‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 64 sur 166 · • , . MEULES DE MOULIN · texte numérisé non relu

• , . MEULES DE MOULIN

D’après ces principes, ces idées et les lois des forcescen- I raies expliquées au§ i3, j’ai arrête mon opinion sur la meilleure forme à donner aux sillons, ou sur la manière de rhabiller les meules, objet pour lequel peu de meuniers s’accordent, chacun d’eux préférant sa méthode ; ce 'qui 'prouve combien peu l’on comprend cette partie essentielle de l’art de la meunerie. J’ai construit la fig. 86 afin de discuter compléterment cç sujet, et pourvue faire mieux comprendre. A/fAnO représente deux coropartinrens de la meule , rhabillée,par huitièmes ; B B' B'1 0 deux compartimêns de rhabillage par douzièmes; et CC'Oun secteur de rhabillage ccntral.Maintehantnous observerons que, dans le rhabillage par huitièmes , les sillons courts ont à peu près 5 fois autant d’excentricité que lès longs, et qu’ils se Croisent comme une paire de ciseaux tellement ouverts, qu’.ils poussent tout devant eux sans rien couper; si cesysillons sônt assez profonds, ils laisseront glisser le grain moulu aussitôt qu’il y entrera, et feront ainsi beaucoup de grosse farine telle qqe gruaux blancs, gruaux gris et bis. Le rhabillage par douzièmes paraît être meilleur ; mais les sillons courts ont à peu près quatre fois autant d’excentricité que les long?. Je ne vois dans ces dispositions aucun avantage; car, il est.claii

ART DE LA MElINERlË.

que si l’on parvenait à trouver l’excentricité que doit avoir uu sillon, pour foire parcourir à la farine le rayon de la meule, dans' le temps convenable , ,il serait naturel d’admettre la même excentricité pour chaque sillon.

Dans le rhabillage central CC, les sillons Ont tous la meme excentricité ; et si nous pouvions en déterminer exactement la valeur; je ne doute pas que ce mode de rhabillage ne fût le meilleur. Je présume que nous la trouverions en certaine proportion avec les dimensions et la vitesse de la meule, ; parce que, la force, centrifuge résultant du mouvement circulaire des meules et qui tend à éloigner la farine du centre , est en pro-^ portion inverse du diamètre des meules, leurs vitesses étant les mômes, selon la 4e loi du mouvement circulaire (i). Nous

(t) La quatrième loi du mouvement circulaire montre que, lorsque les meules ont des diamètres inégaux, si leurs révblutions s'opèrent dans le même temps, les sillons des plus grandes doivent être d'autant moins excentrés , quo leur force centrale est plus intense.- Elle montré encore que, l'excentricité du sillon d’une même meule, devrait varier en proportion inverse de la rfistancc des divers points do.ee sillon, au centre. En d’auU-es termes, plus la distance des points des sillons au . centre de. la piculo est grande , moins les parti)* correspondantes de ces sillons doivent être excentrées.

Delà nous conclurons que , si des meules exécutent leurs révolutions en temps égaux , l’excentricité de leurs sillons doit être la même près du centre i c’cst-'a-dire que la portion d'une grande meule qui, autour du centre , est égale à Une petite meule , doit avoir scs sillons tracés de la même manière. Mais l'excentricité des sillons , dans la portion dont la grande meule excède la. petite, doit être moindre ct'en proportion inverse de la distance au centre; afin que les sillons s’y croisent sous de plus petits angles. Cela aura également lieu à une distance considérable du ccnlre.de la meule, si l'excentricité des sillons est constante; mais, près du centre, les angles dcvicnnftit alors plus.grands que la proportion ne l’indique. Si les. sillons étaient dirigés suivant lesligncs droites, comme de 6' en C'/ig. 86, les angles près du centre seraient trop grands, qui paraîtrait indiquer que, les 'sillons des meules, de moulin ne devraient pas être droits , mais, bien. un peu courbés;. toutefois il est très-difficile de déterminer exactement, parla thétiric, la forme de cette courbe. Elle devrait être telle qu’elle fil varier l’angle du croisement des sillons, en raison inverse de la distance au centre, ce qui exigerait que les sillons fussent plus courbes, h mesure qu’ils approchent du centre.

