COMITE
ARGENTEAM XI S.ECVLO GAVFREBO RVSC.
HVIC SACR/E MENS.-E IMPOSITAM )V? >1ILEMFASTIGI0, AJIBITVANG VSTAM, RVDI OPERE CONFLATAM ^'NOiiVM INJVRIAPENE ATTRITAM, PK/EDJE SjEPIVS EXPOSITAM. VENERABILIVM CANONICOHVM C/ETVS FOELICIORI S/ECVLO, REGNANTE LVDOVICO XV, ANNO DOMINI MDCCXXIV Sc ELSAM, ANGVSTAM AC PENE MARMOREAM REDDIDIT ÛACITATI TEMPOIUSPARITER ET AVIDITATI HOMINVM ERIPVIT VETERI MATERIA SVMPTVS SVPPEDITANTE NOVVM OPVS ERIGENS SVM IN HANC BASILICAM CVBjE CV.IVS SEMPER DECORVM DILEXIT PERENNE AD POSTEROS MONVMENTVM.
Nous traduisons : Fait d'argent au xi e siècle par le ■ C °W« Gaufred, modeste dans son élévation, étroit dans 0,1 pourtour, d'un travail grossier, presque entièrement usé par l'injure des ans, et exposé à de fréquentes a pines, cet autel, dans un siècle plus heureux, sous e r ègne de Louis XV, l'an du Seigneur 1724, fut ^construit par le Chapitre des vénérables chanoines a »s celte basilique dont ils ont le soin et dont ils ^tieru à relever l'éclat : Il fut reconstruit comme un ^Miment étemel pour la postérité, presque tout en arbre, plus élevé, plus magnifique et arraché à °Wrage des ans et à l'avidité des hommes, l'ancienne foUère faisant les frais du travail.
Le trésor de l'ancienne cathédrale d'Elne a été ls Persé. Il n'en reste que deux boîtes dont le
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contenu n'a rien d'authentique. L'une de ces boîtes est en bois : l'autre est faite de lames d'ivoire d'une dimension peu commune. La première, qui a la forme d'un tombeau, porte cette légende sur l'une des faces de son couvercle de forme prismatique :
ÏUC JACET CORPVS BEATE .IVLIE
Ici repose le corps de la bienheureuse Julie.
On sait que les principales reliques de la cathédrale d'Elue furent transportées dans l'église Saint- Jean de Perpignan, en 1602.
La cathédrale d'Elne est sous le vocable des Saintes Julie et Eulaue. M. B. Alart (>) a prouvé que dès 1230, au moins, ces deux saintes étaient ensemble patronnes du diocèse d'Elne. De plus, l'acte de confirmation du Prieuré de Serrabona, retrouvé en 1791, et cité par notre historien, porte que le lieu de Serrabona est dans le diocèse de la cathédrale d'Elne , laquelle est dédiée à Eulalic vierge et martyre de Mèrida. Or, cet acte est daté du 5 des nones de mars de l'an 1081. Tout porte à croire que sainte Julie était aussi de Mèrida.
On examinera avec intérêt la petite chapelle qui est à gauche du maître-autel. Il est probable que la Descente de Croix qu'on y voit, à la place occupée ordinairement par le tabernacle, vient d'un autre endroit. C'est, en tous cas, un beau morceau de sculpture du xiv° siècle.
La porte de la sacristie s'ouvre à côté. On peut
(i) Voyez les lumineuses démonstrations de M. B. Alart, dans les Notices historiques etc. à l'article les Patronnes d'Elue.
demander à voir une jolie clochette portant la date e 1554 avec une légende ainsi conçue :
Me fecit Johaimes a fine A li>54.
Les moulures représentent un Apollon jouant du ,e °ec, un singe assis et tenant le même instrument a " son duquel semble danser un ours. On y voit encore un autre singe, un sanglier, un aigle, un a Pm, deux têtes d'ange et d'autres ornements.
De la sacristie nous passons sur un terrain vague, espèce de terrasse ou plutôt de jardin, suspendu sur
e grand plateau de l'acropole. Ce terrain est compris en tre l'abside de l'église et des bâtisses plus récentes ( l"i étaient destinées à agrandir la cathédrale. Cette
obstruction, qui a été interrompue et reprise ensuite, est restée à jamais imparfaite. Le plan était, et la
édition le confirme, de prolonger les collatéraux «Utour du rond-point avec des chapelles, à l'instar
e ce qui se voit à l'église de Saint-Just deNarbonne ^ à celles de Saint-Étienne et de Saint-Sernin de 'oulouse.
L'abside actuelle a la forme d'une tour inachevée
et deux arcs la soutiennent en manière de contreforts.
Au bas du mur du chevet on voit des ouvertures
^enablables à des soupiraux et obstruées de pierres.
•' l 'l doute qu'elles n'aient servi à éclairer une crypte
° n t l'entrée, inconnue aujourd'hui, était, selon
0l, te apparence, ou clans le chœur même de l'église
011 dans le souterrain que nous trouverons en visi-
, a 'it le cloître. Plus haut règne une suite d'arcs qui
Citent des fenêtres. Les cordons de damier qui les
0r| tounient marquent bien, pour la construction de
eette partie de l'Eglise, la lin du xi° siècle.
Dans l'église, la chapelle du Saint-Sacrement (à droite du maître-autel) contient un sarcophage qui est un beau morceau de sculpture du xrv e siècle. Le couvercle est primatique et, sur le versant qui fait saillie, sont représentés la Sainte- Vierge et saint Jean au pied de la croix et deux écussons semblables à ceux qu'on peut voir sur la dalle funéraire de Pierre Coste, dans la même chapelle. M. de Bonnefoy pense, avec raison, que c'est le sarcophage de Raimond IV, évêque d'Elne de 1289 à 1310 et frère de Pierre Costa, prêtre, tous deux fils d'Arnaud Costa et d'Ausberge.
La Chapelle Saint-Agnès possède quelques peintures sur bois et sur cuir fort curieuses. On a toujours dit à Elne que ces panneaux étaient l'œuvre d'un grand peintre espagnol. Ils paraissent remonter aux premières années du xv e siècle.
L'inscription gravée sur une dalle incrustée dans la muraille doit se traduire comme il suit :
L'an du Seigneur 1340 et le 12 des calendes de février, est mort Egidius Baille, bénéficiaire de celle église d'Elne. Il a fait construire celte chapelle en l'honneur de sainte Agnès, a institué sa propre fête, fondé deux messes et son anniversaire à perpétuité. Que son âme repose en paix par la miséricorde divine.
Le choeur de l'ancienne cathédrale était placé au milieu de la grande nef. Les morceaux en ont été dispersés et il n'en reste plus de traces. Carrère qui l'avait vu (1787) en parle en ces termes : « Il est beau, vaste, remarquable surtout pour la beauté de ses stalles qui sont de bois, mais couvertes d'une sculpture assez belle pour le siècle où elle a été faite. Elles sont de la fin du xm e siècle, comme nous
a Pprenons d'une inscription qui est sur une des
ha «tes stalles. »
Au fond de l'église , on remarquera un énorme
e nitier taillé, avec cannelures au pourtour intérieur,
a ns une pièce de marbre qu'enveloppe entièrement
u «e large et belle feuille d'acanthe.
A côté s'ouvre la porte qui donne accès dans le cloitre.