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son vestibule, la magnificence de son foyer, de son porche et de ses principaux escaliers.
Les deux autres théâtres sont : celui de St- Augustin et celui delle Vigne , destinés ù la comédie.
Le théâtre de St- Augustin, autrefois couvent, puis église dédiée au saint dont il porte le nom. Cette église fut convertie en théâtre pour Topera ; mais depuis Térection du splendide théâtre Charles- Féli x , on n’y représente que des comédies italiennes, des farces et des scènes équestres. '
Places et aspect de la ville.
L’intérieur de Gènes ne répond point à l’idée qu’on s’en fait vue de loin. Les rues en général sont étroites , tortueuses et bordées de maisons de cinq ou six étages, surmontées de terrasses , ce qui leur donne un aspect triste et sombre. Cependant on y trouve quelques belles rues , telles que celles JYuova , Nuovissima , Balbi , Charles-Félix , qui sont ornées de palais dont les façades sont presque toutes de marbre. Les rues Giula , de la Paix, et Charles- Albert t sont aussi remarquables.
La plus belle place de Gênes est celle qui se trouve près de la Douane . Là s’élèvent les nouveaux portiques qui s’étendent jusqu’à la Darse ; sous ces portiques sont de jolies boutiques, et au-dessus une jolie terrasse dallée de marbre. Cette nouvelle terrasse peut passer pour un des plus beaux édifices publics de Gènes. Sa partie supérieure forme une esplanade d’environ douze mètres de largeur, et sa longueur peut être de 400 mètres. On évalue la dépense à deux millions de francs. Les autres places de Gênes sont peu nombreuses et peu remarquables.1 La plus vaste est celle (ïAqua-Ferde , offrant un carré long; celles Nuova , del- V Annunciata , Amorosa , du Théâtre et Franchi , sur laquelle se réunissent les négociants, les armateurs, les courtiers et les capitaines au long cours.
L’Arsenal de terre. La salle d’armes est très -belle et distribuée avec goût et intelligence. On y conserve des
armes très-anciennes; on remarque entre autres une des pièces en cuir que les Génois prirent aux Vénitiens sous Chioggia , et une de ces proues que les Romains appelaient rosirum , et que Y on croit unique au monde; on dit qu’elle fut trouvée dans le port de Gênes, et on la suppose encore un reste de la bataille qui eut lieu entre les Génois et Magon, général carthaginois, comme il est indiqué dans Tite-Live.
Port-franc. Le Port-franc est une réunion de huit beaux édifices uniformes renfermés dans une enceinte de murailles; il est situé près du pont des Marchands, où toutes les marchandises qui arrivent de l’étranger, tant par terre que par mer , peuvent être mises en magasin sans payer aucun droit; cet immense local fait la richesse du commerce de la ville. Le Port-franc est ouvert tous les jours, excepté le dimanche et autres fêtes, depuis 8 heures du matin jusqu’à 3 heures après midi. Les seuls portefaix bergamasques qu’on nomme Caravani peuvent y travailler; l’entrée en est prohibée à tout autre portefaix. Il faut, pour y entrer, une permission spéciale du directeur des douanes.
Douane. — Ancienne banque de Saint- Georges. C’est à la douane que se font les expéditions des marchandises ; au-dessus se trouve l’appartement où étaient les trésors de la fameuse banque de Saint-Georges; la grande salle d’entrée est ornée de statues antiques des fondateurs et bienfaiteurs de cette maison. Au-dessus de la porte principale de la douane on voit suspendus des morceaux d’une grosse chaîne en fer, comme on en rencontre aussi sur les édifices et les portes les plus anciennes de la ville. Ce sont ces mêmes chaînes, dont les Pisans avaient fermé leur port, que les Génois rompirent en 1290, et qu’iis portèrent en triomphe à Gênes.
Darse et arsenal de marine. En suivant la rue des Miragliette , on arrive à la porte de la Darse, où sont les bâtiments de l’État en armement, désarmement ou en réparation; tous les magasins de l’arsenal se trouvent dans ce grand local, ainsi que les ateliers des ouvriers de la marine militaire; au fond , sur la droite, se trouve le bagne , contenant 100 forçats environ.
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Promenades. —En out re de la nouvelle terrasse , dont nous venons de parler, nous devons citer celle de P Acquasola, où le dimanche, pendant la belle saison, une musique militaire exécute des symphonies. Non loin de là s’élève une colline du haut de laquelle l’œil embrasse le riche panorama de Gênes, de son port et de son golfe. Les murailles offrent aussi une promenade intéressante , qui donne une idée des moyens de déFense de cette cité. Le pont de Carignan , ouvrage remarquable, hautd’cnviron 153 mètres, qui, jeté pardessus des maisons de cinq ou six étages, réunit deux quartiers élevés de la ville. V Aqueduc est un ouvrage digne des Romains ; il fournit de l’eau à presque toutes les maisons de Gênes. — La promenade qui le longe est délicieuse.
