‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 44 sur 95 · ÉH · texte numérisé non relu

ÉH

■ et recouvert par asemates bombe.

Le Fortin, petit ouvrage à corue, casemate, dont

ar de avaux '^s Espagnols en 1674. Deux redoutes carrées, à ^achicoulis , éclairent les bas-fonds à l'est et à * °uest; une troîsièm >lie petite

: ritoire (').

G'esl y, Pariset et François

com- P a gnon, le jeune Mazet, au nombre des victin;

En 1793 le fort de Bellegarde, commandé par le wave Dubois-Brûlé, se défendit vaillamment contre les Espagnols. Cependant il fut f on capi-

tulerait. Mais, sur 21 votants, 7 0] i pour

•Pi'on s'ensevelit sous les ruines de

; que, plus lie cousit d'applaudissements : le lieutenant-colonel Pra- ^ e lle et les capitaines Legrand, Chevalier. Enrenau- ^ a n , Lallier, Masson, Landelinier. tous volontaires ( '« bataillon nantais.

En 1794 de Vallesentaro fut obligé de ca] s °u tour et do livrer le fort à Dugommier. Ce bravo général français y fut inhumé quelque temps après.

En 1285 Philippe-le-IIardi entra en Roussillon pour s'emparer du royaume d'Aragon que, le pape Martin lui avait offert. 11 vint camper au Volé avec

(') Oo Gazanyola, Histoire du Soussitlorij page 136.

toute son armée et il envoya même divers détachements en avant dans la vallée de Fenollar et jusqu'aux approches de La Clusa, mais aucun ne put dépasser ce château.

« Le roi Pierre d'Aragon avait fait appel à ses sujets ; on avait sonné le tocsin dans toutes les paroisses de la Catalogne dont les sometenls s'étaient portés en toute hâte au col de Panissars par où devait s'effectuer l'invasion ; le passage du Pertus était défendu par le vicomte de Rocaberti et des nuées de combattants couvraient les cols et toute la crête des Pyrénées. Ces dispositions changèrent le plan des envahisseurs, et ceux d'entre eux qui avaient pu pénétrer jusqu'à La Clusa avaient été frappés de terreur à la vue de ces défilés profonds et étroits, de ces roches menaçantes, de ces montagnes élevées et de ces masses d'almugavares qui couronnaient toutes les hauteurs. L'expédition était impossible de ce côté et le roi de France y aurait laissé toute son armée ; aussi leva-t-il le camp du Volé après avoir vainement tenté d'enlever cette ville défendue au nom du seigneur de Montesquieu par N'Alissend. Il se vengea sur la cité d'Elne, qui fut prise et saccagée, et, peu après, il parvint à pénétrer en Emporda par le passage du vallon de La Massane mal gardé par le comte d'Empories. L'armée française se répandit de là dans le pays de Castello et de Besalu, livra divers combats et finit par s'emparer de Gerona, mais ce fut le terme de ses succès. La flotte de Philippe III fut entièrement détruite à Sant-Feliu et à Roses ; son armée, décimée par les combats et par l'épidémie, fut forcée de battre en retraite et ses débris ne purent entrer en Roussillon qu'avec d'horribles sacrifices. La litière qui portait le roi de France malade ou peut-être même

déjà mort, avait pu arriver à La Jonquera, franchir le col de Panissars et redescendre par La Clusa jusqu'à Perpignan où Ton crut pouvoir déclarer qu'il a ^ait cessé de vivre. Mais ce qui restait de son armée ne put profiter de la même franchise de passage. A Partir de Panissars elle fut assaillie à chaque pas par des handes d'almugavares et de marins que l'appât du pillage animait encore plus que le patriotisme et qui, du haut des rochers au fond des ravins, tombaient avec fureur sur ces troupes débandées, démoralisées, exténuées par les fatigues et les maladies et leur firent éprouver, jusqu'au passage du Tech, l'un des plus grands désastres dont les annales du Roussillon aient conservé le souvenir ( 1 ). »

A la sortie du Pertus on trouve les deux bornes e « marbre qui indiquent les limites des deux États. Ces deux cippes opistographes sont la double expédition d'un protocole aff'érant à la question toujours nouvelle de la délimitation pyrénéenne. Ainsi qu'on le verra, ils furent placés en 1764 sous les auspices du comte de Mailly, commandant du Roussillon, Pour la France, et du marquis de La Mina, capitaine général de Catalogne, pour l'Espagne.

