VENISE
Hôtels . Les principaux sont en général sur un très-grand ton; beaucoup ressemblent à de riches palais. Voici les plus renommés : Y Hôtel Royal ou Daniel , proche la place Saint- Marc; table d’hôte â G heures dans l’été, et 4 heures dans l’hiver; — de Y Europe, sur le grand canal, avec 117 chambres à coucher; table d’hôte à 4 h. , 3 fr. ; — du Lion- Blanc (Lcon-Bianco), sur le grand canal , proche la poste ; — de la Grande-Bretagne , — Luno.f etc. Ces derniers sont des hôtels de second ordre.
GUIDE EN ITALIE
Venise présente au voyageur qui la voit pour la première fois le spectacle le plus singulier et le plus étonnant : aussi dit-on qu’il faut la connaître et l’avoir habitée pour pouvoir s’en faire une idée. Elle est entièrement bâtie sur pilotis, dans des lagunes qui sont une espèce de lac séparé de la mer par des bancs de sable, et se compose de 150 îles très-rapprochées les unes des autres, divisées par des canaux, et réunies par plus de 300 ponts dont quelques-uns sont assez beaux.
Venise est une des villes les plus merveilleuses de l’Italie. Nous la décrirons le plus exactement qu’il nous sera possible. Nous partagerons notre promenade en 8 journées, qu’il sera loisible à chaque voyageur d’abréger et de réduire à 4 , s’il le veut. Huit jours, quoique insullisants pour connaître une cité semblable, peuvent à la rigueur donner au voyageur pressé une idée de Venise (1).
première journée (sans gondole).
Eglise Saint-Marc. Cette église est construite sur une place décorée tout à l’entour de magniliques édifices , monuments historiques de la renaissance, des progrès, de la perfection et de la décadence des beaux-arts, depuis le dixième siècle jusqu’à présent. Elle peut rivaliser avec les plus belles places de l’Europe, non par ses dimensions, puisque sa longueur n’est que de 80 mètres environ, et sa largeur 34 mètres, mais bien par ses décorations et le coup d’œil ma- , gnifique qu’elle offre vue de la mer. Un prolongement latéral de la grande place vers le sud porte le nom de Petite Place (Piazetta). V église de Saint-Marc est un temple imposant et majestueux, de forme grecque, enrichi d’une immense profusion des plus beaux marbres orientaux, de basreliefs et autres sculptures de bronze, dorures et mosaïques exécutées depuis le xc jusqu’au xvme siècle. On y compte
(i) Huit jours à Venise , par Antoine Quadri, chez Andreola. — Quattro giorni a Venezia, Milano. Il canule grande di Venezia. — La Piazza di Venezia isst. A Paris, chez Amiot, rue de la Paix, n. 6. — Venise , par Jules Lecomte, « vol. ln-8°, Paris, chez H. Souverain, is«&.
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500 colonnes de vert antique, de porphyre, de serpentine, de marbres veinés et d’autres également précieux. Les côtés extérieurs, la façade, les murs intérieurs , les voûtes, les plafonds et le pavé sont incrustés de ces riches matériaux; # entin tout ce qui n’est pas d’or, de bronze ou en mosaïque, est revêtu de marbre oriental. La façade offre dans ses voûtes une collection très-nombreuse de colonnes aussi précieuses par la qualité et la variété des marbres que par le travail grec. Cinq grandes mosaïques dans les voûtes de l’ordre inférieur : les deux premières (à droite de l’observateur) représentent : V Enlèvement du corps de Si Marc des tombeaux d* Alexandrie, de Pierre Vecchia , 1050; celle du milieu représente le Jugement dernier, de Pierre Spagna ; dans la voûte suivante, on voit les Magistrats vénitiens rendant des honneurs au corps de St Marc , de Sébastien Rizzi , exécuté avec beaucoup de soin par Léopold del Pozzo; dans la dernière voûte, il y a une ancienne mosaïque qui représente V église de S . Marc , ouvrage du xvi« siècle. Quatre grandes mosaïques dans les voûtes de l’ordre supérieur : la Descente de croix ,V Apparition de J.-C . aux Limbes , la Résurrection , V Ascension, Louis Gaetano a exécuté ces quatre mosaïques sur les dessins de Maffeo Verona, vers l’an ICI 7. Cinq portes de bronze, et sur celle à gauche en entrant par la grande, l’épigraphe suivante, qui en désigne l’époque et l’artiste : MCCC. Berlucius Aurifex Venetus me fecit.
Quatre chevaux de bronze qui conservent encore les traces de leur ancienne dorure ; le poids de chacun est d’environ 800 kilogrammes. Ils ornent la face principale. Ce sont ces mêmes chevaux qui , après avoir été fondus à Corinthe , transportés à Athènes , avoir orné les arcs de triomphe de JVéron et de Trajan à Rome, avoir accompagné Constantin à Byzance , de Constantinople avoir été transportés dans le xim* siècle à Denise, et de cette cité être venus à Paris sous le règne impérial pour servir d’ornement à l’arc de triomphe du Carrousel, retournèrent, en 1815, occuper à Venise la place où on les voit maintenant.
Vestibule . En y entrant par la grande porte, on observe au-dessus de la principale porte d’entrée de l’église, St Marc
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en habits pontificaux , ouvrage de François et ValèreZuccato , dessin de Titien t en 1545.
