‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 168 sur 226 · BAGNÈRES-DE-BIGORRE.— BAINS.— SOURCES · texte numérisé non relu

BAGNÈRES-DE-BIGORRE.— BAINS.— SOURCES

Les sources de Fontaine-Nouvelle, de Saint-Roch, de Roc- Lannes, sont conduites dans les deux étages de l'établissement. suivant leur hauteur et leur disposition sur le coteau.

« Les cabinets des bains, parfaitement clairs, bien aérés, sont précédés d’un petit vestibule qui sert à isoler le malade de la circulation extérieure.

« Les baignoires sont toutes en marbre, et chaque cabinet qui les renferme a un lambris à hauteur d’appui , décoré de la même pierre. Le vestibule, dans toute son étendue, en est aussi enrichi. Ce dernier renferme un grand nombre d’ornements stuqués.

« Afin de donner aux étrangers une idée des riches et nombreuses carrières de marbre que possède le département des Hautes-Pyrénées, on a réuni dans ce monument thermal ceux d’Aslé, de Baudéan, de Medous, de Campan, d Aspin, de Lomné, de Sarancolin, de Mauléou-Barouse, etc.

« Il y a dix ans qu en creusant pour l’élévation du grand établissement thermal, on découvrit deux piscines romaines qu’on lit démolir pour construire le monument actuel, qui coûta à la ville plus de 600,000 fr. On fut alors obligé de vendre à vil prix de beaux sapins, des arbres magnifiques.

>< Les bains du Dauphin, de la Reine, qui avaient été construits par la reine Jeanne, n’existent plus ; il n’en reste pas vestiges. »

Six sources ont leur point d'émergence ou sont amenées par les canaux dans ce noble établissement. Voici leurs noms avec leur température :

Source du Dauphin, au griffon 48o 85 centig.

— de U Reine 46o 50

— de Roc-Lannes, au robinet 45o »

— de Sainf-Rorh, au canal de conduite Ilo »

— du Foulon, au griffon 34o 70

— des Yeux, au robinet 20o 05

La source du Dauphin fournit aux douches et à cinq baignoires du rez-de-chaussée, celle de la Reine à seize baignoires, tant du premier étage que du rez-de-chaussée. Enfin, celles de Roc-Lannes , des Yeux et du Foulon occupent chacune deux baiguoires du soubassement du pavillon de droite ; celle de Saint-Roch est reçue dans la dernière baignoire du couloir de gauche du rez-de-chaussée.

i«2 „ PYHÉNÉES.— BOUTE 22.

Les eaux deces sources sont salines et ressemblent , par conséquent , beaucoup h toutes les autres sources de l’intérieur de la ville ; il n’en résulte pas cependant que l'on puisse indistinctement les administrer aux malades. Ainsi , celle du Foulon, par exemple, est la moins minéralisée des ;>ix ; elle se distingue surtout par son manque presque absolu de sulfate de chaux et de carbonate de 1er, absence d’oii résulte pour elle une douceur de contact qui tranche avec les qualités glyptiques et âpres des eaux de la Heine, du Dauphin et des Yeux. Sa faible minéralisation, jointe à sa température si agréable, et ses vertus plutôt émollientes et diaphoniques que constrictives , en rendent l’emploi favorable dans un grand nombre d’atleclions de la peau , de névroses, de névralgies et de rhumatismes musculaires.

La source des leux, quoique à une température peu élevée, mais en raison même de sa fraîcheur et de ses fortes proportions de sulfate de chaux et de carbonate de fer, jouit pour ainsi dire de propriétés tout opposées aux précédentes ; elle est éminemment slypliqiie et constrictive : aussi réussit-elle très-bien dans les cas où il faut refroidir et resserrer, dans certaines hémorrhagies passives, certains écoulements chroniques par laxité des tissus. Celte source jouit aussi de quelque crédit dans le traitement des affections des yeux.

La source de Saint-Roch se trouve à une température excellenie pour être administrée comme fwins très-chauds; car, en effet, on peut avoir celle eau à 10° centigrades au robinet de la baignoire.

L’eau de Roc- Latines est à 45<> au robinet des baignoires. On devait l'utiliser en bains chauds, comme on le fait sans inconvénient au Mont-d'Or.