Avant d'arriver aux deux cippes on trouve un pilier carré coiffé d'une pyramide quadrangulaire sur les faces de laquelle on a gravé, au nord et à l'ouest, le mot Gallia (France) ; à l'est et au sud, le mot Hispania (Espagne). A partir de ce point, le pays à

(1) B. Alart, La Clusa.- Le elironiqucr catalan Ramon Muntaner a tracé un tableau émouvant de celte catastrophe. On en trouvera •a traduction française dans la collection Buchon, volume des Chroniques étrangères pages 138 et i30.

la gauche de la rou rtient à l'Espagne, e

droite, jusqu'au Pont du Précipice dont parle le cippe gnol (Puentettamado del Précipicio) il appartient

à la Frais ce.

Du Pertus on peut aller à Saint-Martin de t'Ai

situé dans la montagne, à 3 kil. est, Ce village sède une très-jolie petite église romane, bâtie en pie taille. La porte est ornée avec goût et la

corniche de l'abside offre, pour caractère essenti comme ornements, des cubes encaissés se touchant par les angles. C l'ornementation est un

ca ' tecture romane, et on le rencon-

tre souvent en Roussilion.

Revenu au Pertus, le touriste peut aller à Figueras rejoindre la voie ferrée.

A P rès avoir dépassé le bureau de la douane on descend 3a vallée du Llobregat, rivière qui vient du Pic de Llobregat (924) à l'est, par une pente plus facile que celle du versant nord. La campagne offre un aspect désolé : on ne voit que quelques lièges sur les pentes des montagnes.

La Junqcera (7 kil.) est le premier village espagnol, li tire son nom de marécages remplis de roseaux qui se voient encore dans les environs. C'était, sous les Romains, le Campus juncarïm.

Continuant à suivre la vallée du Llobregat, on passe à côté du pont de Campmany et l'on voit se dresser, à droite, la Montagne noire ou Monl-Roig.

C'est non loin du pont de Campmany que fut livrée, en 1794, la terrible bataille où périt Dugommicr, mais qui se termina par la déroute des Espagnols. Quelques jours après s'engageait une nouvelle action où La Union, général en chef des Espagnols, périt à

cm

Hy

SOi i tour. Les résultats de cette journée furent désastreux pour l'Espagne : elle y perdit 200 canons, ' os bagages de toute une armée et 8000 hommes. Figueras ouvrit ses portes à Pérignon. (28 nov. 1794).

On traverse le Llobrégat, puis, au Pont de Molins, la Muga, et Ton arrive à Figueras, où la grand'route re Joint la voie ferrée que nous avons vue à Port-Bôu.

Bien qu'elle n'intercepte aucun passage et n'ap- Ptiie aucune ligne de défense, Figueras n'en a pas m oins une importance considérable. La citadelle de Sont-Fernando est très vaste, très belle et bien fortifiée, ce qui n'a pas empêché l'ennemi de s'en e mparer a chaque guerre. Aussi les Espagnols onttis fait la remarque suivante, « que la citadelle était a e»x en temps de paix, mais qu'elle appartenait aux Français en temps de guerre. »

Toute la partie qui s'étend à l'ouest de Figueras est déserte, aride, sauvage. Ce ne sont que crêtes et rocs vifs, des croupes aux lianes décharnés que foirent des lambeaux d'une végétation sombre, de fougueux torrents roulant dans des gorges ténébreuses, de misérables cabanes en encorbellement Su r des abîmes. En fait de communications, on ne trouve que des sentiers en corniche au flanc des r avins.

Plus bas, du côté de Gerona, les tallées sont profondes et les torrents rapides ; d'immenses forêts couvrent le pays.

cm

Page 1