2'J4 GUIDE DU MEÜNÎEh.

voyons par la figure que, les sillons de la" meule courante, représentés par les lignes ponctuées, croisent ceuxdq l’autre riicule soijs un angle beaucoup plus grand vers l’œillard que près de la feuillure, ce qui est convenable^ parce que la fofce centrifugé est bien moindre vers Ie centre que près de la circonférence.

Mais nous devons considérer que le grain , ^oit entier, soit concassé, demande moins d’excentricité dans les sillons et moins de force centrale pour être chassé hors du centre de rotation , que lorsqu’il est moulu et réduit à un grand degré de finesse; ce qui démontre que nous devons nous écarter, dans’la, pratique , des .théories établies et 'fondées sur les lois du mouvement circulaire et des forces centrales, conformément au § i3: parce qu’.Y mesure que le grain est réduit en farine plus tenue , il est de moins en moins sollicité par ces forcés. iVinsi les angles sous' lesquels les sillons se croisent doivent être plus grands près de la feuillure de la meule et moindres près du cœur, que la théorie ne l’indique; et la modification qu’il faut apporter à la théorie ne peut être établie que çonjecturalemént, et doit ôtré justifiée par la pratique.

D’après mes recherches sur ce sujet difficile et’ mes observations, tant sur ma proprejexpérience que sur celle d’autrui, j’essaierai d’étafilirla règle suivante, pour rhabiller. une meule de cinq feel de diamètrp ;

i° Décrivez sur la mèule deux cercles aa' , eé ,fig. 88, concentriques avec elle , et ayant pour rayon l’um, 3 inches , ët l’autre G inches; ; \

a° Divisez la zône de 3 inches , comprise entre ces deux cercles aa\ ed, c% quatre autres zones, par trois nouveaux cercles bU , «/, dit, équidistans ; nommez les cinq cercles ou', bbl, ce', dd‘\ ed, directeurs ;

3n Divisez la surface restante de la mêule en cinq zônes , en décrivant quatre autres cercles équidistans BB' , CO , DD' , EE', èntre l’œillard et le bord de la meule ;

4° Divisèzla circonférence^de la meule , en 18 parties égales , nommées compariimens ;

5t ’ Prenez alors une règle bien droite ; placez une de ses rives sur un des points de division A , indiqués au bord de la meule et contre le cercle directeur ad, situé à G incites du centre, et tracez une ligne AU poqr indiquer la direction du sillon, depuis le bord// de la meule jusqu’au cercle BB\ Passez maintenant la règle, du cercle directeur «a' à celui U', et prolongez en UC, le tracé de la direction du sillon vers le cenll-e, entre les «leux cercles Z» //et CC. Passez de môme la règle contre le cercle directeur cc^et continuez’le tracé CD du sillon jusqu’au cercle DD. Placez-la ensuite contre le cercle dd' , et prolongez le sillon jusqu’en E. Alignez enfin la règle contre le cercle eê , et Ea continuez le sillon jusqu’au cercle ad, où il se termine;

6° Servez- vous de la ligne courbe AUCDEa, ainsi obtenue, compie patron , pour tracer tous les sillons de la meule.

Les sillons , pratiqués suivant cette ligne courbe , se croiseront les uns les autres sous les angles montrés par la figure, savoir ; . ' •

Sur le cercle aa' bord de l’œillard de la meule degrés.

\ CC 3i

. AA' bord de la meule 23 . /

Je pense que ces angles eae'!, a Ed', EUE", DCD", CUC", U AB ", seront bons dans la pratique ; ils moudront bienvet feront peu de grosse farine-, etc.

En supposant que le plus grand .cercle. directeur ait on' rayon de 6 inches , la théorie conduit aux angles , savoir : ' Sur le cercle ad j 38 degrés.

' EE' 6g'

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