LE CLOITRE CAPITULAIRE
Contrairement à l'opinion de M. B. Alart, opinion
filous avons adoptée, quelques écrivain s voulaient
| Ue sainte Julie de Mérida n'eût été admise au titre
e Patronne du diocèse d'Elne qu'à partir de l'an
*0. Or, comme deux sculptures du cloître (galerie
u Nord) reproduisent des scènes du martyre de
e 'te sainte, ils ne voulaient voir dans le cloitre
P 1 u ne construction du xiv e siècle. On sait mainte-
lail t que cette thèse ne peut plus être soutenue.
a Uleurs, il suffit d'examiner attentivement les
Ruptures qui représentent le martyre de notre
a "ite pour se convaincre qu'on est en face d'une
Uv re du xn e siècle ou du comm encement du xm e ,
au plus.
Le baron Taylor pense qu'on a travaillé au cloitre Klne du xr au xiv e siècle. D'après Mérimée les av aux auraient commencé au xn e siècle et se paient poursuivis jusqu'au xni e . Nous partageons ay is de Mérimée, et voici pourquoi.
Le chapiteau d'un des piliers de la galerie du Sud
porte l'inscription suivante partagée sur deux de ses faces :
ECCE SALVTARE PARITER FHATRES H ABIT ARE, ECCE QVAM BONVM ET QVAM JVCVNDVM HABITARE FRATRES IN YNYM ( 1 ).
Or, les caractères de cette inscription qui, à la vérité, n'a pas de date, ressemblent d'une manière frappante à ceux d'une inscription de Saint-Gilles (Languedoc) de 1116 et à ceux d'une inscription du cloître d'Elne même (N° 15 des Inscriptions du cloître) qui est de 1142 ou de 1143. Comme il est hors de doute que notre inscription du pilier appartient au cloître dès l'origine, on peut bien induire de tout cela que le monument a été commencé dans le courant du xn« siècle. Les voûtes et quelques chapiteaux seulement, derniers travaux du cloître sans doute, portent l'empreinte du xiv= siècle.
De l'avis de tous ceux qui l'ont visité, ce cloître est un monument digne d'attirer l'attention de tout homme qui n'est pas étranger aux choses de l'art. Suivant M. B. Alart, il « est, sans contredit, au point de vue de l'art et par les souvenirs historiques qui s'y rattachent, le plus remarquable et le plus précieux débris encore existant de l'architecture roussillonnaise. » Le baron Taylor le proclame « un des plus beaux ouvrages d'architecture romane du Midi delà France ("-). »
(1) Ah! que c'est une chose salutaire que m frères vivent égaux
entre eux ! Ah ! que c'est une bonne et agréable chose que les frères soient unis ensemble I
(2) Le Cloître et l'église d'Elne sont classes parmi les monuments historiques de France.
Sur chaque face, trois piliers carrés (non compris les piliers angulaires) supportent quatre grands ar ceaux, divisés chacun en trois arcades cintrées Par quatre colonnettes doublées. La voûte des quatre galeries est en ogive avec des nervures saillantes, croisées, qui, d'un côté s'appuient sur les piliers , oc l'autre sur les murs latéraux; colonnes, piliers et arcades sont revêtus de marbre blanc. On observe Une grande variété de forme dans les colonnes dont le fût et les chapiteaux offrent comme un ensemble c °niplet de l'ornementation du moyen-âge, depuis le Xlie jusqu'au xv u siècle, car il parait évident que l'on "a pas cessé de travailler à ce cloître pendant cette 'O'igue période. Toutes les ciselures ont été faites s ur place, car çà et là on remarque des chapiteaux, ^cs tailloirs ou des bases qui ne sont qu'ébauchés. " ailleurs on a travaillé sans ordre et dans les quatre galeries à la fois. 11 y a tel pilier qui présente sur chacune de ses faces des compositions de style différent et qui n'ont pu être exécutées par des artistes contemporains. A coté de colonnes cannelées, nattées, "^briquées, de chapiteaux historiés, de bas-reliefs pantins sculptés sur les architraves, on voit des chapiteaux à feuilles frisées, des moulures prismat 'o.ues , des statuettes où l'on peut reconnaître
'origine et le progrès de l'art gothique.... Une circonstance qu'il est important de signaler, c'est f l u à toutes les époques on a voulu imiter le style ^ e s parties les plus anciennes et conserver ainsi unité d'ornementation telle qu'elle avait été conçue dans le plan primitif... De la forme des voûtes il Parait résulter que le cloître n'a été couvert que Quelque temps avant la cessation des travaux, car