Télégraphie. (F. Madrid
18. Kcnselgnemcnls particuliers. — Le voyageur doit, avant de franchir la frontière, se débarrasser de toute monnaie d’or et de la menue monnaie d’argent. La pièce de 5fr. est seule acceptée. Quand il arrivera dans une ville où l’on séjournera, il doit loger de préférence aux hôtels ou Posadas de las Diligencias. S’il fait des courses ou des voyages en dehors des routes parcourues parles diligences, les voitures ou autres véhicules, et qu’il soit obligé de voyager à franc étrier, il agira' prudemment en se joignant aux ordinarios, espèce de messagers qui voyagent par troupes. Nous ne voulons pas dire, cependant, que les routes, en Espagne, ne soient pas toujours sûres; le service de surveillance et de force publique y est fait par un corps de gendarmerie (guardia civil ) organisé sur le modèle de la gendarmerie française, dont les services sont immenses, et dont l’activité et le dévouement sont dignes des plus grands éloges.
A. Par Bayoaaa et Bnrgos.
Voir France, t* de Paris à Bordeaux, R. 96, 583 kil. — 2" de Bordeaux à Bayonne, R. 124, 198 kil. — 3° de Bayonne à Irun, R. 128, 31 kil. — Chemin de fer de Paris à Bayonne ; en construction sur 34 kil. de Bayonne à Irun.
780 kil. Rayonne. Hôt. : du Commerce, Sl-Étienne, St-Marlin, la Bilbaina (fonda espagnole), la Providence, le Grand d’Espagne.
Voitures publiques. Diligencias del norte y mediodia de Espana.— Madrid, par Parnpelune et Tuaela, un jour sur •quatre . départ le soir; trajet en 60 h.
700 réaux 1 dans la berline, 600 dans l’intérieur, 500 dans la rotonde et 400 dans le coupé1. — Pampelune, un jour sur deux, trajet en 15 h,, par la vallée de Bastan (146, 132, 107 et 80 réaux). — Madrid, par St- Sébastien et Burgos, tous les jours, départ le matin; trajet en 60 h. (700, 600, 500, 400 réaux). — Bilbao, tous les jours, dans la journée , trajet en 20 h. ; un jour par la côte, l’autre jour par Tolosa et Vergara (180et 150 réaux). Correspondance à Bilbao pour Santander.
1. Multiplier o fr. 26 c. 31 pour connaître la valeur exacte en francs. Voir l'Introduction, art. Monnaies.
2. Noter avec soin cette distinction, que dans les voitures publiques espagnoles le coupé se nomme berhna et l'impériale cupe.
Diligencias de la Huma Union. — Madrid par Pampelune et Soria, un jour sur quatre, même temps, môme prix et même heure de départ que les diligences delnorte y mediodia, avec lesquelles ce service alterne. — Pampelune. un jour sur deux.
La Victoria Hurgalesa y Castellana. — Madrid, tous les deux jours, trajet en trois jours et deux nuits , départ le matin, mômes prix.
Diligemias postas generales. — Madrid par Burgos, départ le matin, même trajet et mêmes prix que la Victoria.
Malle-poste ( Silla correo). départ tous les joursà 6 h. du soir, deux places, 640 réaux l’une; trajet en 50 h.
par Burgos.
On ne doit pas perdre de vue que les livres reliés, la bijouterie, les étoffes, payent à la douane des droits fort élevés, et que le tabac étranger est prohibé. On ne peut entrer en franchise que des effets ou des objets à son usage. Les visites de la douane ont lieu A I nui.
n’tRUN A MADRID.
A. Par la route do poste,
491 kil.
3 kil. de la frontière, irun ÇParador de diligencias , café de Iberia , voitures pour Saint-Sébastien. Tolosa, Eontarabie, Burgos, Pampelune, Madrid), V. de 4055 nab., située sur la rive gauche de la Bidassoa, entre le mont Jaizquivel au N. et les dernières ramifications de la Haya au sud. Les autorités espagnoles y visent les passeports et y examinent les bagages. L’église, déniée kNuestraSeûoradel Juncal (N.-D. des Joncs), peut être regardée comme' un type, de l'architecture religieuse du Guipuzcoa pendant la Renaissance. L’autel et deux tombeaux assez bien sculptés méritent seuls d’être visités. — Sur la place d’Isabelle II, reine constitutionnelle , place assez vaste et ornée dé belles maisons, s’élève V Hôtel de ville , lourde construction du xvn* siècle.
Qn peut faire une excursion d’Irun à Pontarabie, situé à 1 h. de marche environ, àl’embouchyrede la Bidassoa.
