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SALLE DE L'ANCIEN EMPIRE

La nécropole de Memphis, qui s'étend de Dahshour à Abou-Roash, nous a donné les monuments les plus

OXFORD

20O , Salle de TAncien empire.

anciens que nous connaissions jusqu'à présent. Plus de mille tombeaux de toute grandeur, dont quelques-uns remontent peut-être à la II*, certainement à la III* dynastie, y ont été ouverts au cours des travaux qu^entreprend chaque année, depuis plus de vingt ans, Tadministration du Musée. La Salle de V Ancien Empire est garnie presque exclusivement d'objets provenant de ces fouilles. En la parcourant avec attention, on prendra Tidée la plus avantageuse du haut degré de civilisation, auquel les Égyptiens étaient parvenus, dès les temps les plus reculés 'de leur histoire.

Presque tous les objets exposés avaient un usage funéraire : il importe donc, pour en comprendre la valeur, de savoir ce qu'était le tombeau égyptien. Il était toujours divisé en trois parties, dont chacune avait son usage : une chapelle extérieure, la chambre où était le sarcophage, un couloir qui conduisait de la chapelle à la chambre. Parfois, la chambre extérieure était une sorte d'édifice quadrangulaire, qu'on prendrait de loin pour une p}Tamide tronquée. Les faces, bâties en pierres ou en briques, sont symétriquement inclinées et le plus souvent unies : quelquefois cependant les assises sont en retraite l'une sur l'autre et formaient presque gradins. Mariette a donné aux chapelles de ce type le nom arabe de Mastaba, qui leur est resté. Souvent, surtout à partir de la XII* dynastie, la chambre extérieure est taillée à même dans la montagne. Le couloir s'enfonce sous terre, en suivant une pente plus ou moins prononcée : d'ordinaire, au temps des IV* — VI* dynasties, il descend perpendiculairement

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dans la roche et devient un puits. La chambre du sarcophage presque toujours nue et mai équarrie aux anciennes époques ne commence guères à recevoir d'ornements qu*à partir de la XIX" dynastie : encore est-ce par exception seulement qu'elle est décorée. Ces trois parties réunies, la chapelle, le couloir, la chambre, formaient la maison du mort, la maison éternelle, comme l'appellent communément les textes. L'âme égyptienne n'était en effet qu'une substance à peine moins matérielle que le corps visible, et qu'il fallait loger, nourrir, habiller (cfr. p. 35) : on lui donnait, entre autres noms, ceFui de ka ou double. Le ka était un second exemplaire du corps, une projection colorée, mais aérienne, de l'individu, le reproduisant trait pour trait : enfant s'il s'agissait d'un enfant, femme s'il s'agissait d'une femme, homme s'il s'agissait d'un homme. La chapelle était la chambre de réception du double, la chambre du sarcophage son appartement privé, dont on murait soigneusement la porte afin que nul indiscret ne vint le déranger contre son gré (cfr. p. 32).

Les murs de la chapelle étaient couvertes de peintures ou de sculptures d'un travail souvent remarquable. Le musée en possède de fort bons spécimens. Ce sont d'abord, à droite et à gauche de la porte d'entrée.

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