‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 69 sur 166 · MEULES LORSQU’ELLES SONT EMOUSSEES · texte numérisé non relu

MEULES LORSQU’ELLES SONT EMOUSSEES

Ouand les meules sont émoussées, on doit les séparer pour les repiquer, et la meilleure manière de le faire, estd’avoir des marteaux aussi durs et aussi tranchans que possible , pour préparer les bords postérieurs des sillons , dont on rend barète aussi vive qu’il se peut; ce qui ne saurait être exécuté avec des marteaux moux et point tranchans.

On repique aussi le fond des sillons pour les maintenir à la profondeur nécessaire , et l’on peut employer pour cette opération des marteaux émoussés (2). On passe ensuite avec soin sur

(t) Au lieu d’un tamis, prenez une pelle et préscntez-cn le bout près de l’endroit où la farine tombe ; vous recevrez ainsi du son très-peu mèlédc farine , que vous pourrez entièrement séparer en le versant , pendant quelques iustans, d’une main dans l’autre, et vous essuyant les mains chaque foisqli’ellcs sont vides. ' .

(S) Pour cmp&her qnc les étincelles d’acier ne frappent vos doigts , prenez un morceau de cuir (Ta peu près S i> 6 inchcs en carré, failes-y un trou dans le milieu pour Peufiltj sur le manche du marteau à repiquer , afin d’en couvrir vos mains ; attachez une agrafe dans la partie inférieure de ce cuir , pour y -y passer un de vos doigts , et l’empêcher de toucher à la meule.

A IU UE LA .rtKLJŒRlf la surface une règle rougic , et s’il existe des parties trop saillantes, elles seront marquées rie rouge que la règle y laissera. Ces parties seront abaissées en les sillonnant légèrement d’un grand nombre de tailles ; on agira de même sur les parties dures de la pfcrre, afin qu’elles s’usent aussi vite que les parties molles ; précaution qui maintiendra la surface des meules en bon état. Ces tailles forment aussi des arêtes qui aident à évider le son , et plus la pierre est dure et compacte „ plus elles doivent être nombreuses il faut les faire avec un - marteau très-tranchant et les disposer parallèlement aux sillons. Plus le grain est humide , plus on doit éveiller les meules , et plus il est sec et dur, plus la surface doit être unie. Les parties dures et unies qui prennent du luisant , peuvent être disposées à s’user plus également en les frappant avec un marteau à surface unie ou raboteuse, de coups légers et réitérés , jusqu’à ce qu’une poussière commence à paraître; cela rend les parties siliceuses plus molles , et en même temps plus ardentes.

On ne peut mettre les meules en état de bien évider le son , qu’en leur faisant moudre un peu de sable , qui avivera les bords de toutes les petites aspérités formées par les porcs de la meule ; le même sable sert plusieurs fois. On peut ribler .les meules sans les séparer ni même les arrêter. Pour cela empêchez le j rayon de frapper l’uuget , afin de suspendre l’alimentation et de laisser tourner les meules à vide ; livrezleur alors un demi -pint de sable , lequel étant moulu , détruira le poli de la surface et aiguisera les arrêtes des éveil-lures des meules, qui en moudront beaucoup mieux (i); celle opération doit être souvent répétée.

llien des meuniers laissent travailler leurs meules pendant

(t) Mais l’on doit avoir soin d’cmpècher que le sable ne se mêle avec la farinc/Poiir cela ü faut le recevoir dans un vase et laisser tourner les meules a vide. La petite quantité qui restera entre les meules ne nuira pas à la fa- P’ine ; mais je ne doirpas encourager un meunier paresseux à négliger de séparer les mpulcs , pour les nétoyer avec un balai ou une brosse’. ,

308 GJflDE Dt MEUWfflfc. <

des mofs entiers, sans les repiquer;

que cerfs qui les repiquent deux fols par semaine,sont amplement- dëdoinmagéji de léiir travail. *

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$ HI. DU DEGRÉ DE FINESSE QUI CONVIENT Lê MIEUX A LA ' / - FARINE. , . ' '

Les meuniers diffèrent d’opinion sur le degré de finesse qu’il faut donner à la farine; mais le plus grand nombre , et, parmi eux il s’en trouve qui ont une grande expérience et beaucoup de jugement, s’accorde sur le point suivant , savoir : que si la fariné est trop fine, la pâte qu’on en fait qe fermente pas et ne lève pas aussi si bien en cuisant. D’un autre côté, beaucoup de meuniers très-expérimenté? disent, que la •farine ne peut pas être assez fine, si elle est moulue par des meules bien ardentes et bien propres , pourvu qu’on ne les, laisse pas frotter l’une contre l’autre ; quelques-uns d’entre eux réduisent même presque tout leur grain en farine surfine ; par ce moyen , ils n’en obtiennent que de deux espèces, savoir : la farine surfine et celle nommée recoupeUes ( basse feed), qui reste après que la première est séparée , et qui n’est pas même assez bonne pour faire le pain lê plus corarmun des vaisseaux. * ■ ■■-> .i;.-

J’ai fait l’expérience suivante. Ayant ramassé une quantité suffisante de la poussière dé farine, qui se dépose toujours dans un meulin , j’en fis faire un gros pain , dans lequel on mit la même quantité de levain que pour des pains faits avec la meilrktire farine , et que l’on fit cuire ensemble dans le pleine four.

' Le.pajn de pçussière de farine fui aussi léger, aussi bon et même meilleur que les autres; étant plus .frais et plus agréable au goût ; cependant la poussière de farine avait tant de finesse qu’elle semblait de l’huile au toucher. --

- Ainsi , je conclus de là que , ce n'est grand degré de

ténuité donné à la farine qui détruit en cflê le principe de

-fermentation, mais bierr l’excès de cfeieûr produit par

^ * * ■ ' * la trop grande pression qu’on lui fait subir pendant la fabrication. On peut réduire cette farine au plus grand degré de finesse , saus en altérer la'qualité 4 pourvu qu’elle soit moulue avec des meules bien ardentes et très-propres , et à l’aide d’une pression modérée.

§ ni. De la graine d’ail; instruhions sur la manière

DE TRAITER LE BLÈ DANS LEQUEL JL s’EN TROUVE, ET DE

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