‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 35 sur 95 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

d'argelès a cervera.

Colliure. — Aspect du pays d'Argelês à Colliure. — Situation do Colliure. — La Douy. — Le Port d'Amont et le Port â'Â-oatl. — Industrie de Colliure. — Antique origine de cette petite ville. — Colliure au Moyen-Age. — Siège de 1344. — Son occupation en 1642. — Colliure pendant la Révolution* — Le fort Saint-Elme.— te Mirado. — La Justice. — La Tour du Moulin.— Le Ravaner. — Couvenl îles Dominicains. — La ville au Moyen-Age. — L'Ile do Saint-Vincent. — La fête du 15 août. — Notre-Dame-de-Consolation. — L'abbaye de Valïbona. — Port-Vendrcs. — Origine de e ette ville. — Pyréne. — Le Fanum Veneris. — Emplacement de ce Temple antique. — Le Port sous Louis XI, roi deFraneeel sous Philippe lit. roi d'Espagne. — Vauban à Port-Vendrcs. — Construction des redoutes du Fanal, deBiaret de. la Presqu'île.— '"' Poi ! es( négligé de 1700 à 1772. — Travaux exécutés sous le gouvernement de M. de Mailly. — Projets d'agrandissement de 1832.— Loi du 19 juillet 1837.— Situation excellente de Port-Vendi'cs. — La Tour du Diable ou de. Madalûth. — Inscription romaine 'lu lieu dit Lo Semenieri. — Banyuls-sur-Mcr. — Tunnel de Las Portas. — Paulilles. — La famille Orlila. — Elyrnolog'ie du nom de Banyuls. — La communauté de Banyuls. — Banyuls à la veille de la Révolution. — Affaire du 18 décembre 1793. — La Ville. — L'ancien GMteau. — Le Port. — Banyuls, station de bains. — Industrie des lianyulens. — Flore des environs de Banyuls et anciennes forêts des Pyrénées orientales. — Cervera. — Le Summum Pyrenœum. — Les Trophées de Pompée. — La Seigneurie de Cervera. — Les Abolies. — La Tour do Quer-Roig. — La Gare de Cervera. — La Frontière. — Port-Bou.

Après Argelès, les montagnes se dressent brusquement au-dessus de la plaine. Les vignes, les oliviers et les lièges tapissent leurs flancs larges et échancrés.

Tout à l'heure le terrain était plat à notre gauche ; maintenant il se montre abrupt et rocailleux. La mer n'est pas loin de nous : elle apparaît, en eflèt, mais pour disparaître bientôt derrière un mamelon sec et maigre. Tout à coup le train s'engage dans un tunnel, celui de la Croix de Force (5o7 m ), d'où il sort pour s'arrêter à la gare de

COLLIURB (1), S' Station 27 kil. de Perpignan, 33 Ml. de Céret.

« La situation de Colh'ure sur le bord de la mer. dit excellemment M. Henry ( 2 ), est l'une des plus pittoresques qu'on puisse imaginer et que puisse décrire le crayon de l'artiste. Sa disposition, ses remparts, la tour de l'ancien phare s'avancant dans la mer, son littoral bordé de barques les unes dans l'eau, les autres tirées à terre, les filets des pêcheurs étendus sur le rivage, les groupes réunis de toute part sur la plage, tout rappelle, en cet endroit, les charmantes marines qui forment des tableaux si attachants ! »

Le Port d'Amont est resté ce que la nature l'a fait. La ville est disposée au Nord, le long d'une plage assez profonde où se jette un torrent, La Douv, qui baigne les murs d'un pittoresque château, ancienne résidence des^ Templiers, occupé aujourd'hui par un détachement militaire.

(1) Telle est la véritable orthographe de ce nom. Ici la lettre « sonne ou et il faut appuyer sur Vi que nous marquons exprès d'un accent aigu.

(2) Guide en Roussillon, Perpignan, 1842, p. 149.

