AMOUR ARDENT
S'il est impossible à un cœur catholique de ne pas aimer Marie, la Mère du Rédempteur, devenue par le don du Calvaire notre propre mère, il serait plus impossible encore de demeurer en face d'Elle dans le mutisme, la froideur et l'oubli. — Qui aime Marie le lui doit montrer.
Impossible de ne pas aimer Marie. — Si notre cœur a touché à d'autres amours, comment n'aimerait-il pas celle qui l'emporte sur tout ce que l'on peut aimer ici-bas ?
i^ Combien l amour d unemère t emporte sur toutautre amour . — Notre cœur a une histoire, tour à tour mêlée de joie et de peine, de désirs et de mécomptes, d'espérances et de désillusions. — x\u premier âge il a trouvé dans des liaisons d'enfance de quoi ardemment aimer... Au moment grave et doux, où commençait la vie réelle, le cœur, sous l'œil de Dieu, a cherché et trouvé où se reposer dans quelque solide union... Puis la maturité, en multipliant les relations, nous a gardé pourle cœur quelque amitiéfranche et profonde... Enfin, quand la vieillesse comme un vent d'hiver eut fait tomber les dernières feuilles et périr les dernières fleurs, quelque afl'ection nous est restée comme un débris précieux.
Or de ces affections qui ont rempli notre vie, une seule les a surpassées toutes, un amour a été plus fort, plus profond, plus pur, plus constant, c'est l'amour de notre mère. Sur les ruines de tous les autres celui-là demeure éternellement debout, et quand, vieillards, nous repassons la trame de notre
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vie écoulée, le seul souvenir limpide et suave est le souvenir d'une mère.
2° Combien Marie remporte sur toutes les mères. — Combien elle l'emporte par la perpétuité de son amour maternel. Tout passe, tout s'évanouit, tout est ruine^ sauf notre âme, notre éternité, notre demeure céleste, là où habite cette Mère qui nous attend... Combien elle l'emporte par sa perfection (1).
{ 1 ) Et in omni terra steti ; et in omni populo
Et in omni gente primatum habui ;
Et omnium excellentium et humilium corda virtute calcavi; et in his omnibus requiem qusesivi, et in hereditate Domini morabor.
Tune prsecepit, et dixit mihi creator omnium; et qui creavitme requievit in tabernaculo meo.
Et dixit mihi : In Jacob inhabita, et in Israël hereditare, et in electis meis mitte radiées.
Ab initio et ante secula creata sum, et usque ad futurum seculum non desinam ; et in habitatione sancta coramipso ministravi.
Et sic in Sion firmata sum, et in civitate sanctificata similiter requievi, et Jérusalem potestas mea.
Et radicavi in populo honorificato, et in parte Dei meihereditas illius, et in plenitudine sanctorum detentio mea.
Quasi cedrus exaltata sum in Libano, et quasi cypressus in monte Sion ;
Quasi palma exaltata sum in Gades, et quasi plantatio rosse in Jéricho.
Quasi oliva speciosa in campis, et quasi platanus exaltata sum juxta aquam in plateis.
Sicut cinnamomum et balsamum aromatizans odorem dedi, quasi myrrha electa dedi suavitatem odoris ;
Et quasi storax, et galbanus, et ungula, et gutta, et quasi Libanus non incisus vaporavi habitationem meam, et quasi balsamum non mistum odor meus.
Ego quasi terebinthus extendi ramos meos, et rami mei honoris et gratise.
Ego quasi vitis fructificavi suavitatem odoris ; et flores mei fructus honoris et honestatis.
Ego mater pulchrae dilectionis, et timoris, et agnitionis,et sanctae spei.
In me gratia omnis vise et veritatis ; in me omnis spes vitse et virtutis.
Transite ad me, omnes qui concupiscitis me, et a generationibus meis implemini ;
Spiritus enim meus super mei dulcis, et hereditas mea super mei et favum.
Memoria mea in generationes seculorum.
Qui edunt me adhuc esurient, et qui bibunt me adhuc sitient.
Qui audit me non confundetur, etqui operantur in menonpeccabunt.
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Si elle est un chef-d'œuvre de la nature, un chef-d'œuvre plus accompli de la grâce, un chef-d'œuvre merveilleux de la gloire, affirmons que le cœur en Marie ne peut être inférieur à tout le reste... Combien elle l'emporte par la nature même de sa maternité. Elle est mère de notre âme; c'est elle qui, en nous donnant son Fils, nous enfante à la vie divine... Combien elle l'emporte par l'origine de cette maternité. C'est à la Croix, avant que le Christ expire, c'est au plus solennel moment delà Rédemption, que Marie nous aété donnée pour mère.
Impossible d'aimer Marie sans le lui montrer. —Si nous aimons Marie, trois manifestations de cet amour sont immanquables.
1° Si nous r aimons, nous y penserons. — C'est la loi du cœur (1), c'est l'impérieux besoin de l'amour. Tout ce qui nous est indifférent fuit de notre pensée. Tout ce qui a saisi notre cœur nous occupe sans trêve ni repos.
Nous penserons à Marie dans les pratiques de dévotion qui, plusieurs fois le jour, nous ramèneront à ses pieds... Quand un danger surgira, quand les sollicitations du mal s'offriront à notre âme, quand le péché sera prêt à nous envahir, nous crierons à Marie... D'ailleurs, devenue la confidente de nos besoins, la pourvoyeuse de nos détresses, la mère enfin chargée de subvenir à nos dénuements : cent fois, mille fois, notre pensée comme notre prière s'élèveront vers Elle.
2° Si nous l'aimons, nous chercherons à lui plaire. — Où est l'enfant aimant qui ne cherche pas à plaire à sa mère, ou qui ne gémit pas de lui avoir déplu ? Quel fils bien né verra d'un cœur sec couler les larmes d'une mère? Quel fils ne se laissera pas vaincre à la seule expression d'un désir?
3° Si nous l aimons, nous la fêterons. — Au sanctuaire de la famille, il est des jours où les enfants réunis mettent
Qui élucidant me vitam aeternam habebunt.
Haec omnia liber vitae, et testamentum Altissimi, et agnitio veritatls. (Eccli. XXIV.)
(l)Nunc ergo, ôlli, audite me : Beati qui custodiunt vias meas.
Audite. disciplinam, et estote sapientes ; et nolite abjicere eam.
Beatus homo qui audit me, et qui vigilat ad fores meas quotidie et observât ad postes ostii mei.
Qui me invenerit inveniet vitam, et hauriet salutem a Domino.
Qui autem in me peccaverit, Isedet animam suam. Omnes qui me oderunt diligunt mortem. (Prov. VIII.)
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leurs joies à fêter une mère... Marie aura ses fêtes dans notre cœur. La sainteTable nous réunirapour ses solennités... Des pratiques pieuses, entre toutes le Rosaire béni, formeront comme une couronne de fleurs dont nous fêterons notre mère.