Lac d’ Escoubous
On prendra , en suivant le val du Bastan , la direction du Tourmalet. Jusqu'à ce qu’on se soit élevé sur le môle qui termine cette gorge, on ne marche que sur des
ruines entassées sur des ruines; point d’eau, nulle sorte de végétation. De part et d'autre , les montagnes caduques penchent sur les bases des monts écroulés; de sorte que ce triste local et cette nature morte inspirent d’abord plus de mélancolie que de curiosité. Considérez ensuite les alentours de cette fondrière, vous y reconnaîtrez des fragments de roches schisteuses, des pointes plus ou moins longues et diversement modifiées, qui offriront d’abord à vos regards des apparences trompeuses. — On passe près d’une caverne où se retiraient des pêcheurs. Parvenu enfin au fond de cette gorge sans issue, on gravit, laissant sur un plateau chevaux et mulets, la montagne tronquée où est situé le lac d'Escoubous, contenu par la digue qui répond au fond de la vallée.
Le lac, dont on n’a pu trouver le fond, et qui abonde en truites, est surmonté par trois autres : le lac iVoi’r, le lac de Tr assena au milieu duquel surgit un îlot couvert d'arbustes, et celui des Truites. Le grenat ferrugineux se rencontre sur ecs hauteurs.
Du haut du monticule qui empêche la chute du lac, la vue s’étend sur la gorge qu'on vient de traverser, et sur les environs du pic du Midi; l’air est ici vif et pur, et l’on jouit d’un calme et d’un contentement inconnus. On peut s’en revenir de nuit, à la clarté de la lune, qui produit de beaux effets.
Si l’on considère et la digue cariée qui soutient le lac d’Escoubous1 du côté de la gorge, et ces lacs supérieurs qui ne sont guère séparés que par des masses de granit ou de schiste à travers lesquels on voit suinter l’eau aui les pourrit et les dégrade de jour en jour, on ne saurait s empêcher de présager, sur ce théâtre si fécond en ruines, de nouvelles et subites catastrophes.
Cette excursion demandée heures environ, sans compter
1 « Ce lac, dil M. d'Arcet, fut dans les temps passés entouré de rochers; aujourd’hui toute la partie du nord est à moilié détruite: il n'y reste plus qu’un banc de granit qui est presque au niveau de l’eau. Ceux du levant et du couchant tendent à leur ruine. On trouve des quartiers immenses de ce même granit non roulé, que les eboulemenl ont porté jusque dans le lac et sur ses bords. Quelque jour même ce lac rompra sa digue, et, si elle s’abîme tout à coup, Baréges sera expose. » (Discours sur /'rial des l'yrences.)
I)K LUZ A B.4RÉGES.— LE TüURMALET. 309 les stations. — Oii la fail soit à pied, soit â cheval, avec ou sans guide. Les personnes d’un tempérament failde emploieront la chaise à porteurs. — I cheval, 3 fr.; I guide, 3 fr.; f porteurs, 20 fr.