Thkas. --L’établissement de Théas , placé à côté de celui «le Cazatix, possède trois sources, dont deux peu importantes, trois baignoires et deux douches ; la première source fournit seule aux douches et au réservoir destiné â alimenter «l’eau tiède les douches et les baignoires. Ce réservoir, comme tous les autres du pays, est simplement abrité par un toit ; les substances minérales que possède cette eau sont les mêmes que celles contenues dans les sources de Cazaux et du Dauphin ; la température est au regard distant d’environ «pialre pieds du griffon de '>1° 25 centig. ; celle des

BAGNÈRES-DE-BICJORRE. — BAINS.— SOURCES. 483 petites sources est pour la cliaiule de 38» 90 ; celle de la froide de 23° 80.

Cet établissement a trois corps de logis. Le premier, qui est ail nord de la cour, est destiné aux personnes peu aisées ; le second, situé sur les bains, aux personnes riches ; et le troisième, qui s’étend du levant au couchant, n’est occupé «I ne par les personnes opulentes. Il contient trois salles de plain-pied, à côté desquelles sont des boudoirs. On y compte sept appartements de maître avec les dépendances nécessaires (ils peuvent être loués séparément) ; les meubles sont simples, mais propres. Une superbe galerie couverte règne au midi de ce troisième corps de logis. L’aspect du côté du nord et du levant est beau ; du côté du.sud, la vue s’étend sur un parterre dessiné avec goût, cl qui forme un amphithéâtre. Sur le bord méridional et au centre est un grand réservoir, construit en forme de kiosque. Ce parterre est dominé par deux terrasses naturelles, pittoresquement situées , sur l'une desquelles est le monument qui fut érigé à la naissance du dernier dauphin, et sur le penchant du mont Olivelest une vaste prairie toujours verdoyante, coupée par des allées sinueuses, dont les bords sont garnis d’arbrisseaux et des arbres les plus rares : on arrive h trois grands cabinets ombragés et fleuris. Ces allées offrent aux étrangers une promenade et des points de repos , dont les charmes sont augmentés du côté du nord par un joli bosquet, qui les avoisine et les protège. De la première salle de verdure de ces allées, et de toutes les croisées de la façade nord de la grande maison de Théas, on aperçoit les bâtiments ravissants que le baron de Cassan et le marquis Douglas, Ecossais, ont fait élever ; le premier sur la colline qui est au levant du village de Pousnc, le second au couchant de celte même commune, sur le mont où César avait établi son camp.

Iîaixs nr Salut. — Cet établissement, un des plus renommés de tous ceux de Bagnères , est situé à une distance d’environ GOO mètres de la ville, à l’extrémité d’une belle promenade, au pied de la montagne du Garros , formée de pierre calcaire et schisteuse. On y trouve des pvrites , mais moins pures que dans la montagne voisine. Ce (tel et vaste établissement , susceptible d'amélioration , renferme une buvette et dix baignoires en marbre, dont quelques-unes

d’une grande dimension et placées dans autant de cabinets, précédés d’un vestibule . il est alimenté par trois sources, dont deux varient en température et en volume.

Source principale ou de l’ancien Salut. — (Uui fournit à le buvette et à plusieurs bains.) Elle fournissait au mois d’avril 1851, 20 mètres 724 millimètres cubes par heure ; et le 10 octobre de la même année, 5 mètres 436 millimètres par heure ; sa température moyenne, pendant la saison, est de 32» 50 centig.

Source dite de l’Intérieur ou de la Montagne. — Elle donnait à la même époque (mois d’avril) 2 mètres 100 millimètres par heure, température moyenne, car elle varie aussi, et dans les mois de juillet, août et septembre 32» 60.

Source de la Pompe. — Cette source alimente les baignoires des n»s 7, 8, 9 et 10. Sa température habituelle est de 31» 40.

Suint possède un avantage précieux, c’est de n’offrir aux personnes qui s’v baignent aucune possibilité de diminuer ou d’augmenter la température du bain. C’est à celle fixité forcée île température que l’on est redevable eu grande partie de l’action presque toujours favorable opérée par ses eaux sur l’économie des malades qui y ont été sagement et convenablement envoyés, (Lemonnieii.)

25 kilogrammes d’eau de la source principale, évaporée, ont donné un résidu, à l’état sec, de 45 grammes.

Ii’élablisseinenl de Salut est un chef-d’œuvre de la nature et de l’art : ligure/.-vous les plus belles eaux tombant avec profusion sur le plus beau marbre ; une superbe allée de peupliers où circulent sans cesse des Ilots de promeneurs ; figurez-vous mille agréables végétaux qui fournissent aux baigneurs leur ombre et leurs parfums. On croirait que, d’un coup de baguette, une fée a créé ces retraites enchantées où, un roman à la main, la beauté languissante, en sortant des bras de la naïade, va reposer ses membres endoloris et refleurir avec la verdure '.

