JO
lout près , au milieu de l'expression la plus âpre de la nature, trop loin de la terre pour en saisir les beautés, pour en entendre les harmonies, perdu dans le ciel, peuplé des souvenirs bizarres etatroces, cruels et étranges que réveille la pensée üe ceux qui ont habité ce nid d’aigles et de vautours, n’est-ce pas le sublime et l’idéal du fantastique ? Si elles pouvaient parler, les pierres de cette muraille arabe, quels crimes ne diraient-elles pas? qu’elles horreurs n’ont-elles pas abritées? quels coupables n’ont-elles pas défendus ? Eh, mon Dieu ! si cette enceinte est devenue avec le temps un repaire de brigands, n’est-ce pas pour la défense du territoire qu’ils croyaient à eux, que les Maures l’ont élevée à grand frais de peines et de travaux ? Alors , elle était l’asile de vaillants et de braves, et le long de ses détours et de ses replis des ombres de héros voltigent aujourd'hui, se racontant les hauts-faits et les grandes actions d’il y a mille ans.