‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 36 sur 95 · EM · texte numérisé non relu

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M. Puiggari a donné l'interprétation suivante * cette singulière inscription :

VAlerius Flaccus Praefeclm Praesidii Monunwil JmsilVmis Sibi Condi Loco Intercepta El EMtaM c est-a-d ir e: Valerius Flaccus commandant de la forteresse s est fait construire, de son vivant, ce tombeau dont la place a été circonscrite et défendue par  mur. Le nom de forteresse ne s'applique pas m entendu à la Tour de Madaloth qui n'existait pas § 1 époque romaine, mais bien à quelque poste fortifll que les troupes de Pompée ou de Sertorius avaient élevé en cet endroit.

Dans les idées des rares habitants de ces coteau* solitaires la Pierre écrite, comme ils appellent la dalle qui porte notre inscription, couvrait ou indiquait le gîte d'un trésor caché. Aussi ce terrain a-t-U ete plusieurs fois remué par des gens que poussait, non le goût de l'archéologie, mais la soif de 1 or, auri sacra famés !

Au sortir de Port-Vendres la voie ferrée entre da»< un petit souterrain, suit une longue tranchée, puis

pgne l'anse de Patjlilles parle tunnel de Las Portas

Jo »g de 357 mètres.

^ a nse do Paulilles est un lieu charmant où on a « malheureuse idée d'établir une fabrique de j'iamite. Les vignes et les oliviers qui couvrent

. s Coteaux de la plage, les aloès qui entourent les

[ (l| ns et les champs, les lauriers-rose qui poussent ls que sur le bord de l'eau, une force de végétation

Particulière enfin, donnent à ce petit vallon un asct tropical que la température ordinaire ne dément

pas d'ailleurs.

u ans l'anse de Paulilles se jette le ravin qui des-

* n d du territoire de Perdiguer qui a été au Moyenne u ne p e tj te seigneurie appartenant à la famille '"9 (VOrfda, famille à laquelle se rattache une des

"'rstés scientifiques de la France moderne, le Van t chimiste Orfîla, né à Mahon (île de Majorque)

n 1^87. C'est en 1300 que Guillaume Puig d'Orphila, ° s sesseur de Perdiguer, recevait une concession '^eiise de terrain dans l'île de Majorque et quittait

e Roussillon ( 1 ).

BAKTULS-SUR-MBR.

Ifi kil. d'Argelès, 4-2 kil. de Ciret, 37 kil. de Perpignan.

d n'y a pas encore bien longtemps, la population

Banyuls était entièrement groupée au Puig del

. "*• au hameau de la Rivera dit aujourd'hui de la

* Woria ou dispersée à Vall Auger et à Vall Auria,

rs le haut de la vallée. Aujourd'hui elle se trouve

^centrée sur le bord de la mer où l'on comptait à

Hli yez lj - A |art . Notices historiques sur les communes du Hoti.s- ""■ Première série.

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peine quelques maisons à l'époque de la Révolution- Le dernier recensement porte à 3,609 le nombre des habitants de Banyuls. C'est donc la commune la plus importante du canton d'Argelès. On attribue aux Arabes la construction des tours qu'on voit encore dans un assez bon état et aussi celle du Chàleau, transformé aujourd'hui en maison d'habitation.

Si une Tille est appelée à un grand avenir sur notre côte roussillonnaise, c'est Banyuls. Sa situation le lui promet et la fertilité de son territoire ne s'y oppose pas. Ses vins, particulièrement recherchés pour l'exportation, sont les meilleurs du département; son huile est excellente, son miel est de bonne qualité. Le micocoulier et le châtaignier abondent dans les environs : ce dernier est exploité pour la fabrication des futailles. Mais la principale industrie des Banyuléens est la pêche.

Tous les ans, à la belle saison, Banyuls est fréquenté par un grand nombre de baigneurs et il est probable qu'avant peu de temps, nous aurons là une des meilleures stations de bains de mer de la côte méditerranéenne. Banyuls tire son nom du latin Balnea, Bains, ce qui fait supposer que déjà à l'époque romaine, il était fréquenté par les baigneurs. Au Moyen-Age il est souvent désigné par les noms de Balneolae, et Bainulls de Marilimo. Son nom catalan est Banyuh-de-Mareiide (de Mer).

