‹ Guide du visiteur au Musée du CaireChapitre 134 sur 141 · Long, i m. 60 cenl · texte numérisé non relu

Long, i m. 60 cenl

Momie du roi Mihthnsaouf-Métésouphis l", lils de Papi L'. découverte à Sakkarah dans sa pyi'amide. Le Pharaon porte la tresse des adolescents et devait être fort jeune quand il mourut. La tète avait été détachée du tronc et la màchoii'e inférieure brisée ])ar les voleurs cpii dépouillèrent la momie dans fanticpiité. Dans la même vitrine, quekpies ossements d'Ounas. recueillis dans sa pvramide. — VP dvnastie.

1272. — Bois peint. — Long. 2 m. /lo cent. — Thèbes.

Lit sur lequel on déposait la momie pendant les cérémonies funèbres. 11 a la forme ordinaire : le châssis et les pieds en sont formés par deux lions très allongés dont les têtes décorent la partie antérieure. 11 fut trouvé à Thèbes en 1889, dans le tomljeau du père divin Ati, fils de Sitsovkon, dont il porte la légende. En le comparant an n° 1973 (v. p. 895), on reconnaîtra fa différence de technic[ue entre la première époque thébaine et l'épocjne ptolémaïque. — XI IL dynastie.

1416. — Bois. — Long. 9 mètres. — Delr-el- Bahari.

Cercueil rectangulaire, long, étroit, à couvercle voûté: l'ensemble est peint en noir, mais les inscriptions sont tracées en bleu verdàtre sur j^andes Ijlanclies. Il appartenait à une femme de chambre du roi , nommée Noulîouharradons : la momie . couchée sur le flanc gauche , porte encore un cartonnage bleu foncé à face dorée, encadrée dans les ailes du vautour dont la femme était coiffée. — XL dvnastie.

1417. — Bois. — Long, deux mètres. — Drali ahou'l Ncggnh.

Cercueil anthropoïde du genre appelé ricin par Mariette : de grandes ailes aux plumes multicolores enveloppent le corps, et forment une ornementation un peu barbare mais d'un bon effet. L'homme dont la momie repose dans ce cercueil seml^le s'être appelé Hilvitari. — X\1L dynastie.

La série exposée à la suite de ce monument comprend successivement les cercueils ou les sarcophages du général Sapi, à face dorée et à yeux d'émail (Berchéh, Xïl*^ dynastie), dWbdou, qui était contemporain d'un des derniers rois Pasteurs (Sakkarah, XV IP dynastie), et de Montouhotpou surnommé Bouiou (Deir-el-Baliari, XP dynastie). Avec ce dernier personnage on trouva les objets exposés dans la vitrine voisine (n° loyS). le chevet et les sandales en bois doré, les deux bateaux du convoi funèbre , les greniers que des ouvriers remplissent de grain devant le maître assisté d'un scribe, la cour de la maison où un boucher égorge le bœuf, tandis que des serviteurs maies et femelles fabriquent la farine , le pain et la bière , entin les quatre femmes qui apportent le tribut des domaines du tombeau. Un niveau de maçon semble indiquer que Montouhotpou avait quelque emploi dans les constructions du

roi.

Coté sud de la Salle.

On y renconti-e d'aljord, en connnençant par Test :

115 — Momie. — Longueur i m. Gi^ cent. — Deh'-el-Bahari.

La dame Amanit, prétresse d'Hathor, est couchée dans la position où la mort Ta prise, il y a cinquante siècles. Elle a été trouvée dans une petite chambre sans inscriptions, que M. Grébaut ouvrit en 1891 . à Deir-el-Bahari. Elle reposait dans un cercueil en ]:)ois très bien conservé . qui , lui-même . était enfermé dans une grande cuve en pierre également sans inscriptions. Elle porte ses colliers de perles en verre, en or, en argent, et elle a des bagues d'argent

— AOO —

aux doigts. J.cs deux caisses du cercueil de ]»ois. exlérieuie et intérieure, sont exposées à droite et i\ oauclie de la momie, sous les u"' 1 1() et 117.

I.e reste de la salle est rempli par des sarcophages rectangulaires de la première époque thébaine. La série en est si nombreuse que, faute de place, nous Taxons continuée sur le balcon oriental.

BaLCOX Or.IEXTAL.

Outre la série des sarcophages et cercueils du premier empire thébain, on y remarque le long des murs les fragments d'un pavement peint provenant d'el-Haouata. Dans les palais royaux de la X^ III* dynastie, le sol des chambres de réception était battu . puis recouvert d'un enduit de chaux très mince, sur lequel on peignait un décorde plantes <l"eau. d'animaux et d'oiseaux aquaticpies. Le palais d'el- Haouata est du temps d'Amé-nôthès ï\ . On distingue des fourrés de roseaux remplis de Heurs, d'oiseaux, des bœufs courant à travers ces fourrés , des poissons : une ligne de prisonniers enchaînés formait la bordure extérieure de cet ensemble.

