LES EAUX-CHAI DES.— PROMENADES
trouve, dit M. Moreau, de lines côtelettes de mouton d’Espagne, de délicieuses pommes de terre rouges, le tout arrosé de vin de Malaga, sentant, comme tous les vins d’Espagne (bus en Espagne), fortement la peau de houe. — La Chamelle de l’hôpital tombe en ruines.
L’hôpital de Gabas avait été construit par la religion et la charité, à 3 lieues 1/2 du monastère de Sainte-Christine dont il dépendait, et qui protégeait sur la limite des deux royaumes, la communication de la vallée d'Aspe avec l’Aragon *. Gabas fut bâti entre l’année 1115 et l’année 1122, sous Gaston, vicomte de Béarn, qui en fournit les fonds, et qui accorda les immunités et les privilèges nécessaires. Ces sortes d’établissements rendaient les mêmes services que celui du Saint- Bernard. Mais ne se trouvant point, comme ce dernier, sur le chemin des artistes, des poètes, de ceux en un mot qui dispensent la célébrité, l’hôpital de Gabas et le monastère de Sainte-Christine sont restés presque inconnus dans le monde littéraire.
On est au pied du pic du midi. — Ordinairement on va coucher à la case de Bhoussf.ttk : c’est le rendez-vous des voyageurs qui entrent en France par le port de Salienl.
Le lendemain, on se met dès l’aurore en route pour gravir le pic du Midi.
Ce pic a cela de particulier, et qui le distingue des^autres montagnes, qu’il est formé d’un granit uni et glissant, en sorte qu’il faut s’aider des mains pour avancer. Il est indispensable de quitter sa chaussure et de mettre l’espadrille, ou d’envelopper son soulier dans un bas de laine.
Deux heures de peines et de fatigues vous conduisent au
1 « De vastes caravansérails pour les marchands, les pèlerins et les soldats furent construits en France et en Espagne. L’un des plus riches était celui de Sainte-Christine, situé au débouché de la vallée d’Aspe. Innocent lit, dans une bulle, l’appelle un des trois hôpitaux du monde ; mais sa riche dotation fut usurpée dans la suite par les Dominicains de Jacca et par des Barnubilcs français. 11 fut abandonné, et beaucoup d’autres devinrent aussi la proie de quelques congrégations , (pii n’accomplirent point les volontés des pieux fondateurs dont elles recueillirent les biens. » (Al. Du Mège, Statistique générale des départements pyrénéens, t. I,p. 9.)
sommet du pic du Midi. Là, l’œil n’aperçoit de toutes parts que des ruines entassées les unes sur les autres, des débris déchirés, mutilés de mille sortes; c’est un spectacle de tristesse et de désolation, mais qui a bien sa grandeur. Une couronne de montagnes à la tète nue, chauve, pelée, vous enferme. Lorsque votre regard abandonne ces images lointaines et qu’il glisse dans lè bas du vallon, alors la tête se perd et éprouve des vertiges.
On peut revenir par le vallon du Machebat, beau vallon aux gras pâturages, qu’abrite de sa cuirasse impénétrable le pic du Midi.
« Les voyageurs qui veulent connaître la vallée de Gabas, dilM. Vaisse de Yilliers, doivent, après en avoir franchi le torrent sur le pont d’Enfer, à quelques minutes des Eaux- Chaudes, en remonter la rive gauche, soit jusqu'au hameau de ce nom, situé à I lieue 1 2 au-dessus, pour y voir, avec les dernières habitations de celte vallée, la forêt de la Mâture, dont nous avons remarqué les dépôts à Laruns, soit jusqu’aux bases du pic du Midi de Pau, qu’on a toujours en face et souvent en perspective dans cette route, pour y contempler de près cette superbe pyramide à deux tètes, principale sommité des Basses-Pyrénées qui avoisinent ici de bien près les Hautes, tant de limite que d’élévation); soit jusqu’au sommet de l’un des deux ports placés à droite et à gauche de ce pic, pour pouvoir, en posant un pied en Béarn, l’autre en Aragon, se vanter qu’on a mis le pied en Espagne; soit enfin jusqu'à l’un des deux bourgs ou villages espagnols de Canfranc et de Salient (ce dernier qualifié de ville), qui ont donné leurs noms aux deux ports.
« De Salient on peut visiter les bains espagnols de Panticosa, et rentrer en France par le port et la vallée de Cauterets.
« Peu inférieur à celui deBagnères, le pic du Midi de Pau excède de 2,751 mètres perpendiculaires suivant les expériences de M. Flamichon, le niveau du Pont de Pau, élevé lui-même de 151 mètres au-dessus de la mer, ce qui fait un total de 2,908 mètres. La mesure rapportée dans l’ouvrage de M. Melling, qui l’a puisée je ne sais oit, déteimine celle hauteur à 2,986 mètres, et M. Junker, cité par M. Du Mège, à 2,869 mètres.
« Un seigneur de la maison de Foix, le duc de Candale,