CL' IDG EN ITALIE
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qui avaient été recueillis du bûcher ( rogus ). Devant ces niches on plaçait souvent de petites inscriptions ( tituli ) contenant le nom des personnes qui y étaient enterrées , leur rang ou profession , et quelquefois des expressions affectueuses. 11 fut découvert en 1830, et on le trouva presque intact. On y descend par l’ancien escalier, au-devant duquel se présente l’inscription en mosaïque de C. N. Pomponius Hvlas et de Pomponia Vitaiine, propriétaires du Columbarium . Revenant sur la voie Appiennc, on trouve
L’aiu: de Drusus. Cet arc a été érigé par le sénat romain on l’honneur de Drusus, père de l’empereur Claude, après sa mort. 11 est en travertin, excepté l’archivolte et les ornements, qui sont en marbre ; mais anciennement il était entièrement revêtu de marbre. Vers le midi on voit encore deux colonnes de marbre africain , d’ordre composite , qui faisaient sa décoration. Vient ensuite la
Porte Appienne ou St-Sébastien. Cette porte est une de celles qui furent substituées à l’ancienne porte Capène, lorsqu’on agrandit l’enceinte de la ville: ayant souffert dans la guerre contre les Goths , elle fut refaite par Bélisaire ou par Narsès.On l’appelleaujourd’hui porte St-Sébastien, àcausede la basilique de ce saint qui est à deux milles de là. Un quart de mille hors de la porte, on passe le petit fleuve Almon, formé par plusieurs sources, dont la plus éloignée est à cinq ou six milles de Rome. En continuant la mémo route, on voit à droite, presque vis-à-vis la petite église de Domine quô vadis , les restes d’un tombeau que l'on croyait celui des Seipions. Après l’église de Domine quô vadis , la route se partage en deux : celle à droite est l’ancienne voie ^ drdéa tine ; l’autre est la continuation de la voie sfppienne.
Basilique de St-Sébastien. Cette église est fort ancienne; elle est bâtie sur le cimetière de St-Calixte. C’est une des sept basiliques de Rome. Par la porte qui est à gauche en entrant, on descend dans le cimetière de St-Calixte , communément appelé les Catacombes , où le terrain est creusé en forme de corridors. Ce sont des excavations d’où l’on tirait anciennement du sable, appelé aujourd’hui pozzoîuna , pour la construction. Les chrétiens les agrandirent, et, dans le temps de leurs persécutions, s’y retiraient pour
noiriE 85. — roue.
suivre les exercices de la religion , et y ensevelissaient leurs morts. Ces catacombes sont les plus vastes qui existent, et forment un immense labyrinthe dont les galeries ont 5 ou 6 mètres de largeur et autant de hauteur, sur 8 kil. environ de longueur. Le luxe de la métropole a pénétré dans ces demeures souterraines, car on y trouve dans plusieurs endroits des fresques et des tombeaux remarquables. Les auteurs ecclésiastiques disent que quatorze papes et à peu près 170* mille chrétiens y ont été enterrés.
Temple de Romulus. Son plan est parfaitement celui d'un temple avec une enceinte sacrée; c'est une tour carrée* obîongue, entourée d’un mur, ayant un portique intérieur à arcs et pilastres tout autour, au milieu de laquelle s’élève le temple , dont il ne reste aujourd'hui que le souterrain. Après le temple on va voir le
Cirque de Romulus. Jusqu’à l'an 1825, ce cirque avait été communément dit de Caracaîla. Le cirque fut consacré, l’année 311 de l’ère chrétienne, à Romulus, fils de Maxencc, qui avait été consul deux fois , et qui, après sa mort, reçut les honneurs de l’apothéose. Ce cirque est le mieux conservé qui nous reste; ainsi on peut le regarder comme un des monuments les plus intéressants qu’il faut voir. Sa forme peut être réduite à un espace oblong de 520 mètres de longueur et 80 mètres de largeur, qui est circonscrit par 2 lignes droites qui ne sont pas parallèles entre elles, réunies ensemble par deux courbes. En retournant sur la voie Appienne, on voit le
Tombeau de Cécilia Métella. Ce tombeau est le plus beau monument sépulcral et le mieux conservé que l'on trouve sur la voie Appienne. Il est de forme circulaire , et a environ 30 mètres de diamètre : il s’élève sur une construction carrée de hauteur inégale. Sur le haut de ce monument, le long de la voie Appienne, est l’inscription suivante en marbre , qui fait connaître que c’est le tombeau de Cécilia Mélella , fille de Quintus Creticus , et femme de Crassus le triumvir :
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METELLÆ CRAbSI.
Basilique de Saint-Paul, On croit que Constantin ie Grand lit bâtir cette église sur les instances du pape saint Sylvestre. On avait beaucoup dépensé dans les derniers temps pour la restauration des toits et pour d’autres réparations , lorsque , dans la nuit du 15 au 16 du mois de juillet 1823, ie feu prit au toit, qui en peu d’heures s’écroula , et , en tombant , la plus grande partie de la basilique, et surtout la grande nef du milieu, la nef de traverse et les portes, furent entièrement détruites par le feu; on la rétablit aujourd’hui. La longueur totale de cet édifice est de 106 mètres; sa largeur â la croix est de Oî) mètres , et sa hauteur de 30 mètres. — 140 colonnes formaient autrefois cinq nefs ; elles étaient de granit égyptien, de marbre blanc, et d’une forme admirable. Attenant à cette basilique, est un beau cloitre, orné tout autour par des arches soutenues par de petites colonnes dont la plus grande partie sont incrustées de mosaïque, ainsi que l’entablement. Ce cloitre a été construit vers l’année üUô. On voit sous ce portique quelques marbres antiques et un grand nombre d’inscriptions enchâssées dans les murs. En retournant à Rome on trouve la
Porte St-Paul. Dans l’agrandissement de l’enceinte de la ville, on substitua à plusieurs portes de l’enceinte ancienne, telles que la Trigemina , la Minucia, la IVavalis et la Zavernalis, celle dont nous parlons, qui s’appela alors Osliensis , parce qu’elle est placée sur la route d’Ostie : elle ne tarda pas à prendre la dénomination de St-Paul, à cause de la basilique de ce nom. Encaissée dans les murs de la ville, à gauche en entrant, est la
Pyramide de Caius Cestius. Ce magnifique monument sépulcral est fait en forme de pyramide quadrangulaire, à l'imitation de celles d’Égypte ; il fut bâti en 330 jours , ainsi que l’indique l’inscription qu’on y Ut , à l’honneur de Caius Cestius, et d’après son testament. Cette grande masse est revêtue de plaques de marbre blanc de 33 centimètres d’épaisseur : la hauteur de cette pyramide est de 37 mètres , et chacune de ses façades a 23 mètres de largeur par le bas; elle est placée sur une assise de travertin ; le massif a 8 inèt. 33 centimètres d’épaisseur en tous sens. En avançant, on trouve ù gauche le
Mont Testaccio. Ce mont est ainsi nommé parce qu’il est formé de fragments de vases de terre cuite , appelés testa en latin : son origine est inconnue, et il n’y a pas d’autorité ancienne qui en fasse mention. 11 a 53 mètres de hauteur et 150 de circonférence.