Au Sud, une seconde plage mieux abritée que la première et appelée Port d'AvALL longe la route de p ort-Vendres.

Collîure a besoin de quelques améliorations. Ne Pourrait-on pas lui donner un quai, un passage qui Joindrait les deux ports et les ferait communiquer ? yutre son commerce qui réclame en sa faveur, il ta ut ajouter que Collîure est une station de bains très bien disposée qui pourrait lutter avantageusement avec Banyuls.

Près de quatre-vingts bateaux ont leur point d'altac he à Collmre et se livrent à la pèche des poissons ( l l 'i fréquentent ces parages, le thon, la sardine, l'anchois. La population, adonnée à la pèche et à la liaison, n'oublie pas les travaux de la vigne qui Produit, sur les coteaux environnants, des vins es quis et recherchés.

Ainsi que nous l'avons dit à propos àllliberis vEhle), Collmre est d'origine ibérienne et son nom Sl gnifie conque ou port de la Ville-Neuve, Kouk-llli- "erri. Les monnaies ibériennes et emporitaines trouvées dans les environs de la ville attestent cette haute antiquité, et les médailles romaines, les amphores qu'on a exhumées du sol prouvent que les Romains l'ont fréquentée. Il n'est donc pas besoin ^y établir gratuitement, comme on la fait, le marl yre de Saint-Vincent, pour y présumer quelque Population à l'entrée du Moyen-Age. Toutefois, dans ouvrage où Julien de Tolède raconte l'expédition du roi Wamba, Collîure ne porte que le titre de Caslrum '°hàteau), titre qui n'indique pas un centre de population. De plus, Çurita dit qu'en 981, Wifred étant comte de Roussillon, le roi Lother lui accorda de

peupler Collïure qui était désert et qui cependant était un lieu très important pour l'entrée du Roussilon et de l'Ampurda. Il faut donc supposer qu'à l'époque de l'invasion des Barbares, Collïure avait été presque complètement abandonné.

Dans nos annales maritimes du Moyen -Age. notre petit port joue un rôle important; il constitue le véritable établissement maritime do Perpignan où se trouve le Consulat de Mer, et ne l'ait qu'un pour ainsi dire, avec Port-Vendres.

Dans le courant du xv e siècle, on voit à Collïure des consuls de Venise, de Florence, de Lombardie. de Savoie, de Gênes, ce qui prouve bien qu'il était alors le centre d'un commerce assez considérable.

En 673, Collïure ou plutôt le Castrum de Collïure, avait été pris par Wamba ; en 1344 le roi d'Aragon y pénétra après plusieurs jours de combat et après avoir accepté les conditions imposées par le commandant du fort qui consentit à capituler.

Le 20 décembre 1793, les Espagnols s'en emparèrent, après le combat du Coï de Banyuls où les Banyuiens avaient montré un si grand courage. Grâce à la lâcheté de l'ingénieur émigré Pons, et à la trahison de Dufaux, gouverneur du fort Saint-Elme, nos ennemis purent occuper Port-Vendres et Collïure en quelques heures. En vain le commissaire de la Convention, Fabre, de l'Hérault, essaya-t-il de rallier les troupes; il ne put y parvenir. Alors, il se précipita dans les rangs espagnols et mourut les armes à la main. On trouva le lendemain son corps déchiré près d'une batterie qu'il avait défendue le dernier. Un décret du 12 janvier 1794 décerna les honneurs du Panthéon « à ce représentant fidèle à la cause

des peuples et mort en combattant pour la patrie. » Quoique le port de Collîure no put recevoir que des navires à faible tirant d'eau qui, même dans le Mauvais temps, n'y trouvaient pas un abri sûr, il suffisait à la marine du Mo yen- Age. Mais on jugea, dans la suite, qu'il n'était pas assez défendu avec le Gâteau. Au xvi 8 siècle, Charles-Quint lit construire Un fort qui est devenu le Fort Saint-Ei.me. En 1674, °n construisit au nord le front du Miradô qu'on relia Par un mur d'enceinte au château, renforcé du côté de la terre d'une belle demi-lune. Le fort carré, lQ dispensable pour occuper la hauteur de la Justice, et la Tour du Moulin, pour éclairer le profond ravin du Ravaner, datent de 1725. L'espace entre ces deux ouvrages formait le camp retranché borné par deux wanches du parapet terrassé.

