‹ Guide du visiteur musée de BoulaqChapitre 40 sur 78 · Granit noir. — H. i"™8o; larg · texte numérisé non relu

Granit noir. — H. i"™8o; larg

o"^ 75' — (Mariette, Karnak, pi. 11.)

Cette stèle, célèbre dans l'histoire littéraire de l'Egypte, renferme un poème composé pour célébrer les victoires de Thoutmos III. Le roi y est représenté adorant le dieu, qui lui répond par un long

Salle historique de Touest. 73-

panégyrique. C'est d'abord une sorte de chant en prose poétique, où bientôt viennent s'intercaler des vers rythmés : «Je suis venu, je t'accorde d'écraser » les princes de la Phénicie du Nord, je les jette sous » tes pieds à travers leurs contrées ; — je leur fais »voir ta Majesté, telle' qu'un seigneur de lumière, » lorsque tu brilles sur leur tête comme mon image.

« Je suis venu, je t'accorde d'écraser les \>arbares » d'Asie, d'emmener en captivité les chefs de la Syrie » Creuse ; — je leur fais voir ta Majesté couverte de »ta parure de guerre, quand tu saisis tes armes, sur »le char.

« Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre d'O- » rient; la Phénicie et Chypre sont sous ta terreur; » — je leur fais voir ta Majesté comme un taureau » jeune, ferme de cœur, muni de ses cornes et à qui »on ne peut résister.

«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples » qui résident dans leurs ports, et les côtes de la Ci- »licie tremblent sous ta terreur; — je leur fais voir »ta Majesté comme l'hippopotame, seigneur de l'éépouvante sur les eaux, et qu'on n'a pu approcher.

«Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples »qui résident dans leurs îles : ceux qui vivent au » sein de la mer sont sous tes rugissements ; — je »leur fais voir ta Majesté comme un vengeur qui se «redresse sur le dos de sa victime.

« Je suis venu, je t'accorde d'écraser les Libyens : >les îles des Danaens sont au pouvoir de ta voylonté; — je leur fais voir ta Majesté telle qu'un »lion furieux, qui se couche sur leurs cadavres à • travers leurs vallées.

y4 Salle du centre.

«Je suis venu, je t^accorde d'écraser les contrées V maritimes, tout le pourtour de la grande zone des »eaux est lié à ton poing; — je leur fais voir ta » Majesté telle que le maître de Taile (l'épervier), qui » embrasse d'un clin d'œil ce qui lui plaît.

«Je suis venu, je f accorde d'écraser les peuples » qui résident dans leurs lagunes, de lier les Bédouins, » maîtres des sables, en captivité ; — je leur fais voir ta » Majesté semblable au Chacal du Midi, seigneur de » vitesse, coureur qui rôde à travers les deux régions.

« Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares » de Nubie : jusqu'aux peuples de Pit, tout est dans »ta main; — je leur fais voir ta Majesté semblable »à tes deux frères Hor et Sit, dont j'ai réuni les »bras pour assurer ta puissance.»

Cette partie du poème était devenue si célèbre qu'on la copia sur d'autres monuments, pour célébrer les exploits de Séti 1er et de Ramsès III. — XIX«» dyn.

Kamak.

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