Mont Aventin. Cette colline peut être assimilée à un pentagone de 260 mètres de circonférence, sans calculer les petites irrégularités : ainsi il faut reconnaître comme exacte la mesure de 18 stades ou 3,750 mètres qu’en donne Denis d’Halicarnasse. On monte aujourd’hui sur cette colline par cinq différents chemins qui suivent la direction des anciennes rues, auxquelles se réunissent tous les autres sentiers anciens qu’on peut encore tracer. Le premier chemin est visà-vis la porte Testaccio , et il est dans la direction de la porte Navale ancienne ; le second conduit à Ste-Prisque ; le troisième, qui est près des carceres du grand cirque, correspond à l'ancien Clivius Pablicius , auquel correspond aussi le quatrième, qui commence à la petite église Sle-Anne . Le cinquième, qui aboutissait à la porte Minucia ancienne, commence au quai de Marmorata ; il est aujourd’hui enclos , et mène directement à
L’églïse de Ste-Marie-Aventine. Cette église a aussi le surnom du Prieuré, parce qu’elle appartient à la prieurie de Malte à Rome. Elle est dans une situation fort belle, puisque de la place au-devant on a une vue magnifique de Rome et des environs. A gauche du jardin du Prieuré est L’église de St-Alexis. Dans les environs était Amilustrum , où d’après Plutarque fut enterré rTatius,e t dont le nom dérivait de l’exercice aux armes que les soldats y prenaient, et des jeux qu’ils y célébraient dans les jours établis. Au delà de cette église est celle qu’on appelle L’église de Ste-Sabine. Cette église fut bâtie dans la maison paternelle de cette sainte, près du temple de Junon Regina, érigé par Camille après la prise de Veïes. Dans la chapelle qui est au fond delà petite nef, à droite en entrant, est un beau tableau de Sassoferrato , représentant la Vierge du Rosaire , saint Dominique et sainte Catherine de Sienne . En descendant par la rue à droite et tournant à gauche, on parvient à
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L’église de Ste-Prisque. On y voit vingt-quatre colonnes antiques, des fresques d ’Anastase Fontebuoni , et un tableau sur le maître-autel de Passtgnani. Vis-à-vis de cette église, dans la vigne jadis Scultéis, était le fameux temple de Diane , bâti par Servius Tullius comme centre de la confédération latine. A côté de ce temple était celui de la Minerve, surnommée Aventincnsis à cause du mont sur lequel elle était. Dans la vigne à gauche de cette église sont les restes de l’aqueduc et du château de l’eau Claudicnne, construits par Trajan lorsqu’il porta une partie de cette eau sur le mont Aventin. En revenant au Clivius Publi dus , on descend par ce chemin à
L’église de Sainte-Marie in Cosmedin. Cette église a été bâtie sur les restes d’un ancien temple : quelques-uns ont cru que c’était celui de la Pudicité patricienne , et d’autres celui de la Fortune ou de Matuta . On voit sur la place qui est devant cette église une belle fontaine et le
Temple de Vesta. La magnificence de ce joli édifice se reconnaît à sa construction : le mur ancien de la cella circulaire est tout en marbre blanc ; ses blocs sont très-bien joints. Les dix-neuf colonnes corinthiennes de marbre blanc cannelées que l’on voit à l’extérieur s’élèvent sur plusieurs marches, et forment un portique circulaire de 52 mètres de circonférence. Près de cet édifice est le
Temple de la Fortune virile. C’est un carré oblong, construit avec une grande économie de matériaux, puisqu’il est entièrement en pierres du pays : il a quatre colonnes de front ; aujourd’hui les entre-colonnements sont fermés depuis que le temple a été changé en église. Vis-àvis est la
Maison dite de Nicolas de Rienzi. Ce bâtiment offre un amas capricieux de fragments antiques de toutes les époques, et un exemple de l’architecture romaine pendant le onzième siècle, puisqu’il a appartenu à Nicolas, fils de Cresccntius, d’une famille bien puissante à Rome dans cette époque. L’inscription originaire qui est sur la porte, aujourd’hui fermée, écrite en vers à demi rimés, nous indique que Nicolas, 111s de Crescentius et de Théodora, donna cette
maison à David, son (ils. Près de cette maison, on voit sur le Tibre les restes du pont Palatin ( Ponte-liotto ).
Septième «fournée.
Du pont Fabricius ait pont yElius.
Pour suivre l’ordre progressif de notre marche, nous passerons au Trastevere , c’est-à-dire de l’autre côté du Tibre, où l’on trouve des objets propres à intéresser la curiosité des étrangers.