On notera, dans les intervalles, ({uelcpies échantillons «farbres et de plantes autiques. fleurs recueillies sur les momies, fi'uits et graines trouvés dans les tond^eaux, troncs d'arbres ramass('s dans les londieaux ou dans les ruines des villes.

Les Heurs pi-ovieiuient surtout des momies royales de Deir-el-Bahari el remontent à trente ou trente-cinq siècles

envii^oii. C'est le D' Schweinfui-lli qui . sur la proposition de M. Maspero, prépara le premier herbier eu i883-i88^i et détermina les espèces. Les momies des prêtres d'Amoii fournirent ensuite à M. Grébaut de nouveaux échantillons de la même date que ceux des momies royales. Les fruits , les graines, les rayons de miel, ont été trouvés en i885 et 1886 à Gébéléin. dans les toml)eaux de la XI* dynastie, et datent peut-être de cinquante siècles. Enfin les troncs d'arbres espacés le long- des piliers ont servi au traînage des sarcophages. L'un d'eux est orné d'une tête d'Hathor et d'une inscription hiéroglyphique.

Les vitrines contenant les graines ont dû être réléguées, faute de place, dans la galerie, sur le palier du salon méridional.

SALLK D .

Elle renferme les plus vieux des monuments égyptiens que nous connaissions jusqu'à présent. En 1895, M. Amélineau découvrit à Omm-el-Gaab , dans la nécropole d' Abydos , un cimetière de rois très anciens oii il voulut reconnaître les membres des dynasties divines, Osiris. Horus, Set , et les mânes fabuleux qui , selon la tracUtion , avaient régné sm' TEgypte avant Menés. L'année d'après . M. de Morgan mit au jour , près de Xeggadah , le monument d'un roi Ahaoui , qu'il n'est pas impossible d'assimiler avec Menés. Il explora ensuite , de (iébéléin à Siout , toute une série de stations et de cimetières primitifs qu'il pensa être antérieurs à Menés, tandis que M. Quibeil fouillait la ville de Hiéraconpolis et y opérait des découvertes analogues. Un peu plus tard. M. Pétrie, continuant, à partir de novembre 1899, les fouilles d'Amélineau, acheva l'exploration des tombes d'Omm eî-Gaab. Entre temps, quelques-uns des noms

(lécouvei'U au déhnt avaient été identitiés par M. Setht' avec ceux des Phai'aons de la I" dynastie inanëthonienne : M. Pétrie essaya, non sans adresse, de classer tous ces personnages cju'il découvrait , et il crut reconnaître qu'un certain nombre d'entre eux avaient vécu avant Menés, si h'ien qu'il en fit une dynastie 0 (Zéro), antérieure à la 1" dynastie. Jusquen 1900, les noms de ces souverains et leurs tombeaux ne s'étaient guère rencontrés que dans la Haute et la Moyenne Egypte : pendant l'hiver de 1901-190:2. MM. Barsanti et ^laspero, déblayant le tombeau d'Ounas à Sakkarah, constatèrent que les souterrains y étaient antérieurs à la pyramide, et recueillirent dans Fun d'eux le nom de deux de ces très vieux rois. 11 est donc certain désormais que Ton a le droit d'espérer de semblables découvertes tout le long de la vallée du Nil.

(^uekpies-uns des objets exposés dans cette salle appartiennent certainement aux âges antériem-s à Menés, mais il ne sendde pas cpie même ceux-là puissent provenii' de ce qu on appelle les temps pi^éhistoricpies , c'est-à-dire aux époques où , l'art de l'écriture étant inconnu , l'histoire ne pouvait pas exister encore. Si haut que nous remontions dans le passé jusqu'à présent, nous trouvons l'Egypte en possession d'une écriture identique à celle (fue nous déchiffrons couramment sm' les monuments memphites ou thébains. Cette écriture, composée de figures d'objets ou (Vétres animés et inanimés , avait d'abord des formes très maladroites et très cursives, ne ressemblant que de loin aux objets qu'elles prétendaient reproduire. C'est par une sorte de hiératique que commença l'Egypte, ainsi que je l'ai dit il y a longtemps , et le système hiéroglyphique ne prévalut dans toute sa beauté que lorsque les artistes furent devenus assez habiles pour graver fidèlement sur la pierre les ima-

