‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 51 sur 95 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

d'amélie-les-bains a la preste.

A Mes

sur -Tech.— L'abbaye de Notre-Dame.— L'église.— Le cloître. "~ L e sarcophage miraculeux. — L'abbé Arnulfe. — La légende 1168 S. S. Abdon et Sennen. — Environs d'Arles. — Le Muferrer. ~~ L e Palet de Roland. — La Tour Bâtera. — Les Mines. — De Bâtera à Vinça. — Cortsavi. — La Fo. — La vallée de Saint- La ui-eiu-de-Cerdans. — Saint-Laurent. — Costujes. — Le pape "Mnase. — Le Pronaos de l'église. — Le Portail. — La vallée de Wstujes. — Montferrer. — L'église. — Le tombeau de Dalmace fle Castellnou. — Serralloiiga. — Le château de Cabrenç. — Les ■^'''Sueurs de Cabrenç ou de Serrallonga. — La Mènera. — Le v "lage du Tech. — Prats-de-Mollo. — L'industrie des draps. — K °tre-Dame-du-Goral. — Le botaniste Xatart. - La Tour li'Eu mr.~. Privilèges de Prats-de-Mollo.— Soulèvement Ses habitants ^ Vallespir contre le rétablissement de la gabelle. — Le Fort La Garde. — Anciennes mœurs du Vallespir. — Les Rains de la Preste. — Situation de l'établissement. — Son histoire. — Ses '" ,,] i\. — Excursions dans les environs de La Preste. — La grotte d'En, Brixot. — La Serra miljana. — La Solanela. — La Coma del Tech. — Les Sources du Tech. — Coslabona. — Las Esquerdas de Roja. — Le Camp-Magre. — Des sources du Tech à Oleta.

En sortant d'Amélie, la route suit la rive droite du ' ec h, resserré entre deux hautes montagnes. Elle franchit ensuite la rivière pour passer sur la rive 8 a uche. Elle est bordée d'arbres et de prairies à fravers lesquelles serpentent de jolis petits ruisseaux deaux vives, et elle constitue une promenade fraîche, r iante et pittoresque entre Amélie et Arles.

AIÎLES-SUR-TECH

13 ta. S.-O. de Cèret, M kil. a, Perpignan.

Arles est chef-lieu de canton et le centre coi cial de la vallée du Tech. Elle est Fentropôt àÀ grains et des farines pour la haute vallée qui lui envoie, a son tour, ses fers et ses minerais mi'eflj traite par des martinets et des forges à la catalane. ses cercles et ses douelles qu'elle expédie ensuit dans 1 mtérieur de la France. Elle fabrique des articles de coutellerie, de taillanderie à l'usage du pay* la grosse quincaillerie, des manches de fouet et des

IjUIi b.

Placée au centre d'un joli bassin formé par les al-

iuvions du Tech et du Rînf,,,,,, ai ™'.« H. m „ ♦ «uiferrer, Arles est environ-

née de montagnes qui offrent des sites délicieux- Doises, d ou les sources jaillissent avec abondance. AmsiArtOae) doit son origine à une abbaye de ^nedictuis non réformés dont les ruines" ex steni dans la ville.

L'abbé d'Arles, comme tous les autres abbés du même ordre en Roussillon , avait une juridiction quasi episcopale sur sept paroisses dont il était aussi seigneur temporel. Il jouissait de 7000 livres

se trouva ïf Ddant ' dèS k X "° Siècle ' ]e ^OBOèce

Jeda ITd ÏÏ a r Te r et °" ^ S ^^é de Su-

i pi in eS ' Ce " e UDi0n fut fa ^ à la prière

etS: n - r ° 1C ! ,Espa 8'-'Parle P apeClé m enfvm, et les bulles qui , y ra p portent SOflt fJe

fois 1 abbaye de Samt-André de Sureda ne renferma plus de religueux, et huit moines seulement résidélent a Notre-Dame d Arles.

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^ J église du monastère fut consacrée en 1046. C'est ,,.'",' ues Plus belles du département. Sa façade, de „j roman . est admirable. Le linteau" de la porte ^ tonné par un seul morceau de granit, taillé en ûe de fronton triangulaire sur lequel sont gra- ^ 0S ces lettres :

~" ulpha et Vomega, ainsi que la petite croix, sont ei'mes dans une figure carrée dans le haut, arronu ans le bas. comme l'écu d'un blason espag ne connaissons pas la signification des deux a

Vis

'' dCt 's à droite et à gauche de l'écu .

^archivolte, cintrée, décorée d'une moulure à

1 jettes, s'appuie sur deux fragments de corniche | Ui devaient faire partie autrefois d'une ornemonta-

IOn plus considérable. A la base de l'archivolte sont

eUx lions dévorant des hommes.

, °ur une colonne des plus hautes fenêtres de la

'' ,;a 'ie, à droite, on lit le nom des moines AmeHus

■ "ttreKws et Clodesindus, qui construisirent le monu-

en t ou peut-être les fenêtres seulement. Cette

' Se i'iption est demeurée longtemps ignorée. Nous

A devons la connaissance à MM. P. Tastu et de H °«nefoy.

ta façade offre deux pierres tumulaires du xiv"

™ c le. Dans l'intérieur de l'église on en trouvera J «sieurs. Quelques-unes sont mutilées. Dans le colorai sud, devant la chapelle de S. S. Abdon et ^inien, nous en remaquons une de 1588 singuliè- ' Clïl ent disposée.