A peu de distance d’Irun, on traverse une petite rivière tributaire de la Bidassoa, et par une succession de côtes assez rapides on s’élève sur le plateau qui sépare la Bidassoa de l’Oyarzun; on descend à ,
14 kil. (17 kil.). RenterU», bourg de 1057 hab. , bien déchu de son importance passée. On y construisait autrefois des navires de 800 tonneaux.
L’église, construite dans le style de celle d’Irun, date du xvi* ou du xvu* siècle.
Au delà de Renteria, à droite, de l’autre côté de la rivière, on remarque une église entourée de quelques maisons en ruines. C’est le bourg de Lsso. Son Christ de bois attire, chaque année, un grand nombre de pèlérins.
Bientôt la route incline à l’ouest, et l’on voit se dérouler à ses pieds le grand bassin du Pamiagc. Ce port est le plus sûr des côtes de la Biscaye ; mais les atterrissements de l’Oyarzun èt d’autres petits ruisseaux le comblent graduellement. Il communique avec la mer par une étroite embouchure ouverte entre deux promontoires, et pourrait devenir un port militaire de premier ordre. On traverse l’Urumea avant
H’ontror h
14 kil. (31 kil.) st-séh<uM«cn (hôt. : Parador real, Lafitte, français), autrefois capitale du Guipuzcoa, ville forte et maritime de 12 000 habitants env. , très-pittoresquement située sur un isthme qu pieu de la colline conique d’Orgullo , entre deux baies assez grandes.
St-Sébastien est une ville entièrement neuve, dont toutes les rues, tirées au cordeau , se coupent à angles droits. Elle a été rebâtie , eu effet , depuis une quarantaine d’années; car, en 1813, les Anglais et les Portugais la détruisirent presque entièrement.
Parmi les édifices publics, l’église de Santa Maria mérite seule une visite; c’est l’édifice le plus irréprochable dans son ensemble et dans ses détails que la Renaissance ait élevé dans les provinces basques. Les nefs sont trèslarges et très-elevêes. Le coro, auquel les Espagnols donnent tant d’importance dans l’ornementation de leurs églises^ se fait remarquer par son
élégance. L’église de San Ÿincente est beaucoup moins belle que celle de Santa Maria; ses détails intérieurs appartiennent à la Renaissance, mais l’extérieur est du style gothique. — En dehors de la ville se trouvent les Arènes destinées aux courses de taureaux.
L’importance commerciale de St- Sébastien est encore assez considérable : il entre dans son port environ 700 ou 800 navires par an. L’été, la ville prend une animation extraordinaire. Elle est, en effet, le Brighton ou le Dieppe de Madrid. Ses bains de mer sont très-fréquentés.
On trouve à St-Sébastien des services réguliers de voitures publiques pour Tolosa et Pampelune , et des bateaux à vapeur pour Bayonne.
Quand on sort de St-Sébastien, à l’O., on suit la plage pendant plus d’un kilomètre. La route est neuve et bien construite. Une route, qui s’embranche sur la droite, conduit à Bilbao par la cflte et par les villages d’Usurbil et de Zarauz.
5 kil. 1/2 (36 kil. ,1/2) i.a*«rte, village de 450 hab. La sa rte possède une belle usine de construction de machines mue par les eaux de l’Oria. L’Oria fait mouvoir également, à 1 kil. 1/2, sur la route d’Andoain , une vaste filature de coton appartenant à la maison José et Fraucisco Brunet de Saint -Sébastien.
5 kil. (4t kil. 1/2) Andoaln, petite ville de 1450 hab., située sur la rive droite de l’Oria, station du chemin de fer du Nord, mais sans importance.
L’église, qui date de la Renaissance, est une des plus belles de la contrée.
5 kil. (46 kil. 1/2) Vülabona, ville de 1000 hab. Au delà, la youte, suivant toujours l’Oria, rencontre la bourgade d ’Irura et une fonderie de fer , puis franchit l’Oria sur un pont de pierre dé cinq arches avant
6 kil. (52 kil. 1/2) Tolosa, capitale de la province de Guipuzcoa (hôt. , le Parador, bien tenu, servi comme une bonne auberge de France) , V. de 5050 hab. . située dans une vallée formée par les monts d’Izazcun et de Montescue. Les rues sont belles , bien tracées , bien empierrées , avec des
trottoirs en dalles, et bordées de jolies maisons en pierre . avec balcons en fer. La maison de ville est sur la place Neuve, où se trouve aussi le jeu de paume. Sur la place Vieille, à l’entrée ae la ville, est un édifice nommé le palais Idiaquez. L’église de Sta Maria, la plus belle , n’a pas extérieurement une architecture remarquable. Il y a de belles promenades, l’une sur les bords de l’Oria, l'autre, nommée Paseo de Igarotido *, le long du ruisseau de Berastegui vers la route de Navarre.
