VOIS DS TERRE, PAR NISCH , SOPHIA ET ANDRINOPCE
Ob pent, pour cette route, traiter avee un kiradji t équivalant des ayoyatei de la Grèce), ou prendre les cbçv&ux de la poste turque : toutefois le mieux serait encore de voyager avec son propre cheval et de requérir de district en district, moyennant un prix toujours fort modéré, Un panduur (gendarme serbe) ou un saptié turc, qui sert à la foiâ de guide et d'escorte..
On sort de Belgrade par la route du S. K., et on quitte à Crotska le chemin latéral au lianube. A mesure qu’on s’ayance dans les terres, on entre dans des montagnes couvertes de forêts. La vallée large, très- marécageuse et trèspeuplée de la Morava^ fait une grande percée dans ces montagnes, et la route la remonte jusqu à (27 heures) Jagodina .bourg de 7 OOà 800 maisons, après lequel on passe la Mura va, au pont de (2 heures) Tçhou]vria. Cette petile ville est presque entièrement moderne , comme Paratcldn, qui en est à 2 heures environ; après ce dernier point, on quitte les bords de la rivière à cause de ses sinuosités et de ses escarpements, et on se dirige droit sur Rujan et (10 heures) Alexinats , par
un pays très-ondulé , mais où les khdns sont nombreux. A 2 -lieues après Alexinatz on trouve la frontière turque, . au kuru oui (corps de garde) de Ih'àgévalx. Le» montagnes s’abaissent ensuite, et après Topolnüta , on parcourt une lande aride au bout de laquelle (5 heures) est la citadelle de Sùoh , sur la rivière qui lui doit son nom, iaNischava, que Ion passe sur un pont de bois pour entrer dans La ville.
Kl oc h (Sa issus ancien , Sissa des Bulgares) est une ville bulgare populeuse. U y a onzemosquées à minarets, une ou deux églises grecques, une tour à horloge, un grand bazar bien fourni de boutiques et de grands khàns, dont quelques-uns sont tenus par des Bulgares; ces derniers ont un étage et -offrent plusieurs chambres pour les voyageurs. La. ville est peu intéressante et très-malpropre, mais les environs sont très-curjêux à parcourir:
En sortant de Nisch pour gagner PI rot, on passe à côté d’un hideux monument, l’ossuaire construit par les Turcs avec les têtes des Serbes tués dans la bataille de 1B09.
Les eaux thérmaks de Banja , non loin de là, sont moins intéressantes par Jeur vertu curative que par les sites admirables qui les avoisinent. La route remonte le bassin de la NisChavà; elle est couverte de khâns bulgares trèspittoresques.
Après Mpussa-Paeha-Palnnka , position militaire plus que médiocre, qui relie Nisch à Sophie, on atteint ■‘trot (en turc Schar-Keui ), V. de 6()00 à 7000 Ames. Entre Pirot et Chalkali, le chemin est aussi fatigant qu'admirable pour le tpuriste. A Chalkali, gros village turc, on descend dans le bassin d’un ancien lac écoulé qui forme la plaine magnifique de (15 heures)
«topltl». ville de 20000 épies qui n’oifrè aujourd’hui que des décombres et un amas de ruelles étroites, malsaines et fétides. Parmi ses monuments, on peut citer l’ancien Konack du Rouméli Valèzi (gouverneur général de la Rouméjie), resté en ruines depuis son incendie, et la mosquée, qui était l’église métropolitaine au temps des rois Bulgares:
Après Sophia, on voyage en plaine
jusqu’au village musulman de Yéni- Khân. Vient ensuite Un col avec divers Karanuls. A (1 1 heures) lktiman, v. de plus de 4000 âmes, on descend rapidement dans la vallée de la Ma- ; ritza (ancien Hèhre) , et on entre dans ' la plaine de la Chioptsa ou de Philippopolis. coupée de ruisseaux et couverte de rizières , à l’entrée desquelles s’élève (10 heures) 1
Tatar nazurdjik. V. de 7000 4 8000 âmes. A la sortie de la ville, oa franchit les rizières sur plusieurs petits ponts, on arrive à un long faubourg, puis à un pont sous lequel mugit l’impétueuse Maritza, et on entre à (6 h.)
rhtiippopoliN. On y trouve' quelques khâns fort confortables pouf le pays, parmi lesquels le Yéni-Khân est le "plus digne d’être cité.
