DIEU PARDONNE
Que Dieu traite avec une semblable magnificence une créature aimante et fidèle: ce serait déjà un incompréhensible mystère de bonté. Mais comment comprendre cette bonté, si nous la voyons s'attacher sur une créature perpétuellement ingrate et infidèle? Comment comprendre les deux actes suivants de la divine miséricorde?
Dieu nous supporte. — Gomment comprendre que Dieu daigne nous supporter, alors que nous nous obstinons à ne point l'aimer, à le chasser loin de nous, à le remplacer dans notre âme ?
1" // nous aime alors que nous ne l'aimons pas. — Est-ce le cœur qui nous manque? Hélas! ce cœur, avide d'amour, se donne à toute créature, se dépense ardemment pour tout objet terrestre. Il aime l'homme, il aime jusqu'à la fleur, jusqu'à l'animal... Dieu seul reste l'éternel objet de son indifférence et de son dédain !
2° // reste alors que nous l écartons de nous. — « Sto ad ostium et pulso. » Rien ne peut le décider à laisser l'insolente créature pour laquelle il est devenu un inconnu et un importun.
3° // veut nous posséder alors que nous le trahissons. — Nous nous donnons à tous, nous nous livrons à tout ce qui n'est pas Dieu; Dieu seul n'obtient de nous, quand il daigne être à nous, qu'injurieux refus.
Dieu nous réserve d'ineffables pardons. — Lorsque sa grâce, devenue victorieuse, a raison de notre perversité, et que nous songeons sincèrement à lui revenir : rien n'est tendre comme son accueil, rien n'est paternel comme son embrassement, rien n'est riche comme son patrimoine recou-
BONTÉ DK DIEO ENVERS L HOMME >""
vré Seule la délicieuse parabole du Prodigue peut, sur les [èv^es divines, nous donner une idée des tendresses du 1res Haut alors qu'un Gis repentant revient à son amour et dan. ses bras.
Par quelle aberration l'homme en vient-il à nier la Providence? La Providence n'est-elle pas la sécurité et le charme de sa vie? N'est-il pas malheureux l'enfant qui grandit sans le regard, la surveillance, l'étreinte d'amour de sa mère? Que l'homme, de même, serait à plaindre s'il ne se savait entre les bras maternels d'une providence I
S'il s'insurge contre elle, s'il s'efforce même de la nier, c'est que l'orgueil s'irrite en lui, repoussant toute domination supérieure; c'est que, voulant faire le mal librement et sans crainte, il ne veut pas d'un regard qui le suit, d'une autorité qui le surveille, d'une puissance qui l'entrave et d'une justice qui le menace.
De là viennent les négations, les plaintes blasphématoires, les accusations iniques, contre lesquelles nous devons revendiquer la réalité et les prérogatives de la Providence divine.