‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 27 sur 95 · TT T · texte numérisé non relu

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je ne crois pas ces voûtes antérieures au xiv e siècle (*). Les sommiers qui, sur les murs latéraux, supportent la retombée des arcs en ogive, sont fort remarquables et les sculptures en sont bien du xiv e siècle. On peut les comparer utilement avec la descente de croix que nous avons vue dans l'église. Les quatre sommiers qui sont aux quatre angles sont ornés de la statue des évangélistes qu'on a eu la barbarie de mutiler.

On s'arrêtera avec plaisir devant la porte qui fait communiquer le cloître et l'église. Elle est très belle, très curieuse surtout, parce qu'elle prouve que, dans le Midi, les traditions byzantines se sont perpétuées après l'invention du style ogival. Cette porte est, en effet, à ogive, et ses voussoirs sont alternativement rouges et blancs. Elle ressemble beaucoup à celle qui décore la façade de l'église du château, à la Citadelle de Perpignan.

Dans le mur latéral de la galerie de l'est, s'ouvrent deux portes dont l'une ne doit être franchie qu'avec la plus grande précaution, car on risque de tomber dans un véritable précipice. L'escalier qui conduisait dans ces appartements souterrains a disparu depuis longtemps. On arrive dans deux vastes pièces, voûtées, pavées de briques, obscures et communiquant entre elles par une porte étroite. On voit çà et là des traces de peinture grossière. Le peuple ne manque pas de dire que c'étaient là les cachots de l'Inquisition.

L'autre porte mène à un joli petit escalier en

(1) Prosper Mérimée, Notes d'un voyage dans le midi de la France.

spirale, qui débouche sur une terrasse d'où Ton Jouit d'un magnifique coup d'oeil. Cet escalier devait faire communiquer les galeries inférieures du cloître avec les galeries supérieures où étaient les cellules des chanoines ( a ). Ces galeries n'existent plus.

Par la petite porte qui s'ouvre dans la galerie de 1 ouest, on entre immédiatement dans la Mairie d Elne laquelle occupe, croyons-nous, la cuisine et le réfectoire des chanoines.

Le Cloître d'Elne est un véritable musée d'épigra- Pme. Ses galeries ne contiennent pas moins de vingt-trois inscriptions. Pour la plupart des visiteurs ces plaques de granit ou de marbre sont muettes. Wous transcrirons les principales en les traduisant et nous donnerons quelques indications sur les autres. Elles sont toutes des inscriptions sépulcrales, des obiit.

Les 16 premières sont dans la Galerie du Sud ; les N 03 17-21 se trouvent dans la Galerie de l'Ouest • les « os 22-23 dans la Galerie de F Est.

N° 1. — C'est l'épitaphe de Pierre Balaguer, prêtre d'Elne, mort en 1315.

N° 2. — Ce n'est qu'un fragment d'inscription du Xiv 8 siècle. 11 s'agit, sans doute, de la fondation d'une messe anniversaire. Le bas-relief représente le Christ sur la croix entre deux saintes femmes Portant la boîte aux parfums, selon l'usage.

(1) L'une des gravures dos Voyages romantiques et pittoresques mis l'ancienne France, représente des religieuses se promenant a ns une des galeries du cloître, ce qui pourrait Taire croire qu'il

appartenait à un couvent de religieuses. Or, le cloître d'Elne était

"n cloître capitulaire de chanoines.

N° o. — Nous traduisons en français : Le 7 des ides d'août de l'an du seigneur 1312 est mort Bérertr ger Coslajred, citoyen (civis) d'Elne lequel a fondé une messe pour son anniversaire.

N° 4. — Voici l'épitaphe de Guillaume d'Ortafa, évoque d'Elne.

ANAO CHRISTI MCCVffll IDVS APBILIS OBHT GVILLELMVS [) DE ORTAFANO EPISCOPVS ELNENSIS I?> CVJVS TEMPORE ECCLESIA ELNENSIS ADQVISIVIT II0N0REM DE [] AVALRINO ET CASTRVM SANCTI CTPRIAM ET POSSESSIONES DE PODIO. HIC OBTEW [[ IT AVCTORÏTATE PRIVILEGIORVM RF.GVM FRANC1E QVOD AUQYIS HOMO YEL FE |] MINA ECCLESIE ELNENSIS NON FIRMARET DIRECTVM IN CVRIA SECVLARI PRO ALIQVO FACTO.

L'an du Christ 1209 et le jour des ides d'avril est mort Guillaume d'Ortafa, évéque d'Elue, sous l'épiscopat duquel l'église d'Elue acquit les fiefs d'Avalri ( 1 ), de Saint-Cyprien et du- Puig, grâce aux privilèges des rois de France d'après lesquels [résonne, ni homme ni femme du diocèse d'Elue ne ,:, ■ sous aucun rapport, faire valoir ses droits sur la curie séculière.

Il s'agit ici de territoires donnés ou confirmés à l'église d'Elne par des rois de France avec pleine juridiction et passés ensuite injustement à d'autres propriétaires. Guillaume d'Ortafa, invoquant les donations de ces rois, fit rentrer la curie séculière d'Elne en possession de ces territoires.

N° 5. — Épitaphe de Pierre Cerda. d'Elne, mort en 1301.

(I) Avalri est aujourd'hui une métairie située a 3 kilom. d'Elue, entre Montescot et Cornella-de-BereoI.

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N° 6. —Voici une inscription qui a une forme assez originale. Elle est gravée sur une belle dalle e marbre blanc légèrement veinée de bleu. C'est la dalle tumulaire de Guillaume Jorda, évêque d'Elue, m ort en 1186, comme le témoigne l'inscription! Guillaume est représenté couché, vêtu de ses habits Pontificaux, la crosse à droite, les mains croisées sur la poitrine et la tête appuyée sur un coussin ^chement brodé. On remarquera la forme toute particulière de la mitre.

Chacune des six lignes qui composent l'inscription s e termine par un mot en is. Les traits intermédiaires se brisent à l'extrémité de la ligne pour atteindre Ce tte finale es commune aux six vers.

Voici la traduction de cette épitaphe : Ici repose Guillaume Jorda, pasteur du troupeau d'Elue, que Meurent les jeunes gens et les vieillards, autrefois hon-

eur de la ville et du monde entier, maintenant le dé-

es P°ir de la ville et de l'univers entier. Pour lui toute

a tille est en pleurs, le monde entier verse des larmes.

« est mort le lendemain de f Assomption 1186 (2 fois

ôtés de 1200, dit le texte lapidaire).

JV° 7. Les caractères de cette inscription sont r<J s usés. Le texte est encadré d'une double bordure °rmée par huit ponts à trois arches, armes parantes de la famille des Pontons à laquelle appartenait ^algar, mort en 1300.

N° 8. — Pierre tumulaire d'un certain Guillaume d e Glayra.

N° 9. — Pierre tumulaire de Pierre d'Ortafa, archidiacre.

N° 10. — Pierre tumulaire de l'évêque Artal.

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