Au-dessous de St Marc, sept petites mosaïques du IIe siècle, la demi-lune en face, représentent le Crucifiement et Je Sépulcre de J.-C., ouvrages des mêmes artistes, l'an * 1549. Sur deux demi-lunes, dans la partie supérieure à droite et à gauche de la grande porte d'entrée, on voit d'un côté la Résurrection de Lazare , de l'autre Ylnhumation de la Vierge Marie , ouvrages des Zuccalo. Sur les angles latéraux inférieurs, les quatre Évangélistes ; sur les supérieurs, les huit Prophètes ; sur la frise, des Anges et les Docteurs , par les mêmes artistes. A droite, dans le même vestibule, chapelle Zeno : l’autel, que l’on considère comme un chef-d’œuvre , est enrichi d’une profusion de bronzes et de marbres. On y distingue les quatre grandes colonnes de bronze, ouvrage de la plus grande délicatesse. Il y a au milieu trois statues également de bronze, savoir : Notre-Dame avec V Enfant Jésus , St Jean- Baptiste et St Pierre. Au centre de la chapelle, le monument élevé à la mémoire du cardinal Jean- Baptiste Zeno , avec sa statue couchée sur le cercueil , le tout en bronze.
Dans l’église , au-dessus de la porte du milieu , une des plus antiques mosaïques de ce temple, représentant J.-C. assis entre la Vierge et saint Marc : on la juge du xi« siècle. Grand arc de la nef. Cet arc est incrusté de mosaïques en cinq compartiments qui représentent des faits tirés de V Apocalypse. 11 y a au milieu N.-S. entre sept candélabres, ouvrage de François Zuccato , l’an 1570. La voûte du vestibule de l’église, qui suit immédiatement cet arc, et qui se prolonge jusqu’à la grande fenêtre de la façade extérieure, est également incrustée en mosaïques en cinq longs compartiments.
Après avoir observé du milieu de l’église les mosaïques dont on vient de parler , et en continuant l’examen des objets à droite en entrant par la grande porte, on trouve un bénitier de porphyre, dont la base est un autel antique île sculpture grecque , avec des dauphins et des tridents , surmonté d'un autre bas-relief représentant de petits enfants ; ouvrage du xvc siècle. A la droite du bénitier, chapelle des
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fonts baptismaux , ornée de marbres , de bas-reliefs et autres sculptures, et de mosaïques exécutées pour la plupart vers l’an 1350. La mosaïque représentant le baptême de J.-C.y qui couvre le mur vis-à-vis la porte d'issue sur la petite place , est remarquable par son antiquité et par la chaleur de sa composition. On la croit faite dans le xrou le xire siècle. Sur l’autel, la sainte Vierge et deux anges en marbre; derrière la sainte Vierge , un siège en marbre que l’on croit avoir été sculpté à Alexandrie ; derrière l’autel, J.-C. baptisé par St Jean-Baptiste , bas-relief antique; deux basreliefs latéraux avec Vf Théodore et St Georges, Au milieu de la chapelle , un grand bassin de marbre avec un couvercle en bronze orné de bas-reliefs, exécuté par Titien Minio de Padoue et Desiderio de Florence , élèves de San sovino , l’an 1545. Sur le couvercle , la statue en bronze de St Jean- Baptiste, ouvrage de François Segalla de Padoue, l’an 1505. A côté de ce bassin il y a, adossé au mur, le monument du célèbre doge André Dandolo , mort cri
En entrant dans V église , près d’un pilastre, vers le bras gauche de la croix de l’église, V oratoire de la Croix , formé par une petite tribune soutenue par six riches colonnes, dont la plus proche de l’autel du côté de l’épître est la plus belle de toutes les colonnes qui décorent ce temple. Elle est de porphyre noir et blanc ( morceau très-rare). La grande muraille qui s’élève à la gauche de celui qui observe cet oratoire est incrustée de marbres très-fins, au-dessus desquels il y a en mosaïque le Paradis , ouvrage qu’on attribue à Louis Gaetano , sur le dessin de Pillotli.
Aile à gauche (en entrant par la grande porte), chapelle de N.-D. des Mâles (de’ Mascoli ), autel en marbre de trèsbelle sculpture dont on ignore l’époque et les auteurs. On l’attribue à Y école de Pise , du xme au xive siècle. Les trèsbelles mosaïques de cette chapelle représentent l’histoire de la Vierge Marie, ouvrages estimés de Michel Ciambono , l’an 1430. Par la porte voisine à l’entrée de cette chapelle, on passe dans la chapelle de St- Isidore ; elle est recouverte de mosaïques du xive siècle, qui représentent la vie de ce saint. L’autel, décoré de beaucoup de sculptures, appartient
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à la même époque. Le mur au-dessus de la porte de la chapelle de St-lsidore mérite une attention particulière. 11 faut y observer l’Arbre généalogique de la Vierge Marie, exécuté par Pincent Rianchini , sur les cartons de Salviali , Tan 1542. Sur le parapet de marbre qui sépare l’église du chœur, on voit quatorze statues de marbre , représentant la sainte Vierge et les Apôtres, sculptées par les frères Jacobello et Pietro-Paolo dalle Massegne de Venise, l’an 1394, éièves de l’école de Dise. Sur les deux côtés de l'entrée du chœur il y a deux chaires de marbre précieux , soutenues par des colonnes d’un grand prix ; à côté de ces chaires , deux petits autels en marbre d’une sculpture très-délicate : on les attribue à Pierre Lombardino , l’an 1 470.
Dans le chceur , des sièges ornés d’ouvrages très-fins en marqueterie, l’an ) 530 ; au-dessus de ces sièges, deux tribunes , l’une à droite , l'autre ù gauche ; sur chacun de leurs parapets sont fixés trois bas-reliefs en bronze, représentant la vie de St Marc, tous les trois moulés par J. Sansovino . Sur les balustrades intérieures, ù côté du maître-autel, huit figures de bronze, c’est-à-dire quatre évangélistes par Sansovino , et quatre Docteurs qu’on croit jetés par Jérôme Calliari ou Paliari d'Udine , l’an 1614. Maîlre-auteL La Confession, qui renferme le maître-autel , est soutenue par quatre colonnes de marbre grec, sur lesquelles sont sculptés en relief quelques faits de l’histoire sacrée. Cet autel a deux tableaux ou icônes , dont l’un sert de couverture à l’autre. Le premier est dans le goût grec, peint à l’huile sur planche, en quatorze compartiments ; ouvrage de maître Paul et de ses fils Luc et Jean de Venise, l’an 1344. Ze second s’appelle la Pala d’Oro, ou Icône byzantine; elle est peinte en émail sur lame d'argent et d’or ornée de ciselures, guillochis, perles, camées et autres pierres précieuses. Derrière le maître-autel , un autre autel avec des basreliefs en marbre et en bronze doré , tous exécutés par San sovino .