Philippopolis (Plovdi des Bulgares, Filibé des Turcs) est une V. de 45 000 âmes environ, bâtie te long de la Maritza et adossée à trois collines. Le négoce . la banque et le commerce de transit lui donnent une importance qui s’accroît chaque année. Les anti-, quités de Philippopolis sont assez nombreuses : elles consistent en diverses inscriptions, la plupart de l’époque romaine . et quelques restes des remparts byzantins : la butte qui portait la forteresse s'appelle encore JHssar- Tépessi (butte du château). Gomme monuments modernes, nous ne pouvons guère citer que la banque (Siraf- Hanè). La butte de Bounardjik présente une vue ravissante. ,
De Philippopolis à Andrinople, la route n’est guère remarquable que par sa monotonie : on arrive en 35 h. à Andrinople (en turc Édrénèh).
On y trouve un grand khân malpropre, où l'on peut cependant se procurer une chambre moyennant un baghchich offert àu khandji. Un hôtel à l’européenne, qui a été ouvert dans ces dernières années, est à peine- préférable à l’ancien khân. Cette ville est encore aujourd’hui la seconde capitale de la Turquie d'Europe; elle compte environ 15.000 âmes et renferme de beaux monuments, parmi lesquels nous -citerons en première ligne la mosquée de Sélim II, qui rivalise aved les mosquées de Constantinople , celles
Hayézid II et de Murad IV; I$ki- Séraî, l'ancien palais des sultans, situé hors de la ville et aujourd’hui ruiné ; le bazar d’ Ali-Pacha; le Palais du gouvernement a été détruit par un incendie' en 1858. Andrinople contient aussi quelques antiquités romaines.
Elle est le siège d’un grand commerce, et fabrique des étoffes, des maroquins, et des eaux de senteur.
D’Andnnople à Lulé-Bourgaz on voyage dans une pleine peu ondulée, très-fertile : on traverse successivement Hafsa , Eski-Baba, puis (15 h.) i.ulé- Doui'unx . V. de 4000 à 5000 âmes, qui a d'ft la moitié de son nom à son importante fabrication de fourneaux de pipes turques (Iule"). Après avoîn franchi l’Erghéné sur un pont de sept arches, on atteint (10 h.) Tchorkm (Tzurullos des Byzantins), V. de 4000- âmes.
De Tchorlou, la route tire droit à TE. S. E. vers le ruisseau de Tsthodadéré, à. travers un pays nu, fatigant et monotone, où l’on peut se reposer au khân de Kinikli , dans un petit vallon qui se dirige vers la mer de Marmara. On atteint à la fois Cette mer et la routé de Constantinople à Salonique, au pont du Tsehoda-déré , deux-petites lieues avant (9 h.) Silivri, gros v. , d’où longeant toujours la mer de Marmara, on gagne (5 b.) Buyuk-Tchekmedjé, et (6 h.) Constantinople;
. DE GIÜRGÉVO A.BUCHÀREST ' ET A J ASS Y.
Les étrangers doivent faire viser leurs passe-ports à la police et à la douane dè Giurgévo, et faire marché avec un des loueurs' de voitures qui abondent dans les hôtels, s’ils ne peuvent trouver place à la diligence de Bücharest qui part de l’hôtel de Vienne et dont le prix est de 18 zwan- 2igs d’Autriche ou te fr.
En quittant Giurgévo, on suit une route ae plaine très-unie jusqu’à la station de poste de Daja (12 kit.) , où l’on gravit un plateau qui mène par Podima (19 kil.) à la troisième poste, Kalougaréni (13 kil. environ), où Ton peut faire une halte et dîner- confortablement à l’européenne.