Pont Fabricius. Suivant les anciennes inscriptions qui sont sur les arches de ce pont, et l’histoire de Dion, il fut construit Tan 690 de Rome, par Fabricius Curator Viarum . De ce ponton passe dans
I/jle du Tibre. Après l’expulsion de Tarquin le Superbe, le sénat romain accorda tous les biens de ce roi au peuple, qui , pour exhaler son indignation contre ce tyran, jeta dans le Tibre les javelles de blé moissonnées dans son champ qui était le long du fleuve, lequel fut nommé depuis le Champ de Mars . La quantité de ces javelles était si grande, que, la force de Peau ne pouvant pas les entraîner, elles s’entassèrent et formèrent une petite île , qui fut ensuite fortifiée par un rempart de pierre, et elle fut dès lors habitée, ainsi qu’elle l’est encore. De celte île on passe au Trastevere par le
Pont Gratien. Les deux inscriptions semblables que l’on voit sur les parapets, ainsi que celle qu’on lit sur les bandes extérieures du pont, sa construction, et le témoignage de Symmachus , préfet de la ville, montrent qu’il a été construit vers l’an 367 de l’ère chrétienne, par les empereurs Valentinien , Valens et Gratien. A quelque distance de ce pont, on trouve le côté opposé du pont Palatin, ou Ponte-llolto. On trouve à une petite distance du Ponte - Rotto
L’église de Sainte-Cécile. Dans la cour on remarque à droite un grand vase en marbre , de ceux qu’on appelait ranthari , qui décoraient le milieu de la cour devant les temples chrétiens , et servaient de fontaines pour l’ablution
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«les fidèles. La rue qui est vis-à-vis cette église conduit au Pour de Ripa-Guànde. Innocent XII, vers l’an 1692, fit construire ce port, où abordent les bâtiments qui viennent de la mer. Il y fit aussi bâtir la Douane , décorée d’un beau portique, sur les dessins de Matthias Rossi. De ce port on jouit d’une vue pittoresque de l’Ave ntin.
Hospice de Saint-Michel. Ce grand édifice fut commencé sous Innocent XII, en 1686 , sur les dessins de Matthias Rossi , et augmenté par Clément XI et par Pie VI. En allant par la rue qui est entre cet hospice et la douane, on trouve à gauche la
Porte Portèse. Cette porte fut substituée à l’ancienne, appelée Portuensis , parce qu'on sortait de là pour aller au port de Rome. En prenant la rue de la ville, on trouve L’église de St-François. Dans la chapelle de la croisée, à droite du maître-autel, est un beau tableau représentant la Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne, ouvrage du Baciccio , et une statue de la B. Louise A 1 ber ton i, du Bernin. Dans la grande rue vis-à-vis, on trouve à droite Y église des Quarante-Saints, et plus avant est L’église de Sainte-Marie in Trastevere. L’intérieur de cette église est magnifique , et présente trois nefs divisées par vingt-une grosses colonnes de granit, outre quatre autres qui soutiennent une grande architrave. Au milieu du plafond, qui est riche eu sculptures et eu dorures, ou voit une Assomption, ouvrage très-beau du Dominiquin. En prenant la rue qui est presque vis-à-vis cette église, on trouve, après Y hôpital de Saint-Gallican, Y église de Sa int-Chr isogone. En revenant sur ses pas et prenant la rue qui est visà-vis la porte latérale de Sainte-Marie in Trastevere , on trouve à gauche l’église de Sainte-Marie délia Scala . La rue à gauche conduit sur le Janicule, aujourd’hui Montorio. On visitera St-Pierre in Montorio, où sont des peintures, première chapelle à droite, de Sébastien del Piombo , sur les dessins de Michel-Ange. En continuant à monter, on trouve la
Fontaine Pauline. Cette fontaine est la plus grande et la plus abondante qui soit à Rome. Paul V la fit faire en 1612, sur les dessins de Jeun Fontana et d * F tienne Maderne,
ROUTE 85. — 110SÏE.
im
avec des matériaux tirés du Forum de Nerva. Elle est ornée de six colonnes ioniques de granit rouge, sur lesquelles est un attique, avec une inscription au milieu, et au-dessus les armes du pontife. On parvient ensuite à la
Porte Saint-Pancrace. Cette porte s’appelait anciennement Janiculemis , du nom du Janicule, où elle est placée; cependant, dès le temps de Procope, elle avait pris le nom actuel de l’église de Saint-Pancrace, qui est ù un demi-mille au dehors.
Eglise de Saint-Pancrace. Cette église est sur la route à gauche de l’entrée principale de la vigne Corsini, et qu’on croit dans la direction de l’ancienne voie Vitellienne, construite par les ancêtres de l’empereur Yitellius et mentionnée par Suétone. I)e cette église on peut descendre dans les catacombes, ou cimetière de Calepodius, un des plus célèbres dans l'histoire ecclésiastique et dans les actes des martyrs. Détournant vers Rome, et prenant l’autre chemin de l’autre côté de la grille de la vigne Corsini , on côtoie pendant quelque temps l’aqueduc de l’eau Trajane-Pauline à gauche, et on laisse à droite un chemin qui mène à la porte Cavalleggieri et au Vatican. On passe ensuite devant la villa Tor- Innia Marescoti , et on descend dans un endroit où l’aqueduc de Paul V traverse le grand chemin ù environ un mille de la porte Saint-Pancrace. Après cet arc, on trouve à gauche la porte principale de la
Villa Pamphili-Doria. Cette villa , qui est la plus vaste et la plus agréable des environs de Rome, fut construite par le prince Pamphili , sous Innocent X, d’après les dessins de Jean-Baptiste Falda et Alexandre Algardi , qui parti- , culièrement bâtit le palais. La casslne de cette villa est magnifique ; elle est ornée de statues , de bustes et de bas-reliefs antiques : on y distingue les statues de Marsyas , d’Euterpe et d’un Hermaphrodite, d’un jeune Hercule, et le buste de. madame Olympie, nièce d’innocent X, sculpté par YAlgarde.