Porte de la sacristie : les ornements en marbre et la porte en bronze sont des ouvrages parfaits de J. Sansovino , auxquels il a employé 20 an3 de travail. Sacristie : elle est richement ornée de mosaïques et d’ouvrages en marqueterie
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de plusieurs auteurs et d’un grand mérite , exécutés de 1620 à 1530.
Trésor de St-Marc . Il est placé dans une chapelle fermée vis-à-vis celle de N.-D. des Mâles [de' Muscoli ). Ce trésor est le plus riche reliquaire qu’on connaisse ; on y voit de nombreux morceaux de la vraie Croix , le clou, V éponge et le roseau , instruments de la passion de Jésus-Christ ; le couteau qui lui servit à la Cène, l 'humérus de saint Jean- Baptiste , d’in nom b râbles reliques de saint Marc, et divers trophées enlevés lors de la prise de Constantinople (1).
Palais ducal. La partie principale de ce grand édifice, qui s’élève d’un côté sur le quai , et de l’autre sur la petite placet frappe de surprise et d’admiration par la singularité, la hardiesse et la magnificence de sa structure et de son architecture.
Dauslaeour, au milieu, deux citernes en bronze, ouvrages estimés, l’un de JYicolas de Marc de Conti , Vénitien, l’an 1550; l’autre d 'Alphonse Alberghetti de Ferrare, l’an 1569. Façade où est l’horloge, élevée de 1007 à 1015, décorée de huit belles statues grecques. Arcade vis-à-vis l’escalier des Géants; on y reconnaît le style de maître Bartholommeo , qui probablement l’aura construite lorsqu’il fit la porte délia Carta . Petite façade à gauche en montant l’escalier des Géants, c’est-à-dire dans la cour des Sénateurs, très-estimée par son élégance ; on l’attribue à l’architecte Guillaume Bergamasco , vers l’an 1520.
Escalier des Géants , magnifique ouvrage , construit vers la tin du xvc siècle, par Antoine Bregno , avec des marbres précieux très-délicatement travaillés par Dominique ci Bernardin de Mantoue. 11 est orné de deux statues colossales, sculptées par J. Sansovino en 1550, qui représentent Mars et Neptune ; mais avant celles-ci , au pied de l’escalier se trouvent Adam et Ève, beaux morceaux, mais moins grandioses: c’était sur le palier de cet escalier qu’aneiennement le doge était couronné.
L'Escalier d'or , construit en 1558, sous le doge André GriUi , achevé en 1577, sous le doge Sébastien Vénierx
(») Foyuges en Italie , par Valéry.
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ses magnifiques décorations ont été dirigées par Sansovino ; l’Hercule et l’Atlas qui en ornent l’entrée sont du ciseau de Titien slspetti ; Vittoria a fait les ornements de stuc, dont les fonds ont été peints par Franco . Il serait trop long d’indiquer ici toutes les peintures du palais ducal. Il suffira d’ailleurs de donner le catalogue des tableaux les plus remarquables et les plus précieux.
Salle du grand conseil ou Bibliothèque royale de Saint-Marc . — Les murs et le plafond sont entièrement couverts de peintures précieuses qui représentent les fastes de la république de Venise, et un grand nombre d’événements très-intéressants des nations d’Europe sur lesquelles elle eut une grande influence. A droite en entrant, un grand tableau représentant la Gloire du Paradis , par Jacques Tintorelto : cette toile a 10 mètres de haut et 25 de long; le Pape Alexandre III au couvent de la Charité, par Paul Fêronèse;
— Prise d’armes du doge contre Barberoussc, par le Tin toret ; — Grande bataille des Vénitiens contre Barberousse , par le même; — Othon présenté par le doge au pape Alexandre III , par Palma le jeune; — Alexandre III bénissant une flotte, par Palma père; —Frédéric Barbero lisse à genoux devant le pape Innocent 111, par Frederico Zaccari ;
— le Pape sur son trône reçoit les adieux du doge, par Jules Delmori ; — Première bataille des Vénitiens contre les Turcs, parle Tintoret ; — Une autre bataille, par le même; — une Procession du doge, du même; — Prise de Zara par les Vénitiens, par Palma le jeune; — Dandolo refusant la couronne d’empereur, par le même; — les Femmes de Zara demandant grâce pour leurs maris, par Blanc;
— l’Apothéose de Venise, par Paul Vèronèse; — Venise au milieu des divinités , par le Tintoret ; — le Jugement universel, par Palma le jeune, grande toile; — le Christ mort, par Giovanni Bellini ; — Une ligure de saint Christophe, par le Titien; — Foi du doge Marin Grimani, toile magnifique , par le même; — Bataille contre les Génois, par Viseniini , et huit autres sujets analogues du même auteur;— Deux tableaux de Vérone, par le Tintoret ; — Mars chassé par Pallas, par le même; — Prise de Bergarne , par Alienze ; — Prise de Brescia, par le même; — .le Retour
d’André Contarini après sa victoire sur les Génois, par Paul Vèronèse ; — la Défense de Scutari , — la Prise de Smyrne , parle même. Dans la salle des Dix on trouve deux plafonds de ce maître; celui peint en grisaille passe pour un des plus beaux d’Italie. — Le doge Grimani à genoux devant la Vierge et St Marc, par Contarini ; — l’Enlèvement d’Europe, toile magnifique de Paul Vèronèse ; — Bataille des Vénitiens contre les princes Scaligeri, par Contarini ; — Ariane couronnée par Vénus, par le Tint or et ; — Jacob de retour en Egypte, par Hassan ; — les Forges de Vulcain, — Mercure et les Grâces, par le Tintoret (fresques); — le Congrès de Bologne, où Charles V et Clément VII signent la paix , par Marco Vecelli , neveu du Titien ; — la Seconde Conquête de Constantinople, — une Victoire navale, deux toiles de Domenico Robusti ; — Venise personnifiée et le doge Cicogna donnant audience à