C'EST UNE DOULEUR HÉROÏQUE
De Marie, en face de ces extraordinaires douleurs, nous devons dire qu'elle les accepta magnanimement et qu'elle les supporta avec une indomptable énergie.
Marie les accepta magnanimement. — Sans doute, c'est à chaque instant de sa bienheureuse vie que Marie fit son acte d'immolation volontaire et qu'elle offrit en hommage sa résignation aux volontés de Dieu. — Il y eut cependant des circonstances plus solennelles, où l'Evangile met en lumière sa magnanimité. Quand l'Ange de l'Annonciation lui propose, au nom de Dieu, de coopérer par sa Maternité divine au salut du genre humain, une prophétique lumière lui découvre le drame entier des douleurs dont sera faite cette Rédemption. Dès lors le Calvaire se dresse, le sang coule, la déchirante agonie se montre, elle sait quelle mère fera d'elle la divine volonté. Marie sait tout et accepte tout. — Même magnanimité lorsque Siméon, renouvelant la première prophétie, lui enfonce au cœur ce glaive de douleur qui ne cessera plus de la transpercer.
Marie les supporta héroïquement. — Préparée par une résignation héroïque durant tant d'années, comment Marie eût elle faibli à l'heure du sacrifice? — La voici au pied delà Croix. Après que les scènes précédentes de la Passion l'ont déjà torturée; la voici teinte du sang de son Fils et assistant à sa déchirante agonie. — Sans doute, nous voulons bien la contempler, dans l'évanouissement et le spasme que nous marque une vénérable tradition : mais ce n'est là qu'un tribut passager à la nature humaine. — A la Croix Marie est
debout, droite, indomptable dans son énergie, calme et sereine dans sa force divine. Unie à son Fils elle prie, elle souffre, elle s^immole, elle offre ce Fils, elle s'offre elle-même tout entière pour le salut du monde. — Les Pères de l'Eglise ont vu en elle, à cet instant, un prêtre mystérieux, un pontife de grâces. Marie ne l'est-elle pas en effet; elle qui sur l'autel de la Croix offre à Dieu son propre fils comme la victime du sacrifice?