‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 93 sur 226 · E LOURDES A A KG ELÈS.— COURSES · texte numérisé non relu

E LOURDES A A KG ELÈS.— COURSES

de Lavedan, dont la juridiction s’étendait sur toutes ces vallées. Ces ruines appartiennent actuellement à M. Achille Fould.

La chapelle (le. Notre-Dame de Hédouret. — Celte chapelle, dont la foudation est fort ancienne, est située audessus des ruines de Beaueens; elle a toujours été confiée îi trois femmes, qui, sans être liées par des vœux, passent leur vie dans celte solitude.

La vallée d’Azun, qu’on a nommée l’Éden des Pyrénées, débouche à l’ouest de celle d’Argelès.

« Je ne sais pourquoi, dit M. A. A., la plupart des auteurs qui, par leurs écrits, donnent tant d’intérêt h nos montagnes, ont négligé cette vallée, dont les beautés ravissent, étonnent encore après qu’on a vu Campan. » Je ne sais moi-même pourquoi cet auteur, dont je partage d’ailleurs la surprise, ne prend pas plutôt pour son objet de comparaison la vallée d’Argelès, qui louche à celie d’Azun, et lui ressemble bien davantage. Il commence sa description du val d’Azun par celle d’une danse antique qui, particulière à cette vallée, ainsi qu’à celle d’Argelès, a lieu tous les ans à l'époque du carnaval.

« Les jeunes gens, dit-il, se rassemblent dans chaque hameau, en vestes courtes et décorées de rubans de toutes les couleurs; chaque troupe part de son village, ayant à sa tète le plus leste des balladeurs, qui agite un petit drapeau blanc, et le fait circuler avec adresse autour de son corps. Après lui viennent les autres à la lile, et tous ensemble exécutent, au son du tambourin, une danse qui n’exige autre chose que le sentiment de la mesure. Ils se réunissent à Argelès, toujours dansant, criant et bondissant dans les éclats d’une joie désordonnée. Les jeunes filles les ont accompagnés jusqu’aux bornes de la commune ; au retour, elles viennent encore les recevoir et combler d’éloges et de caresses les plus agiles danseurs.

« Dans chaque village, les balladeurs reçoivent des ménagères du beurre, des œufs, du jambon, etc., dont ils font le lendemain un repas en commun.

« D’Argelès à Arrêtât, dernier village de la vallée et de la frontière, on compte 2 lieues 1 d’un chemin plus beau

Tes deux lieues répondent à (rois postes.

qu’on ne s’attend à le trouver dans ces montagnes. 11 est ombragé par des noyers et des chênes d'une belle venue.

A gauche, le gave d’Arrens roule dans son lit profond : sur la rive opposée on voit Sirieys et Bun

« Au fond de la vallée, sur un mamelon arrondi en forme de cône, on découvre déjà l’élégante chapelle de Pouey-le- II un, et d’un côté le pic du midi d'Azun, de l’autre le pic de Gabizos , qui semblent la protéger de leurs cimes majestueuses.

« C’est au village d' Aucun qu’on commence à jouir du plus gracieux spectacle que puisse offrir la nature. Les eaux sont belles, les pentes douces, la verdure vive et animée. On se croit transporté dans les Champs-Elysées; mais qu’on gravisse la montagne à droite, et l’on va voir toutes les horreurs du Tartare. Le p>iits d’ Aubes est un gouffre effrayant qui réalise ce que les anciens poêles ont dit de l’Averne. Il exhale de temps en temps une odeur de marée, ce qui fait croire aux habitants qu’il communique à l’Océan. Ce gouffre est sur le chemin qui conduit de la vallée d’Azun aux Ferrières '.

« Tout nous rappelle à V église de Pouey-le-llun, que nous avons vue de loin sur un monticule au delà d’Arrens. Un roc de granit, taillé avec le ciseau, en forme le sol; on y remarque surtout la voûte et la richesse des dorures. L’œil est étonné de trouver tant de luxe au fond des montagnes. Ou s’y rend en dévotion à certaines époques de l’année. On y porte en offrande du beurre, du lin et des agneaux. Les étrangers font ordinairement un repas sur la pelouse, devant la porte de la chapelle, où la vallée s'offre sous un aspect charmant.

« A l’est d’Arrens, et dans la direction de la vallée de Labat, est une sommité appelée Mont-Joie. C’est là que je transporterai le voyageur pour lui faire observer toutes les beautés de la vallée d’Azun. Je lui montrerai à droite Arcizan et Gaillayos, dont les maisons paraissent à peine à peine à travers les épais ombrages qui le» couvrent, et les beaux villages d’.li/rmi, de Mortous et d’vlrmis, bâtis dans la plaine, à égale distance l’un de l'autre. Mais ce qu’on ne peut assez admirer, c’est la montagne d’Arrens, cette pente

1 Village ainsi nommé à cause de ses mines de fer.

D’ARGELÈS A LUZ. — PIEftREFITTE. 289

insensible qui s’élève à une grande hauteur, partout couverte d’habitations bien ombragées, de belles prairies et de nombreux troupeaux, même de moissons, qui mûrissent encore deux mois après que celles de la plaine sont coupées. »

Si l’on a le temps, voici quelques courses que nous conseillons de faire; elles sont sans danger :

ln Au vallon de Labal; 2° à la vallée des Larmes ; :iu au plateau de Henott.

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