des ambassadeurs ; — deux tableaux de Carlelto Caliari , fils de Paul Vèronèse ; — la Première Conquête de Constantinople, par Palma le jeune ; — la Ligue de Cambrai, par le même; — un Combat naval dans les eaux du Pô, par le même; — le Christ chassant les marchands du temple, par Bonifazio ; — l’Arrivée d’Othon fils à Venise , par le Bassan ; — le Retour du doge Sebastiano Zani , par le même; — la Victoire des Dardanelles, par Pietro Libéria — Réception de Henri III au Lido, par le Vicenlo , composition curieuse ; — les six allégories qui ornent le monument élevé à la mémoire du doge Morosini sont aussi de jolies peintures. — Au milieu de ces richesses artistiques, l’amateur trouvera près d’une douzaine de grandes compositions par Paul Vèronèse . Nous terminerons cette notice en indiquant la collection des portraits de tous les doges de Venise, dont plusieurs sont dus au pinceau du Tintoret, de Bassan et des deux Palma . Le nombre de ces portraits est de cent quatorze; à la place où devait être celui de Marino Faliero , on voit un ovale noir, avec ces mots : Locus Marini Falieri decapitali : place de Marino Faliero décapité.
Cette bibliothèque date du temps de Pétrarque et du cardinal Bassarion , qui firent présent de leurs collections de livres à la république; elle est très-riche en manuscrits et
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en livres anciens et modernes : on y compte environ 70,000 volumes, parmi lesquels plus de cinq mille manuscrits ; on y conserve la célèbre mappemonde de Fr a Mauro , dessinée l’an 1 4 GO; elle montre toute la surface du globe. Dans cette même bibliothèque il y a encore une riche collection de médailles , de statues , de bustes et de bas-reliefs en marbre et en bronze ; on y distingue le Jupiter Egiocus (Giove Egioco), camée grec très-estimé , trouvé à Eplièse l’an 1793 ( rapporté de Paris); l’Enlèvement de Ganimède, deux Muses, le groupe d’un Faune et de Bacchus; les quatre statues, Ulysse, l’Amour, l’Abondance et Diane; le Soldat mort, le bas-relief appelé Niobiade, deux bas-reliefs représentant de petits enfants , tous ouvrages des beaux temps de la Grèce. On visite ensuite la salle du scrutin, la galerie, où on admire de belles peintures de l’école vénitienne.
Clocher de St-Marc , élevé jusqu’à la hauteur de l’enceinte des cloches, vers l’an 1160; en 1178 environ, on construisit la flèche sur un modèle antique; en 15 1 0 maître Buono reconstruisit cette flèche telle qu’on la voit aujourd’hui , et l’orna de marbres grecs et orientaux.
Loge (par Sansovino) , petit édifice très-élégant, revêtu de beaux marbres, et richement orné de sculptures et de bronzes; les quatre statues , Pallas , Apollon, Mercure, la Paix, bronzes très-estimés , par J . Sansovino ; on distingue parmi les bas-reliefs en marbre les trois principaux sur l’attique, et ceux qui sont au-dessous des deux statues en bronze.
L’ancienne Bibliothèque. Elle s’élève sur la petite place ; la bibliothèque de Saint-Marc y fut placée jusqu’en 1812, époque à laquelle on la transporta au Palais Ducal ; la façade est composée de 21 arcades; les deux côtés, l’un vers le quai , l'autre derrière la Tour, comprennent chacun trois arcades. Ce monument fut commencé par Sansovino Tan 1539, et dirigé par lui jusqu’à la IG* arcade (ch commençant par l’angle du côté de la Tour); après sa mort, il fut terminé par Scamozzi. Pierre Arétin a dit de cet édilice qu'il est au-dessus de V envie. Escalier magnifique divisé en deux branches, avec des ornements en stuc par Viltoria , et des peintures par Baptiste Semolei et Bap-
tistedel Moro; la première salle où conduit cet escalier fut décorée par Scamozzi , et destinée au Muséum de statues , lequel a été ensuite transporté au palais ducal avec la bibliothèque; le plafond, la grande salle sont ornés de beaux tableaux du Titien , de Salviati , etc.
Nouvelles galeries (Procuratie nuove). Elles forment la suite de la première partie dont nous venons de parler; elles occupent tonte la longueur de la grande place : on y a presque entièrement suivi le dessin de Sansovino dans les deux premiers ordres.
Nouvelle galerie (Nuova Fabbrica), bâtie depuis peu, et elle n'est pas exempte de blâme; on donne cependant des éloges au vestibule et au grand escalier . Ces trois parties, composées de 78 arcades, forment le grand édifice appelé Palais-Royal , résidence du souverain , des princes du sang, et du gouvernement impérial et royal ; on trouve dans plusieurs chambres des peintures dignes de remarque, entre autres un Ecce Homo d'Albert Durer ; dans Ja chapelle on admire une Descente du Christ aux Limbes, par Giorgione ;
— l'Adoration des Mages, par le Tintoret; — St Joachim chassé du temple, par le même; — le Passage de la mer Rouge, par le Titien ; — la Sagesse couronnée, du même;
— Saint Marc sauvant un musulman du naufrage, par le Tintoret ; — l’Enlèvement du corps de St Marc par deux marchands de Venise, par le même; — Venise au milieu d’Hercule, de Cérèset d’autres divinités, par Paul Vèronése;
— un Christ au jardin des Olives, du même; — un Christ mort sur les genoux du Père éternel, par Carletto Cagliarit fils de Paul Féronèse; — l'Institution du rosaire, par Paul Téronèse ; — Adam et Ève pénitents, du même; — un Christ mort, pleuré par deux personnes , par Pûris bordon e ; etc. Derrière le Palais-Royal il y a un délicieux jardin baigné au sud par le grand canal , où la nature et l’art se sont unis pour présenter un coup d’œil aussi beau que surprenant , et peut-être unique dans son genre.
