GRANDE GALERIE D'HONNEUR
Bras est.
La partie orientale de la galerie d'hoDiieur contient, par opposition aux grands sarcophages de la vieille époque pharaonique, les grands sarcophages des époques saïte et ptoléinaïque. Ils sont alignés sous les portiques, sur deux j'angs de profondeur, les plus massifs entre les colonnes, les autres debout le long (ki mur deriière les premiers.
L'ensevelissement le plus riche comportait à celte époque, surtout dans la région de xMemphis, un cercueil rnomiforme s'emboîtant dans un sarcophage rectangulaiiT. Parfois, le cercueil et le sarcophage étaient taillés dans la même piei're; le plus souvent, le cercueil était d'une pierre très dure, basalte, granit gris, schiste, et le sarcophage de calcaire blanc. Il peut arriver qu'une momie ait été trouvée directement dans le sarcophage; toutefois, à l'ordinaire, lorsqu'on ne donnait au mort qu'une seule enveloppe de pierre, c'est le sarcophage qu'on supprimait. Lorsque la famille visait à l'économie, elle remplaçait la ])ierre par le bois , et alors on peut rencontrer un sarcophage et un cercueil de bois pour une seule momie : plus fréquemment, ie sarcophage est absent et le cercueil reste seul, taillé dans un tronc massif, de manière à reproduù^e la forme et autant (|ue possible l'aspect du cercueil de pierre.
Le décor varie selon qu'il sagit d'un cercueil ou d'un sarcophage. Le cercueil ne porte le plus souvent sur la face extérieure, de la poitrine aux pieds, que la copie très incor-
recle d'un ou deux chapitres du Livre des Morts, de préférence le chapitre LXXIV, qui assiu'e au mort la bienveillance de ses juges dans l'autre monde. Lorsque des figures ou des scènes accompagnent Tinscription, les quatre enfants d'Horus, Amsîti, Hapi, Douamaoutf, Kabhsnaouf, y jouent le rôle principal, tantôt seuls , tantôt accompagnés de plusieurs Anubis, de plusieurs Horus et de quelques génies secondaires ; elles sont répaiHies symétriquement le long des jambes, de chaque côté de l'inscription. Souvent alors, la partie ])ombée du couvercle qui correspond à la poitrine est couverte de taljleaux destinés à illustï'er les actes successifs de la vivification du mort par le soleil et de ses courses à travers le ciel. La déesse Nouît étend ses ailes pour le protéger, en tenant dans chaque main les plumes dont elle se sert pour faire la liunière , lui-même il est étendu sur le lit funéraire entre Isis et Nephthys qui le pleurent, et, d'un disque solaire, seul ou placé sur la montagne d'horizon, une nappe de lumière descend qui l'inonde et ranime sa momie. 11 fallait que le mort trouvât écrits ou figui'és sur son cercueil les formules et les personnages qui pouvaient lui être le plus utiles dans sa vie nouvelle : les ayant au-dessus de lui, il était certain de retirer le bénéfice complet de leur présence.
Le sarcophage, avec ses quatre parois et son couvercle, ouvrait un champ plus vaste que celui du cercueil à l'ingéniosité du décorateur. 11 était comme le résumé du tombeau entier, et le mort avait le droit d'y trouver tout ce qui était représenté sur les parois du tombeau. Sur le couvercle, ce sont plutôt des chapitres du Livre des Morls, ceux qui, à l'époque ptolémaïque, passaient pour exercer l'influence la plus heureuse sur la destinée de l'àine, ceux surtout qui étaient destinés à faciliter la réunion de l'àme au corps. C'est
|X3m' cela quoii voit si souvent , au milieu de la i'ace plate ou bombée du couvercle, Timage d'une âme. Te'pervier à tète humaine déployant ses ailes : elle est là, comme au petit monument de Rà (voir p. 2 1 4, n° 607), pour veiller sm- le corps c|ui est sien et pour le ranimer. Sur les parois extérieiu-es se déploie la série des génies et des dieux qui gardent la momie d'Osiris, jour et nuit, mois et ans, ou bien des extraits du Livre de l'Hndès (voir p. 990) : le mort y aperçoit Tiniage de celles des heures de la nuit dont il lui importe le plus de coiuiaître la population et la topographie, afin de pouvoir les parcourir sans danger avec le soleil. L'intérieur présente souvent : sur la face interne du couvercle, l'image de la déesse Nouît, le ciel, cpii s'allonge au-dessus du mort comme elle fait au-dessus de Sibou , son mari, pour le défendre du mal; sur les faces internes de la cuve. Nouît ou Amentît. la déesse d'occident, escortée de génies tutélaires. Le mort était entouré de tous côté par les dieux qui assumaient la perpétuité de son existence.