On va de Tolosa à Pampelune, et aussi à Bilbao , par Azpeitia et par la belle vallée de Loyola, où se trouve un célèbre collège de Jésuites.
4 kil. 1/2 (57 kil.) Alegrta, v. de 897 hab.
8 kil. (65 kil.) Legorrela, v. de 582 hab. Les métairies, les forges et les moulins à farine, mis en mouvement par l’Oria , bordent la route qui traverse Isasondo, pet. v. de 1000 hab., avant d’atteindre
6 kil. (71 kil.) Villafranca, pet. V.
de 840 hab. , située sur une hauteur et entourée de murailles avec quatre portes. On peut y visiter le palais du marquis de Villamediana et du comte de Villafuertes à la sortie de la ville sur la route de France; le premier possède une galerie de tableaux de bon choix.
è kil. (77 kil.) Ormaiztegui, v. de GOO hab., où naquit en 1788, dans le palais Iriate-Erdicoa, le célèbre générai carliste Zumalacarregui , tué devant Bilbao. La route remonte le cours de l’Oria jusqu’aux environs de sa source.
8 kil. (85 kil.) Zumarraga et VIIlaréal, deux petites V. de 1000 hab.
chacune, séparées par l’Urola, Zumarraga sur la rive droite et ViUapeal sur la rive gauche; un pont de pierre les met en communication. L’église de Zumarraga, située près de la rivière, a un fort beau portail. On remarquera les deux maisons de ville. Un bon chemin praticable aux voitures conduit de Villareal à Azpeitia. La route, en sortant de Villareal, s’élève sur les pentes du mont lrimo, et laissant sur le versant opposé le château d’Ipimrriela, dont l’architecture et la belle apparence sontdignesde l’attention du voyageur,
franchit le port de Descar ga, d’où, elle descend vers
9 kil. (94 kil.) Anzuola (bonne posada), pet. V. de 1200 bab. Sur la place principale sont la maison de ville, l’église (N dire- Dame- de^ Fie té) avec un joli portail de construction moderne.
L’église de St-Jéan-Baptiste du faubourg d’Uzarraga, l’une des plus anciennes, du pays, appartint aux templiers.
3 kil. (97 kil.) Vergar» ( hôt. : le Parador des diligences), V. de 4000 h., chef- lieu de district judiciaire. Vue du dehors , elle a l’aspect d’une ville suisse ; elle est traversée par la Deva. Elle est bien bâtie, quoique ses rues soient d’une irrégularité fâcheuse. L’église paroissiale San Pedro mérite une visite ; elle possède dans une petite chapelle étroite, privée de lumière, placée au bas du coro, une magnifique Statue du Christ agonisant , œuvre de Juan Martinez Mon taries, le sculpteur le plas estimé de l'ancienne école espagnole. C’est à Vergara que s’est faite entre les généraux Esparteroet Maroto, le 27 août 1839, cette célèbre convention qui mit fin à la guerre civile.
En sortant de la- ville on longe le « champ de la Convention, » et on parcourt la vallée du Deva , que la route traverse huit fois.
8 kil. (105 kil.) nondraxon, V.
de 2115 hab., située sur une éminence au centre d’une jolie vallée. La ville , entouréede murailles, estpresque entièrement bâtie en,bellepierre calcaire; ses rues sont droites et ses maisons de belle apparence. On remarque dans la maison de ville une awimaou galerie d’armes antiques assez curieuse.
A 3 kil. de Mondragon , se trouvent les célèbres sources nitrogénées-sulfureuses de ianta Axurda. Un bon service de voitures relie Mondragoh à cet établissement pendant la saison . des eaux.
6 kil. (111 kil.) Arachevaleta , pet. V. de 1212 hab., située au pied au mont ArizmendL Ses .bains, qui ont une vogue aussi grande que celle des eaux de Santa Agueda, avec des vertus égalés, sont à la sortie de la ville et à environ 300 pas de la route.
3 kil. (114 kil.) Escoriaza, joli b.
de 1900 âpres, situé dans un. basfond, !au milieu de montagnes plantées jusqu’au sommet et couvertes d’habitations. La route, montant toujours parallèlement au cours du Deva, atteint Castanares, petitv.de 100 hab., et arrive à : ’ ' • . ■ .
5 kil. 1/2 (119 kil. 1/2) Salinas de Leni s , b. de 710 bab., situé à moitié d’une grande côte et entouré des hautes montagnes de la chaîne cantabrique. Tous ses habitants se consacrent depuis des siècles à la fabrica> lion du sel. On est en pleine montagne à la sortie de Salinas. Les voitures de poste prennent des renforts de bœufs qui se payent 4 et 5 réaux la paire. On arrive ainsi au port d’Arlaban, point culminant de la chaîne, où cesse le Guipuzcoa et commence la province d’Alava.
