‹ Guide du voyageur à Lisbonne histoire, monuments, moeursChapitre 14 sur 26 · I.ISfiONNK · texte numérisé non relu

I.ISfiONNK

Mais le héros de Camoëns reprit bienlêHa roule qu'il avait frayée. Celle fois, il était à la tête d'une llotie de dix vaisseaux, soutenue de deux autres Hottes également de dix vaisseaux chacune. Il s’agissait de venger les Portugais massacrés à Calicut, dans rétablissement qu’Alonzo de Cabrai y avait fondé. Maître d’aussi grands moyens d’intimidalion , il fit payer cher aux Indiens le désastre de ses compatriotes; puis, une fois le châtiment infligé et les coupables punis, après s’être fait redouter au loin, il revint à ses habitudes accoutumées de douceur et se lit des alliés de tous ceux qui manifestèrent l'intention d’entretenir de bons et loyaux rapports avec le pavillon portugais. Lorsque deux ans après il revint dans son pays , il ramenait treize vaisseaux chargés de richesses.

Gama retourna une troisième fois dans l’Inde. C’est en 1524, sons le règne de dom Juan III, qu’il partit avec le titre de vice-roi, pour rétablir les affaires des établissements portugais, compromises pendant l’administration de dom Duarte de Ménezès. Le noble vieillard déploya la plus grande fermeté, et, par la sagesse de ses mesures, il s’attira la confiance et l’admiration des Indiens et de s'es compatriotes. Il mourut à la fin de la même année, à Cochin, laissant, après avoir doté son pays do tout un continent, son nom attaché à l’époque la plus saillante et la plus heureuse de l’histoire du Portugal.

Cependant malgré la jalousie tracassière des Maliomélans, jusqu’alors possesseurs exclusifs du commerce des Indes, les Portugais avaient fini par s’établir so-

Ihlement dans ce pays lointain : chaque jour leur domination allait s’effermissant davantage, et à la mort de Gama. les choses étaient presque sur le pied où les avaient laissées, en 1515, ÂITonso Albuquerque.

En.- 1.506, François d'Almeida avait fondé un grand nombre de comptoirs et pris possession de File de Cèylan. Pendant les cinq années qu’il exerça le pouvoir dans lès Indes, Albuquerque, après avoir élevé partout des forteresses pour protéger les établissements de ses compatriotes, avait entrepris et accompli l’importante conquête delà ville de Malacca, rendezvous général de tous les vaisseaux du Japon, de la Chine, des Moluques, des Philippines, du Bengale, de la Perse, de l’Arabie, et do toutes les côtes connues de l’Afrique-. L’effroi qu’excita cette conquête eut pour résultat de déterminer sur-le-champ les princes les plus puissants de la presqu’île occidentale de l’Inde à rechercher l’alliance des Portugais et à devenir tributaires de la cour de Lisbonne. Bientôt Albuquerque se rendit maître des Moluques, et il termina le cours de ses travaux glorieux par la prise d’Hormouz, le plus riche et le plus important marché du golfe Persique. Il crut en assurer à jamais la possession à sa patrie par l’érection d’une redoutable forteresse.

En 1525 , la domination portugaise s’étendait déjà du golfe Persique à la mer des Indes. Presque tous les ports ét toutes les lies des côtes de la Perse et des Indes, étaient tombés successivement au pouvoir des Portugais; ils occupaient toute la côte de Malabar jusqu’au, cap Comorin ; ils possédaient des

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