ROUTE 483 : DE GIURGlfVO A BÜCHAREST.
De là à Bucharest (30 kil.) on passe par Magureni, et après avoir échangé son passe-port contre un permis d’entrée a la barrière Scherban-Voda, on arrive au bord du plateau d’où se développe le magnifique panorama de
Uiichareat (65 kil. de GiurgévoV — Hôtels de France, de Vienne, ae Londres, d’Athènes, etc. Le plus confortable est celui de Londres; dans presque tous, on parle français. Sur la place du théâtre est le café Fialkovski, rendez-vous de la jeunesse élégante.
Bucharest est une ville toute orientale, qui, vue des hauteurs de la métropole, présente un aspect charmant à cause des jardins dont elle est coupée. Le centre de la ville est un amas de rues sinueuses, étroites, boueuses, sans trottoirs; elle possède 127 églises, plusieurs grands établissements et palais, une bibliothèque publique qui a des manuscrits précieux. Les merveilles de Bucharest, pour un étranger, sont les deux admirables jardins publics appelés Tschùmedjiù et, la Chaussée Mogochoï ; cette dernière , traversée par la route de Transylvanie : elles peuvent rivaliser avec les plus belles promenades descapitaleseuropéennes.
DeBucharest à Jassy, on passe par les villages suivants : Ursilchéni, Kikinetz, Odaïa Vizirului (la ferme du visir). C’est, jusqu’à Ibraïla, une route de 40 lieues, l’une des plus ennuyeuses des principautés. Après le poste d’Ursitchéni, on entre dans d’immenses steppes coupés par une seule rivière, la Kamatzoui : le désert diminue à mesure qu'on approche du Danube, et on arrive à la ville de
■braïla, port assez important, sur un bras du Danube large de 505 mèt.
C’est aujourd’hui une ville régulièrement bâtie, peuplée, avec de beaux boulevards : au reste,, une de ces villes où l’on fait escale, mais où le touriste ne s’arrête pas, à moins que ce ne .soit pour admirer sur l’autre rive les hauteurs pittoresques et boisées de la Dobroudja, près de Matschin.
D’ibraïla on se rend à Galatz , éloigné de 20 kilom. seulement. Le premier est le grand port de la Valacnie, et le second celui de ia Moldavie. Sur
ce parcours , on passe le Sereth en bac, près de son confluent avec le Danube, et on laisse sur la gauche, dans une situation pittoresque, les ruines antiques de Gertschina. Une heure après le passage du Sereth , on ârrive à csalatz. — (Hôtels : de Moldavie , de Saint-Pétersbourg, devienne.) Cette grande cité se compose de deux villes d’aspects assez divers: La première, qui est l’ancienne cité, est inégale, malpropre , avec des rues tortueuses.
La ville moderne est étayée sur les hauteurs qui dominent le Danube au N. O.; elle est mieux percée, plus confortable , et renferme la plupart des bâtiments publics. Le voyageur n’à guère à visiter à Galatz et dans les environs que les ruines précitées de Gertschina, et le beau lac Bratich.
Pour aller de Galatz à Jassy , on passe par les postes suivantes :
Peneu , Fundéni , -Turohesti , Tékoutcli, Berket, Paraskive, Berlad, Strinctura, Dokolina, Babari , Yasloui, Teleschna, Vaohesti, Stéritza, Bordé et Jassy. Tékoutch, qui est la quatrième poste, est une petite ville toute orientale d’aspect, sur une rivière sinueuse et entourée de quelques jolies habitations. Trois postes plus loin, se présente une ville antique, Berlad, autrefois cbef-lieu d’une petite république communale. Aujourd’hui sa splendeur est bien déchue, mais ses foires sont toujours renommées. De cette ville on se rend, én suivant la rivière Berlad , à Yasloui , petite ville assez gracieuse, située sur une colline; puis on, traverse des hameaux sans intérêt jusqu’à Bordé, d’où l’on descend sur Jassy en passant par Sokola.
