‹ Guide du voyageur à Constantinople et dans ses environs: contenantChapitre 6 sur 21 · LE SERAI · texte numérisé non relu

LE SERAI

Tout auprès du trOue est une cheminée dont les piliers et le chambranle sont presque dissimulés par les ornements d'or qui les couvrent. En somme, cette salle est d'une grande magnificence, mais la profusion des décorations, la quantité d'or et de pierres précieuses qui y est prodiguée sans discernement, accuse, dans les artistes ottomans, une absence complète de ce goût, de cette délicatesse de tact qui distinguent les ouTriers chez les nations de l'Occident.

Ici se terminait d'ordinaire la marche du cortège de l'ambassadeur qui venait remettre ses lettres de créance à Sa Hautesse. Mais continuons notre route, car il nous reste à parcourir une bonne partie du Serai.

En sortant de la salle du trdne, nous nous trouverons en face du palais qu'habitait le sultan et de celui qui servait de demeure ou plutôt de prison à ses ûls, avant que l'usage de tenir les héritiers du trAue en charte privée fût aboli par le sultan Mahmoud. Dans cette partie du Serai s'élève aussi le bâtiment autrefois consacré aux khasseki (femmes du Grand Seigneur) et auxodalik (filles esclaves). C'était là ce sanctuaire inviolable, ce harem dont nul ne pouvait sonder les secrets, et qui protégeait du même mystère d'indicibles voluptés et des intrigues machiavéliques.

marcher en personne à la tête de leurs troupes, six tonghs indiquaient leur présence. Le Grand- Vizir et les Pachas de premier rang ont le droit de se faire précéder par trois queues ; les pachas de second rang ne peuvent en arborer que deux. De là les dénominations de pacha à deux queues et à trois qu,eues, dont les Européens ne se rendent pas toujours compte.

Un Douveau palais fut construit, il y a quelques années, à l'endroit nommé Séraï-Bournou , c'est-à-dire à Textréjnlté du promontoire. Rien de plus beau, de plus ravissant que la situation de ce bâtiment dans lequel on pénètre, [du côté de la mer, p^r une porte entièrement dorée. |; Si nous retournons sur nos pas, en suivant un cbemln différent de celui que nous ayons déjà parcouru, nous passerons devant le bâtiment qu'occupaient les eunuques noirs préposés à la garde des femmes du harem ; nous verrons les bains de Sultan Sélim II avec leurs trente-deux salles revêtues de marbre ; un oratoire où le souverain allait chaque jour se prosterner ; le Khaznè ou trésor impérial, destiné à contenir, non-seulement les richesses, mais encore les objets les plus précieux appartenant au sultan ; la bibliothèque, où sont réunis une foule d'ouvrages précieux. Plusloin, nousrencontrerons le corps de logis consacré aux eunuques blancs, celui qu'habitaient les pages ou Ic-Oghlani ; les écuries où les chevaux du Grand Seigneur étaient livrés aux soins d'une foule de palefreniers, et, enfin, les logements des commissionnaires ou baltadgi. Ici nous rentrons dans la première cour, mais en passant par une porte placée à gauche de celle par laquelle nous sommes entrés.

Quant à cette partie du Sera! qui longe le port, elle est occupée par d'autres écuries , par les remises où l'on abritait les embarcations, et par les bâtiments abandonnés aux boulangers, cuisiniers, confituriers, chameliers, muletiers et autres gens de service.

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On se tromperait si Ton croyait que les édifices dont on vientdelire rénumération sont disposés suivant une certaine symétrie et avec une régularité appropriée à la destination de chacun d'eux ; toutes'ces constructions sont distribuées au hasard, au mépris des règles élémentaires de Tarchitecture. Le coup d'oeil n'en est sans doute que plus pittoresque ; mais ce que cette vaste enceinte gagne sous ce rapport , elle le perd en grandiose et en beauté réelle.

Maintenant, si l'on se représente par la pensée les beaux jardins qui ornent cette royale demeure et dont les majestueux ombrages s'aperçoivent à une grande distance, on aura une Idée assez exacte de ce séjour, qu'en général les étrangers regardent à travers le prisme de la poésie orientale, quoique le câté prosaïque y ait une large part, surtout depuis que le souverain régnant lui a préféré Fasile plus sûr de Dolma-Baghtchë.

Xa douane. — Mosquée de la sultane Valide. — Le marché au poisson. — aiifiT-TchartchL — Les tombeaux d'Abdoul-Hamid et de Sélim m. — La Sublime-Porte. — Yèrè-Balan-Séraï. — Sainte-Sophie. — L'hippodrome jeux du cirque ; destruction des Janissaires. — L'obélisque de Théodose, la colonne Serpentine et la pyramide.— Mosquée de Sultan-Âhmed. — La citerne aux mille colonnes. — La mosquée de Sultan-Osman. — Khans et Bésestins. — Le \ieux Séraï. — La mosquée de Soliman-Ie-Magnifîque. — Les preneurs d'opium. — Séraï de Tagha des Janissaires. — Les incendies à Goustanlinople.

Jusqu'à présent le voyageur a parcouru avec nous Constantinople saus sortir de sa chambre; il est temps qu'il commence son pèlerinage dans la ville sainte. Maintenant nous ne le laisserons pas reposer qu'il n'en connaisse tous les détours.

£mbarquons-nous à Galataou à Top-Kbana pour nous diriger vers Stamboul ; notre ca'ik nous conduira à la porte Balik-Bazari. Là nous mettons pied à terre et nous nousfai-

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