Collîure possédait un couvent de Dominicains dont église subsiste encore. 11 n'y avait dans nos comtés uue trois couvents de cet ordre : celui de Puigcerda, c elui de Perpignan et celui de Collîure. On assure lue ce dernier possédait des archives précieuses qui °Ut disparu depuis longtemps.

Les rues de Collîure sont étroites, mais elles sont Plus larges et plus propres qu'elles n'étaient au Moyen-Age. Au mois d'août 1263, le roi Jacques Prescrivait que ces rues eussent au moins une canne de Montpellier de largeur. (*) Le roi ordonnait en

U; La canne de Montpellier égale l m 09 environ. Elle se trouve ' ls *tée en RoussiUon comme mesure de longueur dès la fin du SlII ° siècle. Elle servit à déterminer l'Aymiiwte, mesure de super - ''''"■■ ordinairement rectangle de BO cannes de long sur 30 de large. La lieue du xiv« siècle en RoussiUon est fixée à 2,500 cannes, à |lf 'n près à kil., comme on estime la lieue du pays.

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même temps la suppression des fosses à fumier ou femoraços qu'on voyait dans ces rues. Tout cela ne donne pas une idée très avantageuse de la viabilité urbaine au xiir siècle dans un centre de population qui était assez considérable. — La ville compte aujourd'hui 3,585 habitants.

A quelques mètres du rivage s'élève, du sein des eaux, un ilôt couronné d'une chapelle dédiée à Saint- Vincent dont ce rocher porte le nom. Une tradition consacrée par le P. Domenech, dans ses Saints de Catalogne, fait naître et mourir Saint- Vincent à Colh'ure même. Cependant Baronius lui donne pour patrie la ville de Valence qui fut aussi le théâtre de son martyre.

Du rocher de Saint- Vincent part, le 16 août, à neuf heures du soir, une procession qui rapporte dans la ville les reliques du saint. Les barques, richement ornées, resplendissent de lumières qui se reflètent sur la mer, ordinairement unie comme une glace à cette heure-là.

Une foule immense se presse sur la grève éclairée par un feu diabolique qu'on entretient avec des douves de barils de poix et de goudron. Les bateaux hâlés dans le port, les fenêtres des maisons, le Château, les hauteurs qui dominent la mer jusqu'à Port-Vendres , tout regorge de monde attendant le moment où la barque du saint et du clergé touchera le rivage.

La voici à deux pas de nous : on va débarquer. Pas du tout ; un orateur s'approche et s'oppose au débarquement ; il pourrait y avoir ici de la contrebande. Un dialogue s'engage. Que portez-vous enfin, s'écrie l'orateur? —Des reliques. — C'est bien,

"Mêx**^**'

Passez. Aussitôt un cri immense, formidable retentit, et la barque, enchaînée comme un monstre marin, av ec des cables solidement attachés à ses flancs, "'averse la grève aussi vite qu'un train lancé à grande vitesse, et s'enfuit à tire d'aile dans l'intérieur de la ville. La foule, qui s'est écartée avec précipitation pour la laisser passer, se remue, se pousse, se bouscule comme font les vagues après le passage d un gros navire.

Bientôt les feux de la mer et de la grève s'éteignent, et un silence profond succède aux. cris de Joie de cette foule innombrable que nous avons vue d n'y a qu'un instant.