J a»* j (en moldave, Jaschi, Jesch ou Esch) . (Hôtel de Kechenberg.) — Ville régulièrement construite , de forme à peu près ovale. Les monuments et édifices les plus remarquables sont, à commencer par l’0M le jardin public ou Kopo : le consulat de France, le théâtre, les palais Ghika, Vogoridès-e t Slourdxa , l’église et le monastère Saint-Spiridion, le musée, la métropole, l’église des Tre lêrarchi et enfin le palais du gouvernement.
( Okourmouxrea ). . >
ESPAGNE
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
I. Situation, étendue. — 2. Montagnes. — 3. Fleuves et rivières. — 4. Canaux. — 5. Climat et température. — 6. Eaux minérales. — 7. Division politique et militaire. — 8. Avis et conseils aux voyageurs. — 9. Passe-ports. — to. Routes , diligences, voyages en poste. — tt. Chemins de fer. — 12. Bateaux à vapeur. — 13. Hôtelleries. — 14. Monnaies. — 15. Mesures. — 16. Poste aux lettres. — 17. Télégraphie. — 18. Renseignements particuliers.
1. situation, étendue. — L’Espagne est bornée, au N. par les Pyrénées, qui la séparent de la France , et par le golfe de Gascogne ; à l’O. par le Portugal, à l’E. par la Méditerranée, et au S. , où le détroit de Gibraltar la sépare de l'Afrique, par la Méditerranée et par l’Océan Atlantique. — Son étendue est de 905 kil. de large sur 1132 de longueur; elle Offre une superficie de 1 024 000 kil. carrés. Sa frontière du côté de la France peut avoir 550 kil. d’étendue. Ses points les plus extrêmes sont, au N. le cap Ortegal; à l’E. le cap Creüs ; au S., la pointe de Tarifa, et à l’O. le cap Finistère.
2. Montagne*!. — Le système lbérien, qui comprend toutes les montagnes de la Péninsule, se divise en trois groupes : le septentrional ou Pyrénées, le central et le méridional. Les principales sierras, ou chaînes, faisant partie de ces groupes, sont au N., la chaîne Cantabrique et les monts Asturiens dépendant des Pyrénées; au centre, la chaîne Carpeto^Vetonique qui sépare les deux Castilles; au S., la sierra Morena. .qiii s’étend du royaume de Valence jusqu’aux limites de l’Andalousie et du Portugal.
3. Fleuve* et rivière*. — Les principaux fleuves de l’Espagne sont : l’Èbtc, qui prend sa source dans la vallée de Reynosa et, après un cours de 700 kil. , se perd dans la Méditerranée , près d’Amposta ; — le Duero (Douro) prend sa source dans la sierra de Urbion, et, après un cours de 850 kil., se jette dans l’Océan , à Porto ; le Tage (Tajo) , le plus grand fleuve de la Péninsule, prend sa source dans les montagnes d’Albarracin et se jette dans l’Océan, à Lisbonne, après un cours de 860 kil. ; — le Guadiana prend sa source dans la Manche et, après un cours de 850 kil., se perd , au S, , dans l’Océan, près d’Ayamonte ; lé Guadalquivir , dont la source est dans les montagnes qui se trouvent entre Grenade, Murcie et Jaën, se perd dans l’Atlantique, non loin de Cadix, après un cours de 550 kil. Viennent ensuite 51 rivières du second ordre.
'4. canaux. — Parmi les nombreux canaux d’irrigation que possède l’Espagne, on distingue principalement : Le canal impérial d? Aragon , ouvrage remarquable, commencé sous le règne de Charles III; le canal de Castille , d’une longueur de 152 kil.; — le canal du Uansanarès, qui va du pont de Tolède à Madrid, et dont la longueur n’est que de 14 kil. ; — le canal de Guadarrama, d’une étendue de 17 kil. ; — le canal de San Carlos, de 11 kil. de longueur, creusé pour former un port auprès de l’embouchure de l’Ebre;— le
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canal de Murcie, dont 28 kil. seulement sont terminés sur 244 qu’il doit avoir; — la canalisation de l’Èbre, par laquelle Saragosse se trouvera en communication navigable avec la mer.
