BIBLIOTHÈQUES, MUSÉES, ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES
La bibliothèque impériale Rouverte le mardi, de 10 b. du matin à 8 h. du soir; la salle de lecture tous les soirs), l’une des plus considérables de l’Europe, est située près de Notre-Dame de Kazan, et forme, avec le palais d’Annetchkoff et le théâtre Alexandra, une des plus belles places de Pétersbourg. — Elle renferme 460 000 volumes et environ 15000 manuscrits, dont 7200 en latin, 2200 en français, 1954 en ,slavon, 1250 en polonais, 1868 en allemand. La plus grande partie provient de la Pologne. Catherine Il fit transférer à Pétersbourg la bibliothèque de Varsovie, riche de 300000 volumes, auxquels s’ajoutèrent en 1833 l^s 150 000 volumes de celle du prince Czartorisky. En 1805, l’empereur Alexandre avait acheté le musée Dubrowsky, l’un des plus précieux que jamais particulier ait créés, composé d’une foule de manuscrits recueillis pendant les troubles de la
Eremière Révolution française, emrassant quinze siècles de l’histoire de la France. Les plus curieuses pièces de la collection sont : le manuscrit d’Ostremir, en caractères slavons, le plus vieux document de ce genre (1056); un évangile en caractères d’or, écrit par l’impératrice Théodora (ix* siècle) , et dont les notes marginales sont en lettres d’argent; le missel de Louise de Savoie (vingt-quatre miniatures dessinées par Léonard de Vinci); le missel de Marie Stuart, des vers, des lettres de sa main; des let- 1 res nombreuses de Louis XI, Louis XII, Henri IV, Louis XIY ; des manuscrits orientaux de la plus grande beauté.
La bibliothèque et le musée Roumiantsoff, Wassili - Ostrow, en face du quai Anglais, sont ouverts tous les
jours, le dimanche excepté, de 10 h.
du matin à 3 h. du soir. La bibliothèque renferme 40 000 volumes et un nombre considérable de manuscrits slavons. Le musée se compose d’antiquités, de minéraux, de modèles en tous genres, dons du chancelier comte Roumiantzoff.
La bibliothèque russe de l’Ermitage, fondée par Catherine, compte 10 000 volumes.
La bibliothèque étrangère de l’Ermitage en compte aujourd’hui 150000, provenant de celles des hommes éminents de divers pays : de Tcherbatoff; historien russe ; de Nicolaï et Zimmermann , de Berlin ; de l’abbé Galiani de Naples; de Diderot, d’Alembert, Voltaire; la bibliothèque de ce dernier, achetée tout entière par Catherine .
comprend 6000 tomes, dont un grand nombre annotés de sa main; des extraits et des manuscrits inédits.
Le musée de l’Ermitage renferme 2000 tableaux de toutes les écoles (collection complète des écoles flamandes) ; mieux que partout ailleurs, on peut y apprécier, dans leurs œuvres diverses, Rembrandt, Paul Potter, Teniers, Gérard Dow, Salvator Rosa.
Le classement des tableaux ayant été remanié plusieurs fois, nous les placerons ici d’après l'école à laquelle ils se rattachent : ,
École russe. Une trentaine de tableaux peints par des Russes en imitation des différentes écoles modernes; aucun n’est antérieur au règne d’Alexandre I". On remarque surtout : de Andri et Alexandre Istanoff, Siège de Kiew, le Christ ressuscité ; deWorobieff, V ues de J udée; de Venetzianoff , un 1 ntérieur de grange, d’un sentiment naïf et vrai ; de Matveieff, les Cascatelles de Tivoli; deux grands tableaux d’histoire; l’un de Bruny, d’un grand effet, et largement peint (le Serpent d’airain); l’autre de Bruloff, le meilleur peintre de l’école; il représente les derniers jours de Pompeï.
Ecole française, en tout 222 toiles.