De la terrasse de cette cassine on jouit du plus beau coup d’œil sur les environs jusqu’à la mer. En retournant dans la ville par la porte Saint-Pancrace, et descendant au pied du mont Janicule, on trouve à gauche la porte Septimicnne , qu’on croit tirer son nom de Septi me Sévère, et qui fut re-
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Mtie par Alexandre VI. C’est à cette porte que commence la belle et longue rue appelée la Lunyara, où l’on trouve, à gauche, le
Palais Corsini. Ce palais, chef-d’œuvre de Fuga, renferme des trésors d’art et de littérature. Parmi les tableaux nous citerons un sublime Ecce Homo , du Guerchin ; Luther et sa femme, par Holbein; le Lever du Soleil, par Berghem ; la Présentation au temple, de Paul Veronèse ; Vénus à sa toilette, de YAlbane; Jules II, par Raphaël ; Philippe II, du Titien ; un lapin, par Alber Durer ; la Vie du Soldat, par Callot ; une Annonciation, par Michel- Ange ; l’Hérodiade, du Guide ; le Sauveur, par C. Dolci ; trois portraits de van Dych ; Innocent X, par Velasquez ; une Vierge de Murillo ; Prométhée , par Salvalor Rosa ; cent chefs-d’œuvre en un mot; estampes rarissimes ; belle bibliothèque. Presque vis-àvis le palais Corsini est la
Farnèsine . Ce qui rend principalement cette cassïne intéressante, c’est la fable de l'Amour et de Psyché que l’on voit peinte à fresque sur la voûte du premier salon, laquelle a été exécutée sur les dessins de l’immortel Raphaël , par ses meilleurs élèves; de même que la Galathée, qui est de la main de ce grand maître. Ces peintures ayant beaucoup souffert, Charles Maratta les restaura avec le plus grand soin. La belle tète colossale dessinée au charbon, que l’on voit dans un coin de la chambre, dite de Galathée, a été faite par Buonarotti , non pas, suivant l’opinion trop répandue, pour reprendre Raphaël de la petitesse de ses figures , mais pour ne pas demeurer oisif dans le temps où il attendait Daniel , son élève , dont il avait été voir les ouvrages.
ÉGLISE DE Saint-Onuphre. On voit sous le portique à côté de cette église trois lunettes où sont représentés quelques traits de la vie de saint Jérôme , peints par le Dominiquin . La Vierge avec l’Enfant Jésus , sur la porte extérieure de l’église, est aussi de ce grand maître. On conserve dans cette église les cendres du célèbre poôte italien Tor quato Tasso . Le tombeau du Tasse est à gauche de la porte en entrant : il mourut en 1595 , dans le couvent attenant à cette église. Dans le couvent , on remarque une Vierge peinte à fresque par le célèbre Léonard de Vinci . Au bout
de la rue de la Lnngara , on trouve la porte Saint-Esprit, Revenant sur ses pas par la même rue de la Lungara, et passant par la porte Septimiennc , on arrive , par la rue à gauche, au pont Sixte.
Fontaine du Pont-Sixte. Cette belle fontaine, fournie par l’eau Pauline , et placée en face de la rue Julie, a été construite sous Paul V, sur les dessins de Jean Fontana, En allant par la rue qui est en face du pont Sixte, on trouve
L’église de la Trinité des Pèlerins. Le seul tableau de cette église qui mérite d'ètre remarqué est celui du maître-autel , représentant la Trinité , que Ton regarde comine un des plus beaux ouvrages de Guide Iteni. Vis-àvis cette église est le Mont-de-Piétè , établissement dont l’origine remonte jusqu’à l’an 1589. En avançant par la rue à droite, on trouve la place et
L’église de Saint-Oharles-aux-Catinari. L’intérieur de cette église est d’ordre corinthien, orné de belles peintures. Les quatre Vertus cardinales , peintes dans les pendentifs du dôme, sont des ouvrages célèbres du Dominiquin, Le tableau placé sur l’autel de la croisée, représentant la Mort de sainte Anne , est un chef-d’œuvre d'André Sacchi, qui pei- * gnit aussi le saint Romuald qui est dans la galerie du Vatican. En retournant en arrière et prenant la rue des Guibbonariy on trouve la place de Campo di Fiori. Peu loin de cette place , est le
Palais de la Chancellerie. Ce beau et magnillque palais, destiné pour la résidence du cardinal vice-chancelier de la sainte Église , a été commencé par le cardinal Mezzarotta , et achevé par le cardinal Riario, neveu de Sixte IV.
Palais Farnèse. Ce palais est sans doute le plus beau et le plus majestueux de Rome, tant par sa magnificence que par sa belle architecture. Paul 111, étant encore cardinal , le lit commencer sur les dessins d 'Antoine Sangallo : le cardinal Alexandre Farnèse, neveu de ce pape, l’acheva sous la direction de Michel-Ange Buonarotti , et y lit faire ensuite , par Jacques de la Porte , la façade du côté de la rue Julie. En montant au premier étage par le grand escalier, on trouve de vastes appartements où est une galerie de 21 mètres de longueur et. G de largeur, peinte à fresque par Annibal Carrache : c’est le plus bel ouvrage de ce célèbre
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maître ; celui qui veut connaître ce grand maître doit venir l’étudier au palais Favnèsc.
Palais Spada. Le cardinal Jérôme Capo dit Ferro fit bâtir ce palais sous Paul 111 , d’après les dessins de Jules Maz zoni , élève de Daniel de Volterre . Parmi les peintures, on remarque une Lucrèce, Judith , par le Guide ; un portrait par le Titien ; Paul III, par le meme; le cardinal Spada, par le Guide ; deux petits Amours , du Corrège ; la statue antique d’Aristide.
Saint-Jean-l’Évangéliste et St Pétronne des Bolonais. Sur le maître-autel on voit un fameux tableau du Dominiquin , représentant la Yierge avec ces deux saints. A côté de cette église est le
Palais Falconieri. Ce palais a été rebâti dans le xviii* siècle par le Borromini. Outre le prince Falconieri , qui en est le propriétaire , il était naguère occupé par le cardinal Fesch , qui , en qualité d’amateur et de connaisseur eri peinture , y avait rassemblé une grande collection de tableaux , distribués dans trois appartements de 24 chambres chacun. Il serait trop long de citer tout ce que la collection du cardinal renfermait de merveilleux, surtout en tableaux de l’école flamande et hollandaise; signalons surtout plusieurs Peter Nef de toute beauté, les Gérard delle Noie! un Morgen Stem ; un essai de Raphaël , précieux tableau , qu’il fit à 15 ans, etc. Mais cette riche collection est dispersée depuis la mort du prélat.
