ET PROMENADES NOUVELLES
Lieux qtt*il faut Tisiler plusieurs fois. — Quelques autres promenades : la ▼allée de Pirgos; la fontaioe de Karakoula. — Les derviches tourneurs. —
( Départ de la caravane des pèlerins.— Quelques explications sur le but et la nature do cet ouvrage.
' Depuis que le voyageur est à Constantinople, la multitude des sites qu'il a contemplés a ébloui sou Imagioatiou sans y laisser des images bien arrêtées. La succession rapide de ses impressions a jeté dans son esprit un pêle-mêle de souvenirs qui l'empêche de se retracer isolément les objets qu'il a vus. C'est un tableau magique qui a passé devant lui , et dont i'ensemble seul est resté gravé dans sa mémoire. La masse imposante do la grande capitale, la Propontide , le Bosphore, le magniflque panorama du port, quelques édifices somptueux, voilà ce qu'il se rappellera facilement, longtemps même après avoir dit adieu à TOrient ; mais les détails de ce paysage multiple lui ont déjà échappé. S'il n'a pas appelé .^a plume
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OU le crayoD a son aide, il faudra qu'il visite, plusieurs fois les localités les plus intéressantes de Constantinople et de ses environs.
Le Grand-Cbamp-des-Morts doit le revoir sous Tombrage de ses mûriers et de ses cyprès. Cette adndrable promenade des Fraies doit être parcourue dans tous les sens; celui-là aurait incomplètement joui de CoDstaDttnq>le qui n'aurait point passé de douces beures devant les perspectives si va^ riées du grand cimetière de Péra , en fumant tranquittaseot sa pipe et en savourant l'arome du café* • La vallée de Dolma-Bagbtcbè mérite aussi d'arrêter plus d'une fois les pas de rétranger. Elle est d'ailleurs si voisine du Grand-Champ-des-Morts qu'une fois parvenu à Textré* mité du faubourg on peut s'y rendre en très peu d'instants. Le palais construit pour Sultan- Mabmoud à l'entrée de cette ▼allée donne un nouvel attrait i ce lieu qui a bérité, pa* la ^Tolonté du souverain, des privilèges du Serai.
Les Eaux-Douces d'Europe^ les hauteurs d'Eyoub , les pi» ibeaux quartiers de la ville musulmane et les environs de ^cutari , ne peuvent également être bien connus que lorsr ^u'onen a lait le but de promenades répétées, et de chacune ^e ces excursions le voyageur rapportera des s^unUîodb seuvelles et inattendues.
£st*il besoin de dire que ce n'est pas assez ^ non pltts« d^one excursion aux iles des Princes? C'est à peine si, pendant sa première tournée dans cet archipel , le voyageur a j^ voir Prinkipo et KhaMâ.
ET PRO]l£IUfi£S HOUTELLES. ^^
Que de lieux intéressants à revoir aussi sur les rives dti Bosphore! Croit-on jqu'un voya^ d'un jour ou deux\danse0 détroit suffise pour en connaître les points les plus curieux?
C*est surtout la campagne de Tbérapia , Belgrade et sa forfit, Bi^htdiè-Keui et ses environs, arrosés par mille ca* oauXy qu'il faut parcourir encore après y avoir fait une première halte. On s*enfonce dans la délicieuse vallée de Buyuk- Pèrè ; arrivé à Taqueduc de Baghtchè-Keui, on prend la route qui suit la gauche du vallon et Ton parvient i Belgrade en marchant dans la partie la plus touffue et la plus sauvage de la forêt. Autour de vous solitude profonde, silence absolu, interrompu seulement par le pas rapide des animaux qui fuient à votre approche et par le mirmure des ruisseaux qui alimentent les réservoirs environnants. Une végétation puissante déploie ses richesses sous vos yeux émerveillés. B'im* menses troncs d'arbres brisés par les éclats de la foudre oo morts de vieillesse gisent çà et là sur le sol, couverts d'une mousse épaisse, et donnent à ce désert ombragé de rameaux séculaires la physionomie d'une forêt vierge du Nouveau* Monde; forêt vierge en effet, car, comme nous Tavoiis déjà dit ailleurs S la main du temps et le feu du ciel ont eo seuls jusqu'à ce jour le privilège d'y porter la dévastation. Vous suivez les rives d'un torrent qui court dans un lit rocailleux ; un moment, vous vous croyez égaré au milieu de
(i) Voir chapitre Bosphore, page 89.
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•ces bois immenses ; mais enfin vous atteignez la roate qui '<X)ndùità Pirgos, et vous arrivez bientAt à ce village.
La vallée de Pirgos est une des plus riantes des environs ^e Constantinople ; elle est entrecoupée de champs couverts de moissons dorées, de belles prairies, de plantations "d'arbres fruitiers, de vignes chargées de fruits pendant Tautomne, de jardins où la nature vient généreusement en aide "à une culture intelligente. Sur un des penchants de la vallée on voit le village de Pirgos dont Taspect original anime le tableau ; sur le côté opposé ce sont encore des bois, vastes •dépendances de la forêt de Belgrade. A quelque distance, •coule le Barbyzës ' , à Tombre des aulnes et des saules. Deux <iqueducs, de construction grandiose, complètent le paysage.
Au Heu de reprendre la route qui mène à la forêt, on remonte une des vallées latérales, parmi lesquelles celle de iDgèbedgè-Keul se fait remarquer par sa fertilité. On passe auprès d'un bel aqueduc qui traverse cette dernière vallée, ei Ton aperçoit, un mille plus loin, un village grec dans une situation pittoresque. On quitte à regret ces sites champêtres pour regagner le Bosphore, si mieux on n'aime toutefois revenir par les Eaux-Bouces d'Europe , en suivant le Barbyzès.
^ Il est un point de la rive asiatique du détroit que l'étranger
(1)' Une 'des deux petites^ [rivières [qu'onj désigne Jsous le nom d'Eaux-Douces d'Europe»