DE BAYONNE A BAYONNE
Par Saint-Sébastien, Tolosa et Pampelune ou
Excursion dans la Navarre et les provinces vascongades, 57 kilom. et 33 1. 1/4 d’Espagne *.
Bidart 11k.
Saint-Jean-de-Luz 9
Urrugnc 5
Irun (Espagne) 9k.
Renteria 12
Saint-Sébastien 11
Hernani 1' 1/2
Urnieta » 1/2
Andoin » 1/2
Villabona 1 »
Tolosa 1 1/4
Liarza 1 »
Ataun 1 »
Arriba » 3/4
Betelu » 3/4
Lccuniberri 2 1/2
Irurzzin
Berrio-Plano
Pampelune
Villalba
Arre
Sorauren
Ostiz
Olagne
Almandoz
Berroeta
Iruvita
Elizondo
Urdax
Anhoa
Bayonne
Les routes de la Navarre et des provinces vascongades sont bonnes et bien entretenues. — Ce voyage peut se faire soit en diligence, soit en voiturin. Le premier mode offre plus de rapidité au touriste que le temps presse, et les diligences sont assez confortables; — le voiturin érigé beaucoup plus de temps, mais avec lui on voit mieux le pays, qui est un des plus riches et des mieux cultives de l'Espagne. — Les auberges ou hôtelleries, dans lesquelles on doit s'arrêter sur la route, sont toutes mauvaises et malproprement tenues ; la cuisine espagnole est execrable. — Cette excursion, en voiturin, emploiera 7 à 10 jours, y compris le temps nécessaire pour visiter chaque localité. — Votre maître d’hôtel, à Bayonne, vous indiquera un honnête voiturin, parlant français, et qui pourra vous servir d’interprète et de cicerone si vous ne parlez pas l'espagnol. — Prix ordinaire d'un voiturin : 10 fr. par journée de marche ; — 20 fr. par journée de séjour, et pour deux personnes. — I n voyageur seul peut obtenir sur ce prix une petite réduction; au delà de deux personnes, on paye un peu plus ; — c'est d’ailleurs un prix a débattre et à bien arrêter avant le départ.
La lieue d’Espagne équivaut à un peu plus de 6 kilomètres.
Renseignements. — Si voire passe-port est pour Y intérieur, vous obtiendrez à la sous-prélecture une passe au moyen de laquelle vous parviendrez sans encombre à Saint-Sébastien. Si, au contraire, vous avez un passe-port à P étranger, ce passeport devra être visé, 1° par la sous-préfecture (gratis) ; 2° par le consul d’Espagne (5 fr.).
Les douanes espagnoles sont sévères et minutieuses. Les livres, la bijouterie, les étoffes, payent des droits considérables ; le tabac étranger est prohibé. On ne devra donc emporter avec soi que des effets ou objets à son usage, et le moins sera le mieux. — La visite a lieu àlrun.
De même que pour aller à Biarritz, on sort par la porte d’Espagne. Toute cette partie de la roule, jusqu’à Irun, est ondulée et très-pittoresque. — On laisse à gaucbe le château de Marrac, dont nous avons parlé page 137, et on arrive bientôt sur une hauteur d’où l’on aperçoit l’Océan : spectacle magnifique.
On laisse sur la droite le chemin qui mène à Biarritz (V. p. 131), et bientôt vous atteignez
Bidart, petite localité située dans le pays basque; ici le voyageur trouve un langage et des coutumes ddférents de ceux des autres parties du même département.
Suint-Jeau-de-Liiz (Basses-Pyrénées)— 3,600 h. - -(Hôtels : de France, Saint-Etienne, des Voyageurs, bons). Cette petite ville, située sur la Nivelle, qui la divise en deux parties : Saint-Jean-de-Luz et Cibourre, est très-commer çante, mais triste. Louis XIV y épousa, en 1660, Marie- Thérèse, infante d'Espagne, et le cardinal Mazarin séjourna, pendant la négociation de l’Espagne, dans file des Faisans. La maison qui fut habitée par Louis XIV subsiste encore; elle est remarquable par sa construction à arcades soutenues par des colonnes.
Une partie de la ville repose dans la mer, et l’autre partie semble devoir lui appartenir un jour, à en juger par les envahissements incessants de cet élément. Les rues, désertes et silencieuses, étaient autrefois animées par les marins employés à la [lèche de la morue et de la baleine, bien moins active aujourd’hui. — L’église, avec ses colonnes, ses statuettes dorées, rappelle les églises espagnoles. Lu couleur rouge est, dans celle ville, fort à la mode : les toits, les volets, les portes, les poutres, les compartiments de maçon-
DE BAYONNE A BAYONNE.— URRUGNE. U;i nerie, sonl peints en rouge sang de bœuf: c’est d’un effet singulier. — On remarque le pont de pierre qui remplace l’ancien pont de bois détruit il y a quelques années.