ges dont il se composait : ils redressèrent alors les signes semi-hiératiques du début, et, comme ils n'en saisirent pas toujours la forme originale, nous ne devons pas nous étonner si l'origine et l'aspect primitif de certains hiéroglyphes nous échappent complètement. Dès le temps d'Ahaouî Vlénès, le système était parvenu à un degré de perfection tel qu'on peut être certain qu'il existait depuis longtemps déjà; en attendant, tous les Pharaons signalés jusqu'à ce jour ap|)aitiennent soit aux deux premièi'es dynasties thinites soit à la troisième memphite. Nous n'avons guère actuellement (jue leurs noms de double, et, comme ils iigurent sur les listes officielles , sur le Canon de Turin ou sur les tahles d'4hydos ou de Sakkarah, par leurs noms propres , leur identité n'est pas facile à étahlh'. Toutefois , ceux qui étaient enterrés à Omm-el-Gaab sont bien ceuxlà même dont Séti ï" répara les tombeaux sous la XIX" dynastie, et qu'il inscrivit sur la liste des Pharaons auxc|uels il faisait offrande dans son temple d'Abydos: cela suffit à nous montrer qu'ils étaient pour les Egyptiens les successeurs et les descendants de ^Iénès. Que Tordre de succession établi entre eux parles scribes soit parfois erroné, que même Menés n'ait pas été le premier d'entre eux , il est ])ossible et je n'en serais pas étonné si quelque tlécouvei'te nouveffe nous le démontrait : il ne faut pas néanmoins nous hâter de rompre sans raison la série traditionnelle, et je n'admettrai pas encore pour mon compte l'existenc*» parmi eux de ce ([ue M. Pétrie appelle une dynastie 0.

Côté JSord de la Salle.

Les vases placés sur les sellettes sont des amphores qui continrent jadis le vin et la bière destinés au mort. Après les avoh' remplies, on les fermait au moyen d'un bouchon

— ml —

(le bois ou de paille, sur lequel on plaçait ensuite un immense chajjeau d'argile malaxée; on y imprimait une légende écrite , au moyen d'un cylindi^e roidé sm* l'argile fraîche. Ce cylindre portait le nom de double et les titres du Pharaon sous lequel ou auquel on offrait la jarre, le titi^e de Toflicier qui vedlait à raccomplissement de l'offrande ou de celui qui exploitait le vignoble d"oii le vin provenait. ([uek[uefois un nom de reine, de prince royal ou de particulier. Ce sont ces empreintes qui nous ont rendu la plupart des noms de double appartenant aux Pharaons dont les dynasties thinites se composaient.

Les objets en ardoise ou en schiste , appliqués sur toile rouge, proviennent des fouilles de M. de Morgan, et représentent une partie de l'outillage domestique des Egyptiens inmiédiatement antérieurs ou postérieurs à ^lénès. On ne sait à quel usage servaient les pièces oblongues , larges et plates au centre, pointues aux deux l>outs. mais les pièces de petites dimensions étaient , à ce que l'on croit , des palettes à préparer les fards verts et noirs dont les Egyptiens se teignaient le visage. Ils affectent pour la plupart des formes cranimaux. de poissons et d'oiseaux, porcs, latus, tortues, éperviers volants. Des ensembles pareils sont disposés sur les piliers , entre les armoires , sur le côté nord et sur le côté sud de la salle.

Armoire A.

Les objets qui la remplissent proviennent de la tombe royale d'Ahaouî, découverte par M. de Morgan à \eggadèh , en mars 1897. C'était un mastaba immense, en briques crues, qui ne renfermait pas moins de vingt-six chambres: on y avait déposé au moment de l'ensevelissement une quantité d'objets de toute sorle, cjui périrent plus tard ou

furent endommagés par ie feu. Les t.-aces de fincendie sont visibles encore sur presque tout ce qui remplit i armon-e \. plaques en teire cuite, poteries, vases en pierre dm-e, diorile, albâtre, porpbyre, granit : quelques-uns ont été à demi vitrifiés par fintensité de la chaleur.

Armoire B.

On V a réuni les objets le mieux conservés du tombeau d'Ahaoui, pointes de flèches, grattoirs, couteaux recourbés eu silex: fragments de vases en cristal de roche, en obsidienne, en calcaire, dont ([uelques-uns portent comme marcjue trois oiseaux ressemblant à des autruches: chapeaux en argile au nom d'Ahaoui , et dont on avait recouvert des jarres aujourdliui détruites: des poissons, des restes de barques , des pieds de petits meubles en ivoire. Les monuments les plus curieux sont :

1410. IvoiRK. — o m. o5 cent, de coté.

Plaquette couverte de dessins et d'inscriptions . et sur laquelle sont tracées sommah-ement les principales cérémonies de renterrement du roi Ahaoui : dans le coin de droite on aperçoit un signe qui peut représenter le nom Manai- Ménès du premier roi. Au dernier registre, le sacrifice du bœuf est indiqué.

1411 — Cristal de roche et ivoire.

Un lion d'un fort joli style, et trois chiens de moins bon travail.

1412. — Ivoire.