{^ série des grands sarcophages se développe en Ire les folonnes dans l'ordre suivant :
On rencontre d'aboid. a Textrémité ouest de la colonnade noi'd , le très beau cercueil momifoi-me en basalte gris, deZannéhibou, découvert à Sakkarab en 190-2, et long de ^ m. Oo cent., puis, à la suite, un des chefs-d'œuvre de la gravure égyptienne à l'époque des Ptolémées :
1299. — Granit <.his. — Haut. lot. i m. .'mS cent. — Sakkarah.
Sarcophage reclangulaire couvert de figures et d'hiéroglyphes à l'intérieur et à Textérieur ; il provient du même puits
que le u" i ooo (voir ]). 1 35 ), et il a appartenu à Takliôs. fils de la dame Bateili , à la l'ois prêtre et chef militaire. Mariette supposait que des deux Takhôs, fds de Bateiti, dont les deux sarcophag-es n" 1299 et 1000 nous révèlent Texistence, l'un avait été le grand-père de l'autre, et que la mère du second aurait été la fdle du premier, appelée Baléiti comme sa grand' mère : rien n'est venu confirmer cette conjecture. Les amulettes en pâte de verre de la salle G (voir p. 189, vitrine F) du .Musée proviennent pour la plupart de leurs deux sarcophages. — Début de l'époque ptolémaïque.
1285. — Ghamt gris tachktk de rose. — Long. -i m. Go cent. — Sakharah.
Sarcophage et cercueil momilbrme de Ankhha[)i, fils de Tafnakhti et de la dame Dadi (?). Le cercueil l'enfermait les restes du défunt. — Epoque ptolémaïque.
1300. — Gramt gris. — Long. 2 ni. 85 cent., haut, i ni. 35 cent. — Sahhamh.
Sarcophage de Takhôs, fils de Balèiti, découvert par MaiMette dans le même puits que le n" 1-399 (^^ii'P- i3/i). — Epoque ptolémaïque.
1280. — Gramt gris. — Long. 2 m. 43 cent. — - Sakkavah.
Cercueil anthropoïde au nom diin Psammétique. — Epocpie persane.
On rencontre successivement , en commençant par l'extrémité est de la galerie, le sarcophage d'un certain Psammé-
tique-Xebpahil (granit gris, longueur 9 m. 5o cent., Sakkarali). qui n'est autre que le Psanimétique dans la toml)e duquel ont été trouves les Ijeaux monuments exposés au premier étage, dans le salon nord (voir pages 28 1-!^8-2, n^'ioiy, 1018,1019, 1020) : ensuite un superbe sarcophage également en granit gris (longueur 2 m. 80 cent.. Sakkarah), sur lequel on a effacé avec soin le nom du premier possesseur, Ankhhapi. A la suite des guerres civiles et étrangères qui désolèrent l'Egypte au cours du iv" siècle av. J.-C, les nécropoles de Memphis furent violées à plusieurs reprises par les Perses et par les Macédoniens : les grands sarcophages gravés furent retirés des tombes par des industriels peu scrupuleux et remis dans le commerce, probablement à prix réduit. Quelques-uns de ces sarcophages d'occasion furent exportés à l'étranger, en Phénicie surtout, et on les retrouve dans les tombes riches de Tyr et de Sidon : le sarcophage d'Eshmounazar qui est aujourd'hui au Louvre, et celui du Musée de S" Irène à Constantinople sont de bons exemples de ces adaptations. D'autres demem'èrent en Egypte et furent réemployés dans les nécropoles de Gizèh ou de Sakkarah ; le plus souvent on remplaçait le nom de l'ancien par celui du nouveau pro})riétaire , mais parfois aussi, après avoir effacé le vieux nom, on ne se donnait pas la peine d'écrire le nouveau, et c'est le cas ici, presque [»artout.
1286, — Calcairk COMPACT. — Long. 9 m. ^A cent. — Ahhmhn.