Hôtel de la monnaie (de Sansovino ), magnitique édifice de la plus grande solidité et du meilleur goût, atelier fameux pour la fabrication des monnaies d’or , d’argent, de cuivre, et des médailles du plus beau travail.
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Prison. Edifice qui réunit à l’élégance la plus grande solidité ; il peut contenir environ 400 individus. M. Howard le considère comme très-sain et comme le plus solide qu’il ait vu.
deuxième journée (en gondole ou à pied).
S.-Zacharie, 1457. La construction intérieure de ce temple, son abside ou chœur , et les autels , frappent d’admiration par la singularité et l’élégance du style, et par la richesse des marbres. Trois autels en bois, ornés de sculptures dorées, avec plusieurs peintures rares et précieuses, de Jean et Antoine Muranesi , l’an 1445. La voûte audessus du plus grand de ces autels est embellie de bonnes peintures à fresque. Le chœur : il a quatre autels disposés en demi-cercle; le troisième, en partant du chœur des religieuses, est orné d’un petit tableau précieux qui représente la Circoncision de J.-C., ouvrage de Jean Bellini , et une Madone entourée de quatre saints, par le même; la Naissance de saint Jean-Baptiste, du 7'intoret; saint Zacharie, par Palma ; une Madone, etc., du même. Près de la sacristie, le monument d'Alexandre Vittoria , avec son buste; ce bel ouvrage est un des plus remarquables de Jean Bellini , l’an 1505. De la place de Saint- Zacharie, en prenant à droite, il faut traverser celle de Saint-Provolo , ensuite le quai de VOsmarino , et, en traversant les deux ponts à son extrémité, on se trouvera sur le quai des Grecs , où s’élève l’église grecque de
Saint-Georges ( Sansovino , 1550), édifice très-solide, très-élégant et très-orné , analogue au rite grec. L'intérieur et l’extérieur de ce temple sont ornés de quelques bonnes mosaïques d’époques différentes. En revenant sur ses pas, il faut repasser le premier pont, et, tournant à droite, suivre le quai où il conduit; ensuite, traversant le dernier pont à droite , on se trouvera à l’entrée de l’église de
St- Laurent ( SoreUa ). Le maître-autel est richement orné de marbres, de bronzes et de statues, avec six grandes colonnes de Porto- Venere , ouvrage magnifique de Cani-
pagna . Retournez par le même chemin, et, remontant le Pont des Grecs , suivez la rue en face jusqu’au pont de S.-sJntonino , au delà duquel se trouve l’église de
S.-Antonjno; chapelle à gauche décorée de peintures, par J . Palma. Suivez le quai voisin, au bout duquel vous trouverez la confrérie de
* St-George-des-Esclavons. L’oratoire, au rez-de-chaussée, est décoré de bonnes peintures par Carpaccio , ouvrages de 1502 à 1511. Parcourez toute la rue des Furlani , tournez ensuite à gauche, et continuez jusqu'au pont qui conduit à l’église de
St-François-de-la-Vigna , temple vaste et d’une belle forme. 11 renferme 17 chapelles avec autant d’autels.
ir« chapelle. On voit sur le mur à droite un tableau représentant la Vierge au moment de l’Annonciation , ouvrage de Pennacchi, dans le style de Jean Bellini. — 2e chapelle. Tableau de la Résurrection , par Paul F’éronèse . — Aile à droite, 3* chapelle. Autel avec un ancien tableau qui représente la Vierge Marie qui adore l’Enfant Jésus, ouvrage trèssoigné de frère Antoine de Nègrepont. — Grande chapelle. Deux magnifiques monuments de même forme, en marbre, couvrent les murs des deux côtés ; on les présume de Sca mozzi. Celui à droite , érigé à Triadano Gritti , mort en 1474 ; l’autre, à gauche, au doge André Gritti , neveu du premier, mort en 1538. Aile à gauche, chapelle Giustiniani , placée à côté de la grande, entièrement couverte de bonnes sculptures en marbre. En revenant dans l’église , et continuant le tour, on trouve à droite la chaire, au-dessus de laquelle un tableau avec le Sauveur et le Père éternel, peint par Jérôme Santa-Croce. — A gauche, 1re chapelle. Le tableau de l’autel représente N.-D. et quelques saints , ouvrage distingué de Paul Vèronèse . De cette église on se rendra ù Castello ; mais, le chemin étant difficile, il faut souvent avoir recours aux passants pour se le faire indiquer.
St-Pierre , temple vaste et ancien. A droite en entrant , après le 2c autel, une chaire très-antique en marbre, en forme de siège, que le vulgaire croit avoir servi à saint Pierre à Antioche. Grande chapelle. A droite, un tableau de saint Laurent Giustiniani qui délivre Venise de la peste,
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peint par Antoine Bellucci. A gauche , un autre tableau représentant le même saint qui distribue des aumônes, f/est le plus bel ouvrage de Grégoire Lazzarini , l’an 1691. Saint Pierre et saint Paul, par Paul Vèronèse ; le Martyre de saint Jean , par Padovanino ; la Vierge et les anges du Purgatoire, par Luca Giordano ; une belle mosaïque par Arminio Zuceali , etc. Clocher magnifique attenant à Téglise, reconstruit Pan 1474. En allant ensuite vers 1 e jardin public , on trouve Péglise de
St-Josepii. Derrière le maître-autel, un autel dont le tableau représente la Nativité de J.-C., peint par P. Vèronèse . Le magnifique mausolée du doge Marino Grimant et de son épouse , architecte Scamozzi , décoré de bronzes , de statues et d’autres sculptures par Campagna .