1 Los eaux de Salut , sulfureuses de leur nature , sont indiquées en bains contre diverses jtTerlions nerveuses; prises en boisson, elles remédient 4 de nombreux desordres fonctionnels du tube digestif.

BAGNfcRES-DE-BIGORRE. — BAINS. — SOURCES. 485

Bains de Lapeykie. — Cet établissement, situé sur l’avenue de Salut, conlienl trois baignoires en marbre, placées dans autant de cabinets et alimentées par deux sources. Température, 27° 5.

Bains dc Grand-pré. — Cet établissement, alimenté par une seule source, est situé à l’extrémité de la ville sur la promenade de Salut, il contient une buvette et quatre baignoires en marbre, placées dans autant de cabinets. Sa température, prise à la pompe, est de 30° 80 cenlig. ; le Grand- Pré est un des bains les plus importants et les plus suivis de Bagnères.

Bains de Santé. — Cet établissement, situé contre le beau jardin de M. le comte du Moret, est un des plus propres et des plus élégants de Bagnères ; il renferme une buvette et six baignoires en marbre, dont quatre d’une belle dimension, placées dans autant de cabinets, et alimentées par deux sources, une chaude et l’autre froide; l’eau de celle-ci est chauffée pour le bain dans un appareil qui est loin de mériter les mêmes éloges que la tenue des cabinets et des baignoires.

Température : 1" source, 'llo 50 au griffon.

2® source, 27o

Bains de Carrére-Lannes. — Cet établissement, situé a l'avenue de Salut, conlienl une buvette et quatre [baignoire-, en marbre, placées dans autant de cabinets, et alimentées par trois sources, dont une froide.

Température : source, llo 50 au griffon.

2« source, 31« 50

Les cabinets sont d’une grande propreté.

Bains de Versailles. — Cet établissement, situé près du chemin de Salut, contient quaire baignoires en marbre, placées dans autant de cabinets, et alimentées par deux sources, dont la température est pour

La lre, de.Ho 80 au robine*.

La 2o, 27o 50

L’eau de cette source est chauffée artificiellement; ces

*#1» Pi RENÉES. — ROUTE îi.

bains, en raison de leur douce température et de leur minéralisation aussi forte que celle de nos eau* excitantes, sont appelés à rendre d'éminents services dans une foule de

circonsiances.

Cet établissement, appelé autrefois Hospice des Capucins de Medous. du nom de ses fondateurs, date de I680. Il est situé à mi-côte do Mont Oliret, au-dessus du grand établissement Il renferme dix baignoires, dont trois sont munies de robinets pour douches ; elles sont alimentées par un filet d’eau thermale détourné de celle de la Reine. On est étonné, quand on visite ces thermes, et de la vue magnifique dont on T jouit, et de l’iiicroyable incurie du propriétaire qui les laisse dans un étal de délabrement complet : c’est pourquoi ces eaux ne sont fréquentées que par la classe pauvre ; la haute température de l’eau, qui est de 46«10 centig., permettrait de l'utiliser en bains de vapeur.

Bxtss de Bellevce. — Cet établissement a pris son nom de la position sur laquelle il est situé. (Autrefois il était connu sous le nom d 'Hospice des C a pue i ns.) On v jouit, en effet, d’une perspective admirable qui s'étend vers le nord et le levant à des distances fort éloignées. Dix baignoires en marbre et trois douches y sont placées dans des cabinets séparés Bellevue n'a point de source particulière.

Bains de Cazacx. — ('et établissement thermal est situé à gauche du grand Etablissement, recon-truit depuis peu d’années. Ces bains méritent d’être, par leur propreté et leur bonne disposition, comptés au nombre des établissements bien tenus. Ils renferment six baignoires et deux douches, alimentées par deux sources, dont la plus abondante a une chaleur de 5f®50, et l'autre de 4ô»60 ceuli".

Il est à regretter que la haute température de ces eaux, qui surpasse toutes les autres sources de Bagnères, n’ait pas engagé le propriétaire à construire des appareils pour administrer des bains et des douches de vapeur.

Bains de Mora. — Cet établissement, situé dans la rue de la Comédie, à côté de celui de Lasserre, est dans un état presque complet d’abandon. Par un concours de circonstances défavorables, on n’y lire aucnn avantage ni de la haute température de l’eau, ni de son volume suffisant pour alimenter plus que les deux baignoires dont sont munis ces bains, \oici la chaleur de ces deux sources : la principale

BAGNÉRES-DE-BIGOHKK. — MAINS. — SOURCES. S 87

a 49°75 centig. : elle a son grillon sur la petite place qui longe la rue de la Conciergerie; la seconde, moins abondante, vient du fond de la cour de l’établissement ; elle est à 32®.