Au delà du port on descend vers une riche vallée où l’on rencontre les v. d ’Ulibarri, Arroyabe, Durana, Détona, avant d’atteindre
14 kil. 1/2 (134 kil.) Vitoria (hôt. : le Parador Viejo; le Parador nuevo; le Parador de fios(as) , V. de 10 366 hab. , capitale de la. province d’Alava, dans une position charmante, sur une petite hauteur qui domine toute la plaine de l’Alava.
L’intérieur de la ville présente, au premier coup d’œil, trois parties bien distinctes : la villa suso (ville haute) , encore entourée de murailles et de boulevards à demi ruinés; la vieille ville qui se compose de six rues élevées autour et comme au pied de la ville haute, également entourées de murs . La ville moderne comprend de beaux édifices bien construits, des maisons à balcons élégants, et principalement la place Meuve et les arceaux, les deux curiosités de la Vitoria actuelle. La place Neuve est un beau carré formé d’édifices d’égale hauteur, dont les rez-de-chaussée sont partagés de chaque côté en dix-neuf arcades ou arceaux à pilastres d’ordre dorique. Laplace tout entière est dallée , et les arcades sont, pendant l'hiver, la promenade favorite des dames de Vitoria.
L’hôtel de ville (casa consistorial) s’élève au centre, du côté du midi.
Église. La collégiale de Santa
ESPAGNE
Maria, dans la ville haute, monument gothique datant du xu* siècle, et que surmonte une tour plus moderne et d’un excellent style. L’intérieur est divisé en trois nefs avec galeries et arcs gothiques d’un bel aspect. On y remarque la chapelle de Santiago, et plusieurs tombeaux. La sacristie possède un beau tableau de la Piedad , attribué par les uns à Van Dyck, par les autres à Murillo.
Édifices publics. Le Palacio de la Diputaeion, construction somptueuse achevée en 1844 . avec un beau jardin entouré de grilles. On y a recueilli une quinzaine de tableaux provenant des couvents de la ville , parmi lesquels quatre sont de l’Espagnole!. L’Académie de dessin , le palacio de laSociedad Tascongada.
Le théâtre est un joli édifice bien machiné.
Vitoria est riche en promenades.
On remarque surtout celle de la Florida.
De belles routes divergent de Vitoria à travers la plaine vers Burgos et Madrid, avec embranchement sur Satinas d’Anena et Haro, LogronO, Bilbao et Pampelune.
Après avoir traversé la plaine de Vitoria, on rencontre le petit v. d’Ariüez; puis,
16 kil. (160 kil.) La Puebla deArganscon, joli v. de 680 hab., entoure de murailles.
6 kil. (156 kil) Ârmiiion , v. de 567
8 kil. (164 kil.) Vllrand» Ae F.brA (Parador de la diligencia) , pet. V. de 2300 hab.; la première de la Nouvelle-Castille, assez sale, mal tenue, entourée d’une enceinte fortifiée, et dominée par un vieux château avec garnison. Elle est traversée par l'Ebre qui la coupe en deux parties égales.
11 kil. (175 kil.) AmeyuRo, v, de 350 hab. , à l’entrée d’une vallée formée par l’Oroncillo. Au delà de ce village, la route rencontre la Sierra de Ona : les montagnes qui la dominent grandissent et se rapprochent ; leur base est formée de gigantesques murailles de rochers à pic de l’aspect le plus sauvage, formant le passage étroit nommé la gorge de Pancorbo.
Ce passage a 1 kil. 1/2 de longueur;
au milieu se trouve comme engloutie la petite ville de
6 kil. (181 kil). Pancorbo (1197 hab). Elle est dominée au N. et à l’O. par deux montagnes qui, à un certain point, ne laissent de place qu’à la route et au torrent sur une étendue de 10 à 12 pas, et sur 56 pas de largeur. Pancoi ho ne conserve plus que les ruines des deux châteaux qui la défendaient. Le chemin de fer du nord de l’Espagne passe dans cette gorge étroite, et dispute à la route et à l’Oroncillo une partie de la place qu’ils occupent.
23 kil. (204 kil.) Rrlvlcsca (hôtel : Parador de las diligendas, bien tenu), V. de 2064 hab., bien bâtie, à rues droites et parallèles, qu’entourent des murailles peu solides , élevées en moellons et en terre, et percées de quatre portes qui se correspondent.
20 kil (224 kil.) !Woti««terlo de Rodilla, bourg de 620 hab.