Le plan de l'église de Noire-Dame d'Arles est une

ba

Clique à trois nefs ornées de chapelles sur les bas

EW

côtés. La chapelle des S. S. Abdon et Sennen po s ' sède un très-beau retable en bois doré du xvn e siècle- L'église a conservé deux bustes en argent reposai" 1 tous deux sur un plateau du même métal, l'un ** e Saint-Abdon, l'autre de Saint-Sennen. S'il faut e« croire une tradition, elle les doit à la munificent d'un roi d'Aragon. Les inscriptions qu'on lit sur W plateaux disent qu'ils ont été payés des deniers de la confrérie des Saints et qu'ils sortent de l'ateli^ de Michel Alérigues, orfèvre de Perpignan. SaW Abdon est de 1425; saint Sennen de 1440.

Le clocher est carré. Il est placé à droite du chœ ur ' Les fenêtres cintrées sont ornées de colonnes eng»' gées. — On entre dans le cloître par le collatéral gauche de l'église.

On ne saurait rien imaginer de plus triste, de pl uS abondonné et de plus déchu que ce pauvre cloitf* de Notre-Dame d'Arles. Le temps et les révolution 5 se sont encore donné la main ici pour dépouiller c* délicieux monument d'architecture de sa pompe religieuse. Les arcades sont ogivales. Elles retombe» 1 sur des colonnettes de marbre accouplées, svelteS' surmontées d'élégants chapiteaux à crochet, et se prolongeant jusqu'aux piliers des quatre angles, sa» s piliers intermédiaires. Les galeries n'étaient pas voûtées. Gomme au Monastir del Camp, il n'y avait qu'n" simple plancher qui aujourd'hui s'effondre de toutes parts.

Ce cloître fut construit beaucoup plus tard q« e l'église. Il dut être terminé vers le milieu du xtf' siècle. Il est classé parmi les Monuments historiques-

Dans un angle de l'étroite enceinte qui précède

^8'1'se de Notre-Dame d'Arles , on reniaquera un

cophage en marbre attribué, par les connaisseurs, , C1 nquième siècle. Il mesure, à la base, l m 88 de

gUeur, et monte, en s'évasant, jusqu'à l'ouverture , atteint l m 925. Le couvercle est prismatique et ^ !,0 «ts rabattus.

y ? ^ ux yeux des habitants d'Arles et du Haut-

espir, dit M. de Bonnefoy, ce monument a un

. autre prix que sa valeur archéologique. Y eût-

, ln gt sarcophages à l'entour, aussi anciens et plus

», u *> celui-là seul serait la tombe, la tombe sainte.

e contient une eau limpide à laquelle on croit de-

. l plusieurs guérisons miraculeuses. La science a

ei 'ché à expliquer, par des causes naturelles, la

«sence de cette eau qui semble se renouveler à

^C'sure que l'on en distribue aux personnes qui le

j- Sli '<-nt, mais elle n'a pas résolu toutes les difficul-

co ^, autre P art > l'autorité ecclésiastique, seul juge

'^pétent des manifestations surnaturelles, garde

" e Prudente réserve... »

„ *°'ci maintenant la légende des S. S. Abdon et he nnen.

La ville d'Arles étant désolée par la peste et par

d Pparition de bêtes sauvages, l'abbé Arnulfe, ré-

I te par sa science, sa piété et ses vertus, entreprit

A oyage de Rome pour y visiter le tombeau des

"its-Apôtres et demander des reliques au pape.

endant une nuit, Arnulfe vit en songe, dans le

metière de l'église Saint-Laurent, deux tombeaux

0,1 jaillissaient deux sources de sang. Une voix

ystérieuse lui dit : « Sous ces tombeaux sont les

ell ques des saints Abdon et Sennen que Dieu ac-

corde à tes prières pour mettre un terme au:

mités de ton pays. » Le Pape, instruit du se venir Arnulfe et, en présenee de tout le clei main, lui donna les bienheureuses reliques.

Arnulfe. voulant mettre son trésor à l'abri d suites et du pillage, l'enveloppa de toile bitume»* et le déposa au centre d'un baril dont les deux e« trémités contenaient l'eau nécessaire pour une gue traversée. Arrivé au port d'Ostie, il guérit une femme démoniaque en lui faisant avaler ■ gouttes de l'eau du baril. La traversée fut assez bonne, et notre abbé débarqua à Cadaquers.

De Cadaquers à Arles, il n'en fut pas de même, car le muletier qui accompagnait Arnulfe avant poussé un gros juron, mulet et reliques disparurent dans u» précipice affreux. Arnulfe se mit en prière et il entendit bientôt les cloches de l'abbave qui l'avertissaient que le mulet, avec son précieux fardeau, était arrivé dans la ville.

Le peuple accourut, les moines s'empressèrent autour de leur supérieur, et les reliques furent déposées sur l'autel de Notre-Dame. L'eau du baril f«> versée dans un sarcophage placé devant la porte de l'église. On donna cette eau aux pauvres infirmes pour les soulager ; elle opéra des miracles et, pendant des, siècles, les moines en distribuèrent aux fidèles sans pouvoir l'épuiser. Il paraît qu'il y en a encore.

En arrière du sarcophage on verra, encastré dans la muraille, le tombeau du chevalier Guillaume Gaucelme de Taillet qui fut, dit-on, guéri d'une terrible maladie par la vertu de l'eau du sarcophage.

Indépendamment de l'église abbatiale, il y avait à

ms

■'-' s deux églises paroissiales : Saint-Sauveur qui

^ la ville et les deux faubourgs, et Saint-

«• des habitants de la campagne.

lj -ne des cloches de Saint-Sauveur a été fondue <i- par Nicolas Colin, le même qui fondit la R de Saint-Mathieu de Perpignan portant la de 1480.

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