Bains nu Lasserre. — Cet établissement, situé dans la rue de la Comédie, entre ceux de Pinac et de Mora, renferme deux buvettes et quatre baignoires en marbre, placées dans autant de cabinets, et alimentées par trois sources. La température de la plus chaude, prise au griHon'silné à droite de la grille d’entrée, est de 48» centig. Les deux autres sources ont leurs grillons dans le sol d’une grange, qui se trouve au fond de la cour : leur température est la même, 38®75. Lasserre doit être rangé parmi les établissements les mieux tenus de Bagnères.

Bains de Pinac. — Cet établissement, situé, comme le précédent, dans la rue de la Comédie, renferme une buvette et six baignoires en marbre, placées dans autant de cabinets. Il est alimenté par six sources.

Température : no 1 au robinet, iio centigr.

no $ 3(>o 60

Source dite ferrugineuse 85o 60

— du jardin.au griffon... 35o 70

La buvette est fournie par la source sulfureuse, dont la température varie de I8®50 à 20 et 22°30.

&1. Lemonnier a employé le bain n° 3 avec succès dans les cas de rhumatismes compliqués, de névralgies, dans beaucoup d’all'eclions de la peau, etc.

Frascati ot: la Gctière. — Ce magnifique établissement, situé dans la ville, renferme dix baignoires en marbre, des douches de toute espèce, placées dans autant de cabinets, ainsi qu'un appareil fumigatoire. Il est alimenté par deux sources. M. Lemonnier a trouvé que la température de la moins chaude, située sous les dalles de la vaste galerie de gauche, était, au robinet, de 40»30 ; l’autre est de 40°.

La Gutière a trois réservoirs bien couverts ; deux conduits en plomb, terminés chacun par un robinet en cuivre, distribuent de l’eau dans chaque baignoire ainsi qu'aux cabinets de douche, en sorte que l'on peut h volonté diminuer ou augmenter la chaleur du bain. Le premier conduit reçoit

l’eau thermale à sa sonie de la pompe, et le second part du réservoir ou réfrigérant.

Il se forme dans le, grand réservoir de cet établissement, à la surface de l’eau, une légère pellicule saline composée de carbonate et sulfate de chaux, et d’un peu d’argile.

Dans les établissements où il y a des réservoirs, comme à llellevue, Théas, Cazaux et Pinac, on a recours aux mêmes moyens, pour la distribution des eaux, qu’à la Gulière.

Fontaine nouvelle. — Ce petit établissement est situé audessous de celui de Cazaux et au nord de celui de Bellevue ; il est alimenté de deux sources, ou plutôt d’une source et d’un tilet pris à la source du Dauphin.

Température : au robinet 36o 40 centigr.

filet du Dauphin. 44a

On s’en sert avec avantage dans la guérison des plaies par armes à feu, de tumeurs blanches, de fistules et d’ulcères atoniques.

Fontaine ferrugineuse. — Cette source est située à dix minutes des murs de la ville, sur lé penchant oriental du Mont-Olivet. On y monte par une rampe dont la pente est assez bien ménagée et ombragée d’arbres, et qui commence à l'extrémité de la belle avenue des peupliers qui longe les murs de la ville du côté de Pouzac. Cette fontaine fut découverte en 1802 par MM. Lameyran et Doux, pharmaciens ; depuis celte époque, elle n’a cessé d’être très-fréquentée par les étrangers, et un grand nombre de cures justifient chaque année sa réputation ; son eau est souveraine dans la chlorose et l 'amimie, etc.

Sa température oscille entre 18» et 11“

Fontaine de Labassère. — Cette fontaine est située au fond de la vallée de l’Oussouet (8 kil.), sur la rive droite du ruisseau de ce nom et au pied des hauteurs qui forment le versant du Mont-Aigu. I.a source est fort abondante, l'eau en est limpide et sans odeur pénétrante, sa saveur est celle des eaux franchement sulfureuses, elle est légère et passe fort bien. On l’emploie avec succès dans les catarrhes et les lur ij agites chroniques. M. Lemonnier l’a administrée avec avantage pour combattre la diathèse scro/ideuse. etc.

Celte eau n'a été jusqu’à ce moment utilisée qu’en bois-

Page 1