A Barcges par la montagne
Il faut se munir d’un guide. — On traverse le Tourmalet, on visite le pic du Midi, accessible à cheval jusqu’au sommet ;
puis ou suit le talus rapide qui domine ce lac, et on arrive enlin à Barèges.
Celle ascension ne présente que des difficultés, mais aucun danger réel. Les dames elles-mêmes peuvent l'entreprendre, en suivant docilement l’avis de celui qui les conduit. Nous ne parlerons pas ici des beautés qu’ofFrent le Tourmalet, le pic du Midi. Nous renvoyons â ce que nous avons déjà dit pages 309 et suiv.
Mais, comme parmi nos nombreux voyageurs il peut s’en trouver qui n’aient ni le temps ni la volonté de parcourir celte série de pittoresques vallées que nous venons de décrire, nous allons mettre sous leurs yeux un petit panorama des sites, des vallées, des promenades et des lieux les plus intéressants que présentent les alentours de Bagnères dans un court rayon, afin qu'ils puissent, tout de suite et sans peine, choisir le lieu oii ils désirent aller. Cette rapide et brillante description est empruntée à l’ouvrage de M. Lemonnier.
« Je vais donner ici la nomenclature et l’indication des principales promenades que présentent lesalentours de Bagnères. Ce sont d’abord, dans le voisinage immédiat de la ville : les Allées de la Fontaine ferrugineuse, dessinées sur le penchant boisé du Mont-Olivet, qui domine Bagnères, à l’ouest; — l’ascension du Bédat, qui fait suite au midi au Mont-Olivet, l 'avenue de Salut; — le chemin de la fontaine de Rieunel , qui conduit au Salut en longeant le pied des montagnes, et dans le petit vallon de Constance en tournant à droite ; — les allées Muintenon , dessinées au sud de la ville entre l’avenue de Salut et la roule de Campan. — Un peu plus loin se trouvent VElijsêe-Cotlin, par delà le Bédat; — l’ancienne capucinière de Sfédous, remarquable par la limpidité et l’abondance de sa jolie source, à une petite distance sur la roule de Campan ; — les Palomières, sur le sommet des coteaux qui dominent Bagnères à l'est ; — le petit château de Cassan, sur le prolongement du coteau précédent, en face du village de Pouzac; — enfin le camp de César, qui, sur un mamelon élevé, voit à ses pieds ce petit village.
<■ Dans un cercle plus étendu sont les promenades à Gripp, au pied du Tourmalet et du pic du Midi ; — de la vallée de la Séoube. pour voir la célèbre marbrière de Campan, située au pied du col d’Aspin, d'où la vue plane sur la vallée d’Aure et sur le pic d’Arbizon ; — aux cabanes d’Ordinsède,
BAGNÉKES-DE-BlliOKRE. — NÉOU VIEILLE. 521
assises comme des nids d’aigle sur le sommet des affreuses montagnes qui dominent à l'est sur le village de Sainte- Marie, et d’où l'on découvre à la fois trois vallées et les pics du Midi et d’Arbizon ; — VHyéris, dont la penne (sommet), en forme de casque, domine les immenses forêts qui, au-dessus du village d'Asté, lui forment une sombre ceinture ; — Vabbaye de i Escaladieu, assise au centre d’une forêt, à 12 kil. sur la route de Toulouse ; — la fontaine de Labassère, située au fond de la fraîche vallée de Trébons, au pied du Mont-Aigu ; — le Mont- Aigu lui-même, et la vallée de l'Esponne, qui débouche entre Baudéan et Campan, et remonte dans l’enfoncement laissé au couchant entre le pic du Midi et le Mont-Aigu ; enfin le lac Bleu, placé au fond de la vallée de l’Esponne, sur le revers septentrional des montagnes de Baréges, et le pic du Midi, aisément accessible par Grip et le vallon d’Arise.
« La plupart de ces promenades seront, au reste, décrites lorsque je traiterai de la vallée de Campan et de ses dépendances. Quant à indiquer minutieusement les sentiers qui conduisent par mille détours dans chacune de ces localités, bien que je les aie tous parcourus plus d’une fois, je sens l’impossibilité d’en donner une description tant soit peu claire pour ceux qui n’y auraient jamais été. Je les engage tout simplement à s’adresser à des guides ; je recommande surtout. comme étant instruits et sûrs, les frères Jean-Marie, Pierre et Joseph ldrac, ainsi que Charlet, employé à l’hôtel de France. Si l’on veut se risquer sans guide, il faut absolument une carte, de la patience et du temps; avec cela, on vient à bout de tout, quand on ne pénètre pas daus les hautes régions. »