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Route de Pau A Lourdes

4o kil. (11 à 12 heures).

Pendant la saison , plusieurs voitures parlent tous les matins de Pau pour Cauterels : 1° chez Manescau, place

Grammont; 2° chez la veuve Simonnet, hôtel de la Dorade; 3° chez Viguier, hôtel de l'Europe. Prix des places : 9 à 4 2 fr. ; une voiture particulière, 40 à 50 fr.

Bizanos

Ignon-sur-le-Gave

Miellon

Lestclle

Assat

Saulx-sur-le-Gave.

Bezing

Saint-Pé

Bo-il

Barbot

Baudreix

Poucliard

Mircpejx

Notre -Dame -du-

Courtiade

Buy

Coarraze de Nay..

Lourdes

De Lourdes à Luz, voyez R. 15 et 16.

Au sortir de Pau, on traverse la rivière de Lotisse. Le gave et ses mille sinuosités égayent l’imagination.

Bizanos est un petit village qu’on rencontre au sortir de Pau. C’est il Bizanos que chaque année, le mercredi des cendres, les habitants de Pau célèbrent les funérailles du carnaval; c’est le Longchamps de Pau.

On aperçoit sur la gauche le château de Bizanos, propriété de M. Dabbadie.

Arrêtez-vous à Assat, joli petit village, pour contempler les sites et points de vue qui s’offrent à vos regards : vous allez entrer dans les montagnes.

A chaque pas, de nouvelles scènes, de nouveaux tableaux:

A Bcziug, la bifurcation du gave et scs mille plis ondoyants dans le lointain ;

A Mierepix, les jeux nouveaux du lleuve, le riche encadrement des monts. De ce point, on aperçoit sur la droite la volie ville de A’ «;/, renommée pour ses fabriques de draps, de bérets, de calicots, et par sa minoterie, qui s’élèvent suites bords du gave, et que domine le château de i Angladure. On trouve, dit M. de Genoude, dans la vallée de Nay, la verdure de la Suisse et la chaleur de l’Italie;

A Coarraze, l’effet pittoresque des ruines du château où fut élevé Henri IV, et dont il ne reste plus que la tour et le portail, sur lequel se lit encore cette inscription espagnole: Lo que lia de ser no puede faltar (ce qui doit être ne peut manquer). A côté de ces ruines, s’élève un château de construction moderne, appartenant h M. Dufaii . et tous ces

I)E LOURDES A S.-SAUVEUR.— BÈTHARRAM. 38o jolis effets de monticules ondulants comme des values ;

A Igou se voit un beau couvent, noviciat des Sœurs de’ la Croix.

On arrive à Lestelle.

Lestelle, situé à 24 kil. de Pau, et à 4 kil. d’Igon, est un village agréable, élégant, animé, à la naissance d’un vallon que baigne le gave de Pau. C’est à Lestelle que relayent les diligences et que l’on déjeune. — Hôtels : de France; de la Poste.

A droite, vous apercevez l’église de Bètharram, dont nous emprunterons la description à M. l’abbé Menjoulet»;

« Et maintenant, voyez-vous au pied de ce tertre arrondi, au centre de ce demi-cirque formé par les montagnes qui se rapprochent tout à coup, auprès de la rivière qui ralentit sa marche partout ailleurs tumultueuse et rapide, à côté d’un pont dont la haute arcade, ornée de lierres tombant en chevelures, laisse apercevoir, au-delà, la couronne d’une montagne lointaine , voyez-vous une petite église s'appuyant sur un long édifice ? C’est Bètharram.

« Bètharram, situé à 2 o kil. de Pau, est un lieu de pèlerinage consacré de temps immémorial par une chapelle de la Sainte- V ierge, et depuis deux siècles environ par un calvaire eu plein air. Il réunit ces deux touchantes dévotions du catholicisme, le culte de la croix et celui de Marie.

« La chapelle de la Vierge est au bout de celle ravissante avenue que nous venons de suivre, parmi les richesses de la plaine, au bord des eaux qui réfléchissent l’a/.ur des cieux. Le calvaire, à quelques pas de la chapelle, s’élève, par des pentes sinueuses, au milieu d’un bois épais et solitaire, et se termine par une plate-forme d oit l’œil n’aperçoit plus, outre les trois croix de la Passion et le tombeau du Sauveur, que les cimes abruptes des montagnes environnantes.