Au S. O. de Saint-Jean-de-Luz, s’élève le fort de Socon, qui s'avance dans la mer, et le village du même nom, avec un havre où viennent s’amarrer de petits bâtiments et des barques de pêche. Un autre fort, celui de Sainte-Barbe , complète la défense de cette place.
Au mois de février 1811, une tempête affreuse enleva une partie de la jetée du côté du fort Socoa et de Sainte-Barbe. — Saint-Jean-de-Luz est la patrie du célèbre corsaire Cépé, si redouté des Anglais, et que Louis X1Y voulut voir à sa cour.
Cibonrrc *. — La population de Cibourre se compose de pêcheurs et de quelques gitanos qui y ont élu domicile. Cette peuplade à part, qui vit au pied des Pyrénées, mène une vie errante. Ces bohémiens sont en général tondeurs de mulets on vanniers; les enfants mendient. Pendant l’été, ils errent de village en village, campent dans un ravin ou sur la lisière d’un bois. En hiver, ils s’établissent près des habitations. Dans l’intérieur du pays basque, rarement on refuse à la gitana ce qu’elle demande, dans la crainte des sorts qu’elle peut jeter, ou des petites vengeances qu’elle peut exercer pendant la nuit.
Les gitanos meurent comme ils vivent, 'sans aucune croyance religieuse. Les morts sont enterrés sans prières. Pour consacrer un mariage, homme et femme cassent un vase de terre, et l’union dure autant d’années qu’il y a de morceaux de vase brisés. Le type qu’ils ont conservé les font facilement reconnaître : un teint brun cuivré, des cheveux crépus, un front avancé, des lèvres épaisses et des haillons trahissent un ; piano.
A ü kiloin. de Saint-Jean-de-Luz, au milieu d’une haute et aride bruyère, se trouve
Urriiffiic, dernière poste française, petite ville n’ayant d’importance que par la quantité de voyageurs qui la traversent pour aller en Espagne; la forme des montagnes qui dominent Urrugne est des plus pittoresques, principalement
’ Sike-Bourre, en basque bout du pont , parce que ce boui-R était située au bout du pont qui le réunissait à fiaint-Jean-de-I.nz.
1 16 PYRÉNÉES.— ltOlj TE 2.
celle de la montagne d'Arrhune. L’église d’Urrugne est assez ancienne. Le cadran porte l’inscription suivante : Vulnerant omîtes, ullima usent.
Audeià d’Urrugne, se trouve l'antique château d’Urtubie, manoir du x\e siècle, dont les fossés et les créneaux ont disparu. Louis XI v séjourna en 1462, lorsqu’il vint à la rencontre du roi d’Aragon, Jean 11.
Béliobie. C’est le dernier village français situé sur l’extrême frontière, au bord de la Bidassoa, rivière qui sépare la France de l’Espagne. Autrefois elle appartenait en entier à l’Espagne, ce qui donna lieu à plusieurs procès avec les maisons d’Urtubie et d’Hendaye. En 4 823, la France (il construire un pont dont elle abandonna la moitié à l’Espagne. Près de ce pont est l’i/e des Faisuns, où eut lieu la conférence entre Louis XI et Henri IV, roi de Castille. C’estdans celle île qu'eut également lieu, en 4660, l’entrevue du cardinal Mazariu avec Don Luis de Haro, pour régler le mariage de Louis XIV avec la fille de Philippe IV.
C’est à Iléhobie que le commissaire spécial de police français vise les passe-ports pour la dernière fois; après quoi rien ne s’oppose plus à votre entrée en Espagne.
A l’autre extrémité du pont se trouve un poste de carabiniers royaux et de douaniers. Les premiers demandent à voir les passe-ports; les seconds visitent superliciellement la diligence sans toucher aux bagages. Nous entrons dans le tiuipuzcoa.
Irun {Hôtel ou Fondu : Elcheandia) est située entre les monts Jaiquizquivel ou Oletirson (566 mèt.), et la chaîne du mont Aya ou TroiS-Couronnes (1,000 mèt.). Cette ville a beaucoup souffert pendant la dernière guerre civile, et elle fut prise d’assaut, le 17 mai 4837, par les Anglais. L'église, dédiée à Xueslra Sehora del Jouent, est assez riche; on voit sous le portique deux tombeaux bien sculptés. Sur la place, ornée île jolies maisons, s’élève l’ Hôtel tle I ille, d’une bonne architecture.
C’est à Irun que se fit l’échange du dauphin et du duc d’Orléans, restés en otage après le départ de François Dr.
Avant de quitter Irun, il faut visiter Fonlarubie, que l’on aperçoit distinctement sur le côté gauche de l’embouchure de la Bidassoa, en face A’Andaye, situé sur la rive; une barque vous v conduit et vous ramène.