5. climat et tcm|iériitui'c. — Sous le rapport de la température, on divise la Péninsule en trois zones, représentées chacune par une végétation distincte : 1° La région septentrionale ou Cantabre, qui renferme des portions de la Catalogne, l’Aragon, la Navarre, les Provinces Basques, les Asturies, la Galice et quelques parties des deux Castilles. Lés hivers y sont froids, les printemps humides et le climat tempéré; l’été est la saison la plus agréable de cette zone. — 2" La zone centrale renferme les Castilles, une partie de Léon, de la Manche et de l’Estrémadure. Le printemps et l’automne seuls y sont agréables. — 3” La zone méridionale comprend l’Andalousie, les provinces de Murcie, d’Alicante et de Valence. Le climat y est délicieux pendant le printemps et à l’automne ; torride et tropical pendant l’été. L’hiver n’est pas froid, mais pluvieux ; il n’y dure que quelques jours.
6. Ki* us minérale*. — Don Pedro Maria Rubio, l’éminent auteur du Traité des Sources minérales de l’Espagne, donne le relevé suivant des ri-
chesses hydrologiques de la Péninsule :
Localités possédant des sources minérales décrites. , 705
Et sur ce nombre :
Localités possédant des sourpes minérales utilisées 350
Localités dont les sources ne sont pas utilisées. 355
Le nombre total des sources dont l’existence est constatée par M. Rubio s’élève à près de 1200.
7. Division politique et militaire. — Un décret de 1841 a divisé l’Espagne en quarante-neuf provinces qui sont : Alava, Albacete, Alicante, Alméria, Avila, Badajas , les iles Baléares, Barcelone, Biscaye, Burgos, Cacerès, Cadix, les Canaries, Castellon de la Plana , Ciudad-Real, Cordoue, La Corogne, Cuença, Girone, Grenade, Guadalajara, Guipuscoa, Huelva, Iluesca, Jaën, Léon, Lérida, Logrono, Lugo, Madrid, Murcie, Malaga, la Navarre, Orense, Oviedo, Palencia, Pontevedra, Salamanque, Santander, Saragosse, Ségovie, Séville, Soria, Tarragone, Téruel, Tolède, Valence, Valladolid et Zamora.
L’organisation militaire comprend les dix-sept capitaineries générales de la Nouvelle-Castille, de Catalogne, d’Aragon, d'Andalousie, de Valence et Murcie, de Galice, de Grenade, de la Vieille-Castille, d’Estrémadure, de Burgos, de Navarre, des Provinces basques, des Iles Baléares, des Canaries, de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines.
La population de la monarchie espagnole dépasse 16 millions d'habitants, ainsi répartis : 12 millions sur le continent espagnol et les Iles adjacentes, — dans les présides d’Afrique, à Fernando-Po et Annobon 30 000, — 1 200000hab. à Cuba et Puerto-Rico, — enfin, 3 000000 d’hab. aux îles Philippines et leurs dépendances.
8. Avl» et conMcll* aux voyageur*. — Le voyageur partant de France peut pénétrer dans la Péninsule par ciuq directions principales, trois routes de terre et deux voies de mer.
La première route, qui est le véritable grand chemin de l’Espagne, part de
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Bayonne et passe la frontière à Béhobie, pour atteindre Madrid par Saint- Sébastien, Vitoria et Burgos. tin magnifique chemin de fer franchira bientôt d’un seul trait cette longue distance.
La seconde route, partant aussi de Bayonne, pénètre en Espagne par Urdax et la vallée de Bastan, et aboutit à Madrid par Pampelune, Soda et Guadaiajara, où l’on rencontre le chemin de fer de Saragosse.
La troisième quitte la France par les Pyrénées-Orientales, passe la frontière au pied du fort de Bellegarde, et entre en Catalogne par la Junquera, Figuieras , Girone et Barcelone.
