournée^ et obliquées pour pousser la farine hors la circonférence. . ~ ••' . !:
Les rcfroidisseuijs devraient être mus par une courroie dans quelque partie de la transmission des mouvemens , afirfde pou voir s’arrêter facilement si quelque chose s’y accrochait par hasard ; néanmoins, plusieurs constructeurs de moulins,, trèshabiles, préfèrent les engrenages ; tes machines né devraient
pas faire plus de 4 révolutions par minute.
On peut exécuter des refroidisseurs sous un grand nbmbrc déformés, et par des moyens de construction différons, basés
Vît- y ' -tlüJDE DU MEÜNtER .
sur les mêmes principes , pour donner les tnêtnes résultats -,
mais à un moindre degré de perfection. *. -•
. • u ' • , § .IOO. DTJ BAMAS8EUB. . '
Voyez la description de cette machine au § 88. Les poulies ne devraient, pas’ âVoir moins de 10 biches de'diâmètre pour la farine , et plus pour Je l>lé. La huche dans laquelle elles tournent est profonde et étroite, soit 16 inches de profondeur, et 4 »«rd« de.latgeur; les poulies et la courroie ont 3 inchcsàc large. Les râteaux sbnt de petits, blocs carrés , de Bois de saule, de peuplier, ou de tout autre bois tendre et ne se fendant pas quand on y enfonce des clous ; ijsdevFdient tous être'dés mêmes dimensions, afin d’entraîner unc égale quantité dé farine; ïl faut les clouer à la courroie avec' des clous longs, minées, à tête large, placée du côté de la courroie. On doit toujours faire entrer la fhjrinp au-déssons du centré de la poulie, ou sur le haut pdur pi évenii'les engorgemens qui arrivent» souvent si on la fait entrer trop Las. Le mouvement doit être lçiït pour la farine , et rapide pour in. v ' \
• Instructions sur Vemjiloi du refroidisseur. ' ,■
i° Quand l’éléValéur de fariné est mis en mouvement , on doit aussi faire tournèV le' refroidisseur, [four étaler et rafraîchir la farine , et~aussitôt que le cercle en est rempli on fait agir les ls lui oies. Le moulage et' le blutage s’opèrent ainsi régulièrement et en même temps, ce qui est la mei.leure manière de travailler, -, ; •. . - .. .
a" Mais Si vous ne voulez pas bluter à mesure que vous moulez,'relevez les alinienteurs'dçs trémies* et laissez le refroidisseur étaler, rafraîchir et pousser en-dehors la farine; baissée les alimenteurs lorsquc vous cdmi&encez à bluter, v .
3° Si vous voulez séparer la farine chaude de celle qui est
construction des machines. , - 277
rafraîchie,, poussez ayec une pelle , vers le centre , à peu près 18 inr.hes du bord du cercle de farine et obliquez les ailes de l’extrémité du bras pour leur faire pousser la farine en-dehors; la farine chaude sera ainsi étalée à l’extérieur du cercle et celle refroidie.sera conduite dans la trémie du .blutoir. Aussitôt que le royd est rempli de farine chaude, amcqez-la avec ùu râteau hors de la portée, du refroidisscur et laissez-le se remplir de nouveau , ainsi de suite. , . ' \
4" Pour mêler la seconde farine , le gon , etc. , avec une quantité de farine étalée sous le refroidisscur,' faites un creux dans cette farine , jusqu’au plancher, et versez-lcs dedans ; le refroidisscur les mêlera régulièrement avee le tout.
5 1 Si la trémie il' est pas tenue suffisamment pleine, baisse/: un peuph.slesaliiuenteur-s, et mettez qu peu de farine par-dessus les brai, pour les forcer de s’enfoncer plus profondément. Si l^étaleurs se déchargent trop vite et n'entraînent pas la farine tout autour du cercle, baissez-les un peu [dns; s’ils ne se déchargent pas et sont trop pleins , élevez-les un peu, , • *. .
■ - / ■ ... -’ i-vV •
§ IOI. DE e’UTUITÉ .DE CES INVENTIONS ET PERFECTION—
neMens.
i * Pour sécher la farine de la manière la plus prompte et la plus efficace, ileSt évident qu’il faut i’élaler en couches aussi minces que possible et en renouveler la surface depuis le moment où elle sort des meules; jusqu’ à-ce quelle est froide , pour lui donner la facilité d'évaporer l'humidité qu’elle renferme; cela vaut tnieux que de la laisser se refroidir en tas, et en retenant son humidité. On ne laisse pas ainsi aux insectes le temps
d'y déposer leurs qeüfs qui , plus tard , cngendrmn les,ve7<s-qùe l’on trouve fréquemment, même dans les barriques de'' fariné emballée.- L’huniidité. étant' bien chassée, la farine n’est» pas bien aussisujette à aigrir. Ainsi lé grand avantage du nouveau procédé est de mieux disposer là farine pdur le blutage, f emballage et la. garde, et ehmoins de temps quron ne té fait par le prànédeor'jijnârc.
