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ATHÈNES MODERNE

Athènes est bâtie à peu près au centre de la grande plaine ue l’Attique, entre le Céphise, a l’O., et l’ilissus, au S. E. , au nied du mont Lycabette et du rocher de l’Acronole. Le terrain occupé par la ville moderne, au N. de l’Acropole , n’appartenait pas entièrement à la ville antique, et n’en a

ROUTE k 72 : ATHÈNES.

même fait partie qu’à, une époque i assez avancée de son histoire.

L’Athènes moderne est une ville de •?0 000 âmes et de 2000 maisons, coupée en croix par deux grandes rues, longues et droites : la rue d’Hermès, qui continue la route du l’irée et aboutit au palais du roi, et la rue d’Êole perpendiculaire à la première, et qui commence au pied de l’Acropole et se continue par la route de Patissia.

Le bazar est à la place qu’occupait la ville turque ; c’est le quartier marchand. Dans le triangle formé par le palais, là rue d’Hermès et la partie de la rue d’Éole qui se dirige vers Patissia, s’étend la Néapolis, la ville neuve. Ce quartier s’agrandit et s’embellit tous les jours. Les légations étrangères, l’université, le palais, sont dans la ville neuve.

A l’extrémité de la rue d’Éole, on remarque le hangar où s’abritent les douze canons qui composent l’artillerie du royaume. Au delà on aperçoit une route longue d’un grand kilomètre et terminée par le village de Patissia. Le public rf’a pas d’autre promenade attitrée que cette route; on y vient à pied, en voiture, et surtout a cheval. A la sortie de la ville, à droite de la route, s’étend une plate-forme nue, dont le seul ornement est une petite rotonde de bois*, qui peut abriter vingt personnes; c’est là que la musique s’établit tous les dimanches.

Le roi et la reine y assistent ordinairement, et l’on peut y voir la réunion de toutes les classes ae la société.

Églises. — La nouvelle cathédrale d’Athènes n’est pas encore achevée. Le plan général est byzantin, le style est d’un goût bizarre. "

L’ancienne cathédrale, située tout à côté, est un édifice byzantin d’une extrême petitesse, construit avec des débris de temples païens. La coupole n’a pas plus de 12 met. d’élévation -T la façade a 7 mèt. de large, sur 11 mèt.

de longueur, et 5 d’élévation sans corniche. Depuis la révolution cette église ne sert plus au culte , et forme une espèce de musée.

Kapnicaria , située au milieu de la rue d’Hermès, remonte au xr siècle.

Elle renferme quelques peintures sur

bois assez curieuses. — Citons encore Saint-Théodore , la mieux conservée des églises d’Athènes; l’église russe, de style byzantin, et l’église protestante anglaise , édifice gothique , toutes deux situées sur le boulevard S. E.

Le palais du roi s’élève sur une éminence, au pied du mont Lycabette et à l’extrémité de la rue d’Hermès. C’est un vaste édifice quadrangulaire, construit en marbre pentélique, mais d’un style lourd et monotone, qui lui donne l’apparence d’une caserne. La face du S. , avec un por.

tique ionique, est la mieux réussie.

Les appartements méritent à peine une visite. Au S. et à l’E. du palais s’étend urt jardin anglais dont l’entrée est publique à certaines heures de là journée, en. l’absence du roi et de la reine.

Le sénat , la chambre des députés , les ministères, les tribunaux sont établis dans des maisons provisoires, qui ne méritent aucune attention.

L’université a été bâtie en 1837, par M. Hansen , architecte danois.

C’est sans contredit le monument le mieux réussi de l’Athènes moderne; le bâtiment n’est pas entièrement achevé.

L’université a été fondée principalement par souscription. La bibliothèque, ouverte de 10 h. à 3 h., contient environ 80000 volumes et une collection d’env. 5000 médailles. Les collections d’histoire naturelle, d’anatomie, de physique , ne méritent pas une visite.

Derrière l’université s’élèvel’Hôpital civil, qui contient en tout soi iante-dix lits.— L’Hôpital militaire est situé au S. de l’Acropole, près du temple de Jupiter Olympien. — L’Observatoire astronomique, élevé sur la colline des Nymphes , au-dessus du temple de Thésée , est une fondation de M. le baron Sîna, consul de Grècè à Vienne.

Le gymnase, collège pour l’éducation des garçons, — l’école nationale des demoiselles, fondée par M. Arsakis , — le séminaire , fondé par M. Rizaris, — l’École polytechnique, — l’Ecole normale, n’offrent rien d’intéressant pour le voyageur. Le Théâtre, élevé aussi par souscription, re-

ÿlik . V GKÈCE.

çoit de temps à autre uue troupe italienne. La salle est d’une extrême simplicité.

L'École française d’Athènes est installée dans une maison d'assez belle apparence, sur l’esplanade du palais. Elle a été fondée en 1846, par M. de Salvandy. Elle se compose de cinq membres' choisis au concours parmi les jeunes professeurs de l’Université. Chaque membre est nommé pour deux ans : il peut être autorisé à passer une troisième année en Grèce à titre de récompense.

L’Athènes moderne ne possède donc , on. le voit, aucun des éléments qui constituent une capitale. Son aspect provisoire et décousu n’a aucune couleur orientale, et les monuments merveilleux de l’antiquité placés en dehors de son enceinte ne contribuent pas à l’embellir.

ASTIOCtTÉS D’ATHÊ.XIS.

Si l’Athènes moderne présente peu d’intérêt,' l’Athènes antique va nous offrir, en revanche, une des plus merveilleuses collections de ruines qu’il nous soit donné d’admirer. Nous décrirons d’abord l’Act;opole, ou la citadelle de Minerve; puis nous diviserons en deux régions les antiquités disséminées autour d’elle.

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