ELNE ET SES ENVIRONS
ne Perpignan à EIne. — Lo Serrât d'En Vaquer. — Cornella-de- Bereol. — vilanova-de-Ia-Raho. — Theza. — Inscriptions romaines de Theza. — Alenya. — Saint-Nazaire. — Etang de SaintNazaire. — Cabestanh. — Salelles. — Elue. — La Ville- Haute et la Ville-Basse. — Lo Pou de las Encantades. — La Cathédrale d'Elno. — La façade. — Le plan. — Les voûtes. — L'ornementation. — Le Maître-autel. — inscriptions de 1060 et de -1724. — Reliques. — Sainte Eulalie et Sainte Julio, Patrones du diocèse d'Elue. — La sacristie. — L'abside — Les chapelles. — Inscriptions. — Lo cloître capitulaire. — Époque présumée de sa fondation. — Description des galeries. — Inscriptions. — Histoire d'EIne. — IlUberis ou Ittt Berri. —Los Sordi ou Sordones. — Décadence A'IlUberis. — Arrivée des Volkos-Tectosages. — Passage d'Annihal. — Castrum Ilelenae. — assassinat de Constans. — Belena ou Bina. — La Via Domilia. — Les Wisigoths. — Création do l'ôvêché d'EIne. —Le Pagus ruscinonensis. — Les Arabes. — La croisade de Philippe -Ie-Hardi do 1283. — Siège d'EIne. —Nouveau siège en 1344.— Troisième siège en 1474. — Décadence d'EIne au xn> siècle. — La résidence de l'évéque et du chapitre est transférée à Perpignan en 1602. — Quatrième siège en 1641. — Elne pendant la Révolution. — Environs d'EIne. — La Tour-Bas -Elne. — Saint- Cypricn. — Montescot. — Bages.
Au sortir de Perpignan la voie ferrée se dirige vers 1 extrémité orientale des Pyrénées en suivant une courbe immense qui représente, à peu de chose près, "ancien cordon du littoral à l'époque où les territoires de Cornella, d'EIne et d'Argelès étaient encore dans la lagune.
Après avoir franchi les Arcades et dépassé les hauteurs du Serrât d'En Vaquer qui se dessinent à droite, le chemin de fer s'engage dans une plaine magnifique comparable à celle de la Salanca. Les prairies, les jardins, les vignes couvrent le sol de cette riche contrée qui est la plus chaude et peutêtre la mieux arrosée de la France.
CORNELLA-DE-BERCOL, 1» Station
6 kil. S. de Perpignan.
C'est encore là un des nombreux domaines de la Gens Cornelia. On apercevra les restes assez-bien conservés d'un petit château du Moyen-Age.
Cornelia est mentionné dès le ix e siècle et son dernier seigneur, Raymond de Cornelia, fit vente de son castel à l'hôpital des pauvres de Perpignan, le a des calendes d'août 1203. L'église paroissiale est aussi mentionnée dès l'an 1087.
On a découvert en 1870, dans le village, un fragment d'inscription romaine qui semble se rapporter à un monument votif élevé par quelque soldat de la quatrième aile de la légion des Cantabres.
Le village qui est en face de Cornelia, de l'autre côté de la voie, est Vilanova-de-la-Raho. Situé sur une colline, il domine les plaines fertiles de Bages, de Montescot et d'Elne et porte sa vue jusqu'à la mer. 11 n'y a pas encore trente ans, une partie du territoire de Villeneuve était occupée par un étang qu'on a desséché à force de travail et de persévérance ( J ).
(1) Cet étang était voisin de celui de Bages qui a été aussi dosséché, mais bien longtemps avant celui-ci.
tlWRf .
Vilanova parait être une bastide qui recueillit la Population delà Ville-vieille ouPuig Verges. Il y avait da ns le temps une léproserie et, au bas de la "butte, une dépendance de Fontfroide.
