‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 66 sur 166 · NEUVES , ET DE FORMER LES SILLONS · texte numérisé non relu

NEUVES , ET DE FORMER LES SILLONS

Les meules sont ordinairement dégrossies par ccluiqui les fait, de manière à ce que, le meunier n’a presque pas à les travailler avec le marteau, avant de les assembler pour les aiguiser ourib/er avec de l’eau ou du sable sec; ce qui se fait beaucoup plus vite par cette dernière méthode. Après un riblage suffisant, on sépare les meules pour vérifier avec une règle rougic(t), si elles sont bien planes. Si la règle touche la surface des meules le long de cercles,. les parties rougies doivent être enlevées au marteay; cela fait, replacez les meules l’une sur l’autre, pour opérer

(t) La règle à rougir doit être plus longue que le diamètre des meules ; ellc'a 3 inches d’épaisseur au Lord qui doit être parfaitement droit , et que l’on frotte d’argile rouge délayée dans de l’eau. Quand on la fait glisser, dans cet état , sur la surface des meules , elle laisse de la couleur rouge sur les parties saillantes , et indique ainsi quels endroits il faut .repiquer pour la rendre plane.

un nouveau riblage avec une petite quantité d’eau ou de sable ; séparez encore une fois les meules , pour les revérifier avec la règle frottée de rouge , et abattez les parties rougies des meu- . les, comme auparavant. Répétez celte opération jusqu’à ce que la règle touche également toutes les parties de la meule , ;

ou jusqu’à ce que les meules soient préparées dans toute leur surface , et que vous puissiez en voir facilement la qualité.

11 faut alors commencer à marquer les places des sillonsà l’aide de lignes noires ou rouges, et de la manière adoptée dans le Sio5.Mais on doitobserver ici, que leurs bords font le travail, et que la quantité de blé moulue est proportionnelle aunoinbrc des bords qui doivent le faire. Aprèsavoir bien examiné la surface et la qualité de la pierre, on peut juger du nombre dé sillons le plus convenable, en observant que, plus la meule a d’éveillures, moins il faut lui donner de sillons; mq^ lorsque la pierre est serrée et unie , le nombre de sillons doit être plus ’ grand, et chacun d’eux ainsi que leurs intervalles plus étroits, de i , i3 lâches par exemple , afin de former plus de bords pour moudre. La partie postérieure des sillons doit avoir une profondeur égale à l’épaisseur d’un grain de blé , et être taillée obliquement de manière à n’avoir pour profondeur, au bord, que l’épaisseur d’un ongle (i).Ce bord doitêtre aussi tranchant

(t) Pour la forme du fond du sillon , voyez la fi". 89 ; la ligne courbe ci en indique le fond , i est l’arrière bord et e lo bord du sjllon qui marche le premier, ainsi que l’indique la flèche. Si le fond était fait carré derrière comme en e , le grain se placerait dans l’angle et la force centrifuge le ferait glisser le long des sillons , d'où il sortirait sais passer entre les parties planes des meules , et une partie s’échapperait sans être moulue. Le bord postérieur ou arrière-bo-çd b doit être taillé en pente pour deux raisons , 1° afin que le blé puisse y être poussé ; 20,afin. que les sillons deviennent plus étroits 'a mesure que les surfaces des meules s’usent'; 61 de pouvoir ainsi tailler l’ arrière-bord de ces sillons sans trop les élargir. , ’ ' • -

La ligure représente la coupe de deux meules travaillant ensemble ; la meule courante se meut dans le sens de la flèche. Quand les sillons sônt juste audessus l’un de l'antre , comme en a , ils peuvent renfermer un grain de blé

que possibfe, ce qui ne peut être exécuté qu’avec un marteau extrêmement dur et tranchant. Quand les' sillons sont faits, passez la règle à rougir sur la meule, et si elle touche près du centre, toutes les marques doivent y être ôtées sur un rayon d’un Jeet, de manière que, lorsque les meules seront placées l’une sur l’autre, elles ne se touchent pas autour de l’ceillard , mais qu’elles comprennent un intervâlle égal à la vingtième partie d’un inch , et se rapprochent graduellement jusqu’à ce qu’elles se touchent et s’ajustent exactement dans toute l’étendue de la feuillure, ou d’à peu près 10 ou inches du bord. Si les meules sont alors bien pesées et dressées, la surface et des sillons franchement taillés; elles seront dans le meilleur état possible pour moudre le grain ; parce qu’étant bien préparées et s’ajustant si exactement ensemble, le blé ne pourra pas s’échapper sans être écrasé; et que les borefs des éveiilurcs naturelles ou factices, étant aussi tranchans qu’ils peuvent l’être, le blé sera réduit en farine sous le moins de pression possible.

§. 107. Manière de peser et dresser les meüèes de MOULIN.

Si la meule courante est garnie' d’une anille U suspension , il est facile de la peser et dresser; car il suffit de disposer l’arbre ou gros Jer , perpendiculairement à la surface de la meule gisante; ce qui sc fait en fixant sur le papillon ou sommet du gros fer, un morceau-dcbois assez long pour atteindre le bôrd de cette meule et en avoisiner la surface. L’extrémit'é de ce bois doit

être garnie d’un bout de baleine ou déplumé, descendant jusqu’à la meule , afin qu’en faisant .tourner la lanterne > on puisse reconnaître que la plume parcourt et touche égalément toute la feuillure de. la meule. Cela étant , on pourra coucher

entier ; quand ils M: trouvent dans position b , le grain est aplati ; en c, il est coupé en deux par les arrières bords , et les parties planes des meules l'écrasent ensuite, comme en il. J

la meule courante, la peser et la dfcessejr (i) , en callant çon- ' venablement les coins du palier.

