‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 37 sur 95 · DE PERPIGNAN AU VOLÔ ET AU PERTUS · texte numérisé non relu

DE PERPIGNAN AU VOLÔ ET AU PERTUS

La Cantarana. — Pollestres.— Le Réart. — Le château du Béari — Le Mas Sabole. — Le Mas Déu. —Les Templiers de Rousslllon. — Leur procès et leur suppression. — Bataille du lias Déu, le a mai 1793. — Le Camp du Veto. — Le PuigSingli. — Vilamolaca. — Passa. — Lu Monastir del Camp. — BanyuIs-iàels-Aspres. — La région des Aspres. — Lesterrains tertiaires de Banyuls. — Le volo. — Ses anciennes murailles. — L'église. — Inscription.— Le Portail. — Bains du Boulon. — Ut Correehde Sant-Marti. — Situation des Bains, — Comparaison des eaux avec celles de Vichy. — Les sources. — Analyses de M. Béehamp. — Saint - Martin de Fenollar. — La chapelle et ses vieilles peintures. — La Mattut. — La Clusa. — Les antiques Clausures. — La Voie francesque. — La rivière de Rom. — Le Pertus. — Le Fort de Bellegarde. — Le col* Panissars. — Le co! du Pertus. — Le col de Portell. — Le Pertus. — Le village de l'ÀWera. ~~ Croisade «e Philippe-le- Hardi en I28K. — La Frontière. — Du Pertus à ligueras.

On sort de Perpignan par la Porte Saint-Martin et °n prend la route de gauche qui est la route nationale N° 9. On passe devant le Cimetière, la Fontaine d'Amour et on laisse : à droite, le Haras, l'Hôpital des Petites-Sœurs-des-Pauvres et Malloles; à gauche, le s Arcades, le Ruisseau de Las Canals et le Mas

Comte. On longe un instant le

Ruisseau de L> IS Canals, à côté du Mas Llahas ; puis, après un* descente, on traverse la rivière de la CantaraNA (chante-grenouille, du latin canlare, chanter et raiïfa grenouille) près de Poixestres (436 hab.) qui est à 7 kil. de Perpignan.

A partir de Pollestres, la route remonte la rive gauche du Réart, (rivus aridus rivière desséchée) torrent presque toujours à sec, mais qui devient très dangereux à la suite des fortes pluies.

On voit bientôt se dresser à gauche, sur une hauteur, les ruines du Château du Réart, connu dans le pays sous le nom de Castellas.

On franchit le torrent et on arrive au Mas Sauoi.K (10 kil. de Perpignan.) Ici se trouve le croisement de la route départementale qui va d'Elne à Millas, avec la route nationale que nous suivons.

En continuant son chemin vers le Volé, le voyageur apercevra successivement à droite, et de l'autre coté du Réart , Le Mas Dm , Vilamolaca , Tressera et, à gauche, Sainl-Jean-la-Cella et Banyiils-deU- Aspres.

Lo Mas Dec (la Métairie-Dieu, Domus mansi Dei) était une ancienne possession du monastère de Sira ou Cira, situé dans les environs. Il fut le principal établissement des Templiers en Roussillon. Ceux-ci en firent une des forteresses les plus importantes du pays. 11 reste fort peu de chose de ces bâtisses, et le Mas Déu n'est plus aujourd'hui qu'une belle métairie-

En 1307, époque où il fut supprimé, l'Ordre du Temple existait dans le diocèse d'Elne depuis cent soixante-quinze ans. Il y possédait plusieurs préceptories ou commanderies dont la plus importante

•ait celle du Mas Déu qui avait sous sa dépendance Ce 'les de Perpignan, d'Orle, du Mas-de-la-Garrigue- ^r-Réart, de Saint-Hippolyte et de Palâu dans le ^oussillon, et celles de Corbos et de Centernach aa »s le pays de Fenouillèdes.

Le s principales sources de revenus de l'Ordre

f^ent, outre les seigneuries de Palâu, d'Orle, de

a »it-Hippolyte, de Vilamolaca, d'Anyls et de Terrats,

es fours et les droits des poids et mesures de la

nlle de Perpignan.

Quant au personnel de l'Ordre, sans parler ici ' es Templiers roussillonnais qui, en 1307, se trouvent en Catalogne ou dans d'autres provinces, on g^t dire que la Préceplorie du Mas Déu comptait membres dispersés dans les différentes possesl0n s que nous avons mentionnées plus haut.