L’une des voies de mer prend le voyageur à Marseille ; les nombreux bateaux à vapeur qui fréquentent la Méditerranée le conduisent rapidement à Valence ou à Alicante, d’où le chemin de fer, en pleine activité depuis les deux ports, conduit en 14 ou 15 heures à Madrid. Cette voie est, en attendant l’achèvement du chemin de fer du Nord de l’Espagne, la plus prompte, la moins fatigante; mais elle est loin de présenter l’Espagne par son côté pittoresque.
L’autre voie de mer est la ligne de bateaux à vapeur qui partant régulièrement de Saint-Nazaire, touchent au magnifique port de Vigo, à Lisbonne, à Cadix, à Gibraltar, et s’arrêtent à Malaga. (K. ci-après : Bateaux d vapeur .)
9. Passe ports. — Le voyageur doit toujours se munir d’un passe-port pour entrer en Espagne. Le passe-port à l’étranger, dont le prix est de 10 fr. se délivre :
A Paris, à la Préfecture de police, sur un ancien passe-port ou sur un certificat d’un commissaire de police. Il doit être visé par le ministère des affaires étrangères, par l’ambassadeur d’Espagne, et par le ministre de Portugal si on doit pénétrer dans ce royaume.
Dans les départements , à la préfecture, sur l’avis motivé des maires, et aux sous-préfectures; mais seulement, dans ce dernier cas, pour un temps limité et pour une excursion déterminée.
Arrivé ù la dernière ville française ou au port d’embarquement, le passeport doit être soumis au visa de l’autorité administrative (préfet ou souspréfet) , et à celui du consul étranger. Le coût de ce dernier visa est de 5 fr. la frontière franchie, le passe-port est visé par la première autorité locale, et rendu aussitôt. Il est rarement demandé dans l’intérieur de l’Espagne.
Lorsqu’il va rentrer en France, le voyageur doit se munir du visa du consul de France de la dernière ville où il séjourne (droit 2 fr. 50 c.), et de l’autorité politique espagnole (8 réaux). Ce dernier droit lui sera réclamé par le fonctionnaire du dernier poste de la frontière, s'il ne l’a pas payé à la ville. En dernier lieu,’ le passe-port doit être vu par le premier commissaire de police, soit à la frontière, soit au port de débarquement.
10. Bouton, diligences , voyages en poste. — On compte en Espagne huit grand’rôutes appelées carreteras générales, qui se dirigent de la capitale vers toutes les villes importantes du royaume, et qui sont desservies par des malles-poste (sillas correos) et des diligences bien installées. V. à cet égard les renseignements généraux de Bayonne, Perpignan et Madrid. Les tarifs de ces diligences sont peu élevés, mais les excédants de bagages se payent fort cher. Depuis quelques années, les voies de terre, qui étaient dans un fort mauvais état, se sont considérablement améliorées.
Lorsqu’on voyage en poste (en ruedas), les distances sont payées, non par poste, mais par lieues de 20 000 pieds (20 au degré, ou 5 kil. 660 mèt.), et
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à raison, par lieue, de 6 réaux pour la voiture si elle appartient à la poste, 6 réaux pour chaque cheval ou mulet, et 3 réaux de guides au postillon. Ce tarif varie selon la nature de la voiture et le poids des bagages. A franc étrier (à la ligera) le voyageur paye 6 réaux pour son cheval, et autant pour celui de son guide. A la charge .des voyageurs sont, en outre, les droits de péage des chaînes (portazgos) , des ponts (pontasgos ) et des bacs ou barques.
Pour les routes qui ne sont' parcourues ni par. les malles-poste, ni parles diligences, on trouve encore quelques coches, lourds carrosses faisant de 10 à 12 lieues par jour; des paieras, chariots à quatre roues- couverts, et non suspendus; des carritos, charrettes couvertes d’un berceau de paille, non suspendues, avec fond en sparterie, attelées de deux chevaux ou deux mules en llèche, et courant par tous les chemins d’une vitesse à rompre les os; des calesas et des tartanas, véhicules plus petits et plus convenables, mais pas mieux suspendus; enfin, et surtout, les chevaux de selle ou les mules. Ce dernier mode de voyager est préférable pour les touristes dans tous les pays.