La fête s'est transportée sur la Place, où le&Juglars, 'nstallés sur une estrade improvisée, font résonner avec furie leurs instruments aux sons antiques. C'est av ec un plaisir extrême que nous entendons siffler * e Flabiol ; mais le Sach dais Gemechs manque, tiien n'est beau, entraînant, enivrant comme les balls du Gollîure le 10 août, entre neuf heures et minuit, "i la danse est un amusement, nulle part on ne s amuse autant qu'ici.

D'où vient tout ce monde? dira quelqu'un. De tous les points du Roussillon. Les uns sont venus là Pour rire, les autres pour prier, Les dévots sont allés, en effet, pendant la journée, faire leur petit Pèlerinage à Consolation .

Cet ermitage est situé dans le Vallon de Colliure, a 3 kil. de la ville. Il est modestement assis à l'ombre d'un joli bosquet, à côté d'une belle source et au n ùlieu d'un site délicieusement pittoresque qui contraste avec les sommités nues des montagnes dont la mer est bordée.

Madame Amable Tastu Consolation :

chanté Notre-Dame de

Ainsi durant la nuit quand ['élément perfide Gronde au pied des rochers qui bornent ce vallon , ils s'endorment au bruit de ce ruisseau limpide,

Errant sur le gazon.

Et moi, nopuis-je aussi trouver un lieu propice Où les peines du cœur s'endorment à jamais?

A défaut de bonheur, Vierge consolatrice,

Fais-moi trouver la paix 1 Permets, Heine des Cieux, qu'après de longs orages, •le puisse enfin goûter quelques jours de renés Beaux comme tes vallons, doux comme les ombrages

Et purs comme tes eaux !

A une heure de cet ermitage se trouvent les ruines de F Abbaye de Vaixbona. On se dirige vers le sud pour passer sur le versant du Pic de Tallaferro et on laisse à droite La Tour de La Massana. On descend ensuite dans la vallée du Emaner et on remonte au N.-O. sur la pente opposée : on ne tarde pas à voir les ruines de l'antique abbaye, dominées par La Tour de La Massana. — L'abbaye de Vallbona fut abandonnée dès le xv e siècle, lors de l'invasion des troupes de Louis XI dans le Roussillon.

Colli'ure est presque contigu à Port-Vendres dont il n'est séparé que par le Cap Gros et la petite anse de la Mauresque. La route côtoie la mer dont les vagues viennent déferler sur les talus et les murs de soutènement. La voie ferrée passe sous un tunnel de 840 mètres percé à travers la montagne qui porte le fort Saint-Elme.

POKT-VENDKES, G« Station.

30 kil. de Perpignan, 36 kil. de Géret.

C'est l'ancien Portus Veneris (Port de Vénus). Inler "yvenaei promontoria, dit Pomponius Mêla, Portus Veneris insignis faiw, entre les Promontoires des Pyrénées est le Port de Vénus célèbre par son temple.

Mais Port-Vendres date-t-il seulement de l'époque l0 maine et n'a-t-il pas porté un autre nom Lien a vant les Romains? Sans faire remonter son esise nce aux époques ibérienne et phénicienne qui virent naître Caucholiberis, Illiberis et Ruscino, nous Cl 'oyons que Port-Vendres l'ut visité par les Grecs de Massalia et qu'il portait alors le nom de Pyrène. « 11 ^ avait jadis sur les confins du pays des Sordons, dit •^stus Avienus, l'opulente cité de Pyrène qui faisait 1111 grand commerce avec Marseille (') ».

Les Romains élevèrent un temple à Vénus à Penr ée de Pyrène et la ville prit dès-lors le nom de p ori de Vénus.

Quelquefois, les écrivains de l'Antiquité désignent "ort-Vendrcs par le nom de Vénus pyrénéenne, Venus pyrenea, comme Pline, ou par celui de Temple ^ Vénus pyrénéenne, T& kp&v t% flup-^vat'aç 'A<pp3iT7]ç, c °mme Strabon.

