CAUTERETS. — ÉTUDES D’ARTISTE
voyait l’eau minérale décomposer celle roche en sc distillant travers les fenles de ses parois; mais cela est fort inexact. Les parois de la caverne ne sont pas de granit, elles sont d’une pâle fort hétérogène, oii les éléments du granit sont mêlés à une forte dose de roche de corne verte, nonseulement disséminés entre eux, mais ramassés dans des loges formées par des veines croisées de quartz. Ce sont ces matières qui se divisent, se désunissent, se décomposent par le contact de l’eau , et détruisent ainsi l’agrégation des éléments granitiques auxquels elles sont mêlées.
On est là dans un véritable filon des matières propres à la génération des eaux thermales, et il n’est pas difficile de voir que les sources de Bayard et des Œufs appartiennent au même filon.
La direction de ce filon n’est pas incertaine ; il court à l'est, connue les rochers entre lesquels il se trouve. Son inclinaison est également apparente, et nous jugeons qu’il monte rapidement vers les hauteurs orientales.
En effet, la bande argileuse des sources du Rois et du Pré s’enfonce sous le granit, aux approches du gave, et le filon de la source aux Œufs qui s’ouvre près du niveau de ce torrent produit au-dessus la source de Mahoural, et plus haut celle de Bayard, ce qui est un signe non équivoque de son ascension. On en a une preuve de plus dans la caverne de Mahoural; c’est de sa partie supérieure surtout que l’eau distille, et les crevasses qui s’y trouvent exhalent un vent si chaud qu’au sein de l’hiver et sous les neiges qui refroidissent les parois de la caverne, ce vent a fait monter à 26® le thermomètre de Réaumur.
Il est peu de vallées qui prêtent à d’aussi beaux établissements que celle de Caulerets; l’abondance des sources, la sûreté des lieux, la magnificence des sites, la salubrité de l’air, tout v appelle des monuments d’une grande ordonnance et d’une indestructible solidité.
(Lomf.t , Mémoires sur les Eaux minérales des Pyrénées.)