6 kil. (230 kil.) Quintanapalla , v.
de 176 hab. Au delà on rencontre Rubena, Villafria, Gamonal, puis
17 kil. (247 kil.) Hnrgon (Ilôt. :
Parador de las Peninsulares et Casa de Postas, situés calle de la Panaderia, tout auprès de la plaza Mayor, Parador de las Generales, calle de Cantarranas; on v trouve la diligence de Logrono ; un assez grand nombre de posadas et de logements meublés ou casas de pupilos.)
V. de 12 200 hab. Son climat est froid et généralement humide. Les hivers les moins rigoureux y durent au moins huit mois, et on y a vu tomber de la neige le jour de la Saint- Jean.
Rues f.t places. Au centre ’ de la plaza Mayor ou plata de la Constitucion s’élève , sur un élégant piédestal,'la statue enbronxe de Charles III, La plaza de la Libertad. est formée .
d’édifices récemment construits, au milieu desquels est enclavée la célèbre casa del Cardon, antique palais flanqué de tourelles, couvert de sculptures et d’armoiries.
Ce vieil édifice est occupé en partie par les bureaux de l’administration militaire'; on y remarque une cour
intérieure ou patio à double rang de galeries, et une curieuse collection de portraits de la maison de Velasco.
Signalons encore la plasa dcl Mercado , au milieu de laquelle s’élève une belle fontaine avec un obélisque.
La callé del Huerto del Reu (rue du Jardin du Roi), les rues det Cid, de Laïn-Calvo, Avellanos, Femand-Gonzalès qui, par leurs noms et leurs principaux édifices appartenant encore à la noblesse espagnole, rappellent les temps célèbres où Burgos était la capitale des rois de Castille.
La cathédrale. Cette merveille du xnie siècle, son portail pt ses deux clochers d’architecture gothique, produisent une impression indéfinissable au premier aspect.
Malheureusement elle est masquée
Ïiar de vilains édifices. Vue d’un peu oin* elle s’élève dans toute sa splendeur, dominant la ville et le pays.
L’intérieur de la cathédrale de Burgos répond à la magnificence de l’extérieur. 11 est orné de tableaux, de statues, de pendentifs, de bas-reliefs , d’encadrements, qui reçoivent, par les vitraux coloriés des hautes fenêtres en ogives, de3 torrents de lumière.
Les chapelles méritent toutes un examen attentif. Elles sont ornées de bonnes sculptures, de monuments remarquables et de beaux vitraux. — La plus célèbre, la plus digne d’une longue visite, est la capilla del Condestab'e, cqnstruite dans le style ogival fleuri dû xve siècle , en dehors de l’abside et sur l’un des côtés.
Dans la chapelle de Santa Catalina , se trouve la célèbre peinture de Jésüs crucifié qu’on appelle le Christ de Burgos ; elle porte la signature du Greco. Dans la salle Capitulaire est suspendu un coffre de moyenne grandeur auquel se rattache une grande curiosité, et qu’on nomme le coffre du Cid. C’est, dit le vulgaire, l’un de ceux que l’illustre guerrier remplit de ferraille et de sable, et remit à certains marchands Israélites en leur disant qu’ils renfermaient sa vaisselle plate, et en leur demandant contre ce gage une somme de 600 marcs d’argent.
On visite, . après la cathédrale, la
paroisse de Santa Agueda , dans laquelle le Cid fit entrer le roi don Alfonse VI, pour lui demander de jurer u’il n’avait eu aucune part à la mort e son frère don Sancho , tué devant Zamora.
Plus loin on rencontre l’arc de triomphe élevé par Philippe II AFernand Gonzales, et le monument qui a été érigé, en 1784, sur les ruines de la maison du Cid.
On va voir, à 3 kil. de Burgos, la célèbre cartuja de Miraflores, et 8 kil. plus loin, l’ancien couvent de San Pedro deCardena, qui possède encore les tombeaux de toute la famille du Cid.
A la Sortie de, Burgos. par l’Arco de Santa Maria, on laisse à gauçhe, dans la direction du S. O., la route de Valladolid. Le pays qu’on parcourt est triste et désert.
37 kil. (284 kil.) Ketona* V. de 1200 hab. On y pénètre par un assez beau pont ae neuf arches surl’Arlanza.
La ville, dont les maisons sont groupées à. 450 pas au delà du pont, est assez mal bâtie.
28' kil. (312 kil.) Gumtei de ïxan, pet. V. de ,1617 hafi., encore entourée de vieilles murailles ; les yestiges d’une forteresse s’élèvent au sommet de l’une dés collines sur lesquelles la ville est assise.
11 kil. (323 kil. ) Aranda de isuero (hôt. : Paradorde Diligéncias; casa de Postas), V. de 4122 hab., sur la rive droite du Duero, au pied d’une petite colline que couronne un sanctuaire dédié à la Virgen de las V inas.
