NOS DEVOIRS ENVERS LA PROVIDENCE DIVINE
Trois actes correspondent de notre part aux droits et aux bienfaits de la Providence.
Nous lui devons un acte de foi. — La foi nous montrant en Dieu un Maître Souverain nous fera respecter son domaine. — Nous montrant un Etre inaccessible et infini nous fera respecter ses insondables secrets. — Nous montrant un Père tendre nous fera respecter sa conduite, quelles qu'en soient sur nous les obscurités.
Cette foi généreuse nous fera repousser avec horreur toute négation de la Providence, toute accusation blasphématoire contre elle. — Cette même foi nous interdira toute défiance injurieuse, toute récrimination déplacée : « Credidit contra spem in spem » (1).
Nous lui devons un acte de soumission. — Nous accepterons l'inconnu redoutable qui plane sur notre vie entière comme une sombre nuit. — Nous accepterons la douleur alors même que nous n'en pourrons scruter l'origine et le terme. — Nous accepterons dans nos plus chères espérances et nos plus ardents désirs les délais providentiels.
Nous lui devons un acte de correspondance. — Une précaution essentielle pour ne jamais ni froisser la Providence ni en être froissé, c'est de nous souvenir que Dieu, dans les œuvres du temps^ n'a en vue que l'éternité. Que d'interventions providentielles nous deviendront lumineuses, si nous les éclairons à cette lumière de l'éternité!
(I) Usquequo loqueris talia, et spiritus multiplex sermones eris tui?
Numquid Deus supplantât judicium? aut Omnipotens suhvertit quod justum est? (Job. VIII.)