Les Arabes occupèrent Banyuls d'où ils furent chasses par les populations chrétiennes dans la seconde moitié du vme siècle. A partir de cette époque Banyuls et Collïure forment un domaine particulier dépendant du fisc des rois de France et plus tard des comtes d'Empories-Roussillon.

m Communauté de Banyuls comprenait, en 1789.

'a vallée de Banyuls proprement dite, les territoires 'le Cerrera et des Abelles et la Vallée de Cosperons (Vàllis de Collis profanai*, Vallée des passages profonds et Coll Prenons ou Pregons, en langue romane), lui n 'en a été détachée que sous la Restauration pour 'a formation de la commune de Port-Vendres.

H parait que depuis la réunion du Roussillon à la France, jusqu'à la Révolution, les habitants de Ba- "yuls furent les plus habiles contrebandiers des r yi'enees. Ils faisaient surtout la contrebande du sel e l du tabac. Le mal était devenu si grand à un certain moment que le comte de Mailly, gouverneur de la province, ne trouvait pas d'autre moyen d'y ''emédier que de raser Banyuls et d'en transporter les habitants à Port-Vendres. Mais l'intendant Raymond de Saint-Sauveur trouva un moyen plus doux et plus efficace. 11 établit à Banyuls des officiers de police, y plaça un maître d'école pour instruire les enfants, promit des gratifications aux personnes qui planter aient des vignes dans les terrains incultes et fit ouvrir une route de voitures entre Port-Vendres et banyuls (1789).

« Les bienfaits de cet excellent administrateur, dit M. Alart, ne furent pas perdus et quatre ans après, tandis que, sur un autre point de notre frontière, des Populations qui ne vivaient aussi que de la contrebande, livraient à l'ennemi le sol de la patrie (*), les

(1) 11 s'agit ici des habitants do Saint-Laurent-de-Cerdans. Le 10 avril 1793, trois d'entre eux allèrent trouver Rieardos àFigueras Pour lui offrir le passage de leurs montagnes. Le général en chef de l'armée espagnole n'eut garde de refuser la proposition de ces ''altres.

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habitants de Banyuls défendaient leurs foyers avec une indomptable énergie. »

Celait le 15 décembre 1793, Rieardos, déjà et Roussillon, avait envoyé le généra] Curten de l'autre côté des monts pour attaquer le Col de Banyuls. Curteu occupa Llansa, les hauteurs de Quer-Roig, le Col Soro, le Puig de la Calm et dirigea effectivement un corps de troupes sur le front du Col de Banyuls et un autre sur Notre-Dame des Abelles et la tête du Ravaner,

Le 15 au matin la bataille s'engagea sur tous les points. Nos positions, surtout celles du Col de Banyuls et du Puig de la Calm, faisaient bonne contenance. Mais Curteu ayant concentré ses troupes vers ces deux points, les Français abandonnèrent leurs postes. Les fuyards se précipitèrent dans le col de Banyuls et coururent se réfugier dans un endroit appelé la Crête de Barria.

« Dans cette honteuse déroute ce furent des pavsaos qui sauvèrent l'honneur de nos armes. Le poste important du Puig de la Calme, qui s'était un instant laissé surprendre quelque temps auparavant, avait été confié depuis, et sur leur demande, comme le plus périlleux, aux habitants de Banyuls.... On leur avait adjoint un bataillon de réquisitionnaircs. Le torrent des fuyards se précipitait des crêtes dans le fond de la vallée. Seuls, immobiles au milieu de la débâcle qui entraînait jusqu'à leurs auxiliaires, sans autre assistance que celle de leurs femmes et de leurs enfants qui portaient les cartouches et chargeaient les armes, ces braves gens osent résister à une armée triomphante qui vient de toutes parts s'amonceler autour du rocher qu'ils défendent. On les somme de se rendre. « Les Républicains ne se rendent

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Jamais, ils savent mourir ! » répond leur maire.

Mm ils lâchent prise, mais c'est pour se ruer en

^ espérés sur les Espagnols qui descendaient dans

Cl11 ' village O). » Les Espagnols s'emparèrent de Ba-

yuls et se vengèrent de l'héroïsme des enfants sur

piques vieillards, qui avaient refusé d'abandonner

leilr s toits.