11. chemins de fer (ferro carriles, caminos de hierro .) — L’Espagne a été fort arriérée sous le rapport des chemins de fer; l’essor est donné maintenant. Des lignes importantes qui traversent tout le royaume sont ouvertes ou à la veille de s’ouvrir, un grand nombre d’autres sont en voie de construction; elles opéreront, au point de vue de l’industrie et de la richesse publique, une transformation complète de ce magnifique pays.
Au moment où paraît ce volume, les lignes en exploitation sont les suivantes : '
De Madrid à Alicante, 455 kil. , avec un embranchement de 27 kil. sur Tolède; — de Valence à Almansa, 131 kil. ; — de Gopdoue à Séville, 130 kil.;
— de Séville à Cadix, 153 kil. ; — de Barcelone à Arenys del Mar, 36 kil:;
— de Barcelone à Martorell, tête de ligne du chemin de Tarragone, 27 kil. ; — de Barcelone à Granollers, tête de ligne du chemin de la frontière française, 29 kil.; — de Barcelone à Manresa, tête de ligne du chemin de Saragosse, 52 kil. ; — de Tarragone à Montblanch, première section du chemin de Tarragone à Lérida, 37 kil.; — d’Alâr à Santander, avec interruption de 53 kil. entre Reinosa et los Corrales, 150 kil.; — de Madrid à Guadalajara, tête de ligne du chemin de Saragosse, 60 kil. ; — de Langreo à Gijon.
En construction : — De Guadalajara à Saragosse, 300 kil.; — d’Irun à Madrid (chemin du Nord de l’Espagne ; la plus grande partie sera livrée trèsprochainement A la circulation), 622 kil.; — de San Isidro dë Dueüas, sur le chemin du Nord, à Alar (tête de la ligne de Santander), 1 Ï0 kil. ; — de Valence à Tarragone, 280 kil. ; — de Saragosse à Alsasua; — d*Alfàro à "Bilbao; — de Séville à Huelva. ’
Concédés ou en projet : De Madrid à Ciudad Real et Badajoz (ligne d’Estrémadure); — de Palencia à Oviedo; — de Valladolid à Zamora; — de Médina A Salamanque; — de Villarohledo à Cordoue; — de Cordoueà Jaën, Grenade, Malaga; — d’Albacete à Cartagèhe, etc.
12. Bateaux à vapeur. — De nombreux bateaux anglais, français, espagnols ou allemands font un service à peu près régulier entre Barcelone, Valence, Alicante, Carthagéne , Alméria, Malaga, Gibraltar, Algésiras et Cadix; on les rencontre dans ces ports au moins une fois par semaine. (Quelques-uns vont jusqu’à Marseille; d’autres vont à Alger et Oran; d’autres encore remontent par les côtes de Portugal et par les ports du nord de l’Espagne
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(Vigo, -la Corogne et Gijon), jusqu’en France (Rouen), et même jusqu’en Angleterre (Liverpool). L’arrivée et le départ de cës bateaux sont régulièrement annoncés, dans les ports espagnols, par affiches placardées dans les rues, dans les hôtels et dans les établissements publics. On trouvera ci-après , parmi les renseignements relatifs à la Corogne, à Barcelone, à Cadix, etc. , des détails sur ces différents services et sur leur itinéraire.
Les deux lignes les plus intéressantes pour le voyageur qui part de la France , sont celles de Marseille à Alicante et Valence, et de Saint-Nazaire à Malaga.
Par la première , des paquebots des Messageries- Impériales et dè la Compagnie espagnole Lopez y C', partent de Marseille les mardis, jeudis et vendredis, en correspondance avec le train de Paris du chemin de fer de Lyoa, et arrivent à Alicante en 40 heures, à Madrid en 72 heures depuis Paris. On paye de Paris à Madrid 200 fr. en 1™ classe,' 150 fr. en 2*, et 100 fr. en 3*. Les bureaux de ces deux services se trouvent à Paris, au siège central de la Compagnie du chemin de fer de Lyon, rue de la Chaussée-d’Antin, 7, et aux Messageries-Impériales, rue Notre-Dame-des-Victoires.