Theza est à vingt minutes de Cornella dans une P'aine fertile en céréales. C'est sans doute une des anciennes villas romaines qui s'étaient groupées, sous 1 empire, autour d'Helena.
Sur la façade de son église on verra deux pierres °. u i portent une inscription romaine chacune. La Première offre les lettres D et M (Dis Manibus) puis Je mot Rmticania et les abréviations lib et co. On Croit reconnaître des bonnets d'affranchi sur les ^ords de la pierre, ce qui s'accorderait avec le mot werla qui est dans l'abréviation lib.
L'inscription de la seconde pierre est très-lisible et tr ès bien conservée : Evhangehis sociorum qu^drages *mœ servus Mercurio votum solvit libens merilo. Ce «jui signifie : Evhangelus serviteur des percepteurs û] i quarantième a dédié ce vœu à Mercure (').
Un chemin dit d'intérêt commun N° 2 mène de r he za à Alenya (430 hab.) près duquel se trouve le château de Saint-Martin deBoaça, appelé aujourd'hui £o Mas Blan (du nom de la famille qui en possédait •a seigneurie), dont les quatre angles sont flanqués d« tours. Les travaux d'assainissement exécutés aux Marais de Saint-Cyprien qui sont à une faible distance, vers le sud, ont fait à peu près disparaître les Mauvaises exhalaisons qui rendaient dangereux le Se Jour d'Alénya.
(!) Le quarantième élait un droit perçu sur les marchandises à eu r entrée dans la Narbonnaise, province sénatoriale.
Le chemin de grande communication N° 11, venant d'Elne, passe dans Alenya et se dirige vers Saist- Nazaire pour aller à Canet en suivant I'Étang de Saint-Nazaire.
Cet étang est malsain et son dessèchement serait un heureux événement pour le village (332 hab.) ( l ). A un kilomètre environ, en allant vers Cabestanh, on trouve un endroit appelé Mont-de-la-Terra qu'on a pris, bien à tort, pour un tumulus antique.
De Theza on peut se rendre directement à Cabestanh et, delà, à Perpignan (10 kil.) en passant par le hameau de Salelles.
Revenons à Cornella où nous reprendrons le chemin de fer pour arriver à
ELJVE, a» Station.
■ 13 Ml. S. de Perpignan.
C'est une petite ville de 2764 habitants située eu partie sur un plateau qui domine au loin les flancs de la montagne de l'Albera, la plaine arrosée par le Tech et la Méditerranée.
Le fleuve est aujourd'hui à un quart de lieue des murailles d'Elne; il les baignait sans cloute jadis pour aller se jeter dans l'étang de Saint-Cyprien qui, à cette époque reculée, était une petite mer intérieure, isolée de la Méditerranée par un lido. Les eaux du Tech inondaient d'ailleurs une vaste région marécageuse, qu'ont remplacée de belles prairies et de vastes champs.
(1) Saint-Nazairc est appelé de la Solsa dans nos vieux documents, à raison de la soude qu'on y cultivait.
Elne se divise en deux parties, la Ville-Haute et la Ule-Basse, si bien qu'on trouve des historiens ou des géographes qui parlent des deux villes d'Elne.
Dans la Ville-Basse, nous n'avons rien de bien
eniarquable à signaler. On peut cependant examiner
av 'ec quelque intérêt les restes des vieilles murailles
Janquées de tours qui l'entouraient et la reliaient à
a Ville-Haute. Du côté du N.-O. on verra, attenant
aux fortifications, une bâtisse de forme singulière
^ on appelle aujourd'hui lo Pou de las Eiicanladas
11 le Puits des fées. Ce bastion et les autres défenses
at ent assurément du Moyen-Age et des Temps
^odernes. Il ne reste absolument rien à Elne de
j a ntiq U e llliberis et du Caslrum Helenae. Le cloître et
a cathédrale que nous allons visiter clans la Ville-
a lte, sont d'une époque relativement récente.