^ Nous avons dit que l'Ordre du Temple fut supprimé 611 Roussillon en 1307. La vérité est que la date et es circonstances de l'arrestation des Templiers ° u ssillonnais ne sauraient être fixées d'une manière accise ; mais tout porte à croire que cet événement e "t Heu à la fin de novembre 1307. Tous les Tem- Ptters furent conduits et tenus sous bonne escorte au as Déu où le vénérable Jacques d'Ollers, précepteur 3 ja Maison de Perpignan, mourut quelque temps "*P r ès. Le tribunal qui devait les juger s'installa J^s la maison dite de la Prévôté, à Trûllas, dont la Sei gneurie appartenait à l'église d'Elne. Le territoire f Trûllas confrontait avec celui du Mas Déu, et est ce voisinage qui avait seul déterminé le choix e ce lieu comme le plus convenable pour l'interrogatoire. Mais, aussitôt après, le tribunal alla s'installer à la maison du Mas Déu. Ce tribunal se

composait de Raymond Costa, évoque d'Elue ; à deux chanoines de la cathédrale d'Elne ; de Bernard Hugues d'Urg, grand archidiacre ; de Raymond Guuhem, sacristain ; et de quatre moines de Perpignan* franciscains et dominicains.

Le procès dura jusqu'en 13-14 environ. Les Templiers roussillonnais furent absous; mais nous ip'"' rons complètement dans quelles conditions et d'api'^ quels considérants. « Ce que nous savons, et noU> sommes heureux de le proclamer pour l'honneur 3 la justice ecclésiastique du Roussillon, c'est que y eut ici des arrestations, des interrogatoires et d<j hommes soumis à la torture, il n'y eut du moins n l décapitations ni bûchers. 11 en fut de même ÇJ Catalogne. . . et, sauf les simples peines canon l'^ qui purent être prononcées contre quelques tetfj pliers, il ne put y avoir que des condamnation 8 civiles pour le fait de prise d'armes et de rébellio" contre l'autorité royale (*) ».

11 n'y avait, contre les Templiers, qu'une véhémeW suspicion, selon l'expression du pape Clément lui-même : aucun des crimes dont on les accusa' n'avait été prouvé. \

Quoiqu'il en soit, l'Ordre du Temple était désormais supprimé, et les débris de cette noble miW§ n'avaient plus le droit d'en porter le nom et d' el prendre les insignes.

On sait que la première idée de la suppression a.® Templiers appartient à Philippe-le-Bel, roi de Fra» ct '' qui les accusait des crimes les plus abominai»^ Aidé par Clément Y, il avait arraché au roi

de

(d) B. Alart, Suppression de l'Ordre du Temple en Roiissiilon-

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lue l'ordre de faire arrêter ceux du Rouss la Catalogne.

'las Déu se livra une des premières batailles de

gne de -1793 (20 mai). Les Espa-

commandés par Ricardos chassèrent l'armée

use de ses positions et la forcèrent à battre en

ar Perpignan. Heureusement pour nous.

e poursuivit pas les fuyards ; il :

Prats-de-Mollô et de Fort-Jes-Bains, :; «;si au général de Fiers le temps à".

ie l'Union sous Perpignan. Le général avait un talent militaire réel, mais :

idécis et timide permit à do Fiers de préà d'Aonst do remporter, un peu plus allante et décisive victoire de P; 1 ; septembre).

Ue-ci fut suivie d'une nouvelle défaite des Iran-

aux environs du Mas Déu, à Trdllas, compris

ointe demi-circulaire des collines qui, du

au d'Anyls va au nord envelopper Pontella et se

piie > à Trûllas, sur le Réart.

