‹ Guide du prêtre dans ses prédications choix et développements des sujetsChapitre 31 sur 138 · LE MIRACLE DE CETTE GLOIRE · texte numérisé non relu

LE MIRACLE DE CETTE GLOIRE

Nous n'apprécierons jamais mieux la gloire dont rayonne Marie mère de Dieu, nous n'en verrons jamais mieux le prodige que quand nous en contemplerons l'immensité.

Contemplons la gloire de Marie. — Immensité, durée, universalité de cette gloire.

1° L'Immensité. — Si nous supputons \e nombre des âmes qui vénèrent et acclament la divine Marie, le nombre des serviteurs qui se vouent à son culte, le nombre des cœurs qui se donnent à elle avec d'incomparables ardeurs d'amour, le nombre des intelligences qui creusent les mystères de sa grâce, de sa gloire, de ses vertus, de ses privilèges : c'est par millions, c'est par multitudes innombrables, que nous apparaissent ses fidèles, ses serviteurs et ses sujets. — Si nous embrassons du regard Vétendue de cette gloire, le rayonnement de ce soleil, nous osons adapter à Marie ce que l'Ecriture a dit de son Fils : « Operuit cœlos gloria ejus. » (( A summo cœlo egressio ejus. » « Non sunt loquelse neque sermones quorum non audiantur voces. » — Et que dironsnous de Vintensité de cette gloire ? Elle ne passe pas froide et indifférente, comme celle qui illustre les grands noms; elle pénètre au plus intime de l'âme, elle en excite les émotions vives, elle en fait résonner toutes les libres, elle enfante les vertus, elle suscite et féconde les dévouements. — Que serait-ce maintenant si nous contemplions par toute la terre les manifestations extérieures de cette gloire, ces fêtes

qui enthousiasment les peuples, ces pèlerinages qui entraînent les foules, ces milliers de temples qui redisent par leur somptuosité la gloire de la Vierge mère de Dieu, ces œuvres innombrables, ces Associations de tout genre, ces Ordres religieux de tout nom, dont la vie entière et les féconds labeurs sont une hymne de louange à Marie?

2° La durée. — A. l'encontre des choses humaines, la gloire de Marie n'a fait, durant dix-huit siècles, que grandir et s'étendre. — Alors que toute grandeur s'écoule, que toute illustration pâlit, qu'aucune gloire ne résiste à l'action des siècles, la gloire do Marie est plus radieuse sous nos yeux que ne l'ont contemplée nos pères. — Et quels obstacles cette gloire a rencontrés! Quels assauts furieux du vice, de l'hérésie, du philosophisme incrédule, elle a supportés 1 Comme ces granits du rivage, plus les flots soulevés, l'ont battue plus elle s'est affermie.

3<* L'unicité. — Une particularité qui s'attache à cettegloire ne doit pas nous échapper. Elle est unique. Jamais elle n'eut ni n'aura de semblable. L'histoire a conservé le nom de femmes illustres; la Patrie française nomme avec fierté et amour sa Jeanne libératrice... Au berceau de chaque peuple se retrouve quelque héroïne connue... Mais que sont ces loin taines lumières à côté du soleil qui les efface ? Quel culte voué au souvenir d'un grand génie ou d'un immense bienfait est comparable au culte que l'univers catholique garde à Marie (1)?

Rendons-nous compte de ce qu'elle a de prodigieux.

— Oui, nous sommes en face de l'une des œuvres les plus merveilleuses de Dieu. Nous contemplons un grand miracle. Une fois de plus Dieu a fait jaillir du néant la plus splendide des créations. — Laissons ici l'incroyant aux seules forces de son regard naturel. Comme nous il a contemplé la prodigieuse gloire dont est couronnée par toute la terre la Vierge Marie.

Or d'où s'est élevé cet éblouissant soleil ? D'où a jailli cette incomparable gloire ? — H y a dix-huit siècles vivait, au loin, chez un petit peuple méprisé des autres, dans une bourgade obscure, une jeune fille dont nul ne savait même le nom. Sa vie s'est passée dans la pauvreté et souvent la douleur ; au-

{à) Beatam me dicent omnes generationes. (Luc. I.)

Qu9e est ista quae ascendit de deserto, deliciis affluens, innixa super Dilectum? (Gant. VIII.)

cune œuvre d'éclat ne l'a signalée au monde. Ni la poésie, ni l'éloquence, ni l'histoire ne se sont préoccupées de cette inconnue. A peine si l'Evangile a dit d'elle quelques fugitives paroles (1).

Et voilà celle dont tout un monde, durant les siècles, a fait sa Reine, sa dominatrice, l'objet du plus ardent des amours !.. «A Domino factum estistudet est mirabile in oculisnostris. »

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