‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 70 sur 226 · LES EAUX-CHAUDES.— PROMENADES · texte numérisé non relu

LES EAUX-CHAUDES.— PROMENADES

de la population de la vallée, ils ont quelquefois besoin des seeours de la religion, des secours de Part : jamais ils ne leur manquent; mais par un touchant accord, par un contrat lacite, on vient chercher à Lartins tout ce qu’il n’est pas indispensable de porter à Goust. Pour un baptême, l’enfant va sur les bras de sa marraine; pour un mariage, les époux ont de bonnes jambes; pour un décès , le cimetière est à Laruns. C’est là qu’on va demander le baptême, le mariage, et les prières pour le grand et dernier voyage. Mais quand, l’hiver, au milieu de la nuit, le (ils vient dire au prêtre : « Ma mère est bien mal, elle voudrait vous voir, Monsieur le Curé, » il ne se fait pas [trier, le fervent apôtre; il quitte son lit où il était si bien, il chausse ses sabots de montagne, il s’enveloppe dans sa cape brune, et à pied, car son pauvre cheval est fatigué des courses de la journée, guidé dans le brouillard par le fanal que porte l’enfant, il vient, après une route longue et pénible, s’asseoir au chevet de la malade, lui rendre l’espérance et le courage, ou aider une âme à monter au ciel. Bien souvent il y trouve un autre ministre de charité qui l’a précédé dans ce séjour de deuil, c’est le docteur; et ces deux médecins du corps et de Pâme, après avoir rempli leur angélique mission, retournent ensemble à leur humble demeure, où les attendent de nouvelles fatigues, de nouveaux devoirs.

« Mais là où le cœur est simple, où Pair est vif et pur, on vil longtemps, on ne meurt pas, on s'éteint ! Aussi dans cette petite population trouverez-vous trois ou quatre centenaires; et ce n’est pas d’aujourd’hui seulement que (.'oust offre ces phénomènes presque inconnus dans nos grandes villes, car Henri IV faisait i» un vieillard, né dans ce hameau en 1 142, une pension viagère dont j'ai vu le litre , et qui ne s’éteignit qu’en IG03. »

Grotte des Eaux-Chaudes. — C’est une des plus jolies excursions qu’on puisse faire. — Des Eaux-Chaudes’ elle demande à pied 1 heure à peine, et 1/2 heure à cheval. — Bien que la course à pied ne soit pas longue, elle ne laisse pas que d’être encore assez fatigante en raison de la raideur du sentier et des cailloux dont le sol est couvert.

Nous conseillons donc le cheval.

On jouit, pendant le trajet, de points de vue ravissants, qui s’étendent alternativement sur les montagnes, sur la route

d’Espagne et sur le gave. — La roule n’offre aucun danger.

Parvenus près de la Grotte, il est prudent, si vous avez chant^, de vous arrêter quelques instants à l’ombre des vieux arbres qui la précèdent.

Avant de s’engager dans la Grotte dont l’air humide et glacial est fort dangereux, on doit, les dames surtout, se couvrir comme en hiver, afin d’éviter les effets funestes que ne manqueraient pas de produire une aussi brusque transition.— Des guides, armés de torche, vous conduiront.

Celte grotte présente assurément un des plus magnifiques spectacles que l'on puisse voir. Haute et profonde, elle offre cela de particulier qu’indépendammenide son étendue encore mystérieuse, elle est parcourue dans toute sa longueur par un torrent impétueux que l’on entend mugir dans les ténèbres de ses enfoncements, et dont les eaux glaciales ne voient le jour qu’en sortant de l'immense arcade qui sert d’ouverture à la Crotte. Ce torrent souterrain va former plus loin, en tombant, une belle cascade qu'on aperçoit de la route de Gabas.

Au Mont Goorzy. — Celle course, assez agréable, demande à i heures, aller et retour. — 11 faut un guide.

A la Grotte de.Maii.ly. — Elle est fort curieuse et traversée par un torrent impétueux qui en augmente les beautés.

A Gabas et au Pic dc Midi. — On compte jusqu’à Gabas, 8 kil. environ qui se font en 2 petites heures, soit en voiture, soit achevai; celte route offre quelques dangers ; le moindre accident pourrait précipiter dans les profondeurs du gave voyageurs et chevaux, le chemin n’étant point, comme aux Eaux-Bonnes, protégé par des parapets. On longe constamment, jusquà Gabas, la rive gauche du gave d’Ossau.

On marche entre deux barrières de montagnes généralement couvertes de sapins que l’Etal exploitait autrefois pour la marine. — On ne tarde pas à rencontrer le Pont de Bilet, devant lequel l’œil s’arrête avec un profond étonnement.

Gabas, misérable bourgade, formée de quelques misérables habitations, est située au continent de gaves de /{roussette et de Bious, qui prennent ici le nom île gave d’Otsau.

C’est le dernier poste de douane française, et si jamais sort lut à envier, ce n’est point assurément celui des douaniers de Cabas. L’hôpital fondé dans le xnc siècle à Gabas, par Gaston IV, est maintenant transformé en auberge, où l’on

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