TRAVAUX EXÉCUTES EN
M. DCO UH.
Celte inscription fut gravée sur le marbre, et posée audessus du torrent, en vertu d’un arrêté des différents dis-
t Ce n'est point le gave qui a détruit celle inscription trois ans après qu'elle avait été posée ; c’est une fureur aveugle dont les montagnards ont été et sopt encore indignés.
S.-SAU VELU. — PASS. DE L'ECU. A CEDRE. 4<)‘J nids, pris dans la maison commune de Luz, le 17 août 1788.
Du passage de l'Echelle a Gedve.
A peu de dislance de Y Echelle, les guides onl grand soin de faire parler un écho qui répète très-distinctement plusieurs syllabes.
Peyrou-Ardoone ou Pierre ardoune (pierre ronde) attire l'nlienlio». C’est une roche sphérique et •d’un grand diamètre, qui, tombée des hauteurs voisines sur la pointe d'un rocher, y est restée en équilibre, précisément sur le bord de la corniche. Ces petits détails amusent en attendant de
fins grands objets. Ils s'offrent en foule dans le quartier de Artique, Un ne finirait point si l’on voulait tout peindre. Avant de traverser le pont de Scia ou de V Artique, on est quelquefois subitement arrêté par une file de douze à quinze cents animaux de toute espèce. On les change de canton pour leur procurer de nouveaux pâturages.
On s’entend si bien, que le cheval se serre contre le liane de la montagne, tandis que le taureau, de crainte de le blesser, tourne sa tête armée et l’incline du côté de l’abîme.
On remarque dans le canton de l’Arligue des cerisiers, des noyers qu’il est fort rare de rencontrer dans ces montagnes : bientôt nous descendons jusqu’au pont par une pente rapide. C’est de là que le gave se montre sous toutes les formes, siflle et mugit sur tous les tons.
La jolie fontaine (ÏAndiole nous avertit que nous n’avons fait qu’une lieue, et qu’il nous en reste encore autant pour arriver à Gèdre. L’agrément du lieu vous retient. On s’arrête pour faire halte sur le penchant de la montagne, dans une caverne formée par des roches pendantes sur le torrent.
Le pont de bois Desdouroucnt , hardiment jeté sur le gave extravasé, et soutenu vers le milieu par un rocher, sert de passage pour aller dans le canton de Pragnères, habité par six ou sept familles originaires de Luz. Cette gorge jusqu’à Garantie n’a été successivement peuplée, à de longs intervalles, que par des montagnards de la vallée de Baréges, attirés par le besoin de subsister. On y trouve encore beaucoup de terrains vacants, de propriétés indécises restées entre les mains de la nature ; de sorte que c’est en effet le patrimoine de l’indigence active et laborieuse.
ilO PYRÉNÉES.— KOUTE l'J.
Depuis le pont de l'Ârtigue jusqu’ici, on aperçoit peu de cabanes disséminées sur les montagnes , excrplé quelquesunes qui servent aux scieries ; ce qui vient de la raideur des pentes, qui cependant ne sont pas toujours dénuées de culture. D'ailleurs on les voit assez souvent couvertes d'arbres de différentes sortes, surtout de buis, jusqu’à la moyenne région. Les sommets y sont presque toujours couronnés de pins, dont quelques-uns d’une grosseur telle qu'en les creusant on en formd des barriques ou fontaines de I m. 30 c. à I m. 60 c. de diamètre b
Ordre, la Grotte,
Le village de Gèdrc est composé d’environ quatre-vingts familles, qui toutes y ont originairement* conquis de petits héritages à la sueur de leurs fronts. Les métairies, propres et commodes , offrent tout aux besoins naturels , rien aux passions factices. Séparés de nos villes , garantis de notre contact par des torrents et des rochers que la mollesse n’ose guère franchir, les habitants de celte colonie seraient trop heureux si deux gaves ne ravageaient pas périodiquement leurs terres.
Gèdre, par ses collines garnies de cabanes, par ses eaux et sa température, rappelle Cauterets. Gèdre-dessus, tlrdreclessous , forment un aspect embelli par le contraste de ce qui précède et suit ce double village. Quoique situé dans un fond, il domine une espèce de carrefour traversé par deux gaves formidables, et non moins destructeurs. L’un vient du lac Héas, l’autre de Garantie. Ce petit bassin, je l’appelle carrefour, parce que, outre les deux ouvertures des gorges correspondantes, il a comme un troisième détilé , ce qui donne de l’air et du soleil entre les monts environnants.
Nous courons d’abord à la grotte de Palasset : quiconque l’a vue seulement une fois ne l’oubliera jamais et ne la
1 M. Ramond, page 25t, parle de pins encore plus considérables qu’il a vu du cèlé de la vallée d'Arau. Il ajoute quedans la partie des Pyrénées qu'il a parcourue, il n’a rien trouvé de comparable aux pins énormes auxquels on dunne dans les Alpes le nom de r celtertchrim, abrile-orage, et cela parce qu’un troupeau entier peut s’y mettre à couvert.