Physionomie générale de gênes. — « Gênes la Superbe, dit M. Joseph Dard , est une des métropoles de la Péninsule où la vie italienne est le plus franchement développée. — Ainsi , piété populaire et sociale , manifestations artistiques, costumes, pompe des églises et des palais, musique éclatante et chants des rues , voix métalliques , vivacité de la population , luxe de linge et des serviettes ornées de franges et souvent de dentelles , fresques intérieures et extérieures des maisons , rideaux llottants à la porte des églises et des palais , absence de papiers peints dans les appartements riches ou pauvres, et présence du badigeon plus ou moins voisin de la fresque, chaises à la fuie paille, préparation culinaire, cure-dents de bols, parmesan pour la m inestra et le brodo , sentiment instinctif de l’art et du beau moral et idéal chez les hommes de la plus infime condition : tout vous annonce que d’un seul bond vous avez sauté, sans transition , des mœurs françaises au cœur de la nationalité italienne. — En effet, tout a changé brusquement pour vous, la langue, les usages et la société, l’atmosphère politique. Vous vous trouvez jeté au sein d’un peuple de troubadours, d’un peuple qui prie et chante avec la même effusion, au milieu des mœurs les plus communicatives et les plus excentriques. — Enfin les rues de Gènes, malgré la conformité des deux climats , offrent un aspect bien différent de celles de Marseille. »
Le voyageur est frappé, à Gênes, de l’extérieur d’aisance
nOl’TK 8. — DE MARSEILLE A GÊNES PAR TERRE. 21!)
et de propreté du peuple, de l'obligeance et de la politesse de la classe supérieure , et des manières simples de la noblesse.— Les femmes mettent beaucoup de recherche et d’élégance dans leur toilette ; elles portent avec une grAce particulière, quand elles vont à pied , un ample voile blanc , appelé mezzaro , dont elles couvrent plutôt qu’elles ne cachent une partie de leur visage, les épaules et les bras. Cet ajustement, qui descend jusqu’aux pieds , ajoute à l’élégance d’un bas de soie bien tiré et d’une chaussure légère (l). Le costume des hommes est en général celui que l’on porte en France. — Le nombre prodigieux de mendiants de tout âge que l’on rencontre , et qui vous poursuivent avec une persévérance infatigable , vient gâter quelque peu le tableau des beautés que nous venons de décrire.
Une coutume assez bizarre , qui règne parmi la haute classe de Gènes, est le cicisbéat , qui permet A une femme mariée d’avoir un amant déclaré, lequel est aux petits soins près d’elle, la conduit partout, sans que le mari en prenne jalousie. Il est très-rare de voir les maris chez leurs femmes ; et quand on les y rencontre , ils ont l’air de s’intéresser fort peu à ce qui s’y passe.
11 est certaines époques où Gènes se montre au voyageur dans tout son éclat, c’est au moment où se font les processions connues sous le nom de Casazze . La richesse des costumes, qui sont presque tous en soie et en velours brodés d’or et d’argent , la magnificence et l’aspect imposant des cérémonies religieuses, attirent alors à Gènes une grande affluence d’étrangers et de nationaux. Les cérémonies de la semaine sainte sont aussi fort imposantes : ù cette époque , les églises sont transformées en corbeilles de fleurs naturelles de la plus grande beauté.
Biographie . — Parmi les hommes illustres que Gênes a vus naitre, nous citerons I epape Adrien Jean Balbi , Christophe Colomb , André Doria , etc.
(») Ce voile n’est plu» guère en usage que parmi la classe pauvre ou peu aisée j ailleurs 11 a cédé la place aux mode» françaises , qui auront bientôt fait disparaître de la surface de l’Europe ce» costumes nationaux si curieux et parfois si attrayant».
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Commerce , industrie . — On trouve à Gênes de nombreuses fabriques de damas , d'étoffes noires , de velours, de broderies , de bas de soie , de toiles de coton , de chapeaux , de rubans, de fleurs artificielles très-renommées, de pâtes qu’on expédie sur tous les points de l'Europe ; les ouvrages d’orfèvrerie, d’horlogerie et le filigrane jouissent d’une haute réputation, ainsi que la fabrication des bijoux en corail , dont il se fait un commerce considérable.
Exportations . — Huiles d’olive, riz, limons, oranges, cédrats, fruits, pâtes, draps, soie, corail, etc. La soie grégé de Sicile et de Calabre, le coton , les denrées d’Amérique et du Levant, les grains de Sicile, forment les principaux objets de ses exportations.