Mais si la meule est munie d’une anille à fleurs , cette opération sera beaucoup plus difficile à exécuter ; parce qu’on n’aura pas seulement à disposer le gros fer, perpendiculairement à-la surface de la mqple gisante ; il faudra encore ■fixer la surface de la meule courante perpendiculairement à ce fer. Tout cela doit être fait avec la plus grande exacti-

(1) Mais ici nous devons vérifier si la' meule est bien équilibrée pendant

qu’elle est placée sur le papillon , et si cela n’est pas , il fqut la peser ou mettre en équilibre avec join,. en coulant du plomb fondu sur le côté le plus léger. Ceci doit être l’objet de l’atlention particulière du constructeur , parce que la meule peut être équilibrée tandis qu’elle est en repos. Cependant si toutes les parties opposées ne se balancent pas l’une l’autre , très-exactement , la meple cessera d’être en équilibre pendant son mouvement ; et voilà la raison pour laquelle les boîtes de quelques meules ne peuvent être tenues serrées que quelques heures , tandis que d’autres le restent pendant plusieurs mois, lorsque Tes gros fers sont bons et que les meules sont bien équilibrées au repos. La "cause pour laquelle une meule bien en équilibre lorsqu’elle n’est pas en mouvement, cesse dol’être quand elle senmeut, vient de ce que, si d'un coté du centre la partie supérieure est la plus' lourde, tandis que de l’autre rété c’est la partie inférieure , la meule peut être en équilibré lorsqu’elle est en repos, et cependant lorsqu’on la met en mouvement les parties les plus lourdes tendant à s’éloigner de l’axe par la force centrifuge , troublent l’équilibre. Si la meule courante n’est pas ronde , les parties les plus éloignées du centre auront une plus grande force centrifuge , parce que cette foree est comme le carré de la distance à Taxe; de rotation : alors le collet ou Juse’e du gros fer s’user* davantage du côté de fa queue, et la boite sc détachera : ceci est en faveur d'une anille rigide.

La meilleure méthode de supporter les meules , venue à ma connaissance , consiste à faire usage d’anilles rigides à fleurs , à chacun des bouts desquelles correspond une vis de règlement , ce qni se fait ainsi : après que les engravures des bouts de l’anille sont terminées , noyez dans le fond dechacutie d élies un fort écrou ; dans lequel une des vis doit tarauder, en passant au travers de la meule ; scellez l’écrou avec du plomb ; alors, après que la meule est couchée sur le papillon , introduisez les vis par le dessus dé la meulç , Çt tourncz-les jusqu’à ce qu’elle? pressent contre jes bouts de l’anille. Cette disposition permet de régler avec facilité la position de la meule courante , .en tournant plus ou moins les vis 'mentionnées.

tude , parce que Panille étant rigide , elle ne cédera pas pour permettre à la meule courante de se placer comme la meule gisante pourrait l'exiger. ' .

Ayantformé dans la meule courante les entailles on engravures pour recevoir les bouts de Panille , on y place celle-ci et on l’y maintient jusqu’à Ce que la meule soit couchée sur le papillon. On reconnaît bientôt alors , la partie de la meule qui baisse le plus ; et en la pressant avec la main , tout en faisant tourner la meule , on vérifie si cette partie la' plps basse touche également le pourtour de la meule gisante. Si cela n’a pas lieu, on cherche à l’obtenir , en variant convenablement les positions des coins du palier , jusqu’à ce que les meules se touchent également; alors le gros fer sera perpendiculaire à la surface de la meule gisante.

.Pour placer la surface, de la meule courante perpendiculairement ou d’équerre sur ce fer, on fait’ tourner cette meule courante, et on la presse de haut en bas vers chaque bras de Panille, à mesure que sa direction passe sur un même point choisi de la meule gisante, dans le but de vérifier si ce point est également approché par les diverses parties de la meule courante. Si Cela n’arrive pas, on frappe avec une barre de fer sur le bras de I’anille qui relève la meule, laquelle , par suite de la secousse, se placera mieux dans son engravure, et la meule lèvera un peu moins à cet endroit. Si cela ne suffisait pas, il faudrait mettre du papier pardessus le bout du bras dé Panille qui laisse baisser la meule : et avoir soin de marquer les parties de la meule trop hautes, afin qu’étant enlevée, on puisse approfondir un peu Pengravure de l’anille, pour qu’elle prenne mieux sa place, et que la meule en soit mieux dressée. Toutefois j’ai toujours vu que le palier est un peu dérangé ; ou en d’autres mots , le gros fer est toujours «cafté de' sa position perpendiculaire à la . surface de la meule gisante , chaque fois que la meule courante est enlevée ; ce qui est une grande objection contre l’emploi de Panille à fleurs ojj à bouts rigides. Car le gros fer est sensiblement dérangé de sa position , les meules ne peuvent pas s’approcher

également ; tandis qu’un dérangement considérable de ce gros fer nuit très-peu au travail d’une meule courante posée sur une anille à suspension; parce qu’alors cette meule a la facilité de se placer comme la meule gisante l’exige.

§ 108. Manière de régler la livraison de l’eau et l’a-

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