La Convention nationale, informée de cet acte de c '-vouement des Banyulens qui nous transporte aux | } "s beaux jours des temps antiques, décréta qiïils '"ttcnl bien mérité de la pairie et qu'une pyramide ^rait érigée sur lu pince publique du village avec cette

" Ls Clip!iOH :

Ici sept mille Espagnols déposèrent les armes devant

s Républicains et rendirent à la valeur ce guils ten(t ienl de la trahison.

Dugommier, en effet, avait décidé, par l'article 7 f c c 'a capitulation de Colliurc, que les 7000 Espagnols 'I" ^ tenait à merci dans cette place déposeraient les mies sur la place de Banyuls.

Banyuls attend encore la pyramide commémoratv *e dont la Convention avait décrété l'érection.

En remontant la Vallée de Banyuls, on arrive au '"/ en une heure, et demie de marche. A moitié che- 11 J ' n environ, on rencontre la jonction des Vallées de

''"Huis et des ÀbeUes. Quoiqu'il ne soit pas très-

e vé, le Col procure une vue splendide sur la Me?

u erranée et la plaine de Figueras J (Ëspagjffi)> • 3 '-

a-partie de latôtëqui sé'eni! entre -Biuiynis '

du même nom '«( Cetera- point- extrême

- '' 22l r .e.irontière, a subi bien des transformations

Ift'Jvr: Camp:isiiwtdel»Iiit)Olultato,fra>vpjise>iiuiis les m'rf- ' '^-Orientâtes, loiuej- ' ,

depuis FAntiquité. La vigne et l'olivier ont, depuis longtemps, envahi l'espace occupé jadis par de vastes massifs forestiers. Avienus dit formellement que tous les promontoires du mont Pyrène étaient cliai'' gés de forêts :

Populus agebat inter avios lucos. . .

Quà pinifertae stant Pyrenae vertices Inter fer arum lustra ( 1 ).

Le nom de Cervaria ou Cervera, comme on dit aujourd'hui, semble se rattacher à une forêt peuplés de cerfs [cervus en latin) ; celui de la Selva de Mof\ non loin de Cervera, se rapporte à une situation analogue, et les documents du x e siècle signalent encore-' entre Collîure et Saint-Pierre de Rhodes, de vastes terrains appelés La Mata et Foreste de Saut Roma q l " ne laissent aucun doute sur l'état de ce pays dan 5 les siècles antérieurs.

Quoiqu'elle soit déboisée, la contrée qui comprend le territoire de Banyuls et forme l'extrémité orientale de l'Albera, n'en est pas moins encore aujourd'h ul une de nos stations botaniques les plus intéressantes' On y trouvera un grand nombre de plantes méridiû' nales rares ( ! ).

C3ERVERA, 8« et dernière Station.

45 kil. de Perpignan.

De Banyuls à Cervera la voie ferrée suit toujout» le bord de la mer. à travers une série d'escarpement rocheux qu'il a fallu briser et de vallons qu'il a faU?

il) Om maritima, v. 353 et suiv.

(2) Voyez ['Histoire naturelle des Pyrénées-Orientales du docte Companyo.

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«ombler par des remblais dont quelques-uns atteignent une hauteur énorme.

Nous traversons bientôt un long tunnel (1800 m ), et nous liions versCervera, dernière station de la ligne française et dernier village français.

La limite des deux nations est à une faible distance du village. Dès le premier siècle de l'ère chrétienne, le géographe latin Pomponius Mêla parle du lieu de Cervaria (Cervaria locus) . qu'il se borne à désigner comme le point extrême de la limite des Gaules (Finis Galliae) ; de sorte que la limite francoespagnole est aujourd'hui exactement celle qui existait sous la domination romaine.

Le mot de Pomponius Mêla et la vue du Cap Cervera ont inspiré à M. Aimé Camp, le chantre sympathique des Poésies nationales, une pièce de vers pleine de grâce et de patriotisme.

Ici finit la Franco et commence l'Espagne.

Ici finit la France? Oh! non; car son drapeau, C'est son divin génie, amie du vrai, du beau ; Il traverse les Ilots, il franchit la montagne.