Jardin public, charmante promenade qui s’avance en forme de presqu'île au milieu de la lagune; elle présente des points de vue agréables et pittoresques. En se dirigeant vers le quai des Esclavons ( riva degli Schiavoni) , on arrive à la place de St-Blaisey où est Péglise de la marine royale, dans laquelle on a récemment transporté le tombeau du grand amiral Angelo Emo , sculpté par Joseph Ferrari- Torelli , Pan 1792. En tournant ensuite à droite, on aperçoit Y Arsenal royal.
Arsenal royal. Porte principale de terre, ouvrage magnifique d’ordre corinthien, sur quatre colonnes de marbre grec, construite Pan 1460. Aux côtés de la balustrade de l’entrée, quatre lions de marbre du mont flymette (près d’Athènes) , transportés de la Grèce par François Morosini le Péloponésien Pan 1687. En sortant de l’arsenal (deux heures de visite), prenez à droite, et après quelques pas vous trouverez Péglise de
Saint-Martin. Chapelle près du chœur h droite de l’observateur. Le tableau de l’autel représente la Résurrection de J.-C. par Santa Croce. Dans Yéglise, un beau mausolée en marbre en l’honneur du doge François Erizzo . En sortant de Péglise tournez h gauche , et par le quai qui se présente entrez dans la Calle délia Pegola , puis à droite dans celle des Forni , d’où l’on aboutit sur le quai des Esclavons {riva degli Schiavoni). Lorsqu’on a pris le quai , tournez à
droite, passez le premier pont, en descendant duquel, et appuyant soi* la droite, il y a , au n° 3853 ,
Maison Craglietta. Cabinet de tableaux de quelques célèbres artistes des écoles vénitienne et flamande, savoir : Vivarini , Bellini , Pordenone , Titien , Paul Féronèse , Canaletto , Rubens , Albert Durer , etc. En quittant cette maison, continuez le chemin du quai vers St-Marc jusqu’à la quatrième rue qu’on trouve à droite, c’est la CW/e del Dose ; entrez dans celle-ci, et suivez-la jusqu’à la place de St- Jean de Br agora.
Saint-Jean de Bragora. Derrière le maître-autel il v a un grand tableau qui représente le Baptême de J.-C. , bel ouvrage de Cima. En sortant de cette éelise , revenez sur vos pas, prenez la riva degli Schiavoni , suivez le quai vers St-Marc, passez le premier pont, après lequel s’élève l’église de
Sainte-Marie de la Piété , église élégante de forme ovale. De celte église, tournez à droite; en sortant, après avoir traversé deux ponts, on trouve le
Grand Hôtel royal. C’est le palais Bcrnardo , d’une bonne architecture du môyen-âge.
troisième journée (en gondole).
Saint-Gf.orges-Majeur ( Palladio ) , temple magnifique on forme de croix latine, avec onze autels. La grande porte, ornée intérieurement de deux colonnes de très-beau marbre grec veiné , placées sur les deux côtes avec beaucoup d’art et d’élégance. Au-dessus de la porte, le monument du doge Léonard Donat , mort en 1612 ; à droite en entrant, monument du général et procurateur Laurent plénier, l’an 1667. Premier autel : le tableau représente la Nativité de J.-C. , par J. Bassano. Maître autel : il est composé de marbres trèslins et de bronzes ; le dessin est de Y^liense, exécuté par Jérôme Campagîia ; les deux anges sur les côtés sont de Boselli. Dans le chœur, les stalles en bois, d’un parfait travail, représentent la vie de St-Benoît , ouvrage d'Albert de Brûle, Flamand. On admire dans cette belle église six belles
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toiles du Tintoret , qui sont : la Cène, la Résurrection , le Martyre de St Etienne, la Manne, le Couronnement delà Vierge, et un Martyre. Couvent attenant : le premier cloître est un magnifique carré d’élégante architecture ionique ; le réfectoire et les vastes celliers sont des ouvrages estimés de A . Palladio . Escalier, ouvrage magnifique par Longhéna.
Sainte-Marje-de-la-Salute. On y compte 125 statues; on y admire la coupole , qui est très élevée. Maître-autel, riche, mais d’un mauvais goût, décoré de statues; un grand candélabre en bronze de 2 mètres 25 cent, de hauteur, ouvrage d' André- Alexandre Bresciano ; six autres candélabres également en bronze ornent la sainte table; ils paraissent être du même artiste. Chœur : plafond orné de trois grands ouvrages qui représentent Élie, la Manne et Abachuc , peints par Joseph Salviali . Sacristie : plafond *■ la Mort d’Abel , le Sacrifice d’Abraham , David vainqueur de Goliath, saint Marc entre quatre saints, les quatre Évangélistes, la Descente du Saint-Esprit, les quatre Docteurs r ouvrages sublimes du Titien , dans son meilleur temps; les Noces de Cana, par Tintoret ; la Naissance, la Présentation et l’Assomption de la Vierge , par T^uca Giordano . Le magnifique couvent attenant à cette église est aujourd’hui occupé par le séminaire patriarcal. On conserve dans l’oratoire les cendres de J . Sansovino , et sou buste sculpté par Vittoria .