On a longtemps cherché l'emplacement qu'occupât ce fameux temple sans pouvoir le fixer. Les uns f placent au sommet du cap Biar (-), les autres à entrée même du port. Dans un récent et bel ou-

(*) Ora marilima.

(2) On doil écrire liiar ou Biarra cl non pas Bear et Bearn.

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vrage (>), M. Ernest Desjardins s'exprime ainsi à ce sujet : « Le temple de la Vénus pyrénéenne qui a donné son nom à Port-Vendres était dans une île ainsi que le prouve la vignette de la Table de Peu- Unger (segment 1 , B. 2) ; bien que le nom n'y figure pas, il ne peut y avoir de doutes sur l'identification du temple de la Vénus pyrénéenne avec ce dessin, conforme d'ailleurs à ceux qui sont invariablement employés dans ce document pour indique!' les temples célèbres. Aucune carte moderne ne porte d'île à Port-Vendres, mais nous avons remarqué un rocher circulaire, dans le port même, au nord, et nous ne faisons pas de doute que cet îlot, à peine rattaché au quai moderne, ne représente les assises du fameux temple. »

Port-Vendres ne figure dans aucun de nos documents antérieurs au testament de Jacques-le- Conquérant, c'est-à-dire à l'année 1272. A partir de cette époque nous voyons paraître son nom avec celui de Colli'ure, et ces deux ports, les seuls du Roussillon, ne forment ensemble qu'une même commune.

Sous Louis XI les habitants et les navigateurs de Collïure obtenaient pour les deux ports les privilèges et les franchises dont jouissait Aiguës-Mortes.

En 1599 Port-Vendres était dans un très-mauvais état; les habitants de Collïure en demandèrent l'amélioration à Philippe III, lui représentant que le port ne pouvait plus recevoir que 30 galères, alors qu'il en recevait 200 anciennement. Mais il fallait

(1) Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, par M. Ernest Desjardins, membre de l'Institut, tome 1, 1876.

"Wiver à la fin du xvm e siècle pour voir de sérieux tr avaux s'exécuter à Port-Vendres.

Quand Vauban vint dans ce lieu, lors de son deuxième voyage en Roussillon, il fut frappé de ses excellentes conditions nautiques. Il conçut alors l'iee d'établir à proximité de la frontière d'Espagne n vaste port militaire. Il s'indigna de ce qu'aucun ®"t>iteur du roi n'avait encore signalé cette position. ht immédiatement élever les redoutes du Fanal, ae Biar et de la Presqu'île qui protègent le mouillage, donna l'esquisse d'un vaste projet que la guerre ** la succession au trône d'Espagne ne permit pas ^exécuter. Négligé dès 1709, presque abandonné jusqu'en y/ 2 malgré son utilité justifiée par les services qu'il Fe ûdit dans les guerres de 1711, 1720, 1735, 1757, on n'y re p r it l es travaux que sur les pressantes solcitations de M. de Mailly, zélé promoteur de tout ce *l u i pouvait contribuer au bien de la province dont ** était commandant militaire. En 1734 on ne voyait a Port-Vendres que 45 habitants.

Le port creusé pour les galères en 1700, de 16 à - pieds , s'encombrait des débris des torrents, n'avait pas 100,000 mètres carrés de surface. agrandi, approfondi depuis, il pouvait, dès 1779, re- &Voir 30 bâtiments de guerre et 250 transports. On ajouta à ces défenses, en 1781, la Redoute de Mailly. ^a dépense de ces constructions, de 1772 à 1795 dépassa 1,500,000 francs «.

