D’ATHÈNES AUX THERMOPYLES ET A LAUIA
(4 jours ou 4o heures.)
D’Athènes à Cliéronée, 25 h. 30 min. (V. R. 237). — En quittant Chéronée, et se dirigeant au N. O. à travers une plaine coupée par un grand
,nombre de canaux quelquefois difficiles à traverser, on arrive au (2 h.
20 min:) village de Krévassara, d’oi't la vue s’étend sur la belle et verdoyante vallée de la Doride. Laissant à gauche les Villages de Vélitza ( Tithorea ) et de Dadi (Amphicléia) , où se trouvent quelques vestiges de murailles cyclopéennes, on atteint (5 h. 15 min.) le village de Dernxtsa . situé sur un des versants du mont Saromata ou Callidrome.
Cette montagne est couverte d’une végétation luxuriante; du sommet du col (1 h.), où se déroule, à travers une ouverture étroite entre deux pics élevés, un magnifique panorama, on descend à (30 min.)
iioudonitsa (9 h. 30 min. de Chéronéç), ancien marquisat français. L& château franc qui le domine contient des débris de murailles et une porte hellénique. On peut trouver un logis confortable chez le papas.
Au delà de Bou'aonitsa, on trouve (1 h. 30rain.) les vestiges d’un mur helj lénique, probablement celui de Justinien. On rejoint en plaine (45 min.) la route de Chalcis par Atalanti, où le terrain est sillonné de filets d’eau thermale; au N. se déroule la magni-, fique vallée du Sperchius. En présence de çe paysage gracieux, qui ne présente plus ni passage resserré, hi fortifications naturelles, le voyageur apprénd toujours avec étonnement qu’il est arrivé au défilé des Thermopylcs (les Portes-Chaudes), immortalisées par le dévouement de Léonidas. Ce passage, autrefois tellement resserré entre la mer et la base de la montagne, qu’il ne pouvait y passer qu’une voiture de front, est aujourd’hui large et commode. Les alluvions du Sperchius ont reculé la mer à plusieurs kilomètres : la paroi inaccessible de la montagne à l’O. , et deux collines coniques marquent seules l’entrée de l’ancien défilé; à l’O. (15 min.) se trouve une source thermale; un peu plus loin est une autre source dont les eaux sont moins chaudes que celles de la première; on a creusé quelques trous pour recevoir les eaux sulfureuses et servir de baignoires aux malades. Au delà de la seconde colline, on remarque, sur un rocher
ROUTE k 76 : D’ATHÈNES A SPARTE. 9G5
élevé, les restes d’une forteresse hel- j lénique et des tombeaux creusés dans le roc, marquant l’emplacement de l’antique Trac ni#. On revient sur ses pas pour franchir (30 min.) le Sperchius, et, à travers de magnifiques prairies, on arrive à (2 h. 10 min.)
I.amla, ou ZeYtouu, située au pied de l’Othrys. — Cette ville, célèbre par la défaite d’Antipater, a conservé une apparence tout à fait turque ; elle possède une place publique entourée de jolies constructions, un mauvais khani, un restaurant et un café; on remarque des vestiges des anciennes murailles au pied de la colline, et quelques assises helléniques dans les murs de la citadelle qui a remplacé l’Acropole.
Une route excellente conduit à (3 h.) Btylidu. où l'on peut s’embarquer pour TEüliée, ou pour Volo (Thessalie).
D* ATHÈNES A SPARTE, PAR MÉGARE, CORINTHE, NAUPLIE, MANTINÉE ET TRIPOLITSA.
(8 jours OU 50 h.)
D’Athènes à Eleusis (4 h.) (V. p.
962); — d’Eleusis on se rend, par un sentier qui longe le canal de Salamine et traverse une plaine couverte d’oliviers, à (4 h.)
«égaré*. — Les deux collines appelées, par Patlsanias, Karia et Alcathoüs, sont faciles à reconnaître ; la ville occupe la plus occidentale , qui est aussi la plus haute; les maisons, construites sans toit, s’élèvent en étages jusqu'au sommet de la colline; on y voit les restes d’une enceinte pélasgique, quelques tronçons de colonnes dispersés. dans les rues et à la porte des églises; quelques fondations d’édifices dans la partie basse de la ville, et surtout les restes des grands murs et quelques parties du fort de Nisée, l’ancien port de Mégares. Une colline rocheuse, couronnée d’une vaste ruine hellénique, et qui s’élève sur le rivage au S. ae Mégares, parait être l’ancienne lie de Mipoa. Il faut environ une demi-heure pour se rendre de la
j ville à la mer en suivant les longs murs.
En sortant de Mégares, on traverse un ravin profond au delà duquel commence une montée très-rude, qui aboutit à un sentier taillé en cornicne au-dessus de la mer, et qui présente quelques mauvais pas; pendant plus de deux heures, on, est dominé, d’un côté , par les grands rochers du mont Géramen; de l'autre, oti aperçoit la mer sous ses pieds à une grande profondeur; c’est là le fameux passage de la Kaki-Scala ou des Roches Sclronldcs, au delà duquel on traverse le village de Kinéta et une plaine sablonneuse pour arriver à
Kalamaki (7 h-, de Mégares). — Ce hameau a pris quelque importance depuis que le Lloyd autrichien y a établi une relâche pour ses bateaux a vapeur, et fait construire un bâtiment en pierre contenant une salle d’attente et des magasins. A l’arrivée du paquebotposte venant du Pirée, un service de voitures transporte voyageurs et bagages à Loutraki , sur le golfe de Corinthe, pù les attend le paquebot de Fatras. Les bateaux-poste grecs desservent aussi le passage de l’isthme.