Académie des beaux-arts. Très-nombreuse et très-riche collection des meilleurs tableaux des plus célèbres peintres de toutes les écoles, dont le nombre se monte à 275. La collection des modèles de sculpture; tableaux, chefs-d’œuvre du Titien . St François qui reçoit les stigmates, et au bas, d’autres saints, par François Becarucci de Conegliano . A la fenêtre : la Vocation de saint Pierre et de saint André, par Marc Bosaiti ; la Présentation de l’Enfant Jésus au vieux Siméon, ouvrage célèbre de Victor Carpaccio ; la Vierge sur un trône au milieu de quelques saints , par J. Baptiste Cima de Conegliano ; la Résurrection de Lazare, par Léandre Bassano (rapporté de Paris); St Laurent Giustiniani au milieu de quelques saints, chef-d’œuvre d' Antoine
ROUTE 41.— 1>E MILAN A VENISE. Wl
Licinio , surnommé le Pordenone (également rapporté de Paris) ; la Ste Vierge sur un troue avec l’Enfant Jésus et quelques saints qui l’entourent, par Jean Bel lino. — Façade où est l'escalier : le Miracle de St Marc pour délivrer un esclave, ouvrage classique de J. Tintoretlo (rapporté de Paris); les Noces de Cana, c’est le plus beau tableau de Pudovanino ; la Vierge sur un trône avec l’Enfant Jésus, St Joseph et d’autres saints, par Paul Vêronêse (rapporté de Paris); la Visitation de Ste Elisabeth, jolie petite production du Titien ; une Déposition de croix, belle toile commencée par le Titien et Unie par Palma le vieux ; la Présentation de la Vierge au temple et son Assomption : ces deux compositions du Titien montrent tout le génie de ce grand maître ; Saint Jean-Baptiste dans le désert, par le même; la Vierge dans la gloire, adorée par St Côme et St Damien , toile admirable du Tintoret. Les autres productions de ce grand peintre sont : le Christ sortant du tombeau , la Vierge et l’Enfant Jésus , le Meurtre d’Abel, une Assomption, Adam et Ève mangeant la pomme, le Christ en croix, et plusieurs portraits. On remarque aussi dans cette académie une sainte Christine battue de verges, de Véronêse. Bien que resserrés dans notre cadre, nous ne pouvons nous empêcher de citer encore de ce grand maître : Ste Christine dans le lac de Bolsena , les quatre Évangélistes, Ste Christine poussée à l’adoration des idoles; la Foi, la Charité, Ezéchiel et Isaïe, grisailles. Le Pêcheur présentant au doge l’anneau de St Marc, grande composition par Pdris Bordone ; le Riche Épulon au milieu de ses courtisanes, belle peinture de Bonifacio ; le Massacre des Innocents, l’Adoration des Mages, la Femme adultère et le Christ glorieux, par le même; une belle Assomption non terminée, de Palma le vieux ; huit ou dix toiles de Palma le jeune , dont la plus remarquable est le Cheval de la mort; une dernière Cène du Sauveur, le Christ devant Pilate, par Benedetto ; le Christ portant sa croix, par Carletto Cagliari; des Anges portant les instruments de la Passion , par le même ; la Résurrection de Lazare , belle toile de Leandro Bassan ; St Thomas touchant les plaies , par Batlista Cima ; une Vierge glorieuse , du même ; les Noces de f^ana, par le Padovanino ; une Descente du Saint-Esprit,
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par le même ; une Vierge glorieuse et un St Diacre priant , du même; St Laurent Giustiniani, par Antonio Licinio ; Consécration du mont Cassin, par Luca Giurdano; une Descente de croix, par le même ; un Homère, du Caravage ; le Martyre de St Barthélemi, par Calabresse ; une Madone, du Guide; une autre de Pinturicchio ; des Joueurs d’échecs, de Caravage; le Repos en Égypte, de Baroccio ; Jésus parmi les Docteurs, par Giovanni d'Udinc; Daniel dans la fosse aux lions, par Pierre de Cortone ; une Sainte Famille, de Ciro Ferri; un Repos en Égypte, par Poussin; une Madeleine, par Lebrun; un Mariage de Ste Catherine , par Lucas de Leyde ; un portrait , par Van-Dyck , et beaucoup d’autres toiles de moindre importance. Sculpture. La nombreuse collection destinée à l’étude de cet art est composée de modèles en plâtre qui représentent ce qu’il y a de plus remarquable dans les musées de Rome , de Naples, de Florence et de Londres. On y remarque entre autres la collection britannique des marbres d'Elgin , ainsi que celle des marbres tVEgineûu muséum de S. M. le roi de Bavière . Salle des séances de V Académie. Première salle : la bordure de la corniche qui l’entoure est ornée de plusieurs morceaux exquis peints par Titien , lesquels représentent des emblèmes , des têtes , etc. Bronzes : une petite porte de tabernacle avec de petits enfants qui soutiennent la croix , et d’autres ouvrages très-finis, en bas-relief, que l’on attribue à Donatello ; quatre morceaux également en bas-relief qui représentent l’histoire de l’Invention de la Croix, par André Biccio de Padoue. Seconde salle : elle est décorée par la fameuse collection du chevalier Rossi , composée d’un grand nombre de dessins des plus célèbres artistes, parmi lesquels un très-grand nombre de Léonard, de Raphaël, et plusieurs de Michel- Ange. Nouveau salon : on y voit le grand tableau de la Cène de J.-C. dans la maison de LJvi , production célèbre de Paul Véronèse; on y voit aussi le célèbre tableau de Gentile Bellino (récemment restauré) qui représente la place de St-Marc, et une procession dont les personnages portent le costume de ce temps-là ; ouvrage de 1 49G.
Palais Giustiniani Lolin. Le célèbre docteur Aglictti , conseiller impérial et royal du gouvernement, qui habite
c« palais , y a forme une très-précieuse collection de gravures des plus célèbres artistes, aînsi que de quelques bons tableaux, et une bibliothèque choisie.