« Les béarnais, les basques, les Rigourdans et les Gascons ont pour bètharram une afteetion particulière, sentiment qu ils tiennent de leurs ancêtres et conservent précieusement.

• L’origine de Bètharram est entourée d’obscurité ; mais il est certain toutefois qu’elle existait dans le xve siècle. Si

' Chronique de Hèlharrnm, par l'abbé Menjoulet, directeur au grand séminaire de Bayonne, 1 roi. in-l2,rhez K. Viirnanconr, à l'a u.

l’histoire se tait, la légende parle, la légende qui reproduit les tradiliopsdes peuples, et qui souvent a remplacé l'histoire avec autant de succès que d’attrait.

« Voici dans toute sa simplicité la légende relative à Bétharram, telle que nous l’ont conservée les anciens chroniqueurs :

» En ce temps-là, c'est-à-dire à une époque inconnue, mais déjà bien loin de nous, quelques petits bergers du village de Lestelle se livraient à leurs jeux enfantins pendant que leurs brebis paissaient tranquillement, et que les agneaux bondissaient sur les rochers qui occupaient le bas de la montagne, au bord du gave. Tout à coup les yeux de ces jeunes enfants furent frappes de l'éclat d'une vive lumière. Leur première impression fut celle delà frayeur. Mais bientôt, rassures par un sentiment intérieur de joie et de conliance, ils s'approchèrent et aperçurent avec surprise une belle image de la Très-Sainte-Vierge. A cette vue, ils éprouvèrent des transports d'allégresse qu'on ne saurait redire, ils coururent aussitôt au village, et racontèrent la merveilleuse apparition à tous les habitants. Ceux-ci se hâtèrent d'aller contempler le prodige de leurs propres yeux. Le prêtre ne tarda pas de les suivre, revêtu des ornements sacrés, et tous se prosternèrent avec respect devant la miraculeuse statue, le visage mouille de pleurs et le cœur pénétré d’une sainte admiration.

« On comprit sans peine qu’il y avait dans cette merveille une manifestation des desseins de Dieu pour la gloire de la sainte Mère de Jésus-Christ , et chacun se trouva persuade que le ciel voulait qu'un oratdire fut construit en ce lieu. Mais comment bâtir sur ces apres rochers? Cela parut à ces pauvres gens d une difficulté insurmontable. En conséquence, ce fut de 1 autre côte de la nviere qu'on dressa une niche ou la sainte image fut religieusement déposée l.

« Mais, nouveau miracle! autant de fois qu'on voulut l'y loger, autant de fois elle s'en retourna toute seule en sa première place. On ne put pas même la retenir dans l'eglise paroissiale, d'où elle revint encore sur les rochers des bords du gave. Les habitants de Lestelle Tirent bien que c'était l’unique lieu choisi du ciel; mais ils hésitaient toujours, lorsqu'une jeune villageoise, nomme Kaymonde, prenant en main la cause de la reine des vierges, éleva la voix au milieu du peuple pour menacer ses compatriotes de la colère de Dieu, s'ils n’obéissaient

t Cette niche subsiste encore au milieu des ronces, vis-à-vis de U chapelle. Elle est, pour ainsi dire, incrustée dans le talus du lit de la rivière, et devant elle passe un chemin étroit qti divise ce talus en deux étages. C’est un corps de maçonnerie ayant une base d'un peu plus de là mètres de largeur, un couronnement circulaire et une hauteur totale de près de 4 métrés. L'embrasure de la nielle a 7t centimètres de liaut.ee qui peut donner une idée de la grandeur de l’image miraculeuse. La muraille, formée de pierres à demi disjointe*, ne présenté aucun caractère particulier; mais comme on trouve le plein-emtre au haut et au fond de la niche, et qu'il u'y a aucune trace d'ogive , on pourrait eu conclure que ce monument date au moins du XIIe siècle; car on sait qu’à partir de cette epoque, presque toutes les constructions religieuses se font remarquer pendant près de 400 ans par des arcades ogivales ou en pointe.

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