Eglise St Jean des Florentins. Sur l’autel de la croisée est un beau tableau de Saivator Rosa , représentant les saints Côme et Damien sur le bûcher. Le maître-autel a été décoré de marbres sur les dessins de Pierre de Cortone , aux dépens de la maison Falconieri. Le groupe que l’on voit sur l’autel, représentant le Baptême de Jésus-Christ, est d * Antoine Raggi ; celui des deux statues latérales , qui représentent la Charité, est du Guide. Des deux tombeaux qui sont sur les murs latéraux de cet autel , celui de monseigneur Corsini est l’ouvrage de YÆgarde ; l’autre, qui est d’Acciajoli , a été fait par Hercule Ferrato .
Pont Vatican. On ne connaît pas l’origine de ce pont, dont le nom dérivait du mont où il conduisait.
Sluitième «fournée.
Du pont Ælius au mont Marins .
il ne nous reste plus que le quartier du Vatican pour achever le tour des curiosités de Rome. L’origine plus probable du nom du Vatican , qu’on a donné au mont qui se détache de la chaîne du Janicule, est tirée des vaticinia , c’est-à-dire des prédictions, à cause des oracles qu’on y rendait dès l’époque ou il était au pouvoir des Etrusques-Veïens, à qui il fut ôté par Romulus.
Pont Ælius, aujourd’hui St-Angk. L’empereur P. Ælius Adrien construisit ce pont principalement pour passer à son magnifique mausolée, et aux jardins de Domitia, fréquentés par lui. Clément VII érigea à l'entrée du pont les statues de saint Pierre et de saint Paul, dont la première fut sculptée par Lorenzetto, l’autre par Paul Romain . Clément IX, dans le xvue siècle, sous la direction du Bcrnin , le réduisit dans l’état actuel en faisant faire la balustrade de travertin avec des grilles de fer, et en plaçant de nouveau des statues sur les contre-forts. Elles sont au nombre de huit, et représentent des Anges qui portent des instruments de la passion de Jésus-Christ; celui qui porte le titre de la croix a été sculpté par 1 eBernin lui-mème. Vis-à-vis ce pontse présente le
Mausolée d’Adrien. Afin de rivaliser avec le mausolée d’Auguste, et pour faire conserver ses cendres, l’empereur Adrien construisit celui-ci , imitant probablement quelqu’un des plus magnifiques qu’il avait vus dans ses voyages. Il prit le nom de fort ou château Saint-Ange , à cause de la statue de marbre de l’archange Saint Michel, que l’on plaça d’abord au sommet, et que Benoît XIV fit faire en bronze, sur le modèle de Pierre TV anchfeld , Flamand. Le salon de ce fort a été peint à fresque par Perrin del Vaga , élève de Raphaël. Cet édifice communique au palais du Vatican par un pont couvert soutenu par des arcades, dont la longueur
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est de 1,000 mètres environ. La rue qui est presque vis-àvis le fort conduit à
L’hôpital du Saint-Esprit. Cet hôpital est le plus grand de Rome : les pauvres malades y sont reçus , sans aucune exception , ainsi que les enfants trouvés et les fous. En allant par la rue vis-à-vis l’hôpital du Saint-Esprit dans la rue dite du Bourg-Neuf, on va du fort Saint-Ange à la basilique de Saint-Pierre.
Eglise de Sainte-Marie in Transpontine. Elle fut rebâtie en 1563, sur les dessins de Paparelli et de Mascherino , à l’exception de la façade, qui est de Salluste Perruzzi . En suivant la môme vue) on trouve une place décorée d’une fontaine et du beau palais Giraud , bâti sur les dessins du fameux Bramante , et qui appartient aujourd’hui à la maison Torlonia , qui y a rassemblé un grand nombre de monuments anciens.
Place de Saint-Pierre au Vatican. Cette place, qui est de forme ovale , présente à l’œil le spectacle d’un vaste et bel amphithéâtre. Au milieu s’élève un superbe obélisque égyptien, entre deux fontaines magnifiques. Le plus petit diamètre de cette place est d’environ 200 mètres; le plus grand diamètre est de 250 mètres. Le portique, qui forme deux ailes en demi-cercle de 284 grosses colonnes doriques en travertin , et de 64 pilastres formant trois galeries pareillement en demi-cercle, est surmonté de 1 76 statues de saints, de papes, de plus de 3 mètres de hauteur.
Obélisque du Vatican. Quoique cet obélisque , qui est de granit d’Egypte, ne soit pas le plus grand de Rome, et qu’il n’ait pas d’hiéroglyphes , il a cependant le mérite d’être le seul qui, n’ayant pas été renversé, s’est conservé dans toute son intégrité. La hauteur de cet obélisque est de 25 mètres, et sa plus grande largeur d’environ 3 mètres : en le mesurant de terre jusqu’au bout de la croix, on le trouve de 42 mètres. Sur le côté qui regarde la façade du temple, et sur l’autre opposé , on lit la dédicace qui en fut faite par Caligula à Auguste et à Tibère. Sur les côtés de l’obélisque sont deux fontaines magnifiques et uniformes, faite? sur les dessins de Charles Maderne : elles jettent à la hauteur d’environ 3 mètres une grande quantité d’eau qui
vient de l’aqueduc de l'eau Trajanc ou Pauline, et tombe dans un bassin rond d’une seule pièce, de granit oriental, de la circonférence de 16 mètres 50 centimètres : l’eau retourne ensuite dans un autre bassin octogone de travertin , qui a une circonférence de 30 mètres. La place carrée irrégulière qui est devant la basilique est bordée de deux ailes ou grandes galeries couvertes, chacune de 120 mètres de long sur 8 de large , en commençant à la colonnade et finissant au vestibule du portique de l’église. Ces deux ailes sont ornées à l’extérieur par 22 pilastres , placés entre les fenêtres, qui supportent chacun une statue. Au milieu de cette place s’élève un magnifique escalier de marbre divisé en trois rampes.