Palais Foscaiu. Majestueux édilice, tres-estimé, et loué aussi, par Sansovino .
Palais Mocenigo. On y conserve de bons tableaux , parmi lesquels on distingue le modèle du fameux Paradis, peint par J. Tinloretto , qu’on a vu dans la salle de la Bibliothèque royale de St-Marc.
Palais Pisani. On y voit le très- précieux tableau de Paul Véronèse q ni représente la famille de Darius aux pieds d'Alexandre. On conserve dans le palais Barbarigo le groupe de Dédale et Icare , une des premières productions du génie de Canova .
Église de St-Luc. Maître-autel. Le tableau représente St Luc qui écrit l’Évangile, par Paul Véronèse,
Palais Grimam. Chef-d’œuvre de magnificence, de richesse et d’élégance.
Pont de Rialto. II est très - estimé , surtout pour sa solidité. La superficie présente trois passages parallèles, dont celui du centre est orné, de deux files de boutiques.
Douane royale. On y compte 200 chambres. Elle a !?() mètres de circonférence.
Palais Micheli. Trois chambres ornées de magnifiques tapisseries de haute lisse , tissues d’après les dessins de Raphaël .
Palais Manfrin. Galerie très-riche en tableaux de peintres étrangers et italiens, et entre autres de l’école vénitienne (à visiter). II y a dans chaque salon le catalogue des tableaux qu’il contient. C’est là qu’on admire la Descente de croix du Titien , et la Lucrèce de Guida Reni; les trois portraits , par Giovanni , célébrés par lord Ryron ; le .Sacrifice d’Iphigénie, par Leandro Passan-, Moïse frappant le rocher, par Pordenone ; la Fuite en Égypte et un Ecçe Homo, par Augustin Carrache ; Cérès et Bacchus, de Rubens ; un petit Berger, de Murilloi etc.
Palais Calvagna. On y remarque entre autres plus de vingt des meilleures pièces d'André Schiavone , dont deux sont d’une très-grande composition.
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Les Scalzi , temple richement orné de sculptures , de peintures et de dorures. Chapelle : autel magnifique dessiné par Joseph Pozzo. La statue de Ste Thérèse a été sculptée par Baldi. Derrière le maître-autel , la Vierge Marie et l’Enfant Jésus , par Jean Bel lino .
Ste-Lucie (Palladio). On donne de grands éloges à l’architecture élégante de l’intérieur de cette église.
St-André. On y admire St Jérôme dans le désert. C’est le plus beau nu de Paul Vêronèse.
Après avoir parcouru le Grand Canal , on peut, dans l’espace d’une demi-heure, revenir sur ses pas jusqu’à la Douane de Mer mentionnée plus haut, où, en tournant à droite dans le Canal de la Giudecca , on trouve les objets réservés pour la ive journée qui suit.
quatrième journée (en gondole).
Église du Rédempteur , temple magnifique et du meilleur goût , chef-d’œuvre de Palladio .
Sacristie. Tableau précieux qui représente la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus et deux anges, ouvrage très-célèbre de Jean Bellino.
Dans une chapelle du couvent attenant, on conserve encore un des plus célèbres ouvrages de Jean Bellino ; il représente la Vierge Marie et l’Enfant Jésus entre deux saints.
Hôpital des Incurables; bâti sous la direction d'Antoine da Ponte , qui a donné le dessin de la porte principale.
Église. Sa forme est elliptique.
Plafond : la Parabole des Vierges prudentes, ouvrage d’un grand mérite , par Padovanino.
N.-D.-du-Rosaire ( Masari ). Maître-autel. 11 est décoré d’un très-beau et très-riche tabernacle , avec des colonnes précieuses de lapis-lazuli d’une grande dimension.
St-Gervais et St-Protais. Sur le devant du 4e autel sont des bas-reliefs en marbre d’un travail très-fini; ouvrago fort estimé du xve siècle, d’auteur inconnu. Maître-autel riche et majestueux. Le tableau représente les saints titu-
lai res dans une gloire, peint par Grégoire Lazzarint. La chapelle du St-Sacremcnt : autel riche et élégant , orné de belles sculptures dans le style des Lombardi.
St-Sébastikn. 2e chapelle. Sur l’autel : statue de la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus et St Jean-Baptiste , trèsbel ouvrage sculpté , par Thomas Lombardo , élève de Sansovino.
Le mausolée de Livius Podacaiaro , archevêque de Chypre, mort l’an 1555, ouvrage de J . Sansovino .
Grande chapelle . Maître-autel : le tableau représente le premier martyre du saint titulaire , peint par Paul Véronèse l’an 15G0. Sur les parois des côtés , à droite, le second martyre de St Sébastien ; à gauche, les SS. martyrs Marc et Marcellin encouragés par St Sébastien , tous les deux ouvrages d’un grand mérite, de Paul Véronèse , l'an 1 505 ; le Châtiment des serpents , du Tinloret ; un saint Nicolas par le Titien , âgé alors de 8G ans.
St-Nicolas. 3e chapelle. Autel élégant, avec quatre colonnes très-estimées d’un marbre stalactite nommé coccia di Corfu . Six colonnes de très-beau marbre grec, d’un poli très-luisant, placées d’une manière toute particulière, séparent l’église du chœur.
Chapelle à côté de la grande, à gauche de l’observateur. Un autel de marbre trcs-lin, sur lequel une sculpture tient la place du tableau , ouvrage estimé , dans le style des Lombardi.
N.-D.-des-Carmes. Autel *. tableau de la Présentation de l’Enfant Jésus au vieux Siméon, ouvrage précieux de J . Tin loretio , peint à la manière de Schiavone.
Un grand tableau représentant St Libéral qui fait délivrer deux hommes condamnés à mort, ouvrage d’un grand mérite, par A . Varottari> surnommé le Padovanino , l'an 1637.