EXCURSIONS AUTOUR D'ARGELÈS
Le touriste qui séjourne à Argelès doit aller visiter la gorge de La Vall dans la vallée de la Massana.
Nous remontons, à partir d'Argelès, la rive droite de cette rivière trop souvent à sec et nous atteignons le hameau de La Pava (anciennement Pansa, lieu de repos). Au-dessus de notre tête s'élève la chapelle de Notre-Dame del Caslell (du château).
Cette gorge de La Vall, qu'on appelle aussi Vallon de Moiilbram, est un des sites les plus solitaires et les plus sauvages, des montagnes de l'Albera.
« Du fond de la gorge, sur un sol couvert de hêtres dont les branches étendues offrent un ombrage impénétrable aux rayons du soleil, l'œil mesure la profondeur imposante des flancs de la montagne à droite et à gauche, revêtue d'un massif de chênesverts et de chênes-lièges dont le feuillage triomphant des hivers devait offrir dans les temps primitifs mi sanctuaire bien propice aux pratiques superstitieuses d'un peuple sauvage.
K En suivant le cours de la rivière qui serpente au fond de la gorge quelquefois calme et transpar ente- connne du cristal et quelquefois agitée et trouvée par les tributs des ravines latérales que Forage change en torrents, ou trouve un lieu couvert de r °chers réunis par tas ronds ou oblongs tels que les ar chéologues en signaient en Irlande, en Angleterre, ^'s l'ancienne Armorique, dans certains passages
es Alpes et du Daupliiné et réputés, dans le pays, Pour remonter aux temps les plus reculés. La Plupart de ces amoncellements, de plusieurs mètres ** élévation et de circonférence, sont contenus dans ^ cercle d'autres pierres fichées en terre, brutes et levées au-dessus du sol. De ces roches, quelques- J^es sont isolées; d'autres, debout et placées entre
es tas, semblent leur avoir servi de lien. L'espace ( l' J e tous ces amas occupent est assez considérable et Paraît avoir été entouré d'un mur en pierre sèche W existe encore en partie, il porte le nom de Bosf"'l dels Horts (bosquet des jardins) et s'étend Jusque sur les bords de la rivière. L'exploration de Ce lieu est difficile, tant la végétation y est épaisse ( 1 ). »
, ' l) ; M. Jaubert de Béart, à qui nous empruntons ces quelques ■Sues de description, attribue ces monuments mégalithiques aux ■wtes et aux Druides. 1 1 n'y a jamais eu do druides dans le midi de * Gaule et surtout dans le Pays de Rnseino. Le druidisme, loin
' '''"''• une institution ancienne et propre a toute la race celtique, était que io fruit d'une importation étrangère et récente: Il
Vôt iait de la Grande-Bretagne, '-■'■s monuments mégalithiques comme ceux do La Yull, de e !l r 'ilude, de la vallée de Mosset, de Llaui'o, etc., dits dolmens
""'"liirs, cromlechs, sont les vestiges d'une civilisation grossière et
""■"îinue, mais probablement fort ancienne et qui a précédé de °hgs siècles les âges historiques. Us n'ont rien de commun, en 0,18 cas, avec le druidisme.
En suivant le cours de la rivière on atteint bientôt le hameau de La Vall. De là, on monte à la tour de la Massana par un chemin abrupt et rocailleux qui gravit le coll de la Carbassera. il y a 2 heures d'Argelès à La Vall, et une heure et demie de ce hameau à la tour de la Massana.
Le chemin qui mène de La Pava à l'ermitage de Nostha-Senyoha-del-Castell, n'est guère plus commodeque celui dontil vient d'être parlé. La chapelle est perchée sur la montagne comme un vrai nid d'aigles, dans un endroit sans arbres et sans verdure, au milieu des rochers escarpés.
Cet ermitage a remplacé, depuis bien longtemps déjà, un château, le Caslrum Vulturarium qu'on désignait aussi par le nom de Vulturaria (aire des vautours), nom qui se changea dans la suite en celui d' ' ÏJUrera ou Ollrera. Sur le sommet du rocher, se voient encore les décombres des bâtisses romaines.
Ce Castrum, fut en effet bâti par les Romains, bien qu'il n'en soit question qu'en 672. Il était destiné à surveiller le passage de La Vall ou de la Carbassera par lequel passait, si non la Via Domitia, tout au moins un chemin important appelé plus tard Carrera Vella. C'est par cet endroit, croyons-nous, qu'Annibal et son armée franchirent les Pyrénées ; c'est par là aussi que Philippe-le-Hardi et ses malheureux croisés descendirent en Ampurda.
Après l'expulsion des Maures on éleva sur les ruines de la forteresse romaine une petite chapelle dédiée à la Vierge. Cette église avait le titre de Chapellenie majeure, et le titulaire avait son habitation à La Pava.
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LA TOUR. X>JE IjA. aiA.SIBA.IVA.
D'Argelès à La Tour de la Massana on met trois heures, en montant par le côté nord delà montagne. On prend le chemin à l'extrémité du village, au pied de la maisonnette d'un garde barrière. On arrive à * a Métairie Nomdedeu après avoir traversé un terrain tourmenté où le granit, le schiste, le mica, le gypse, te quartz, le gneiss et le silex se trouvent mélangés dans des proportions considérables.
On se dirige vers la gauche et on atteint un joli hois de lièges, puis des vignes (1 h. 7s d'Argelès). A partir de cet endroit, c'est à peine si on trouve quelques lièges et quelques plantes rabougries. Le roc se Contre à nu ; un gazon maigre et rôti par les rayons ^u soleil s'aplatit contre le sol qu'il semble mordre; ta bruyère balance tristement ses touffes rougeâtres.
A droite et à gauche s'ouvrent deux vallons profonds, vers la Méditerranée qui développe au loin Se s vastes nappes d'eau, vers la rivière de la Massana lui est cachée par les escarpements boisés sur lesquels se montrent le Mas de la Monja et la Chapelle de Saint-Laurent.
Bientôt la Tour de la Massana se dresse devant n oiis ou plutôt sur notre tête, car il faut monter à P lc pour l'atteindre, à moins qu'on ne veuille aller * a h'e le tour du mamelon qui la supporte. Il y avait Sl Peu de place pour la construire que, vers le sud, °n a dû prendre les bâtisses à 8 mètres au-dessus uu sol inférieur et construire ainsi un mur de soutènement à parois inclinées, suivant la forme de la tour. Elle ne diffère pas de la Tour du Diable ou de
MadaMh qui est là bas, à Test, fièrement campée sur un pic plus abrupt encore que celui qui nous porte. On peut descendre par La Carbassera et La VaÛ Les Tours de la Massana et de MadaMh ont passé pendant longtemps pour avoir été construites par les Maures qui, disait-on, s'en servaient comme tours de signaux. Il n'en est rien cependant. Ces tours qui, à la vérité, ont servi quelquefois à transmettre des signaux par le feu, furent construites par les rois de Majorque dans un seul but de défense militaire, et cela bien longtemps après l'expulsion des Arabes du Roussilon. Ce ne fut que sous le règne de Pierre IV qu'elles servirent à la transmission des signaux. La Tour de TautahuU qui couronne un des principaux mamelons des Corbières est dans le même cas.
A une demi-lieue d'Argelès et au S.-O., le touriste trouvera un petit ermitage, Sainte-Madeleine ou, comme on l'appelle plus communément, Notre- Dame-de-Vie.