Nicolas Poussin, 20 tableaux : Amphitrite portée sur les eaux, Esther devant Assuérus, Visitation de sainte Élisabeth; de Gaspard Poussin : le Pêcheur, la Cascade, saint Pierre reniant
RUSSIE
Jésus ; de Claude Lorrain : le Matin , le Midi, le Soir, la Nuit, Site d’Italie, un Port de mer, chefs-d'œuvre qui appartenaient autrefois à la Malmaison; de Lesueur : Moïse enfant, Martyre de saint Etienne; de Mignard : Mlle de la Vallière en Flore, Cléopâtre, la famille de Darius; de Rigaud : portrait de Fonteneile; de Watteau : Marche, Halte de troupes, Danse, Dîner champêtre, et en outre, chose rare dans son œuvre, une Sainte-Famille; de Joseph Vernet : Vues de Palerme, de Reggio, Marines, Naufrage de Virginie à Die de France; deux paysages de Lantara; le célèbre Paralytique de Greuze.
École espagnole , 110 toiles. De Moralès : une Mater dolorosa ; de Juan de Joanès : sainte Anne et saint Dominioue: de Ribera : Philosophes, Mendiants, sainte Lucie, saint Sébastien et un magnifique saint Jérôme; de Cespedes, une tête de Christ; de Velasquez ,• un Paysan riant , portraits d’innocent et du comte duc a’Olivarès; de Murillo, 19 cadres parmi lesquels; sainte Claire mourante. Jeune garçon, Jeune fille, une Nativité, une Assomption, Martyre de saint Pierre de Vérone.
École allemande. D’Albert Dürer ; Jésus aux Oliviers (au1 henticité contestable); de Holliein : Édouard VI d’Anleterre, portrait d’homme, portrait e femme ; de Balthazar Denner ; Vieillard tenant une tête de mort; de Raphaël Mengs ; son portrait.
Ecoles flamandes. De Rubens, 54 tableaux : l’Arc-en-ciel, portrait ae Philippe IV d’Espagne, d’Flisabeth Brandts femme du peintre, Persée et Andromède, Charité romaine, un Silene ivre, un Baccbus, le Souper chez Simon le pharisien, une Descente de croix; de Jordaens ; le Satyre et le passant, Famille de Rubens et le Miracle de saint Paul ; de Van Dyck : 40 pages, entre autres la Vierge aux perdrix, Mort d’Adonis. portraitde Charles I" , de Henriette de France, des princes d’Orange, Guillaume II , pièce capitale; de Rembrandt (43) :une Vue de Judée, une Marine, portraits de la mère, de la femme du peintre, la Jeune fille à l’œillet, un Sacrifice d’Abrabam, un
étonnant Retour de l’enfant prod'gue, une Sainte -Famille, une Descente de croix, enfin un sujet mythologique, une Danaë d’une réalité horrible, mais d’un art incomparable, chef-d’œuvre peut-être de la galerie; de David Teniers, 47 tableaux dans tous ses genres : Tentation de saint Antoine, Corps de garde. Fête villageoise, et les Arquebusiers d’Anvers, sa plus belle œu vie; de Gérard Dow : quinze petits cadres, quinze merveilles ; Baigneurs et baigneuses, portrait du peintre, et l’Empirique; de Philippe Wouvermans :
49 pièces, Grande Chasse aux cerfs, un Carrousel flamand très-beau; de Berghem, 18 tableaux : Enlèvement d’Europe, Paysage italien, Halte de chasseurs, son chef - d’œuvre; de Paul Potter. 9 toiles (nombre considérable) et des plus belles : la Condamnation de l’homme par les animaux, Vue d’une chaumière, un Pâtre et ses vaches, la célèbre Vache qui pisse,- achetée 250000 fr.-:de Ruvsdaël, 13pages: une Route tortueuse, le Hêtre abattu.
École italienne. De Léonard de Vinci ; sainte Catherine; de Michel-Ange ; l’Enlèvement de Ganymède; trois Sainte -Famille d'Andrea del Sarto; de Carlo Dolci : un Christ bénissant, une Vierge et une admirable Sainte Cécile ; du Corrége : un Mariage de sainte Catherine et une Madone ; de Ca ravage : la Musique, peinture puissante, le Martyre de saint Pierre, un Couronnement d'épines; de Raphaël : une Sainte-Famille et la Vierge d'Albe, de la. 2* manière du maître; du Titien, 1(1 cadres : portrait de femme . Toilette de Vénus, la Danaë; de Véronèse: une Sainte-Famille et une Descente de croix ; 15 cadres du Gnide dans toutes ses manières ; Dispute sur l’immaculée conception, Vierge glorieuse, Saint Fran-
ois adoyant l’enfant Dieu, Enlèvement
'Europe; de l'Albane : Enlèvement d'Europe; du Dominiquin : l’Amour, sainte Hélène; de SalvatorRosa : l'Enfant prodigue , le Denier de saint Pierre, Ulysse et Nausrcaa, Marines, Paysage.
