LA FAMILLE
D'abord parce qu'elle y met la contradiction; ensuite parce qu'elle y cause de funestes ruines ; enfin parce qu'elle y est un germe de désunion.
Elle y met la contradiction. —Que dans cette famille nous supposions une mère pieuse et croyante ou bien seulement une mère, vraiment mère et dévouée, nous trouverons dans l'Ecole sans Dieu une contradiction désastreuse à son œuvre.
1° Ce qiCa été Vœuvre dune mère. — Si elle est pieuse et croyante, la mère aura illuminé l'âme de l'enfant. Elle aura jeté dans son cœur le germe sacré de l'amour, du respect, de Dieu. Elle aura façonné sa conscience, et, dès ses jeunes années, elle lui aura montré le but surnaturel de la vie (1),
Eflfundit despectionem super principes, eos qui oppressi fuerant relevans.
Qui relevât profunda de tenebris, et producit in lucem umbram mortis.
Qui multiplicat gentes, et perdit eas, et subversas in integrum restituit.
Qui immutat cor principum populi terra?, etdecipit eos ut frustra incedant per invium.
Palpabunt quasi in tenebris, et non in luce, et errare eos faciet quasi ebrios. (Job. XII.)
(1) Igitur cum Tobias putaret orationem suam exaudiri ut mori potuisset, vocavit ad se Tobiain, filium suum.
Dixitque ei : Audi, fili mi, verba oris mei, et ea in corde tuo quasi fundamentum construe.
Cum acceperit Deus animam meam, corpus meum sepeli; et honorem iiabebis matri tuae omnibus diebus vitse ejus ;
Memor enim esse debes quae et quanta pericula passa sit propter te in utero suo.
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N'ayons maintenant devant les yeux qu'une mère indifférente, à grand'peine chrétienne : Dieu lui a mis au cœur un instinct que rien ne peut étouffer. Elle aura vu dans les sentiments religieux et dans les pratiques pieuses la seule puissante sauvegarde de la vertu de son enfant. Elle aussi lui aura parlé de Dieu et de la religion.
2° Ce que sera l'œuvre d'une Ecole sans Dieu, — Tout à coup le silence se fait sur les choses saintes et sacrées, que l'enfant avait apprises de sa mère. Ce qu'il vénérait, on le méprise. L'Etre qu'il adorait n'existe plus. La prière est muette, les hommages sont taris, la religion est une étrangère et une inconnue, dont nul ne sait plus même le nom. — Encore estce le premier degré de perversité de l'Ecole sans Dieu. Que sera-ce, si des maîtres impies ou des compagnons dissolus ne rompent le silence de la neutralité que pour des attaques, des sarcasmes, des blasphèmes?
Elle y amène la destruction. — Combien cette œuvre destructive nous apparaîtrait, si nous mettions en regard les deux éducations: l'une religieuse, l'autre oublieuse de toute religion !
i^ Ce que serait la jeunesse élevée selon la Loi divine ; ce que t Ecole religieuse saurait faire de l'enfant. — Continuatrice
Gum autem etipsa compleverit tempus vitse suae, sepelies eam circa me.
Omnibus autem diebus vitse tuse in mente habeto Deum, et cave ne aliquandopeccato consentias, et prsetermittas praecepta Domini Dei nostri.
Ex substantiatua fac eleemosynam,et noli avertere faciem tuam ab ullo paupere ; itu enim fîet, ut nec a te avertatur faciès Domini.
Quomodo potueris, ita esto misericors..
Si multum tibi fuerit, abundanter tribue ; si exiguum tibi fuerit, etiam exiguum libenter impertiri stude.
Prsemium enim bonum tibi thesaurizas in die necessitatis ;
Quoniam eleemosyna ab omni peccato et a morte libérât, et non patietur animam ire in tenebras ;
Fiducia magna erit coram summo Deo eleemosyna, omnibus facientibus eam.
Attende tibi, fili mi, ab omni fornicatione ; et, praeter uxorem tuam, nunquam patiaris crimen scire.
Superbiam nunquam in tuo sensu, aut in tuo verbo, dominari permittas ; in ipsa enim initium sumpsit om.nis perditio.
Quicumque tibi aliquid operatus fuerit, statim eimercedem restitue, et merces mercenarii tui apud te omnino non remaneat.
(Tobie, IV.)
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do l'œuvre d'une bonne mère, cette Ecole élèverait l'âme de l'enfant en la remplissant des liautes conceptions révélées. Elle purifierait son cœur. Elle dompterait ses passions naissantes. Elle développerait et alfermirait ses heureuses qualités. Elle rendrait droite et inflexible sa conscience. Elle lui donnerait le sens do la vie, la perspective de la destinée, le désir de futures récompenses ; en même temps elle habituerait ses épaules au fardeau, parfois si lourd, de l'épreuve humaine.
2^ Au contraire ce que devient fatalement la jeunesse au sortir d'une Ecole sans Dieu. — Elle est sans respect des choses respectables. L'enfant y a appris à ne tenir aucun compte de Dieu, des choses saintes, de l'âme, des lois religieuses: il méprise le ciel, comment respecterait-il la terre? Il dédaigne Dieu, que deviendra pour lui l'autorité secondaire qui est celle de ses parents? — L'enfant est sans force, sans frein, sans secours, au milieu des passions qui débordent de tout son être. Aucune crainte supérieure ne le retient. Pourquoi opprimerait-il sa nature qui le sollicite au mal?
Que ces affirmations ne soient pas des chimères : les statistiques du crime nous fixent avec la plus désolante évidence. Ceux-là même qui n'ont ni la foi, ni le zèle chrétien, constatent que Taugmentation des crimes d'enfant a coïncidé en France avec l'Ecole sans Dieu. — L'enfant est pri?, sous la funeste influence de sa précoce irréligion, d'un mal étrange, absolument inconnu aux âges précédents: le dégoût de la vie et la volonté capricieuse d'en sortir. Les suicides d'enfant, cette monstrueuse innovation de notre Société contemporaine, se sont multipliés à l'instar des crimes. Grimes et suicides sont les fruits amers de l'éducation irréligieuse. « In que corrigit adolescentior vias suas? In custodiendo sermones tuos. »
Elle y met la désunion. — Un mal profond travaille un grand nombre de nos familles contemporaines. Si, pour obéir à d'arrières préjugés, aux entraînements delà coutume, aux exigences du bon ton, la plupart mettent la jeune fille dans des milieux où la religion s'enseigne et se pratique, ils confient, pour des raisons multiples, les jeunes gens à des maîtres ou indifférents ou irréligieux. De là naîtront des désunions, des malaises, d'autant plus profonds qu'ils ont leur siège dans la conscience et qu'ils partent de ce que l'homme a ici-bas de plus intime et déplus sacré : la religion.
L ECOLE SANS DIEU