Les rues en sont affreuses, sans alignement, les maisons mal bâties. Au delà, la route traverse sept localités sans importance : Milagros, Pardilla, Honrabia, Fresnillo de la Fuente, Boceguillas , Castillejo de Meleon et Cereio de Abajo. Cette dernière est sur le versant des premiers contre-forts de la chaîne de Somosierra.
Le pays est complètement désert et d’une grande aridité. On rencontre, à 5 kil. de Cerezo, le Parador de Peralta, puis, au milieu du défilé du port, une chaîne de péage qui forme la limite des deux provinces de la Vieille et de la Nouvelle-Castille.
70 kil. (393 kil.) Soméaterra (Pa-
1020 ESPAGNE
rador riuevo , 4'7 1 hab.) , est sur bette limite même et à la droite de la route.
La route est fréquemment interceptée l’hiver et en quelques heures par les neiges.
Le nom de Somosierra occupe une place importante dans les fastes des victoires de l’armée française en Espagne.
A la sortie du village, la route, se déroulant sur les pentes S. de la chaîne, rencontre à gauche Robregordo, v^ de 674 hab.; Buürago (433 hab.), quia donné son nom à la fameuse capitulation de Madrid; Loyozuela (632 hab.), au pied de la montagne del Rico de la Miel; la Cabrera (314 hab.); Cabanillas de la Sierra , où cesse la montagne, v. de 248 hab.; et enfin San Augustin.
78 kil. (471 kil.) Nan ttrhiiHtlnn de Iom Ko je», bourg de 1287 hab., arrosé par le Jarama.
4 kil. (475kil.) Alrohcnda», bourg de 1052 hab., pauvrement habité. Une partie de son territoire, planté en vignes, produit un vin muscat (moscatel) qui a quelque renommée.
7 kil. (482 kil.) Vucnrarral, bourg de 1800 hab. dont l’industrie consiste à approvisionner Madrid de fruits, de légumes et d’œufs. Deux heures suffisent pour atteindre
9 kil. (491 kil.) madrld (voir page 1037).
B. Par le «hemin de fer.
635 kil.
* La voie se rattache à Irun avec le chemin de fer du midi de la France venant de Bayonne par Saint-Jean-de- Luz. Après avoir franchi la Bidassoa, elle touche Renieria (17 kil. d’Irun), puis le Passage, puis
14 kil. (31 kil.) Saint -Sébastien.
Au delà, elle s’élève doucement, en suivant la vallée de l’Uruméa et en contournant les vallons qui descendent de la chaîne cantabrique. Auprès d’Ernani elle franchit le faite qui sépare la vallée de l’Uruméa de celle de l’Oria, suit le cours de cette rivière, et place ses stations à
10 kil. (41 kil.) Andoain (Y. p. 1016).
11 kil. (52 kil.) Tolosa (F. p. 1016), puis Beasain, et
19kil.(71 kil.,Villafranca(F.p. 1016).
Le chemin de fer a suivi jusqu’à présent la même direction que la grande route de poste de Madrid. Arrivé à Villafranca, il contourne la montagne et se dirige vers l’O., se frayant à tout instant un chemin sous la tnontagne et sur les ravins, pour atteindre,
14 kil. (85 kil.) Zumarraga et Villa— real (F. p. 1016). Ici, il s’engage au S. dans la vallée de l’Urola, puis franchit un tunnel de 400 mèt. qui le ramè auprès des sources tle FOria, vers Cegama, où repose le général Zumalararregui , et pénètre au-dessous de la montagne de San Adrian, auprès du coi d’Otsaurt, par un souterrain de 2700 mèt. qui débouche dans la Navarre, à peu de distance de 26 kil. (111 kil.) Alnasua, petite V. de 1116 hab., située au centre de la vallée de Borupda, sur la rive gauche de l’Araquil. Alsasua est le point de raccordement de la ligne de Pàmpelupe', prolongée sur Saragosse.
Au delà, la vo.ie de fer. longeant la vieille route de terre qui va de Vitoria à Pampelune, par Salvntierra-, passe à San Roman, sous une ligne de montagnes descendant de la chaîne cantabrique, et débouche en vue des plaines ae l’Alava. Au milieu de ces plaines, sûr une hauteur, s’élève 42 kil. (153 kil.) VitOria (F. p. 1017). La station est au pied de la promenade de la Florida.
24 kil. (177 kil.) Miranda de Ebro (F. p. 1018); la voie traversé le’Zadôrrà etl’Èbre, remonte avec la route de terre le cours de l’Oroiïcillo, et s’engage avec l’un et l’autre au milieu des gorges de Pancorbo , puis . parcourant un riche plateau, elle atteint 40 kil. (217 kil.) Briviesca (F. p.