En quittant la plage de Kalamaki, on traverse l’isthme de Corinthe, d’où l’6n découvre de belles vues, d’abord sur le golfe et l’ile d’Egine, puis sur l’Acro-Corinthe et le golfe de Corinthe. A droite de la route se voient les restes de la ville de l'isthme (enceinte fortifiée, restes d’un temple, d’un stade et d’un théâtre, colonnes brisées). Après avoir traversé une région boisée et passé entre deux carrières profondes, on, rencontre quelques tombeaux romains, un bâtiment ruiné qui semble être le reste d’anciens bains, et l’emplacement d’un vaste amphithéâtre mal conservé , puis l’on atteint (2 h. 30 m. de Kalamaki)
Corinthe (9 h. 30 min. de Mégares.
— On y trouve un petit hôtel assez misérable). Ce n’est plus qu’un pauvre petit bourg, bâti sur l’emplacement de la ville antique, à 2 kil. environ de la baie et du golfe auquel elle a donné son nom.
La seule ruine intéressante est le Temple, d’ordre dorique) situé à l’O.
GRÈCE
et un peu vers le S. de la ville 7 colonnes sont encore debout avec une architrave massive. Près de là, on voit les restes d’un grand édifice en briques à demi enseveli sous les décombres; sa forme et les chambres voûtées qui le partagent indiquent des bains romains. On visitera aussi la source appelée les bains de Venus.
L'.tcro i oriuihc est ce beau rocher qui se dresse à 575 mèt. au-dessus de la ville au S. On y monte en 1 h.
30 min., par un chemin sinueux qui serpente dans le grand ravin du côté de l’O. L’enceinte qui couvre le somme! du rocher est formée de murailles helléniques surmontées de nuuvelles constructions franques, vénitiennes et turques; on franchit une seconde enceinte , et l’on arrive sur le grand plateau de l’Acropole. Sur un plateau plus petit, à l’angle S. E. de l’enceinte. on voit encore la célèbre fontaine Pirène, et au sommet de la montagne , les fondations du temple de Venus. Ce qui attire surtout aujourd’hui' le voyageur sur l’AcroCorintbe, c’est le magnifique panorama qu’on y découvre.
Ou sort de Corinthe du côté de l’O.
et l’on s’engage bientôt (1 h.) dans la vallée étroite du Longo-Polamo. On débouche (l.h. 30 min.) dans une petite plaine, la route se bifurque , le chemin de droite conduit (15. min.) au sommet d’une colline buissonneuse ojà se trouvent les ruines de
CIéoncM. On distingue encere au milieu des broussailles plusieurs murs cyclopéens. On arrive bientôt (45 min.) dans la petite plaine pierreuse de Sémce, qui renferme des fondations helléniques, quelques traGesdu Stade et des débris de colonnes; plus bas (15 min,) sont les ruiues du Temple, avec trois colonnes doriques encore debout, portant un fragment . d’architrave.
Une route à 1*0. conduit au (i h.) village de Hagios Georgios, près duquel sont les ruines de Phlius, et au (* b.) laeStymphale.
Remontant la rivière au S. du temple., et franchissant, un petit col, on descend, par une pente assez rapide,
couverte de lentisques et de ebônesverts, jusqu’au (1 h.) K liant du Uenénakl . bâti dans un site gracieux, au bord d’un ruisseau. Le chemin s’engage alors dans tin défilé, resserré j entre deux murailles de rochers qui ne laissent, en plusieurs endroits, qu’un passage de 3 ou 4 mèt.
de large, traverse ensuite (45 min.) une plaine étroite et un -petit défilé, et débouphe (25 min.) dans la grande plaine d’Argos, où se dressent, au sommet d’une colline abrupte et rocailleuse, (15 minj les ruines de nvcèucs, qui présente , après 301)0 ans d’existence, le type le plus curieux et le mieux conservé d’une place forte aux temps héroïques ; les murailles, hautes de 4 à 6 mèt , sont de construction cyclopéenne et pélasgique. La l’otte des Lions, f située à l'angle N. 0. de l’Acropole, offre un exemple de la sculpture aux premières époques de l’art. Le Trésor des Atrides . construction souterraine parfaitement conservée, et qui a probablement servi de monument sépulcral, montre aussi comment les anciens Grecs arrivaient à construire les voûtes. j ■
De Mycènes, on rejoint en 10 min.
j le v. de
i MlmrvaU (6 h. de Corinthe), petit et sale. On y trouve difficilement un | logement passable.
Sur une éminence, à 30 mèt. de Kharvati, se trouvent les substructions I du temple de Junon argienne. Après ‘ avoir traversé les villages d ’Aniphi j (20 min.), de Platini (lu min.) et de Coutsi ;30 min.), on joint la grande route de Nauplie à Argos près des jruit nés de (25 min.)
Ttrjullu-, situées sur un rocher : entièrement occupé par l'antique-acropole; ses muruilleft i)rl«i)cruui‘ti
sont remarquables surtout pour la grosseur des blocs dont elles sont construites. Les murailles du côté de l'E. et du S. présentent, dans leur épaisseur, des galeries extrêmement . célèbres, où. l’on pénètre par 6 entrées , ogivales.
En sortant de Tiryntlie, on suit la grande route jusqu’à (40 min.)
ïtuuplle (3 h. 20 min. de Kharvati).
1 On trouve, sur la place des Platanes ,