France, Espagne, oubliez vos antiques défis.

Le flot qui vient blanchir ce Cap, comme une proue En deux parts divisé sur vos deux bords se joue ; Symbole d'alliance entre vos vaillants fils.

Qu'ils ne laissent jamais leurs saints droits asservis. Qu'ils ne permettent pas de traîner dans la bouc La Liberté, pour qui tout grand cœur se dévoue. Les lâches abandons sont d'opprobes suivis.

Vous avez hérité de la cité de Rome ; Un splendide passé toutes deux vous renomme ; Votre ennemi commun c'est le peuple germain.

Mais de votre mer bleue est ceinte l'Italie ; Un même sang latin à votre sort la lie.

Ouvrez-vous, o trois sœurs, un glorieux chemin 1

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C'est ici, ou dans le voisinage, que se trouvaient les fameux Trophées du grand Pompée, Trophoea Pompe; Mugni et la station de la ViaBomilia mm\w' sous le, nom de Summum PyrenmtM ou siiriplemenl Pyfenaeum. i\L Alart nous semble-avoir démontré que ces deux points célèbres de la géographie ancienne ne peuvent être placés que sur le bord de la mer, près de Cervera, et non pas au Pertus.

Pendant le Moyen-Age il y eut une Seigneurie de Gênera qui appartint pendant longtemps aux seigneurs des Abelles. 11 est à supposer que ces deux seigneuries n'étaient pas bien peuplées puisque 1rs documents de cette époque ne donnent jamais à Cervera le titre de villa appliqué cependant aux moindres localités. Ils le désignent, comme l'avait fait Mêla, par l'appellatif de tocus, lieu, endroit.

11 ne reste pas de traces de manoir féodal des deux seigneuries, à moins que la Tour de Quer-Roig {ker. rocher, en celtique, rtibens, ronge, en latin) ne soil le reste d'un édifice de ce genre,

^ Depuis l'ouverture de la ligne du chemin de fer, Cervera a complètement changé d'aspect. Le grand nombre d'ouvriers qui ont construit la voie ef la gare immense de cette station ont commencé à porter la vie où il n'y avait que silence et solitude. Le personnel que réclame l'entretien el l'administration -in chemin de fer, joint aux négociants qui son! \ s'installer dans ce misérable hameau, lui assi une certaine importance pour l'avenir. Toutefi is il ne faut pas attendre énormément de ce cet'. Ce n'est qu'à force de remblais et de tranchées qu'on est arrivé à établir la gare de Cervera qui est, d'ail] très-vaste et très-belle. Les proportions gigantesques

P°n lui a données s'expliquent par sa situation à ll limite franco-espagnole. C'est ici que se fait le I^Usfert des marchandises : c'est ici aussi que les °yageurs venant d'Espagne sont soumis à un exa-

ttien minutieux. Ceux qui vont de France en Espagne

^bissent le même sort à Poivr-Bôu.

Les deux gares sont séparées par une montagne

haute de 208 mètres et large de 1000 environ.

'-* dernier chiffre indique donc la longueur du tun-

1)e ' international nui la traverse.

'-"' voyageur qui va de France en Espagne ne IUitto les wagons du Midi qu'à Port-B6u ; celui ' l| i vient en France ne quitte ceux de Tarragone- Wcelone et France qu'à Cernera. — On remarquera

pela voie espagnole est plus large que la voie

ra «çaise d'environ (>0 centimètres.

) ^ La gare de Port-Bôu présente, à peu de chose près,

es mêmes dispositions que celle de Cervera, dans

' Ul e position presque identique. Quant au village, il a| t, il y a cinq ou six ans, ce qu'on peut imaginer

' c plus triste en fait d'habitations humaines. On

•; ,:! aujourd'hui quelques modestes maisons qui ont ;,ii ' de palais, à côté des masures en terre grise ou

P pierrailles de l'ancien poble. Les employés de la selles carabineros animentun peu le village

I' 11 a déjà des cafés, un bai et un estanco (bureau de

tabac).

Les négociants se heurteront à Port-Bôu aux mêill,,s difficultés qu'à Cervera; il faudra bâtir sur le f ° c ou sur le sable de la plage.

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