Basilique de St-Pierre. Ce fut le Bramante qui imagina de faire une grande coupole au milieu de l’église; on y éleva aussitôt les quatre énormes piliers pour la soutenir. Buona rotli voulait y faire une façade dans le style de celle du Panthéon; mais la mort le prévint, et cette sublime idée resta sans exécution. On mit à sa place, sous le pontificat de Pie V , les architectes Jacques Barozzi de Vignolfi et Pyrrhus Ligorio , en leur imposant l’obligation de se conformer en tout aux dessins de Buonarotti. Vignole fit les deux belles coupoles latérales; mais ce ne fut que Jacques de la Porte , leur successeur , choisi par Grégoire XIII , qui acheva l’immense coupole. Enfin , Paul V fit achever ce temple par Charles Maderne , qui le réduisit de nouveau en croix latine , abandonnant le plan de Buonarotti pour suivre l’ancien dessin du Bramante ;ce fut aussi cet architecte qui lit les dessins de la façade et ceux du portique. Suivant le compte qu’en fit Charles Fontana , en l’an 1693 , la dépense montait à peu près à 251 millions 450,000 francs; il est facile de comprendre quelles sommes on y aura encore dépensées pour les dorures, pour copier presque toutes les peintures en mosaïque, et enfin pour la nouvelle sacristie, qui a coûté environ 6 millions de francs.
Façade . Cette grande façade , qui est toute de travertin , a été faite sur les dessins de Charles Maderne . Elle est composée de huit colonnes, de quatre pilastres corinthiens , de cinq portes , de sept balcons , de six niches , d’un entable-
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ment avec son frontispice , et d'un attique terminé par une balustrade où sont treize statues colossales d’environ 6 mètres de hauteur , représentant Jésus-Christ et les douze apôtres , et où l’on a ajouté sur le côté , sous Pie VI , deux horloges dont les ornements ont été faits sur les dessins du chevalier Joseph Valadier . On entre, par les cinq portes de la façade du temple , dans un magnifique et superbe portique qui a près de 16 mètres de largeur et environ 150 mètres de longueur , y compris les vestibules qui sont à ses extrémités, où l’on voit les statues équestres de Constantin le Grand et de Charlemagne : la première est du Bernin , et l’autre de Cornacchini.
Intérieur de la basilique . La basilique a 2^0 mètres de long à l’extérieur, et, depuis l’entrée jusqu'à la tribune, ou à la chaire de Saint-Pierre , 192 mètres; et large, dans la croisée, de 142 mètres. La nef du milieu a 60 mètres 50 cent, de largeur et 47 mètres de hauteur , y compris la voûte ; chacune des deux petites nefs latérales est de 18 mètres 50 cent, de largeur. Cette basilique est à croix latine et à trois nefs : celle du milieu est divisée par de gros pilastres qui soutiennent quatre grands arcs de chaque côté. Les deux magnifiques bénitiers placés au-devant des deux premiers entre-pilastres , l’un vis-à-vis de l’autre , sont de marbre jaune, faits en forme de coquille : chacun d’eux est soutenu par deux enfants en marbre blanc hauts de 2 mètres , et sculptés par Joseph Liront et François Liber ati.
Confession de Saint-Pierre . On appelle Confession de Saint-Pierre le tombeau où l’on conserve le corps de ce saint apôtre. C’est le pape Paul V qui fit décorer cette Confession, sur les dessins de Charles Maderne; elle est environnée d’une belle balustrade circulaire de marbre , où l’on voit 142 lampes toujours allumées, qui sont supportées par des plaques de bronze doré. On descend par un double escalier dans le vide intérieur, qui est orné de marbres précieux , de festons et d’anges de bronze doré. Dans l’année 1 822 , on y plaça la grande statue en marbre, ouvrage de Canova , représentant le pontife Pie VI qui prie à genoux devant l’autel de la Confession : dans cct endroit on a déposé son corps.
Maître-autel . Au-dessus de la Confession, sous un baldaquin majestueux et la grande coupole, s’élève sur sept gradins le maître-autel, qui est isolé et tourné, suivant l’ancien usage, vers l’orient. Le magnifique baldaquin qui décore cet autel est dû à Urbain VIII, qui le fit faire en 1633, sur les dessins du Bernin : il est tout en bronze doré, et soutenu par quatre colonnes torses, d’ordre composite, de la hauteur de 11 mètres 33 cent., et du même métal; sur ces colonnes est un entablement aux angles duquel sont quatre anges debout, et d’où s’élèvent quatre consoles renversées qui , se réunissant dans le milieu , supportent un globe sur lequel est placée une croix. La hauteur totale de ce superbe baldaquin est de 60 mètres ; le bronze employé à sa construction pèse 93,t96 kil., et la dorure a coûté 210,000 fr. En levant les yeux, on admire la
Grande Coupole. Ce dôme est certainement la partie la plus étonnante de la basilique. Cette coupole a environ 46 mètres de diamètre. Depuis le pavé de l’église jusqu’à la lanterne , elle a 150 mètres d’élévation. Sur les quatre piliers et les grands arcs qui soutiennent la coupole , est un magnifique entablement sur la frise duquel sont écrits en mosaïque les mots suivants de Jésus-Christ : Tu es Petrus, et super hanc pelram œdificabo Ecclesiam meam ; et tibi dabo claves ref/ni cœlorum.
