‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 136 sur 226 · DE LOURDES A SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

DE LOURDES A SAINT-SAUVEUR

Panlicosa se joignant à droite à celui du lac de Gaube, qui coule du côté opposé, formait une impétueuse rivière, qui, impatiente de tout frein, s’encaissait, après un saut d’une profondeur de plus de cent cinquante mètres, dans un chaos indéfinissable, et résonnait comme les canons de deux armées.

Nous traversâmes le pont, et nous allâmes d’abord visiter, sur une, petite éminence, la cabane où une courageuse artiste, Mllc Sarrasin, osa rester seule trois mois pour s’exercer au paysage; elle est couverte d’herbes sèches et composée de troncs d’arbre. Dans l’hiver, le vieux pêcheur du lac de Gauhe, qui, depuis trente ans, n’avait pas mis le pied à la ville (cet homme est mort dans un âge très-avancé, à 96 ans), quittait ses possessions glacées, et venait là cuire du charbon. Nous saluâmes ces murs noircis avec plus de joie que les murailles d’un palais de souverain. L’art est aussi un sceptre ü présent! — Le plus puissant des sceptres!

Je regardai à ma montre; elle marquait deux heures. Il \ en avait par conséquent plus de sept que nous marchions. Nous primes la résolution de passer la nuit en ce lieu, et de commencer par dîner. Nos tables furent bientôt dressées.

La soirée fut employée h dessiner et à peindre ce site; nous regrettâmes que nos compatriotes le connussent aussi peu, et s’en allassent en Suisse chercher au Faulhorn , ou au Mont-Blanc, ce qui se trouve dans notre France, de pittoresques paysages et des régions enchantées. (Achille

JOBINAL.)

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