3° Le travail que font us machines, est plus parfait , en ce qu’elles n’étaient ,plus efficacement le grain et les criblures ;
' ; qu’elles séparent et blutent une grande quantité de (leur dé farine , qu’elles moulent et blutent les gruaux en une seule opé ration , mélangeant mieux les parties qqi doiycnt l’être et Séparant celleà qui doivent êtrç divisées. • .
3f Si elles sont bien éonstruiles, elles préviennent la perte de beaucoup de farine , parce qu’il n’y b plus nécessité de piétiner dedans, ce qui en emporte partout où l’on va , rii de la relever avec une pelle , ce qui la fait s’élever en poussière , etc. Cet article d’économie>défraierar bientôt de la dépense de la construction èt de l’entretien de ces machines.
\ 4“ üllès donnent plus J1 emplacement qu’elles fi’ en prennent , pafece-qfte le magasin à farine qui était auparavant trop petit pour y rafraîchir celle-ci , peut màintenant être employé^à
* tic <acrt»a In rornlp nno nttrAAiirl In rofrm/liccoiir.
,• • fermes ; dé manière qu’une petite-partie de la inaîson contiendra Mué quantité cxfràordihalye de blé, lequel peut êtrq extrait du bas par l’élévateur, «à mesare qu’on le désire. ‘ .
5°’ L’ouvrage du moulin est exécuté plus, vitef parce ces machines le terminent à mesure qu’elles travaillent ; de sorte;'qu’on ftcperclpas.de temps nf de hé force, soit en moulant- les gruaux ,
; soit en nétoyanl et moulant les criblures; ce que l’on est obligé de fair'e|tous les deux ou trois jours après les avoir mêlées avçç, 4e grain. L’ouvrage étant pins facile^lc meunier peut ipainte- . ntr ses meules en bon état et ies faite aller plus régulièrement ,
■ surtout pépida»l la. nuit, temps auquel elles sont sujettes à s’arrêter faute de surveillance ; tahdis qa’à l’aide de ces machines , bien construites ; un homme suffit pour sqigner six. paires de dièules réiiàiès dans le même locaL ,
6° Çes machines dureroitt long- temps et occasiontrunt' peu de. ‘ impenses pour les réparations , parcè que leur mouvement, est lent et facile. l
• <k>XSTftïfc¥ï<W DES MACHINES.
j° Elles élèveot lcgraiti cita farine avec peu dcconsonuna lion tic force, el dérangent beaucoup moins le mouvement du' moulin qdePanfcientte manière d’opérer-, parce que la cour roie descendante balance celle qui nfohte , de sorte qu’il n’y a pas plus de puissance employée qu’il n’én faut, pour élever le grain ou la farine. Dansl’ancienne méthode, au contraire, poiré chaque 3 fmshels de grâin , qui remplissent une cuve contenant 4 Iwshets de farine , la cuve doit être élevée , et son poids est égal à celui A'un.bushel de grain. -Ainsi , la puissance employée est de 3 pour J’élévaleur, et de 4 pour les cuves; cë qui eSt un quart de moins, à l’avantage du premier. Outre cela le poids de 4 bushels de bled qui est chargé a la fois sur la roue en retarde le mouvement. Avant que la cuve soit élevée , la meule se ralentit un peu /St le moulin est.dérangé à chaque fois que l’on remplit cette cuve : cela occasions une grande différence, dans la quantité de grain moulu durant une année , ,et mérite attention , surtout quand l’eau est peu abondante.
8° Elles épargnent une grande dépense de main d'œuvre. La moitié moins de bra» suffisent pour soigner lé moulin, et l’on vrage est plus facile. Il fallait autrefois un homme pour chaque i.o barils de farine que le moulin faisait par jôur; à présent , un homme suffit pour chaque 20 barils.
Un moulip qui fabriquait 4o barils de farine par jour, de-r mandait les Soins de quatre hommes et un garçon ; deux hommes suffisent maintenant. ‘ • v