Tribune et Chaire de Si- Pierre. Dans la partie supérieure de la grande nef , qui se termine en rond comme les deux ailes de la croisée, on voit la magnifique tribune de la basilique, qui a été décorée sur les dessins de Michel- Ange ; on monte par deux degrés de porphyre au haut de la tribune, où est un autel majestueux, construit de marbre précieux, qui est 55 mètres plus loin que celui de la Confession. Audessus de cet autel on admire le beau monument de bronze doré appelé la Chaire de St-Pierre , parce que dans celle de bronze que l'on voit soutenue par quatre figures gigantesques est renfermée la chaire en bois dont saint Pierre et ses successeurs se servirent longtemps dans leurs fonctions ecclésiastiques. C’est Alexandre VU qui fit faire ce grand ouvrage par le Bernin . Les quatre figures qui soutiennent
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la chaire représentent les Docteurs de l’Eglise catholique. Sur les côtés de la tribune sont deux superbes tombeaux : celui à droite est de Paul 111 Farnèse, mort en 1549, ouvrage fait par Guillaume de la Porte sous la direction de Michel-Ange : la statue du pape est en bronze ; les deux autres, qui représentent la Justice et la Prudence, sont de marbre. La Justice était auparavant presque nue; c’est pour cela qu’il fut ordonné au Bernin d'en draper une partie eu bronze, ainsi qu’on le voit aujourd’hui. L'autre tombeau vis-à-vis est celui d’Urbain VIII Barberini, mort en 1644 : la ligure de ce pape est eri bronze; les statues de la Justice et de la Charité sont de marbre : c’est un ouvrage du Bernin.
Partie méridionale de la basilique . En allant à droite de la tribune , le premier autel que l’on trouve est décoré de deux grosses colonnes de granit noir d’Égypte, au milieu desquelles est un tableau en mosaïque représentant saint Pierre qui guérit l’estropié , tiré de l’original de François Mancini. Vis-à-vis de cet autel est le tombeau d’ Alexandre mi, de la maison Ottoboni, mort en 1691 , sculpté par Ange Bossi9 d’après les dessins du comte Henri de Saint-Martin. Vient ensuite Yautel de St-Léun le Grand , sur lequel on voit, entre deux colonnes de granit rouge, un grand bas-relief de YAlgarde , représentant le pape saint Léon qui détourne Attila de s’approcher de Rome. L’autel suivant est orné de quatre colonnes, dont deux de granit noir et deux d’albàtre. En avançant vers la croisée , on voit adroite, sur la porte latérale de l’église , le tombeau d'Alexandre VH Chigi , mort en 1667 ; c’est le dernier ouvrage du Bernin.
Croisée méridionale. En entrant dans cette croisée l’œil se fixe sur le tombeau de Pie , ouvrage de Thorwaldsen , qui a représenté le pontife assis entre les statues de la Force et de la Sagesse aux deux côtés. Au fond de ce bras de la croisée sont trois autels ornés de belles colonnes, dont quatre sont de granit noir et deux de jaune antique, cannelées.
Chapelle Clémentine. Celte chapelle porte le nom de Clc-
ment VIII , qui la fit construire tout à fait semblable à la chapelle Grégorienne, située vis-à-vis. La mosaïque de l'autel est tirée du tableau d 'André Sacchi.
Bas-côté méridional. Sur la façade du pilier de la grande coupole, qui est au fond de ce bas-côté, on trouve un autel sur lequel est une mosaïque tirée du célèbre tableau de Raphaël qui représente la Transfiguration de Jésus-Christ sur le mont Thabor. Sous l'arcade qui est vis-à-vis cet autel sont deux tombeaux : à droite est celui de Léon XI, de la maison de Médicis , qui fut pape pendant 27 jours. Cet ouvrage est de X Algarde.
Chapelle du chœur . Cette magnifique chapelle est fermée par une grille de fer ornée de bronze doré ; elle est décorée d'ornements et de bas-reliefs en stuc doré, faits sur les dessins de Jacques de la Porte : la mosaïque de l’autel, représentant la Conception , a été tirée de l’original de Pierre Bianchit qui est à Ste-Marie-des-Anges à Tcrmini. En sortant de cette chapelle, on voit, sous l’arcade à gauche, le tombeau d' Innocent VIII , de la maison Cibo , mort en 1492 ; il est tout en bronze, et a été fait par Antoine Pollajuolo.
Chapelle de la Présentation . On voit à droite , sous l’arcade , le tombeau de Marie - Clémentine Sobieski Stuart , reine d’Angleterre, morte à Rome cil 1755. Ce beau monument a été élevé aux dépens de la fabrique de St-Pierre : il a coûté 96 mille francs , et a été fait par Pierre Bracci , dessins de Philippe Barigioni. Vis-à-vis ce tombeau est celui de Jacques III , roi d’Angleterre, et de ses deux fils, dont on voit les portraits, ouvrage de Canova. Vient après la
Chapelle des Fonts baptismaux. Les fonts baptismaux sont formés par une superbe urne de porphyre de 4 mèt. de longueur et 2 de largeur , qui servait de couvercle au sarcophage de l’empereur Othon 11, mort à Rome en 974. Cette urne est couverte d’une espèce de pyramide en bronze doré, ornée d’arabesques , avec quatre petits anges de bronze. Vis-à-vis cette chapelle on voit, dans le côté septentrional de la basilique , la
Chapelle de la Pieté. Cette chapelle, qui est vis-à vis
f.l'IDE EN ITALIE.
celle des fonts baptismaux, est appelée de la Piété parce qu’on y voit sur l’autel un groupe de marbre représentant la Vierge avec son fils mort, qu’elle tient sur ses genoux: ce bel ouvrage est le premier fruit du talent de Michel - Ange , qui le fit à l’àge de 24 ans.
Chapelle de Saint-Sébastien . En allant à la troisième chapelle , on voit sous l’arcade deux tombeaux : à droite est celui du pape Innocent XII , de la maison Pignatelü, mort en 1700; ce pontife est représenté assis, ayant à ses côtés la Justice et la Charité : cet ouvrage est de Philippe Valle . L’autre tombeau est celui de la comtesse Mathilde , morte en 11 16; Urbain VIII l’érigea, et y fit transporter son corps du monastère de Saint-Benoît, près de Mantoue, où elle avait été enterrée. Le Bernin fit le dessin de ce mausolée et sculpta le portrait de la mémo comtesse.