1018), traverse à Monasterio, par un souterrain de 800 mèt. , le faîte qui sépare la vallée de l’Oca de celle de l’Arlanzon, pour arriver à 56 kil. (273 kil.) Burgos (F. p. 1018). Ici le chemin de fer, laissant à droite l’ancienne route de posté, traverse le Pisuergaà Torquemada, et le Carrioo en deçà de
85 kil. (358 kil.) San Isidro de Dueiias.
C’est près de là, à la venta de
Diaiizedbvt
fianoM , que vient se rattacher la ligne qui relie Madrid avec Sautander , par Palencia , Alar et Reinosa. Au delà de Duefias, la route et le chemin de fer suivent, toujours ensemble, la rive gauche du Pisuerga , et le franchissent, à Cabczon , sur un beau pont de neuf arches dont les principales ont 24 tnèt. d’ouverture et 16 mèt. de hauteur sous clef. Après ce passage, la voie arrive sous les murs de
36 kil. (394 kil.) Vallartolld, et place sa station au milieu des fabriques et des hautes cheminées qui annoncent le mouvement industriel de cette cité importante. (Hôt. ; le meilleur est le Paradox de las Diligeneias postas generales. Bains. Très-bel établissement dit de las Puertas de Tudela , calle delaHorca; et deux autres, l’un à la porte Santa Clara, l’autre dit du Juego de pelota.) V. de 19 200 hab., sur la rive gauche du Pisuerga, au confluent de cette rivière et.de l’Esgueva; climat sain, atmosphère généralement pure , beau ciel. Les Promenades sont belles et nombreuses.-'
Valladolid, chef-lieu deprovince, est la résidence du capitaine général de la Vieille-Castille et d’un évêché suflragant de Tolède ; elle possède une université, une académie des beauxarts, un nouveau musée, une bibliothèque publique , un beau théâtre , un palais royal , une caserne de cavalerie, trois d’infanterie, beaucoup d’institutions savantes et philanthropiques. On visite à Valladolid 1 e pont de las Chirimias, sur l’Esgueva.
Dans- la première rue, sur la rive droite, se trouve l’emplacement qu’occupait l’inquisition; c’est maintenant la chancellerie et la prison. C’est là que réside l’audiencia ou cour d’appel.
Plus loin se trouve la plasa de San Bénit o el Viejo , et ensuite celle del Palacio , où se trouve le palais royal.
Tout auprès on voit le couvent des dominicains de San Pablo. On admire encore sa riche façade gothique et la beauté du portail, orné d’une immense quantité de sculptures.
Auprès de San Pablo se trouve le collège dominicain de San Gregoriô.
Sa façade gothique est encore plus riche que celle de. San Pablo.
L’université, foiidée en' 1346, par Alphonse XI , est maintenant l’une des plus fréquentées de l’Espagne, principalement pour ses cours de jurisprudende.
Près de l’université se trouve le Colegio mayor de Santa Crus. '
Cet édifice est aujourd’hui occupé par la bibliothèque provinciale , par un institut d’enseignement secondaire, et par le musée. '
La bibliothèque possède 14 000 volumes.
Musée. Il serait très-diffice de donner une analyse exacte de tous les objets que renferme cette curieuse collection.
Les toiles les plus remarquables sont dues à des peintres étrangers, tels que Vincente Carducci, Rubens, Arsenio- Mascagni , Florentin ; Bartolomë Cardenas, Portugais. Les peintures qui attirent le plus l’attention sont celles de Rubens, nommées les Fuensaldanas , parce qu’elles ont appartenu aux religieuses d’un couvent de ce nom situé à 6 kil. de Valladolid. L’une représente la Vierge sur un trône entourée d’anges et d’enfants ; l’autre , saint Antoine de Padoue et l’Enfant-Dieu; la troisième, saint François et un frère lai. Les autres objets dignes d’intérêt sont des bronzes de P. Leoni, et les sculptures sur bois peint, dont les meilleures sont de Berruguete , Juan de Juni , et Hernandez.
La cathédrale est dans le voisinage du palais de l’Université. L’intérieur est d’une grande simplicité. On y remarqua lés stalles du chœur, la chapelle où se trouve le tombeau du comte Pedro Ânzurés, et dans le trésor une riche custodia. On visitera, après la cathédrale, l’église de la Crus, la Magdelena, l’Antigua, San Miguel, las Iluelgas et las Descalsas reales.
Parmi les places, la Plasa Mayor, la plasa Campo grande, terminée par la pueria del Carmen, et enfin la plasa de Toros.
Des routes conduisent de Valladolid à Ségovie, à Salamanca, à Santander, à Lugo, Orense, La Corogne, etc.