Enfin , les copies exactes des loges de Raphaël terminent les richesses picturales de 1 Ermitage.
Quant aux statues, placées au rez-de-
chaussée, les plus remarquables sont: j chef-d’œuvre; Marine de Rembrandt; un Faune en terre cuite de Jean de Bo- paysages deRuysdaël, Hobbéroa, Paul logne, l’Amour, Psyché, Pâris, Terp- 1 Potter) ; — le cabinet du prince Yous sichore de Canota, les statues et sta- ■ soupolf (groupe de Psyché de Canova, tuRttes des hommes célèbres de Rus- peintures de Rubens, Giorgione,.Carsie, depuis Pierre le Grand. rache, le Gnide, Salvator, Murillo,
L’Ermitage renferme encore : * Wouvermans, Claude Lorrain , David) : Une collection de 18 000 dessins, — le cabinet de la comtesse de Laval originaux de grands maîtres; une col- (antiques, statues, bronzes, albâtres, lection de 1001)00 gravures; une autre terre cuite, une Joconde de Léonard de plus de 10000 pierres; g ravées et de . de Vinci; œuvrés de Fra Bartolomeo, camées; les salles, ornées d’armoiries, j du Gnide, du Guerchin, de Rembrandt, sont remplies d’orfèvrerie précieuse, de Wouvermans); les cabinets des de vases, coupes et trépieds en bronze, comtes Geurieff, ScheremetiefT, Rosgranit, marbre, cristal, porcelaine, topchine; — et le cabinet chinois du jaspe, malachite, porphyre, cipoline, prince Dondoukoff. serpentine, onyx, lapis-lazuli. sardoine L 'académie des sciences, dont le paet agate; vases et idoles de Chine, an- lais est situé sur le bord de la Neva, tiquités de Kertch, médailles et mo- Wassili-Ostrow, entre la Bourse et saïques. l’Université, fut fondée en 1755 par
L’académie des beaux-arts, Was- Pierre le Grand, sur le modèle de celle sili-Ostrow, fut fondée par Elisabeth, de Paris, et d’après les conseils de en 1758; le palaisaété bâti parCathe- Leibnitz. — La bibliothèque compte enrine; la façade principale qui regarde viron 100 000 volumes imprimés, etde la Newa, œuvre de Lamotte, est élé- nombreux manuscrits, 18 tomes des gante et régulière; sur la coupole du manuscrits de Képler, des documents centre s’élève la statue colossale de importants sur l’histoire de Russie; — Minerve. Les bâtiments de l’académie les musées de l’Académie sont : le sont habités par 300 élèves qui y recni- j musée asiatique où sont rassemblés ventl’éducation artistique par lesprofes- j les manuscrits chinois, mogols, mandsenrs et les académiciens. Les premiers ; choux, thibétains, écrits pour la pluprix de l’école sont envoyés à Rome. | part en caractères d’or ou d’argent et La collection de gravures, dessins 'trouvés dans un temple en Sibérie; originaux, copiesde maîtres, moulages puis d’autres manuscrits orientaux, des antiques, est riche et complète. arabes, persans, turcs japonais rela- On montre dans la sa le: une ma- tifs à l'histoire, à la littérature de ces gnifique copie de l’École d’Athènes, par pays; une collection, unique en son Bruloff; des cartons de Raphaël et du genre, d’idoles, habits, armes, usten- Pérugm —On obtient facilement l'en- . siles domestiques de l’Asie; une autre trée dans les salles; il n’en est pas de des monnaies, renfermant 15000 pièmème pour les collections de gravures ces; — le musée égyptien (papyrus, et dessins. — C’est à l’Académie que momies, idcles, 1000 objets divers); s’ouvre, tous les 3 ans, l’exposition — le musée ethnographique , composé des beaux-arts (août et septembre). de vêtements et ustensiles des peuples Les principales collections particu- sibériens, en même temps des peuples lières sont : le cabinet de U. de Tatis- visités par les navigateurs russes, dans cheff, grand chambellan (armures du leurs voyages d’exploration ; — le cabimoyen âge, bas-reliers, mosaïques, ca- net des médailles, fondé par Pierre le mées; peintures de Van Eycft, Léo- Grand, et renfermant 20000 médailles nard de Vinci, Titien, Véronèse, Vé- environ, entre autres, toutes celles lasquez ; un Claude Lorrain et un de l’empire; — les musées botanique, Perugin attribué à Raphaël: la Vierge minera logique , renfermant les herbiers au voile) : — le cabinet du comte Kou - de Heller et de Pallas ; un herbier cheleff (tableau d’Andrea del Sarto, américain; des malachites, des pétri - Carlo Dolci, Rubens; un Ecce homo, fications et un des plus gros aimants de Pœlenbourg, Adorationdes rois, un naturels, pesant 40 livres; — le muséum
RUSSIE
d’histoire naturelle , peu considérable , mais possédant plusieurs pièces uniques. On y voit ues oiseaux de tous les pays, des fossiles de Sibérie. A l’extrémité des bâtiments se trouve le fameux mammouth , squelette complet . géant antédiluvien trouvé en • Sibérie au 70' degré de latitude N.parM. Adams, en 1803. Cemammouth mesure 61 cent, de plus que les squelettes des éléphants qui sont à côté de lui. Des débris de fossiles de plus grande dimension sont rassemblés dans la même galerie.