Chapelle du Sacrement . Cette magnifique chapelle est fermée par une grille de fer ornée de bronze doré , faisant le pendant de celle de la chapelle du chœur, qui est vis-à-vis. On voit sur l’autel un riche tabernacle , fait d’après les dessins du Bernin . Le tableau de l’autel , qui représente la Trinité , a été peint à fresque par Pierre de Cortone . On trouve dans cette chapelle un autre autel où , au milieu de deux colonnes de l’ancienne Confession de St-Pierre, est un tableau représentant saint Maurice , peint par Bernin. Devant cet autel est le tombeau de Sixte IV, mort en 1484; il est en bronze, orné de bas-reliefs, ouvrage à' Antoine Pallajuolo : à côté de Sixte IV est enterré Jules II. Sous l’arcade suivante sont deux tombeaux : Camille Rusconi a fait celui de droite , qui appartient à Grégoire XIII , de la maison Buoncompagni , mort en t G85. L’autre tombeau est celui de Grégoire XIV , de la maisou Sfrondati, mort en 1591. Au bout de ce bas-côté, on voit, sur la façade du pilier de la grande coupole, un autel sur lequel est placée une belle mosaïque, faite d’après le célèbre tableau du Dominiquin , représentant la Communion de saint Jérôme. Vient ensuite la
Chapelle de la Vierge . Cette chapelle se nomme aussi Grégorienne, parce que ce fut Grégoire XIII qui la fit construire par Jacques de la Porte , sur les dessins de Michel-
singe. L’autel est très - riche en albâtre, en améthystes et autres pierres précieuses. En allant vers la croisée, on voit ù droite le tombeau de Benoit XIVt de la maison Lambertini, mort en 1758. La statue du pontife est accompagnée de celles de la Science et de la Charité , ouvrages de Pierre Bracci .
Croisée septentrionale . En continuant le tour vers la tribune, on -voit à gauche, sur le dernier pilier de la grande coupole , l’autel appelé de la Nacelle , parce que son tableau en mosaïque , pris de l’original de Lanfranc, représente la barque de saint Pierre près d’étre submergée, et Jésus venant au secours de cet apôtre. Vis-à-vis l’autel de la Nacelle est le magnifique tombeau de Clément XIII , de la maison Rezzonico, mort en 1769; ouvrage de Canova . Ce mausolée est composé de trois grandes figures, savoir: de celle du Pape, qui est ù genoux; de la Religion tenant la croix, et du Génie de la mort assis près du sarcophage : les deux lions couchés sur deux grands socles sont les plus beaux lions modernes qu’on connaisse. En passant à la dernière chapelle de ce coté , on remarque, sur l’autel à droite, qui est décoré de quatre belles colonnes, une mosaïque représentant saint Michel-Archange. Dans cette même chapelle est un autre autel, où l’on voit un tableau de sainte Pétronille, qui est la plus belle mosaïque de ce temple : elle a été tirée d’un des plus beaux ouvrages du Guerchin; la sainte est représentée au moment de son exhumation. Après l’autel de Ste-Pétronille, on trouve le tombeau de Clément X, de la maison Altierri, mort en 1676. Il a été fait sur les dessins de Matthias Bossi.
Souterrain de la Basilique . On trouve dans ce souterrain quatre petites chapelles qui correspondent aux quatre piliers de la grande coupole. Ces chapelles ont été faites sur les dessins du Bernin , et leurs autels sont ornés de tableaux en mosaïque , tirés des originaux A' André SacchL On trouve dans ce souterrain un grand nombre de tombeaux, parmi lesquels on distingue ceux de Yempereur Othon II , de Charlotte , reine de Jérusalem et de Chypre, d’un grand maître de Malte , de Jacques III Stuart, roi d’Angleterre, et des papes Adrien IC, Boni face VIII , Nicolas C, Urbain FI et Pie IL
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Sacristie (le Saint-Pierre . Ce somptueux édifice a été bâti par ordre de Pie VI, sur les dessins de Charles Mar chioni. La chapelle est décorée de quatre colonnes de marbre rare cannelées. La sacristie des chanoines, située à droite, est garnie d’armoires faites de bois de Brésil. II y a une chapelle où est, sur l’autel, au milieu de deux colonnes d’albâtre , un tableau du Fattore , élève de Raphaël, représentant la Vierge , l’Enfant Jésus , sainte Anne, saint Pierre et saint Paul. Vis-à-vis cet autel est un fameux tableau de Jules Romain , où l’on voit la Vierge avec l’Enfant Jésus et saint Jean. La sacristie des bénéficiers, qu’on va voir de l’autre côté, est aussi garnie d’armoires de bois de Brésil.
Partie supérieure de la basilique de St-Pierre . On ne peut vraiment juger de l’immensité de ce temple qu’en montant sur la partie supérieure. On y parvient par un escalier en limaçon de 142 degrés, dont la pente est si douce, que les chevaux pourraient y monter chargés.
Palais du Vatican. Cet immense édifice , que l’on peut appeler une réunion de plusieurs palais, a 360 mètres de long sur 240 de large. On y compte huit grands escaliers et environ deux cents petits, et un nombre infini de salles ou chambres de toutes dimensions. Quoique son architecture ne soit ni symétrique ni régulière , parce qu’il a été bâti en différents temps, on y voit cependant les productions des plus fameux architectes, tels que Bramante , Raphaël , Pyrrhus Ligorio , Dominique Fontana , Charles Moderne et Bernin .
Chapelle Sixtine . — Michel- Ange a peint à fresque la grande voûte en vingt mois , sans être aidé de personne; il y a représenté la Création du monde et d’autres traits de l'Ancien Testament , autour desquels sont de fort belles académies : on voit, aux angles et aux lunettes, des prophètes et des sibylles; le tout est d’une invention surprenante et d’une grande beauté de dessin. Ce grand peintre, sous le pontificat de Paul III, üt aussi l’immense fresque que l’on admire sur l’autel , représentant le Jugement dernier,
. où il travailla trois ans : elle est regardée comme un chefd’œuvre. Michel- Ange a placé au milieu de ce grand tableau Jésus-Christ avec sa mère, environné des apôlres et d’une multitude d’autres saints. On admire encore dans cette