Lorsqu'on eut terminé les travaux entrepris sur les Plans de M. de Mailly, on éleva, sur la nouvelle place

W) &e Gazanyola, Hisiom

e du Roussillon Gli. svin.

du village, un obélisque qui, dégradé depuis 1793, n'a plus que l'air d'un énorme squelette de pierre. Sa hauteur totale est de 2S m 987 et son sommet s'élève à 32 m 483 au-dessus du niveau de la mer. Avant sa mutilation, il était surmonté d'un globe terrestre recouvert de fleurs de lis. Nous avons vu au Musée de Perpignan les bronzes qui décoraient le socle. Ce socle est en marbre rouge de Villefranche et l'aiguille en marbre gris d'Estagell.

En 1832, on reprit les projets d'agrandissement de Port-Vendres. Mais la commission maritime nommée pour les examiner, s' étant réunie à Toulon, émit un avis défavorable.

En 1835, le Conseil général du département décida, sur la proposition de M. Lacombe Saint-Michel, un de ses membres, qu'on demanderait la reprise des travaux. Une commission nommée par le ministre de la marine se rendit à Port-Vendres l'année suivante et fit un rapport tout contraire à celui de la commission de Toulon. Après qu'il eut été démontré au ministre, par la comparaison d'un sondage de 1702 avec celui de 1834, que cette partie du littoral maritime n'était pas sujette aux ensablements, une loi fut rendue le 19 juillet 1837, qui allouait un crédit de 1,600,000 francs pour l'exécution des travaux. De là le port qu'on voit aujourd'hui.

Port-Vendres est incontestablement un des plus sûrs abris de la Méditerranée. Son entrée offre aux navires les plus grandes facilités et sa position est parfaitement reconnaissable par les tours de Madalotli> et de la Massana, par le fort Saint-Elne et le Phare du cap Biar.

Ce phare est de premier ordre et à feu fixe, s'élève à 230 m environ au-dessus du niveau de la

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per. Sa portée est de 10 lieues latitude 42°, 2t', 25", longitude 0° 46', 30" Ë. Il y a de plus à Port-\endres un phare de quatrième ordre situé sur le Fort w Canal, à droite de l'entrée du port : Son élévation ft st do 33™, et sa portée de 2 lieues et demi.

Le port a 13 mètres d'eau et le chenal par lequel '1 communique avec la mer en a 19. Il peut ainsi recevoir les plus forts navires. 11 a la forme d'un bassin rectangulaire long de plus de un kilomètre et Wge de 300 mètres. Il n'est exposé qu'aux vents <lu N.-E. contre lesquels elle se défend par une jetée '°ugue de 300 mètres construite en 1845.

A l'extrémité orientale de ce large bassin, s'ouv î"ent deux ports en forme de bassins longs qui se N'oignent à angle droit. Celui de gauche qui est le Plus petit date du xvm e siècle ; l'autre des projets (| e 1835 et 1836.

L'entrée de la rade est éclairée par deux feux fixes «e 10 milles de portée et par un feu de port de '' milles.

Port-Vendres compte aujourd'hui 2,118 habitants. ^ population est donc peu nombreuse pour une dation maritime aussi considérable. D'ailleurs le Mouvement commercial du port ne semble pas 3ll gmenter, et il est même à craindre que l'ouverture j 16 la voie ferrée Tarragone-Barcelone el France ne e diminue encore.

Cependant il est nécessaire que Port-Vendres existe

1 qu on l'entretienne avec soin dans un bon état.

n navire surpris au large par les gros temps d'Est

de Sud-Est y trouvera toujours un abri sûr, alors

lue l'entrée de Cette ou d'Agde sera dangereuse et

ei 'alliement de Marseille imposssible. En outre, en

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cas de guerre avec l'Espagne il peut rendre des selvices immenses.

A 800 mètres environ N.-E. de la Tour de Madalo* (ce mot signifie montée, degrés, en hebreuï. entre | Puig Tallaferro et le Coll de Mollo qui sépare 1* territoires de Collïure et de Cosperons, sur un étroîj plateau que les gens du pays appellent Lo Semer len (le cimetière), on trouve une pierre qui porte ** sigles suivants :

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