En quittant Valladolid, la voie de fer franchit le Duero auprès de Puen/e de Duero, etl’Adaja à côté de Valdestillas, sur deux beaux ponts elliptiques de
ESPAGNE
30 mèt. d’ouverture chacun. Elle descend au S. -O. , et traverse le Zapardiel en arrivant à
45 kil. (439 kil.) Mcilinn dpi Camp». V. de 3000 hab. On remarque à Médina un hôpital avec un beau cloître et un escalier d’élégante construction. A l’E. de la ville sont les ruines du castillo de la Mola, vieille forteresse sous laquelle s’étendent encore des souterrains spacieux.
Au delà de Médina, la voie traverse une seconde fois le Zapardiel , auprès de San Salvador, et vient franchir l’Adaja à Arevalo, sur -un magnifique viaduc en pierre, l’oeuvre capitale de la ligne. Ce viaduc domine de 25 mèt.
le cours de la rivière; il se compose de quatre arches en plein cintre, les deux extrêmes ayant 12 mèt. 50 d’ouverture. et celles dit milieu 31 mèt.
34 kil. (473 kil.) Arevalo, V. de 2200 âmes, située sur une petite colline . au milieu de plaines étendues, et sur la langue de terre que forme le confluent de l’Adaja et de l’ArevaliUo.
14 kil. (487 kil.) San Chidrian.
En attendant l’achèvement de la voie dans la traversée de la chaîne du Guadarrama , entre Avila et l’Escorial , un service de diligences, en correspondance avec les trains, va de San Chidrian à la station de Villalba , auprès de l’Escorial, en 7 h., par le port de Guadarrama, et à cette station les voyageurs retrouvent la voie de fer en activité jusqu’à Madrid.
La voie de fer suit la vallée de l’Adaja de San Chidrian à
43 kil. (530 kil.) Avila, V. de 4125 hab., chef- lieu d’une province qui fait partie de l’ancien territoire de la Vieille-Castille.Celte contrée est froide, l’hiver s’y prolonge, le printemps y existe à peine, mais l’automne ÿ est généralement agréable.
Avila est le siège d’un évêché. Ses rues ne sont pas belles et ses maisons sont presque toutes en granit noir qui donne à l'ensemble un aspect sombre et froid. La ville est entourée de murailles encore bien conservées , et qu’on considérait comme les plus belles fortifications du moyeu âge. La cathédrale, vaste et bel édifice gothique
construit en .granit, qui se rattachait au système général ae défense de,la ville , est à la fois un temple et un àlcasar. Sainte Thérèse naquit à Avila; c’est le plus précieux souvenir de la ville, qui possède, sur l’emplacement même où s’élevait la maison de la célèbre ascète, un couvent de carmélites placé sous son invocation, et occupé aujourd’hui par une bibliothèque sans livres et par un lycée de musique et de déclamation. Lachapelle de ce couvent, èncore consacrée au culte, conserve au-dessus de la porte principale un buste de la sainte, et dans l’intérieur, un portrait assez bon et quelques restes du mobilier de sa cellule.
Au delà d’ Avila, la voie de fer s’élève vers la montagne. Ici commencent des travaux immenses : les montagnes ont été jetées dans les vallées; l’un des remblais n’a pas moins de 45 mèt.
d'élévation. Les saillants ont été coupés, d’autres sont traversés par des tunnels, èt l’un d’eux, le principal, au point culminant de la ligne, à Naval-Grande, sous le portaçhuelo (petit port) de Robledo, a 918 mèt. d’étendue , à 760 mèt. au-dessus du niveau de la mer. La voie passe, pendant 16 kil., à travers, les immenses forêts de pins du duc de Medinaceli . à las Navas del marques; longe les versants méridionaux de la chaîne du Guadarrama, ayant à droite les grandes plaines de la province de Madrid et de la Nouvelle-Castille, arrosées par l’Alberche et par le Tage ; à l’horizon , au S. , les montagnes de Tolède, et au S. E. , Madrid. Elle Msse à une petite distance au N. de Y Escortai.
38 kil. (568 kil.) Villalba. C’est à cette petite localité qu’aboutissent les services de voitures venant de San Chidrian en 6 ou 7 heures, par le port de Guadarrama. Le chemin de fer côtoie l’ancienne carretera general de Castille, traverse, sous un souterrain de 250 mèt., et dans de magnifiques bancs de granit bleu, les hauteurs oit est construit Torre Lodones, passe le rto Guadarrama, franchit sur des remblais considérables les vallons de las llusas et de Naval Quejigo , jette un pont sur le Manzauarès, etarrive avec fa carretera au pied de la colline du
Principe Pio, pour établir sa gare sur la promenade de la Florida, au bord de la rivière, hors de la porte de San Vicente, et au pied du Palacio Real.
5T kil. (625 kil.) matlrid. Voir p. 1036.
Voir plus loin les communications de cette route avec les provinces voisines.