On y peut voir aussi des monnaies • et des bijoux en or d’un travail exquis trouvés dans les tumuli de la Sibérie; — les cabinets de physique et de chimie. collections curieuses . ainsi que le cabinet des objets d’art; — le cabinet de Pierre le Grand, renfermant, outre les figures d’un grand nombre de Tartares et de Mogols, dans leurs habits nationaux , celle de l’empereur Pierre le Grand fondateur (Peter Veliki) , tel qu’il était au couronnement de l’impératrice Catherine. Cette figure, due au comte Rastrelli , fut moulée après la mort du monarque ; elle est coiffée de ses propres cheveux. Son uniforme complet du régiment de Preobrajensk y est à côté, avec son chapeau percé d’une balle à Poltava, ainsi que le cheval arabe qu’il montait à cette bataille , ef les. deux chiens qui l’accompagnaient partout (le cabinet estouvert tous les lundis de l’été, de 9 heures à 2 heures, aux personnes qui ont fait la demande d’un billet; il faut s’adresser à l’un des académiciens pour obtenir la permission de visiterlesautres galeries).
L’Institut technologique, sorte de conservatoire des arts et métiers, fut fondé en 1 829 par l’empereur Nicolas : il a 215 élèves, et 58 professeurs.
Il existe à Pétersbourg onze écoles de cadets, e'coles militaires, presque toutes réunies Wassili-Ostrow; plusieurs méritent d’être visitées. La première en date, fondée par l’impératrice Anne (1731), sous le nom de 1er corps des cadets, occupe un vaste bâtiment oblong, contenant une église grecque et une chapelle catholique.
670 élèves y reçoivent l’éducation mi-
litaire. Ils ont leur bibliothèque avec des spécimens et des collections d’armes, de plans de forteresses, etc. Des tables de marbre reçoivent en lettres d’or les noms de ceux qui se sont distingués au service ou qui ont trouvé dans les combats une mort glorieuse.
Au mois de juin , les cadets campent et bivouaquent à PeterhofF : ils sont passés en revue par l’empereur et le grand-duc Michel; ils forment 4 bataillons , en tout 3000 jeunes soldats.
Le corps des mines occupe un bâtiment considérable, à l’extçemité O. de Wassili-Ostrow; il fut réorganisé en 1834; il comprend 40 élèves officiers et 280 élèves cadets.
Le musée mérite une visite : c’est la première collection minéralogique qui soit au monde. On y remarque surtout : des blocs de malachite de Sibérie, des groupes de cristaux d’émeraude, des pépites d’or natif, dont l’une a une valeur de 650 000 francs , un bloc aérolithique de Sibérie, des modèles de tous les travaux de mineurs en Russie.
L’étude de cette collection forme un admirable cours de géologie pratique. Elle est visible tous les jours de 10 heures à 3 h.; on se procure des billets à l’école même.
L’école du génie occupe l’ancien palais Michel ou Michaïloflf, qui fut approprié à cette destination après la mort de l’empereur Paul. Elle contient les plans en relief de toutes les villes fortifiées de la Russie et de plusieurs autres pays d’Europe. On y conserve aussi de nombreux documents manuscrits des empereurs russes.