; tés dans le Camp de Pontella qu'ils avaient créé

', position de celui de YUnion, les espagnols

estèrent à l'attaque do nos jeunes soldats. Nous

j es vaincus; mais Ricardos opéra sa retraite sur

| e p '/*" ^ alla SG f° rt i fier dans le Camp du Volo dont

( j, .' t ":7 SingU formait le front central. Là, se livra,

*4 au 19 octobre, un combat terrible où périrent,

L S aucun profit, un grand nombre de soldats

ailc ais et espagnols.

m ntre Vilamolaca et Passa , deux petites com-

^ Ule s du canton de Thuir, est le Monastir del Camp

11 nous avons rapporté, à propos de la Vierge de

Thuir, l'origine fabuleuse ou miraculeuse. Mais ce monastère a une origine historique, ce qui va® mieux. C'est, en effet, l'évêque d'Elne Artal ' qui fonda, vers la fin du xi e siècle, la communauté del Camp et la mit sous la direction d'un de ses chanoines, avec le titre de prieur. Nous devons dii' e cependant que l'église existait déjà à cette époque.

Le Monasthidel Camp fut sécularisé, avec tous l« s monastères de la règle de Saint-Augustin dans 1" Roussillon et la Gerdagne. par bulle de Clément VIM> en 1592. Il fut supprimé à la Révolution.

La porte de l'église, en marbre blanc, et les chap 1 ' teaux des colonnes sont remarquables. L'église es grande, de style roman. Le cloître est aussi en m 3 - 1 ' bre blanc, mais de style ogival. On y compte ving 1 ' sept arcades portées sur des colonnes simples B maintenues aux quatre angles par des piles carréflf Le dessin de l'arcade est un trilobé enfermé dai> une plus grande ogive.

Le cloître del Camp est classé parmi les nio»^ ments historiques. Il est le plus petit des cloitf^ qui nous restent. Il a la forme d'un quadrilaOT irrégulier et date des premières années du xiv 8 sied • On verra clans les galeries plusieurs inscriptio^ dont l'une est très difficile à lire, les caractères el étant d'une barbarie complète. C'est la dalle tui» 1 ^ laire de Bertrand de Vilallonga. Une autre inscnf tion portant la date de 1269 se trouve sur la cla' \ tumulaire de Bérenger de Saragosse.

BANYULS-DELS-ASPKES.

i6 Ml. de Cérel, 18 de Perpignan.

Ce village (617 liab.) est situé sur un montic

ol«

(a 115 mètres d'altitude) d'où il domine tout le

^ 0u rs inférieur du Tech et la région des Aspres. Les s PiJs sont les racines du Canigô, le soubassement

" a ge de ce pic énorme qui, en surgissant brusquent au milieu do la plaine roussillonnaise, y a

i opagé au loin les ondulations de son soulèvement.

j ette r 6gion montagneuse adossée à la croupe orien-

e du Canigô, descend en amphithéâtre entre le

ec 'ietla Tet jusque vers Elne. Elle mérite son nom

i HV 1 aridité de ses hautes collines pierreuses ; mais

partout les pentes sont cultivées en vignes et douent d'excellents produits, notamment aux environs

I e Thuir, Brûlla, Bages, le Mas Déu et Banvuls-

" el s-Aspres.

^ e Musée de Perpignan possède plusieurs blocs de 0( [Uillages trouvés dans les terrains tertiaires de A!v ïui,s. Ces dépôts coquilliers se relient naturellcent avec ceux de Trûllas et du Volô, qui sont à. n e faible distance et avec ceux de Millas et de e 'iach situés beaucoup plus loin, dans la vallée de

a Tet.

°n sait que l'état actuel du globe n'est que le

. s ultat de grandes révolutions qui se sont opérées

•hs à sa surface. Dans notre département, les traces

c es révolutions successives, apparaissent à chaque

ias > tant sur les montagnes que dans la plaine. Nous

er rons des empreintes de familles végétales dans

s couches de lignite d'Estavar ; les marbres rouges

e ] a Font de Coms, à 1,800 mètres d'altitude, nous

Ul 'niront des fossiles qui remontent à l'époque de

> 6Ul ; formation ; les bancs de coquilles dont nous

'ons ci-dessus, nous présentent des corps orga-

Pari

ftisés (I Vi.

qui n'ont pas leurs analogues vivant aujour-

Au Moyen-Age, Banyuls-dels-Aspres était enti de murailles qui existent eu grande partie. En 179-3pendant que notre armée de la plaine s'épuisait en vains et sanglants efforts contre les retranchements du Volé, Banyuls servit de quartier-général.

Plus nous approchons du Volé, plus le cours du Tech s'élargit et s'allonge : les villages qui tapissent les flancs de l'Albera depuis Argelès jusqu'à Mi qufu. montrent leurs maisons groupées auto clochers.

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