Sarcophage de Takhôs , rapporté d'Akhmîm eni885.La décoration , d'une couleur harmonieuse et claire , est demeurée inachevée ; on voit encore sur les cotés la mise au carreau qui guida le dessinateur et le sculptem*. — Epoque ptolémaique.
Le dernier cercueil de cette série est celui de Péte'nisis qui fut découvert à Sakkarah en 1903, dans les fouilles exécutées autour de la pyramide d'Ounas. Il est en basalte gris, long de 9 m. 60 cent., et il a le même type que celui de Zannéhibou (voir p. idh) auquel il fait face symétriquement.
La plupart des cercueils dressés contre les murs sont remarquables par la finesse de la gravure et la beauté du poli. Les principaux sont :
1308. — Basalte vert. — Long. 1 m. 98 cent. — Sakkarah.
Sarcophage de la dame Batèiti, mère de l'un des Takhôs dont nous avons le sarcophage (voir p. i3/i. i3o, n"' 1299, i3oo). Il est remarquable par la finesse extrême des gravures qui le décorent. Chaque hiéroglyphe y a été traité à part selon les procédés de la gravure sur pierre fine et est un petit chef-d'œuvre d'exécution. Que les Egyptiens aient réussi une fois à accomplir un tel travail , on ne doit pas en être surpris : mais ce qui est étonnant , c'est que ce travail ingrat leur était si facile qu'ils en ont midtiplié les produits pour ainsi dire à l'infini. .
1301. — Basalte gris. — Long. 1 m. 8-2 cent. — Sakkarah.
Cercueil en forme de momie trouvé dans le puits d'Ankhhapi (voir p. i35, n" 1285). La légende qui court sur le devant , de la poitrine aux pieds, nous apprend qu'il appartient à la dame Parhatibastit , mère d'Onnophris. — Epoque ptolémaïque.
1302 et 1302 bis. — Basalte. — Long, i m. SS c.
— Salkarak.
Le sarcophage d"Hariiihabi, fîis de la dame ïërou, doit appartenir à la seconde période saïle, ainsi qne le prouvent la grâce et le fini des légendes. Les patients artistes auxquels l'exécution en fut confiée semblent s'être imposée la tâche de le couvrir en entier, comme d'une ta])isserie, de dessins et de signes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
— XXX' dynastie.
1303. — (Calcaire. — Hauteur i m. 9.3 cent.- — Sakkarah.
Couvercle d'un sarcophage, aujourd'hui perdu, qui appartint àMénéi, prêtre d'Osiris. On voit sur la poitrine la représentation du défunt couché sm* son lit funèbre. L'àme se rapproche du coi'ps. sur lequel elle plane les ailes déployées. Au-dessus de la scène , le soleil . soutenu par Isis et PSephthys, se lève et fait pleuvoir ses rayons sur la momie qu'il ranime et vivifie. — Epoque ptolémaïqne.
1306 ei 1306 bis. — Basalte gris. — Longueur 1 m. 80 cent. — Sakkarah.
Couvercle et cuve du sarcophage de Kandiapi, trouvé dans le puits d'Ankhhapi. — Epoque ptolémaïque.
1307 ei 1307 bis. — (Calcaire compact. — Haut. 1 m. 9/1 cent. — Sakkarah.
Sarcophage de Hakni . fille de Ilanpinafri. tiouvé dans le puits d'Ankhhapi. On remarquera au centre du disque
solaire ia leprésentatioii du dieu pantliée à quatre têtes de bélier, avec corps humain , pattes d'oiseau et de bélier, (pii permet à rame humaine de voyager eu paix dans les quatre maisons du monde. — Epoque ptolémaïque.
Adossé contre le pilier nord-est de la galerie, on voit nn très beau couvercle :
1304. — (tramt noir. — Long, a ni. •?- cent. — Sakkarah.
Sarcophage d'Onnophris, fils de la dame Parhatibastil , qui provient du puits dWnkhhapi. — Epoque ptolémaïque.
Enfin , au milieu du vestibule de Tescalier est , se di^esse le grand sarcojîhage en basalte gris de Pétésamtouî qui est d'époque ptolémaïque et qui provient de Kom Yasin, dans la Basse-Egypte.
ui
UJ
>- O UJ
co
UJ
tu o
UJ UJ
co