Par la seconde ligne, — Ligne péninsulaire de la Compagnie générale des paquebots fluviaux et maritimes, — on part de Saint-Nazaire (chemin de fer de Paris à Orléans et Nantes) les 5, 15 et 25 de chaque mois, à midi précis; on arrive à Malaga les 7, 17 et 27, et on rentre à Saint-Nazaire les 8‘, 18 et 28, après avoir fait escale 1 ou deux jours à* Vigo, Lisbonne, Cadix et Gibraltar, à l’aller comme au retour. Le tarif du trajet total de Saint-Nazaire à Malaga est de 260 fr. en 1” chambre; 200 en 2°, avec lit et nourriture, et 100 fr. sur le pont, sans lit ni nourriture. L’ifistallatioh de ces paquebots est confortable; la table y est parfaitement servie; les chambres bien closes et bien ventilées. Partant et revenant pâr cette voie, on peut parcourir l’Andalousie, par Malaga, Grenade, Jaën, Cordoue, Séville, Huelva, se rembarquer à Cadix, et visiter à l’aller et au retour les ports d’escale^ (Administration .centrale à Paris,- rue Taitbout, 52.)
13. Hôtellerie». — Les hôtelleries, qui valent beaucoup mieux que, leur réputation, se divisent en plusieurs classes : La Fonda ou le Parador , où l’on trouve la table et le logement, comme dans nos hôtels français; la Posada, où l’on ne peut avoir que le logement, et quelquefois, comme dans nos auberges de campagne , une chétive nourriture; la Venta, espèce d’auberge où le voyageur peut apprêter les aliments qu’il porte, mais où il ne trouve souvent que de l’eau, du vin assez mauvais et de l’eau-de-vie plus mauvaise encore. — Les prix, dans les meilleurs llôtels. ne sont pas- exorbitants. Oti a-le logement et la table pour 25 à 30 réaux.
14. Monnaie». — Or. Le doblon d'isabel, qui vaut 100 réaux (réales), ou
26 fr. 31 c. de notre monnaie. ' . . '
Argent. Le douro (duro), qui vaut 20 réaux, soit 5 fr. 26 c.;
Le medio-duro , appelé aussi escudo, qui vaut 10 réaux;
La peseta, qui vaut 4 réaux , soit un peu plus de 1 fr. ;
La media-peseta, valant 2 réaux, soit 50 c. à peu près.
Le réal, unité monétaire, correspondant à 0 fr. 2631 de notre monnaie, est divisé fictivement en 34 maravédis.
Cuivre. La pièce de dos cuartos; le réal en contient quatre, plus un ochavo.
Le cuarto, valant 4 maravédis ou 0,03096.
L ’ocluxvo, valant 2 maravédis, ou 0,0154.
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On n’a pas démonétisé les vieilles pièces , et on trouve encore l’ancienne once valant 320 réaux, et la peseta et media peseta à colonnes, valant, la première 5 réaux, la seconde 2 réaux et demi.
Notre pièce de 5 fr. , très-répandue en Espagne, est acceptée comme monnaie courante sous le nom de napoléon, et pour 19 réaux.
Le papier de banque, à Madrid, est en coupures de 200 réaux.
15. Mfinre*. — On commence à adopter le système métrique pour la mesure des distances, et indépendamment des chemins de fer , quelques routes de terre sont abomées en kilomètres. L’ancienne lieue espagnole équivaut à 5660 mèt. — La tara vaut 83 cent. ; le pied 27 cent.; le palmo 20 cent.
16. i*o«te aux lettres. — Une convention postale toute récente établit à cet égard de nouvelles règles. Les lettres échangées entre la France et l’Espagne s’affranchissent à raison de 12cuartos(40 c.) pour 7 grammes et demi. Non affranchies, elles payent 18 cuartos (60 c.).