CHAPITRE V
DE i'RADES A MOUTG ET DANS L'AUDE.
(; atllar. i i3 Castellar. — Campoma. — Le Pic et le Château de 'Vacols. — Molitg. — Les Bains de Molitg. — Notre-Dame de Corbiac. — Souvenirs phéniciens dans la vallée de Mosset. — Mnsset. — La Tour de Mas Carda. — Saintc-Marie-de-Jau ou de Clariana. — Les granges de cette Abbaye. — Aspect de la vallée fl e la Castellar, de Mosset à Jau. — Le col de Jau. — Le Pla de la Gallina.
Pour aller à Molitg (9 kil.) on suit la route départementale n° 6 qui se détache de la route nationale à extrémité occidentale de Prades, presque en face [w chemin qui nous a conduits à Godalet et à Saint- "ichel-de-Cuxa. On passe à Catllar, village de 604 habitants, qui fit partie des possessions de Cuxa.
La route, de Catllar à Molitg, remonte la vallée de ' a Caxtellane ou Castellar, qui descend des sommités ^e Clariana. coule paisiblement sous la Tour de Mas Çarda, se fraie un passage à travers les rochers audessus de Campoma (Campus Vlmi ?-Champ de l'Orme) et arrive à Catllar après bien des détours dont le P'us compliqué contourne, de trois côtés, le Pic de P<iracols où était construit le château du même nom.
« Le vieux manoir domine encore la vallée, dit M- B. Alart, et, du haut de son nid d'aigle, il semble re garder en pitié les constructions modernes qui s'entassent au fond du vallon et peuvent à peine s'établir sur les rochers que la féodalité couvrait de
son ombre. C'est en vain, d'ailleurs, qu'on interroge ce voisin indiscret pour arracher à ses remparts démantelés le secret de leur histoire. Quelques débris d'une tour formant donjon, des traces douteuses d'une citerne perdue au milieu des décombres et une chapelle en miniature suspendue sur des abîmes attirent tout au plus l'attention de l'antiquaire; mais aucun nom historique ne retentit en ces lieux : la chronique locale est à peu près muette, et il « e reste plus au visiteur qu'à s'expliquer, comme » peut, comment des êtres humains ont pu se fixer sur ce repaire... ( r ) »
MOLITG 9 hil. N.-O. de l'rades, 53 de Perpignan.
Mome (VMa Molegiga) apparaît vers 845. 11 est situé à mi-côte d'une haute montagne, sur un petit plateau couvert de prairies et de jardins. Il comp^ environ 500 habitants. Les eaux thermales qui on' rendu son nom célèbre jaillissent au fond du vallon, à 2 kil. du village.
On ne peut pas dire que les Bains de Molitg soie" 1 un lieu bien agréable. Ils sont dans un bas-fond étroitement fermé, d'où l'on ne découvre que des montagnes aux pentes escarpées. Mais qu'importe le paysage si les eaux sont bonnes, curatives. D'ailleurs on a t'ait des essais de jardins avec allées qui, noirs l'espérons, donneront un peu de charme à notre station balnéaire.
(1) M. Mzvt, Notices historiques sur les communes du RouniUo*' notice sur MoULy.
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Les eaux de Molitg sont sulfurées, à base de soufre avec une température qui varie entre 27° 50 et 37° 75. Elles sont très recherchées, et chaque année leur amène un grand nombre de baigneurs.
« Ces eaux, disait Carrère, ont une célébrité bien acquise pour les maladies de la peau, même les plus rebelles et les plus invétérées. Elles ont dans ces maladies un degré d'efficacité qu'on ne trouve dans aucune eau minérale de la France. » On emploie encore ces eaux dans certaines maladies chroniques des organes abdominaux, dans plusieurs affections chroniques des membranes muqueuses, dans certaines altérations de l'organe visuel, dans les affections calculeuses, dans les douleurs nerveuses.
Avant 1754, un petit bassin carré servait de piscine commune à ceux qui utilisaient les eaux de Molitg. En 1786, le marquis de Llupia, seigneur de Molitg et propriétaire des sources, éleva un petit établissement où il fit installer six baignoires desservies parla source qui a conservé son nom.
On compte trois établissements à Molitg, bien entretenus et pourvus de baignoires.
Nous quittons maintenant Molitg pour gagner
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12 Ml. iV.-O. de Prudes, 57 de Perpignan.
Nous remontons toujours le vallon de la Castellar en suivant la rive gauche du torrent et bientôt nous dépassons la région des vignes pour entrer dans une zone moins méridionale où le thym, la lavande, la santoline et beaucoup d'autres plantes aromatiques tapissent les collines pierreuses. Nous passons près
des ruines de Notre-Dame-de-Cobbiac (Santa Maria de Corbiac) et du lieu où s'éleva sans doute le château des chevaliers de Corbiac, illustre famille de Confient qui s'éteignit vers 1376 (*).
La chapelle de Corbiac fut donnée, en 1575, à des religieux Trinitaires, et le seigneur de Mosset, qui fit cette donation, demanda qu'il fût édifié un monastère à côté. De là le monastère de Sainte-Marie de Corbiac qui, au commencement du xvn e siècle, passa aux Grands Augustins.
Tous les monastères du Confient, étaient entourés de hautes et épaisses murailles qui en faisaient de véritables forteresses. Le monastère de Corbiac fut entouré de murs, en 1576, pour résister aux Huguenots, et le monastère de Marcevol conserve encore un chemin de ronde et des meurtrières pratiquées dans ces épaisses murailles. Plusieurs églises furent aussi fortifiées aux x e et xi" siècle, comme on le voit dans les actes de la Trêve de Dieu où elles sont appelées ecclesiœ incastellatae.
M. Jaubert de Réart avait signalé encore ici des monuments druidiques; mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, dans l'état actuel de la science, les monuments mégalithiques ne sont plus attribués aux Druides.
A 5 kil. de Molitg, nous atteignons Mosset {Lochs de Mosseto) situé sur la rive gauche de la Castellar, à l'entrée d'un vallon qui remonte vers le nord. Le territoire de Mosset est couvert de pacages et de riches forêts.
(1) Voyez au sujet de Corbiac la Géographie historique du Conflen I , de M. B. Alart, et les Trinitaires de Corbiac, du même.
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