ET SI CELA EST NÉCESSAIRE LES GRUAOX'GRIS ET BIS , LES
- RECOUPETTES BT LE SON GRAS, POUR EN TIRER LE MEIL- LEUR PARTI POSSIBLE. v
v. Quoiqu’on moule le grain aussi parfaitement que possible et avec une vitesse raisonnable, cependant on obtient, par le blutage, une espèce de grosse farine appelée gruaux lianes , gris cl lis, qualité comprise entre la farine surfine et les recoupeliest et qui confient une portion de la meilleure partie du grain. Le pain fait avec ces sortes de farines serait très^commun et se vendrait à très-bas prix ; et, par çette raison , il est pins avantageux pour le meunier de remoudre et de bluter une Seconde fois ces farines , pour en extraire la fleur et des gruanx fins ; ce qui se fait facilement lorsqu’on sait s?y prendre.
On élève ordinairement les gtuaux dans des baquets, pour les conserver dans un endroit commode , sur le plancher du grenier à farine, près du refroidisseur , jusqu’à Ce qu’on en .ail ramassé une grande quantité. Lorsqu’une bonne occasion . se présente , on les blute , sans les-mélanger avec des recou pet les ou du son , afin d’éti extraire tout ce qui est déjà assez fin , et qui passe à travers l’étamine surfine.
Les vrais gruaux tombent ‘sous la toile qui leur est affectée, et sont- alors grenus et rudes , et en état d’être remoulus , ou
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rengrenes, débarrassés qu’ils sont do la partie fine qui aurait nul à la facilité de Paliinen'alion des meules. Les petits brins de son , qui d’abord étaient mêlés avec les gruaux , étant plus légers qu’eux T dépasseront la toile [de ceux-ci , et traverseront ia toile des recoupes. De cette manière, on obtiendra des gruaux plus riches, qui, lorsqu on les aura réduits au degré de fmesse nécessaire, peuvent être mlfés avec de la farine entière , ou sortant des meules , pour être blutés ensemble.
On peut maintenant déposer les gruaux dans le grenier suspendu au-dessus de la trémie des meules , d’où ils descendront dans celte trémie , et l’alimenteront , comme elle l’est par le grain ’, pourvu que le grenier soit bien construit, et que l’ouverture inférieure d’écoulement ait 6 incites en carré.
On doit fixer une baguette contre le f ray oh, afin que l’extrémité inférieure de" cette baguette , plongeant dans le fond et près du bord de l’oeillard de la meule, empêche que les gruaux ne s’y accumulent; car si cela arrivait , les meules ne pourraient plus être alimentées. Le trou au fond de la trémie ne doit pas avoir moins dç 4 inches en carré. Les choses étant ainsi préparées, et les meules étant propres, bien rhabillées, et bien disposées, livrez une petite quantité d’eau à la roue hydraulique; car l’opération actuelle ne demande pas plus de la dixième partie de ‘ la force nécessaire pour moudre le grain. Ayez grand soin dc'ne.pa&exercêr trop de pression, parce qu’il n’y a plus maintenant de son , entre les meules , pour les empêcher de se joindre. Si vous exerciez autant de pression que pour la monture des grains, la farine serait altérée , c’est-àdire, qu’plie perdrait son pHncipe de fermentation. Mais si les meules sont bien disposées, et ne pressent que légèrement, la farine sera bonne , et même, sans-être blutée , elle donnera . de meilleur pain qu’elle n’aurait fait avant d’être remoulue. A mesure qu’elle sort des meules, elle peut être élevée et blutée , cl 11 faudra très-peu de son pour maintenir l’étamine ouverte. Tout ce qui, dans cette opération, passe à travers la toile surfine, peut être .mêlé avec ce qu’elle a laissé passer pen-
ART DE Là MEUNERIE. 2t3
tlant le premier blutage des gruaux blancs , pour être élevé et mêlé régulièrement par le refroidisseur, avec la farine entière sortant des meules, et réduit par le blutage en fleur de farine, comme on l’a indiqué § 89 (ï).
• Les gruaux gris ,’ qui ont un degré de plus de grosseur que les gruaux blanàs , s’ils sont trop maigres pour faire du pain d’embarcation , mais pas assez pour être donnés aux bestiaux, doivent encore être remoulus de la même manière que les gruaux blancs. Mais, si comme cela arrive quelquefois, ils sont mêlés avec de la farine fine, de sorte qu’ils ne puissent pas être facilement livrés aux meules; on doit d’abord les bluter, afin d’en séparer l^farine fine et les petits brins de son qui , étant plus légers, passeront les derniers à-travers la toile. Quand le blutage est terminé, ce qui a passé à travers les parties de la toile destinée aux gruaux blancs et aux gruaux gris , doit ' être mêlé et remoulu ensemble ; par ce moyen , les parties riches seront réduites eu farine , et quand' celle-ci aura été blutée , elle passera .à travers les toiles fines et fera du pain assez bon. Ce qui, dans celte opération , passe à travers la toile des gruaux blancs , ne fera qu’un pain de vaisseau inférieur, et ce qui passe à travers la toile des gruaux gris , sera analogue à ce qu’on appelle recoupetlcs ( horse-feed ).
Le son et les recoupes valent rarement1 la peine de les reinoudre , à moins que les meules aient été très- émoussées , ou que le moulage n’ait été fait que légèrement , ou que le blé ne contînt des graines d’ail. Pour cela, il faut que les meules soient très-bien aiguisées ; qu’on leur donne plus d’eau, et qu’on leur fasse exercer plus de pression que pour njioùdre
(1) Tomes ces peines ej ces perles de temps peuvent être évitées à l'aide d’une petite machine simple; pendant que 1rs gruaux tombent par le premier blutoir, ils doivent dure conduits dans I éditant de la meule et moulus avec le blé , comme on l’a indiqué dans le § 89. Par ce moyen , on peut réduire le tout en (arine superfine, sans perte de temps et sans courir le danger qu’elle soit trop fortement pressée-, faute de son pour alléger les meules. J’ai introduit Je premier ce moyen ; plusieurs personnes l’ont adopté depuis.
AJlT DE LA. MEL'NERIE.
§ n4. Qualités dés meules qui conviennent a celles