Six petites tessères en ivoire, «pii ont servi d'étiquettes

— /iO() —

et qui portent d'un côté Tim des titres d'Aliaoïiî, de rauti'e des chiffres désig-nant la quantité des objets snr lesquels Fétiquetle était placée.

Armoire C.

Objets provenant des foudles de M. Aniélineau à Onnuel-Gaab : vases en graïu't et en albâtre; vases ébauchés en schiste: outils en silex: petits instruments en cuivre ou en bronze, haches, poinçons, ciseaux, aiguilles, grosses épingles: pieds de meubles en bois, ayant la forme traditionnelle d'une jambe de lion: chapeaux d'argile, scellés aux noms de doubles de plusienrs souverains thinites et d'ofliciers préposés à la garde des biens du tombeau. L'objet le plus précieux est :

1414. — Albâtre. — Haut, o lu. 80 ceul.

Lu magnifique vase en forme de jarie pointue, tadlé siu" le modèle des jarres dont on se servait pour porter l'eau : l'appareil de cordes qui était usité en pareil cas est tracé en relief sur la panse du vase.

Armoire D.

La plupart des vases et des objets exposés dans cette armoii'e ])roviennent des fouilles entreprises par i\I. de Morgan et par d'autres savants dans des localités de la Haute-Egypte, à Hamradoum, à Mahasnah, à El-Kab, etc. L'âge en est difficile à déterminer, et il est probable qu'un certain nondjre d'entre eux ne sont pas antérieurs à la I\*" dynastie, ainsi le vase n" 1096, avec ses oreillettes lamées d'oi" et garnies d'anses de cuivre, le vase à libations en ruivje 'jlp et son bol. le disque en albâtre poli. Les

poieiiards et couteaux eu sHex sout (Vépoque tlimile et comptent parmi les plus beaux qu'il y ait au montle : (leux d'entre eux ont des poignées en or. La poignée du n" 1 3qi est une simple feuille d'or, sur laquelle sont graves au trait des registres de plantes et d'annnaux dessmes avec soin, mais d'un stvle pénible. La poignée de 1 autre a une forme mieux définie, mais les figures liumames qm V sont tracées à la ])ointe ressemblent smgulièremen t a celles qu'on voit sur certains vases de terre rougeatre : la lame va s"élargissant vers le sommet, et se divise de manière à former l'instrument nommé posh-hefaou parles Éo-vptiens. et dont ils so servaient pour couper le cou aux bêtes de i)etite taille. (> dernier poignard a été acheté a Kénéh par M. Quibell, ainsi que les (juatre bracelets en sdex qui favoisinent. Les peignes et les objets de todette en ivoire ou en os. qui occupent le fond de 1 armoire, sont d'une exécution très soignée.

An MOI HE E.

Les vases en terre rouge lisse, décorés de dessins géométriques tracés à la couleurblanche, furent découverts pour la première fois en 188^1, i885, 1886. à El-Kliizàm et à Gébéléin avec des monuments datés du premier empire thébain ou de la Vl^ dvnastie : depuis lors . MM. Amélineau . de Morgan et Pétrie en ont trouvé dans des tombeaux contemporains des dvnasties thinites. C'est une fabrication qui s'est mainteiuie pendant de longs siècles dans la Haute-Égvpte . de même que celle des vases mi-partie rouges et noirs. Les autres vases exposés dans cette armoire nous donnent une bonne idée de l'ensemble des formes usitées en Égvpte pendant la période archaïque : ils proviennent des fouilles de Morgan, de Pétrie et de Quibell.

On a adossé contre les piiastres : i " eiili'e les armoires B-C une stèle provenant d'un tombeau royal d'Abydos; •3" la stèle funéraire du roi Qa-àou entre les armoires G et D: 3° dans l'angle nord-ouest, un beau vase en granit au nom du Pharaon Kliâsakhmoui de la IIP dynastie, découvert par Quibell à Kom-el-Ahmar; k" sur le montant droit de la porte, la stèle du roi Douni (?) de la 111' dynastie.

Côté sud de la Salle.

Armoire F.

On y voit une fort belle série de vases en pierre dure et fie petite taille, pour la plupart {ippartenant à lépoque thinite. Dans le compartiment du milieu, nous avons placé ia partie inférieure d'une palette de schiste (n" lili^i), provenant d'Abydos et du genre de celles que nous avons décrits plus hau t ( p. 1 0 3- 1 6 5) : elle porte trois registres d'animaux domestiques superposés, bœufs, ânes et chèvres, puis la représentation d'un bois touffu. Dans le compartiment de gauche, on remarque, avec une colhx'tion de télés de massue en albâtre ou en diorite , ovales ou plates , une figurine d'homme agenouillée en argile provenant de Hannwloum ( n° 1399), et surtout:

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